L'AVENTURE SKYLAB

 

LES INSTALLATIONS AU SOL

Août 1972, pour la seconde fois dans son histoire, le bâtiment d' assemblage du KSC est au maximum de son activité. Trois baies de montage sur quatre sont occupées. La baie n°3 reçoit la dernière Saturn 5 lunaire pour la mission Apollo 17, la baie n° 2 le booster du Saturn 5 qui lancera la station orbitale et la baie n° 1 abrite le Mobil Launcher avec son pied support de lancement pour les Saturn 1B. 
Skylab et Apollo partagent les mêmes installations et depuis 1970, un bureau dirige les deux programmes. En dépit des ressemblances, Skylab a nécessite de nombreux changements, comme lancer les Saturn 1B du complexe 39. La charge utile du "workshop" demandait aussi des adaptations, vue la taille du matériel. Adapter Skylab aux installations lunaire a demandé de l'innovation.

La préparations du lancement de Skylab n' a pas été une mince affaire pour les techniciens du centre spatial de Floride. La modifications des installations a suscité de nombreux débats et discutions. Mais une fois les décisions prises, tout est allé doucement et sans surcoût financier. 

LE LC 39

Mi 1968, le programme Apollo est à son apogée, tout va aller très vite pour gagner la course à la lune et faire débarquer avant 1970 un homme, un américain sur la lune. Après l' essai du vaisseau Apollo version 2 autour de la terre (Apollo 7), les grandes manoeuvres vont commencer. Toute la logistique se concentre désormais sur Merrit Island au Nord du Cap Canaveral d' où seront lancé les Saturn 5 habités. Le programme d'applications Apollo AAP est repoussé après 1970. Pour les équipes de Georges Muller se pose un nouveau problème: maintenir en activité des milliers de personnes associées au lanceur Saturn 1B. La production est arrêté, mais le lanceur restera en sommeil jusqu' au début de 1970 pour le programme AAP. Quelques 3000 ouvriers se retrouvent inactifs pour de long mois. Les lanceurs déjà présents au centre spatial sont ramenés à leur usine chez Chrysler et provisoirement stockés.

A cap Canaveral, les équipes-sol se préparent à mettre le pad 34-37 en sommeil attendant une remise en état dans deux ou trois  ans. Les deux installations ont pendant 7 ans lancés 14 Saturn 1, 1B jusqu' en janvier et octobre 1968. Les lancements restants seront réalisés par Saturn 5 des installations 39 au KSC. Le personnel est réduit de 87 % ne laissant que 350 personnes sur site. Tous les équipements du LC 34 et 90% du LC 37 sont  enlevés et stockées et les structures fréquemment décapées et repeintes. La tache devient difficile pour Georges Muller, maintenir ses équipes en surnombre pour des tâches qui ne nécessite pas de personnel qualifié en attendant la reprise de 1970.

Parallèlement à l'éventuelle reprise des activité du Saturn 1B à Cap Canaveral, des réflexions sont menées quand à l' utilisation d'autres installations pour lancer les Saturn 1B. Le LC 34 est trop vieux, trop petit et présente déjà les effets de la corrosion du au sel et à la mer. Dès sa conception originelle, il n'avait pas trouvé de financements adéquats. Pendant 7 ans, il a été souvent amélioré notamment en vue de lancer des Saturn 1B habités. Le pad 37 a été étudié en 1961 avec une meilleure approche des besoins futurs, une tour de service mobile, une tour ombilicale et un blockhaus de taille raisonnable, mais il n' a pas été équipé pour les vols habités. Une telle modification maintenant prendrait deux ans. Les opérations de lancement depuis les LC 34-67 sont estimés à 29 millions $ contre 5 à 10 depuis le LC 39. 

