LE LANCEUR SATURN 1
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LES PREMIERS CONCEPTS Le programme de lanceur Saturn commence très tôt en
avril 1957 à Huntsville en Alabama, quand Werhner Von Braun de l' arsenal
Redstone ABMA commence son travail sur les fusées spatiales. Un premier
projet se concentre sur un " Super Jupiter " propulsé par 4 moteurs
de 148 000 kg de poussée, les E1 capable de placer 12 tonnes en orbite basse
et 4 tonnes vers la lune. Le 17 août 1958, l' ARPA consolide le
projet, baptisé Juno 5. Le
centre de Huntsville contacte rapidement la firme Rocketdyne, une division de
North American Aviation NAA pour développer le moteur H1, à partie du S3D. La première
version délivrera 66 000 kg de poussée. Le programme originel impliquait de
construire un seul exemplaire pour des tests statiques afin de prouver le
concept. 1959, janvier, le centre ABMA commence la construction d'un banc d'essai pour moteur-fusée. En février, Juno devient Saturn, afin d' éviter la confusion avec le lanceur Juno 1 dérivé du Jupiter. Saturne est la prochaine planète du système solaire après Jupiter, et Saturn est le prochain projet de Von Braun après le lanceur Jupiter. En mars, le centre ABMA étudie la possibilité d'utiliser en second étage le Titan 1 ou l'Atlas et en troisième le Centaur. De mars à juin, le ABMA réalise une étude de
faisabilité pour l' armée Américaine, une proposition concernant l'
établissement d' une base lunaire de 12 hommes en 1966. Le plan, destiné à
battre les soviétique avant l' anniversaire d'octobre 1967 (50 eme
anniversaire du gouvernement) est baptisé Horizon. Le groupe de Von Braun
propose un effort du type " Projet Manathan " (construction de la
bombe atomique en 1945); avec plus tard un Saturn 2 à quatre étages à
carburant cryogénique. A cause du projet Horizon, le ABMA avait conçu l' étage Saturn 1 récupérable, à l' aide de trois parachutes et de rétro-fusées en dessous de 30 m. Après repêchage de l' étage, les moteurs étaient démontés, nettoyés et inspectés pour un prochain vol. Le système n' a jamais été développé parce qu' il aurait exigé 30 lancements par an pour être rentable. Le projet de Von Braun n' intéresse pas l' armée. Très en retard, la NASA, la nouvelle agence spatiale US décide de s' approprier le projet Saturn et mais sous sa tutelle von Braun et son équipe du centre ABMA de Huntsville. Fin avril, le centre ABMA reçoit le premier moteur H1 et l'essaie au banc le 28 mai. En juillet, à Cap Canaveral commencent les travaux du complexe 34 avec la construction du blockhaus de lancement. Au ABMA, l'équipe de von Braun termine l'assemblage du dernier missile Jupiter. Les machines outils seront modifiées pour le projet Saturn. Fin d'année, il est décidé que le transport des étages Saturn ne se fera ni par air ni par terre mais par bateau du fait de leur taille. La NASA organise un comité d' évaluation du lanceur Saturn, le comité Silverstein. Ce comité composé de fonctionnaires de l' agence, du DoD et du ABMA tient sa première réunion en décembre. Abe Silverstein, chef de l'Office of Space Flight Development de la NASA, présente le rapport de la Saturn Vehicle Team qui regroupe les configurations recommandées en trois catégories A, B et C. Toutes, sauf la proposition C-3 adoptent le faisceau de huit moteurs H-1 comme premier étage, connu sous le nom de S-I. Le C-2 a un 2ème étage nouveau, appelé S-III, propulsé par deux moteurs de 70 t de poussée. Le 3ème étage, appelé S-IV, dispose de quatre moteurs RL-10 et le 4ème étage est un dérivé de Centaur appelé S-V. Le C-3 a un premier étage en faisceau délivrant 900 t de poussée et un 2ème étage cryogénique, S-II, avec quatre moteurs de 90 t de poussée. S-III et S-IV deviennent les 3ème et 4ème étages. La charge utile maximale de C-3 atteint 25 tonnes. Il recommande l' adoption du carburant cryogénique pour les étages supérieurs du lanceur et le développement d' un nouveau moteur J2 de 80 000 kg de poussée. Projet C1 et C2 Le comité examine une série d'
option pour Saturn en tant que lanceur des Dyna Soar du DoD, les satellites
géostationnaire ou les sondes à travers l' espace. Il repousse les Saturn A avec
les étages supérieurs Titan et Saturn B avec un étage supérieur propulsé
par un groupe de 4 moteurs H1 en faveur du Saturn C avec un nouvel étage
cryogénique. Avec ces recommandations, la NASA annonce le développement de trois
lanceurs Saturn assemblés comme un jeu de construction. 1960 Janvier, le programme Saturn devient une "priorité nationale" pour le pays. Un appel d'offre est lancé pour le développement de l'étage S-4 et le 29 février, 29 compagnies remettent leur copies. Une maquette de l'étage S1 est installée sur le banc d'essai du centre ABMA pour des tests de remplissage. L'étage SA-T "test" le remplace en février pour des essais de mises à feu. Le 28 mars, deux des huit moteurs H1 de l'étage SA-T réalisent une première mise à feu de 8 secondes (SAT-01). Un second essai (SAT-02) a lieu le 6 avril durant 7 secondes. Enfin le 29 a lieu une mise à feu complète des huit moteurs. Centre de Huntsville, essai de l'étage SA-T En avril, la NASA, qui a désormais la responsabilité du programme sélectionne la firme Douglas Aircraft Cie pour le développement de l'étage S4 reconfiguré avec 6 moteurs RL 10. En mai ont lieu les secondes et troisièmes mises à feu du SA-T pendant 24 et 35 secondes. La firme Rocketdyne est sélectionnée pour développer le moteur cryogénique J2, préconisé par le comité Silverstein. Les premiers Saturn 1 seront nommé SA 1 à SA 10, SA 10 étant le prototype des Saturn améliorées. LES PREMIERS MATERIELS Le 26 mai commence à Huntsville l'assemblage du premier booster Saturn 1. Le centre assemble les étages Saturn sur une machine spéciale horizontale qui tourne comme un tourne broche. Le réservoir central est mis en place puis les quatre à oxygène un par un et en opposé pour l' équilibre. Enfin sont mis en place les quatre derniers réservoirs de kérosène peint en noir. Seul les réservoirs LOX supportent la structure. Une fois les canalisations passées, les moteurs sont montés sur le bâti, les internes en premier suivit des quatre autres. Le dernier travail est la mise en place du bouclier thermique au fond pour protéger le bâti moteur. Assemblés, les étages sont installés sur leur transporteur et mené au banc d' essai statique. En août, la NASA demande à Prat & Witney de développer le moteur LR 119 de 7 tonnes de poussée pour l'étage S4 et S5 du Saturn C1. A Cap Canaveral débute la construction de la table de lancement du LC 34. En septembre, l'Arsenal Redstone le ABMA devient le Georges C Marshall Space flight Center, ou centre Marshall. Il devient responsable pour la NASA du programme Saturn. En octobre, la NASA sélectionne Convair pour développer l'étage S5. Dans le même temps, Convair, General Electric et Martin sont conviés pour des études de faisabilité sur les vaisseaux du projet Apollo. Le 2 décembre a lieu une première mise à feu de 2 secondes de l'étage SA-T renommé SAT1 et configuré comme un étage de vol. Le 20, un dernier essai est réalisé durant 60 secondes. La fabrication des réservoirs du booster SA-2 étant terminé, commence l'assemblage de l'étage. 