Le bureau des programmes avancés (Advanced Programs Office) du KSC suggère d' utiliser le LC 39 pour lancer les Saturn 1B ce qui permettrait de réduire les coûts en améliorant les opérations. Des questions sont posées, quel sera le coût réel des modifications pour lancer les Saturn 1B et 5, quel sera l'impact sur les vols Saturn 5, comment seront desservit les deux lanceurs avec une seule tour de service mobile et enfin que fera t'on des LC34-37. Le LC 39 construit pour Apollo et les Saturn 5 n'a pas du tout la même conception que les LC 34-37, de part la taille du lanceur et sa conception "lanceur mobile". Sur le LC 34-37, le lanceur est assemblé étage par étage sur le pad lui même, alors que le Saturn 5 est assemblé sur une plateforme mobile dans un hangar abrité et amené sur le pad ensuite pour les opérations de lancement. La tour de lancement haute de 136 m est à l' image du Saturn 5 avec ses 9 bars de service pour le carburant, les fluides, les gaz et le contrôle environnemental du lanceur. Une tour se service vient se positionnée à l' opposé pour permettre l' accès à toute les parties du lanceur. Le LC 39 a deux pads mais seulement une tour de service essentielle pour les vols habités. 

Le KSC pourra s'adapter aux cadences de lancement du programme AAP, l'intervalle entre les vols passant de 8 à 10 mois. L'unique tour MSS pourra desservir à la fois le Saturn 5 et le 1B si certaines opérations sur le Saturn 5 sont réalisés depuis le LUT. Le plus gros problème pour lancer les Saturn 1B du LC 39 est d'ajuster la petite taille du lanceur aux installations. Un Saturn 1B est 43 m plus petit qu'un Saturn 5 et le repositionnement des bras de service s'avère nécessaire. Seul les bras 7 à 9 alimentant l' étage S4B et le vaisseau Apollo sont les mêmes; les changer de place sur la tour ne serait pas une tache facile, c'est un système mécanique complexe, lourds (25 tonnes) et longs avec 18 m en moyenne pour chaque bras. Cinq des ses bras restent accrochés au lanceur jusqu'au lancement et se rétractent en 2,5 secondes, d'ou leur nom de "swing arms". 

Les plateformes de travail dans le bâtiment d'assemblage VAB et sur la tour de service poseront le même type de problème. Si la taille des bras de service parait petite, il n' en va pas de même pour les plateformes du VAB haute comme un immeuble de trois étage avec une base de 18 m sur 18. Outre le repositionnement des bras et plateformes de travail, les techniciens devrait aussi refaire modifier toutes les lignes d'alimentation en carburant, fluide, liaison électrique et pneumatiques sur la tour ombilicale du Mobil Launcher.

Une étude de Boeing en février 1969 propose de mettre le Saturn 1B sur un pied de lancement de 39 m de haut afin que la partie haute du lanceur soit à la même hauteur qu'un Saturn 5 vis à vis de la tour ombilicale et des plateformes de travail dans le VAB. Le coût d' une telle modification est estimé à 5 millions $ soit le tiers du coût d'un nouveau Mobil Launcher. Le principal problème sur une telle configuration est la caractéristique dynamique du pied et du lanceur au moment du décollage. Quatre crochets retiennent le lanceur au moment de la mise à feu pendant 4 secondes afin de vérifier que tout est Ok. Pendant ce temps, le lanceur se déforme sous la poussé et tire vers le haut. Si par malheur, les moteurs s' éteignaient, le lanceur retomberait sur ses crochets lourdement. Le pied devait pouvoir supporter une telle charge, dite de rebond sans osciller sur ses montants. A fin d' avoir des données plus précises sur ce problème, Boeing décide de lancer des études. 120 jours seront nécessaire pour modifier les LUT 1 et 2, 13 jours pour le VAB, 12 pour la tour MSS et 46 pour les salles de tir. Les LUT pourront devront être reconfiguré pour le Saturn 5 en 40 jours seulement pour terminer les missions Apollo lunaires (AS 514 et 513). 

1970, la NASA décide de terminer les missions lunaire avant de lancer la station Skylab, ce qui éliminent les problèmes de reconversion des installations et des délais d'attente entre les lancements. Les discutions sur le fait de lancer Saturn 1B du LC 39 reprennent. Un débat oppose Grady Williams, chef de construction au rapport de Boeing sur la taille, la forme des pieds du support monté sur le Mobil Launcher. Les requêtes de Williams sont finalement prises en compte sans que le programme n'en soit retardé. 