1961 Janvier, von Braun propose que le lanceur C1 devienne un lanceur à deux étages, retardant ainsi le développement de l'étage S5. Le 16, le premier booster SA-1 est déplacé de son stand d'assemblage à son stand de contrôle. Dans le même temps, la maquette du S4 est déplacée vers son stand de contrôle. Au banc d'essai, le SA-T1 est mis à feu durant 113 secondes le 31 janvier. Février, la maquette de l'étage S5 est envoyé de chez Convair à Huntsville. Elle sera assemblée sur la maquette du S4. Le premier lanceur Saturn C1 est assemblé horizontalement en fin de mois. Le 14 a lieu le dernier essai de mise à feu du SA-T1. Une seconde maquette de l'étage S5 est livré à Huntsville pour des tests de vibration. Elle sera réutilisée pour un vol par la suite. Le premier Saturn C1 dans son hangar à Huntsville. Noter la taille du Jupiter à coté. Début mars, l'étage SA-T est enlevé du banc d'essai et installé sur son bateau transporteur Palaemon pour des essais en rivière. Le même jour débutent les essais sur un moteur H1 afin de déterminer une réutilisation éventuelle après un séjour en mer. Le SA-T sera ensuite reconfiguré en SA-T2 et à nouveau testé au banc. le 7 mars, le booster SA 1 est amené au banc d'essai pour des vérifications. Les équipes de von Braun suggèrent de mettre 6 moteurs RL 115 au lieu de 4 LR 119 sur le S4 du Saturn C2. D'autre part, il est recommander d'augmenter les capacités en ergols de l'étage S1, de l'équiper de stabilisateur pour les prochaines versions de vol. Le centre Marshall change totalement les plans du
lanceur C3
en mars. Le Saturn C2 possède un nouveau premier étage propulsé par
des moteurs F1 en cours de développement et est proposé en deux
configurations : une version tri-étage comportant les étages S1, S2 et S4,
et quadri-étage avec en plus un S5. Avril, la barge Paloemon avec une maquette
simulant l'étage S1 et une maquette du S5 quitte Huntsville pour Cap
Canaveral qu'elle atteint le 30 après un voyage de 15 jours. Le simulateur du
S1 est déchargé puis remis dans la barge et ramené à Huntsville le 15 mai
tandis que la maquette du S5 reste au Cap. En mai, la NASA accepte la proposition faite
en mars par le centre Marshall d'incorporer des changements sur l'étage S1 du
Saturn C1. Ces changements permettront au lanceur C1 d'utiliser comme second
ou troisième étage un véhicule qualifié pour les vols habités avec deux
étages. Ce qui élimine le besoin d'avoir un étage S5 pour le C1 sauf pour
les cas de missions spéciales. De plus, le centre Marshall réexamine la
possibilité pour le lanceur C2 d'atteindre l'orbite lunaire. Le 27, Wernher von Braun dévoile officiellement la Saturn C-3 qui doit utiliser un nouveau premier étage propulsé par deux moteurs F-1 de 680 t de poussée chacun avec une charge de 32 000 kg en orbite terrestre et 12 000 vers l' espace. Un nouveau site pour lancer le C3 est désigne au nord du Cap Canaveral, sur l' île de Merritt.
Après le discours du président Kennedy (débarquement d' américains sur la lune
avant la fin de la décennie), la NASA change encore ses plans et laisse tomber
le Saturn C2 le 23 juin et focalise ses efforts sur les concepts C-3 et Nova. Le
C-3 est conçu autour d'un étage S1B de 10 m de diamètre avec deux moteurs
F-1 de 680 t de poussée et deux étages supérieurs cryogéniques, S2
(quatre moteurs J-2) et S4 (six moteurs LR-115). Le C-3 sera capable de
placer 48 tonnes en orbite basse. En juillet a lieu les seconde et troisième mises à feu du SA-T2 à Huntsville avec simulation d'arrêt en vol des moteurs intérieurs 6 secondes avant les extérieurs. Le 31 commence l'assemble du booster SA 3. Le lendemain, le SA 2 est déplacé à son stand de contrôle.
Septembre, la NASA propose la construction d'un second pad de tir pour les Saturn le LC 37. Le pad comprendra une tour de service mobile pouvant servir les deux tables de lancement. En octobre, le booster SA 2 est
mis au banc d'essai de Huntsville et subit deux mises à feu les 10 et 24. Novembre, les dessinateurs de Von Braun
planchent
sur un nouveau lanceur nommé Saturn C4 pour atteindre la lune de Kennedy. Le C4
a
trois étages entièrement nouveaux. Quatre moteurs F1 propulsent le premier
étage, le S1B. Le S2 allongé possède quatre moteurs J2 et le troisième étage le
S4B n' en possède qu' un. La hauteur totale est de 76 m. Deux types de lanceurs seront finalement développés, le Saturn C1 pour les vols en orbite terrestre pour tester le matériel Apollo entre 1964 et 1965 et le Advanced Saturn C5 pour les missions vers la lune avec ou sans débarquement. Décembre, les derniers
réservoirs du Saturn 1 produits à Huntsville sont terminés. Désormais ils
seront fabriqués par Chance-Vought à Dallas, Texas, et envoyé au MSFC et
plus tard chez Chrysler à l'usine de Michoud. Le banc d'essai des étages S1
sera modifié pour l'été prochain afin de recevoir sur son coté ouest les
étages S1 de Chrysler. Au Sacramento Test Facility SATCO, en Californie, un
prototype de réservoir d'un étage S4 est mis au banc pour des essais
de remplissage en ergols. 1962 Janvier, début d'assemblage du booster SA 4
à Huntsville. Au Cap Canaveral, une tour ombilicale sera construite sur le
pad 34 pour alimenter les étages supérieurs du Saturn. En février, le booster SA 2 est envoyé au Cap Canaveral et mis sur le LC 34 le 1er mars. Le 20, un tir statique du SA 3 est réalisé à Huntsville. Il est arrêté après 55 secondes suite à un incendie du moteur n°6. En avril démarre la construction du LC 37 à Cap Canaveral tandis que le 25 s'élance du LC 34 le Saturn 1 SA2. La mission similaire au vol SA 1 permet de larguer dans l'atmosphère des tonnes d'eau enfermées dans la maquette du S4 et d'en étudier la dispersion dans l'atmosphère. Le 24 mai, le booster SA 3 effectue son tir statique de certification à Huntsville durant 119 secondes avant d'être envoyé à Cap Canaveral. En juin, le centre Marshall commence les travaux en vue de modifier le banc des tirs statiques du Saturn C1. De plus, il annonce que l' étage S4B sera testé comme second étage d' une Saturn 1 Uprated. Le nouveau lanceur est nommé Saturn C1B et son premier étage le S1B. En conséquence, le premier étage du Saturn C5 sera nommé S1C. En juillet, la méthode LOR est retenue pour atteindre la lune. Le Rendez vous en orbite lunaire permet de n'utiliser qu'un seul lanceur au départ pour lancer le train spatial Apollo vers la lune. Le train spatial se compose de modules dont une seule partie, le "tug" ira se poser sur la lune et en reviendra. En août, Chrysler signe un contrat pour
fabriquer 21 boosters C1 à livrer entre 1964 et 1966. Ils seront produits à
l'usine de Michoud, près de la nouvelle Orleans. Dans le cadre du
développement du C5, Douglas signe un contrat pour fabriquer 11 étages S4B,
dont 5 destinés au essai sol. Le booster SA 3 est envoyé en Floride le 9 septembre et installé sur le pad 34 le 21. Le 11, le Pt Kennedy visite durant deux jours le centre Marshall. Le 25 commence l'assemblage du booster SA 6. En octobre commence la fabrication du premier booster Saturn 1 par Chrysler à Michoud, le SA 8. L'usine doit en fabriquer 21 autres. L'étage SA-T après une série de mises à feu suivant les évolutions des lanceurs est envoyé à Michoud pour valider les installations de fabrication chez Chrysler. Il est aussi décidé que le vol SA 5 emportera une charge utile type "Jupiter". L'étage S4 construit à Santa Monica est envoyé au centre Marshall pour 6 mois de tests dynamiques. En novembre, l'assemblage du SA 5 se
termine, il sera amené au banc de tir statique. Le booster SA 5D est
assemblé dans la tour dynamique pour des essais de vibration. Le vol SA 5
inaugurera la série de vol sur le LC 37 avec un lanceur à performance
augmenté dit Block II avec le second étage actif et des CSM Boiler Plate
Apollo au sommet. 1963 Douglas termine l'assemblage du S4 D/F qui sera envoyé en Floride pour valider le LC 37. Au SATCO, le S4 "battleship" (avec réservoirs en acier, réalise une mise à feu de 468 secondes. D'ici quelques semaines, c'est le S4 T qui prendra la relève. Dans le même temps, le SA 4 est envoyé au Cap et installé sur le LC 34 le 5 février. La nomenclature des Saturn C change: Le Saturn C1 devient Saturn 1, le C1B devient le 1B et le C5 le Saturn 5. La NASA annonce que trois charges utiles seront lancées par les derniers vol du Saturn 1. Il s'agit de trois satellites destinés à capturer les particules de micrométéorites. En mars, les essais dynamique du SA 5D se
termine et le S1- 5 réalise un essai de certification au banc durant 124
secondes. A la suite de l'analyse des données post-flight, il est décidé un
troisième tir le 27. Douglas a déjà construit quatre
versions tests de l' étage S4 pour la NASA. La firme a livré une version
pour les tests dynamiques au centre Marshall, le S4 D et une version F de
validation sur le pad au Cape Canaveral et un bâti moteur est en test au
SACTO, en Californie, le S4 S (Structural). Suivra le S4 Test pour les essais
statique au sol avec des réservoirs en aluminium. Douglas construit ses
nouveaux étages dans des installations horizontales à l' usine de Santa
Monica. Selon la technique éprouvée des étages Thor, les réservoir du S4
sont munis de raidisseurs lui permettant de supporter son propre poids sans
être pressurisé. Le S4-5 est installé sur le banc d'essai du
SATCO le 22 mai. En parallèle se déroule des essais de remplissage du S4 T
et du S4 Battleship. Ce dernier totalise 5440 secondes de fonctionnement. Il
est ensuite renvoyé au centre Marshall pour des tests tandis que 5 de ses
moteurs subissent des essais de vibration avec le lanceur dynamique. Fin juin, les tests dynamiques du S4 1 sont terminés au centre Marshall avec l'IU et le cône Jupiter ainsi qu'avec un Boiler Plate Apollo. L'étage S1-6 réalise son test de certification au banc d'essai statique. En juillet, le S1 5D repart pour le centre Marshall. Il subira des tests dynamiques complémentaires. Le premier S4 de vol, le S4-1 est testé sur la banc du SACTO le 5 août. Il fonctionne pendant 7 minutes, puis est arrêté au bout de 1 minute 37 secondes, un capteur d' incendie s' étant allumé par erreur. Le test est finalement réalisé durant 477 secondes le 12. L' étage est ensuite envoyé au Cape en septembre par avion Guppy et assemblé au S1-5, S-IU-5 arrivés en juillet par barge. Octobre commence sur le LC 37 l'assemblage du SA 5.
Le centre Marshall construit 8 premiers
étages S1 de vol.
Chrysler lui a réalisé 2 modèles d' essais et 6 étages de vol à l'
usine de Michoud, avec en plus 12 étages S1B pour les Saturn 1B, AS 201 à
212. L' étage de développement, le S1-8 et 10 étant presque complets. 1964 SA 5 ET TEST FINAL Le Saturn Block 2 est différent de ses prédécesseurs. Les moteurs H1 du premier étage sont boostés avec 75 000 kg de poussée chacun. Le bâti moteur est simplifié avec une structure circulaire et huit ailerons stabilisateurs sont rajoutés, quatre petits et quatre grands. Une case à équipement "Instrument Unit" est ajouté sur le S4 (diamètre 3,8 m sur 0,45 de haut). L' étage factice S5 n' a jamais plus volé. A la place, une structure d' adaptation est montée pour se joindre au module de service Apollo. Le premier étage S1-5 est livré au Cape le 23 août et monté sur le LC 37 B. Une maquette du S4 est hissé par dessus pour les tests de validation avant l' arrivée du véritable S4 le 11 octobre (l' inter-étage est peint selon un schéma en damier). Suivront l' IU, l' inter-étage SM et le cône Jupiter (peint en noir). Le lancement du SA 5 est retardé à janvier
1964 à cause de divers
problèmes, tel que début d' incendie lors de test de remplissage des
réservoirs cryogénique et des fissures sur les joints d' une ligne
hydraulique. En fait une mini compétition s' engage entre deux lanceurs, le
SA 5 sur le LC 37 B et l' Atlas Centaur de l' USAF sur le LC 36 A pour savoir
lequel volerait en premier avec un étage supérieur cryogénique. Le Centaur
a échoué en 1962 et vole avec succès le 27 novembre. En décembre, la NASA décide de réaliser des tests supplémentaires avec le S4 D au centre Marshall et le S4 T au SATCO. A Michoud, la NASA accepte le premier booster S1 construit par Chrysler. 1964 L'année se présente riche en évènement avec le premier vol du Saturn 1 deux étages après 4 vols de démonstration avec des maquettes. Mais le 24 janvier, le S4 T explose au banc pendant le compte à rebours à la suite d' une erreur humaine comme le révèlera la commission d' enquête. Le SA 5 ne part finalement qu'après deux jours de retard le 29 janvier. Après séparation, le S4 s' allume sans problème durant 479 secondes mettant sa carcasse et le cône Jupiter (19 tonnes) sur une orbite 848 x 295 km inclinée à 31°. En février, le booster SA 6 est envoyé au KSC pour être assemblé sur le LC 37B. Le S4 2 suit quelques jours plus tard. Le centre Marshall réalise un essai de déploiement de la coiffe qui abritera les satellites Pegase que lanceront les derniers Saturn 1 (SA 8 et 9). Chrysler commence la fabrication des premiers éléments des premiers étages S1B pour les Saturn 1B avec des éléments prévus pour les Saturn 1 annulées. Douglas fabriquera de son coté les étages S4B pour les différents tests au sol, S4B F, D, T et "battleship". Mars, au Cape, les techniciens travaillent sans interruption sur le vol SA 6. Au centre Marshall a lieu le tir statique du dernier étage Saturn 1 fabriqué par les équipes de Huntsville. Avril, LC 37, les techniciens assemblent le BP 13 Apollo sur le lanceur SA 6. Le premier booster de Chrysler, SA 8 arrive au centre Marshall le 28 avril pour réaliser son tir statique. Le dernier vol SA 10 emportera le troisième satellite Pegase destiné à l'étude des micrométéorites. En mai de la corrosion est découverte sur certaines canalisations du S4-6 monté sur le SA 6 au Cap. Malgré ce léger contre-temps, le lancement ne sera retardé que d'une semaine. Le 28, SA 6 décolle du LC 37 emportant le BP Apollo. Le vol propulsé est "nominal" malgré un arrêt imprévu du moteur n°8 à T+ 116 seconde. Les moteurs restants compensant de même que le S4 afin d' accéder à la mise en orbite à 223 x 252 km. Le SA 6 établit un nouveau record avec 15 tonnes satellisés. Le CM se désintégrera dans l'atmosphère 3 jours après comme prévu. Juin, Chrysler commence la fabrication du premier booster S1B avec la mise en cluster des réservoirs et prend livraison des moteurs H1 améliorés. A la suite de la découverte de corrosion, les moteurs de l'étage S1-7 sont démontés et renvoyé chez Rocketdyne. Chez Douglas, les trois derniers étages S4 sont en voie de finition. Le S4-8 va être envoyé au SATCO pour ses essais statiques. A Michoiud alors que le premier S1B est presque terminé, Chrysler commence la conversion du S1 D en S1B D/F. Après les tests dynamiques, il sera envoyé au KSC pour valider les installations sol du LC 34 modifié. Le 18 septembre, SA 7 est lancé du LC 37. Après séparation du S1 et du S4, le BP 15 Apollo est mis sur orbite avec l'étage vide (15 000 kg). La mission parfaitement réussit permet de tester la propulsion, le système de guidage en vol, la compatibilité du vaisseau Apollo avec le lanceur et la tour d'éjection du CM. Les films du vol embarqués ne peuvent être récupérés à cause de l'ouragan Gladys (ils seront récupérés par hasard deux mois après). Ce vol termine les essais en vol du Saturn 1, les trois prochains vols étant réservés pour la mise en orbite des satellites Pegasus.
Novembre, LC 37, mise en place du lanceur SA 9 sur son pad. Un retard dans la production permet au SA 9 de voler en premier. Le S1-8 est stocké en attendant son envoie au KSC en février prochain. A Michoud, le premier S1B est envoyé au centre Marshall pour ses tests de mises à feu. Le 29 décembre, le premier Pegasus arrive au KSC pour être assemblé au SA 9. A Michoud, Chrysler s'apprête a livrer le S1B D/F pour des tests dynamiques à Huntsville. Douglas envoie de son coté son S4B D/F. les deux étages seront assemblés en début d'année dans la tour dynamique. 1965 Chaîne de montage des étages S1B (SA 8 et 10). Le 13 janvier, LC 37B, le satellite Pegasus B est monté au sommet du S4-4 suivit du BP 16 Apollo. Le 21 janvier, Douglas réalise la dernière mise à feu d'un étage S4, destiné à SA 10 d'une durée de 480 secondes. Le 16 février, SA 9 quitte le LC 37B porteuse du second satellite Pegasus. Le 23, l'étage SA 8 est envoyé au KSC. Mars, l'étage S1B 1 arrive au centre Marshall à bord du Paloemon. Le 15, il est hissé sur le banc d'essai. Le 1er avril, il subit sa première mise à feu durant 35 secondes. Le 10 avril, le BP 26 Apollo arrive au KSC. Le 13, au centre Marshall, le S1B 1 est mis à feu durant 142 secondes. Il retourne à Michoud le 24. Le 30, le premier S4B de vol AS 201 est envoyé au SATCO pour des essais statiques sur le banc Beta 3. Le 10 mai, Douglas livre le dernier S4-10 au KSC. Il volera sur SA 10. Le 24, SA 8 décolle du LC 37 après une attente de 35 mn sur pad. Le satellite Pegasus B est correctement placé sur orbite. C'est aussi le premier lancement de nuit réalisé par un Saturn. Juin, LC 37, les opérations de montage commencent pour le dernier exemplaire du Saturn 1, SA 10. Le 29 arrive le module de service du BP 9 Apollo. L'étage S4B 500 f arrive au KSC par bateau en même temps que le CM BP 9, le dernier Boiler Plate à voler. Début juillet, la NASA décide d'adapter le LC 37 pour les Saturn 1B. Le 30 le dernier Saturn 1 quitte cap Canaveral et met sur orbite le troisième et dernier satellite Pegasus.
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