Walter Kapryan, directeur des opérations de lancement s'interroge sur le fait qu'un seul Mobil Launcher sera équipé du pied support. Le travail sera beaucoup plus important pour respecter les délais entre les lancements et si un accident arrive au lancement, il faudra 8 mois de travail pour renvoyer un nouvel équipage vers la station. Le pied support permettra d'économiser de l'argent si la NASA ferme les installations du LC 34-37. Ray Clark, directeur technique explique qu'en cas d'ouragans il sera très difficile de déplacer rapidement trois structures (deux Mobil Launcher et une tour de service) avec seulement deux Crawler Transporter, sachant que 7 heures sont nécessaire pour regagner le bâtiment d'assemblage.

A Huntsville, le manager du programme Saturn, Roy Godfrey demande qu'une décision soit prise rapidement afin d'économiser de l'argent dans l'entretien du LC 34 qui coûte 4000 $ par jour et de laisser plus de temps pour les changements sur le LC 39. Avec 6 mois d'études pour le pied, un an de test en soufflerie, il faut commencer en juillet. Godfrey souligne qu'il n'y aura pas de lancement non habité pour tester le pied.

Le centre de Houston va dans la même sens que Huntsville, le transfert des opérations de lancement de Cap Canaveral à Merritt Island permettra à North American le principal contractant d' Apollo d'éviter de transférer de nombreux équipements du LC 39 vers le LC 34 et ainsi économiser de l'argent et de la main d'oeuvre.  

23 avril, le dossier est proposé au Dr Debus, qui l'accepte finalement malgré ses réticences aux effets dynamiques sur la structure du pied au décollage. Des inquiétudes partagées par Huntsville le même jour au cours d'une autre réunion. Les effets dynamiques d'un lancement sur le pied ne peuvent pas être simulé dans un tunnel de soufflerie et tenter une telle opération serait prendre un gros risque. Le doute subsistera jusqu'au premier lancement. L'accord final est assujetti à trois conditions:
_ un test de charge du pied pour confirmer sa rigidité, 
_ un test de traction pour mesurer la raideur du véhicule, 
_ trois mois de temps supplémentaire pour résoudre les problèmes imprévus.

La décision finale arrive le 29 avril de Washington officialisé par Tom Paine le 11 mai suivant et le 15 par le comite spatial du congrès américain. Les Saturn 1B utiliseront le LC 39.

En juin, Bill Scheider directeur du programme demande au ingénieurs du KSC si la sécurité de l'équipage ne sera pas sous estimée dans une telle configuration. Le programme de test du pied comprendra une revue de détail du concept, l'analyse des tests dynamiques et de stress, un programme d'essai en soufflerie et divers programmes de test sur les flexions du lanceur sur son pied.

En dehors du KSC, les doutes sur le concept du "milkstool" tardent à venir. En novembre 1970, les officiels du bureau du programme Skylab considèrent les mérites d'un lancement d'essai pour former l'équipage et éprouver le système. Les fonctionnaires de Chrysler suggèrent simplement un tir statique comme exercice de formation. Après une révision par les différents directeurs du programme, Schneider conclu que le plan du KSC est sain. La recommandation contre un essai de lancement est acceptée par le Conseil le mois suivant.

Le 2 septembre, une étude détermine l'utilisation des installations du KSC pour les opérations Apollo et Skylab : 
_ Apollo 14 sera monté sur le ML2 2 dans la baie 3 du VAB; Lancement du LC 39 A avec le Firing room 1. 
_ Apollo 15 sera monté sur le ML 3 dans la baie 1 du VAB et sera transféré dans la HB 3 après le rollout d' Apollo 14; Lancement du LC 39 A avec le Firing room 1. 
Les autres missions lunaires utiliseront comme Apollo 15 le LUT 3, la baie de montage 3, la Firing room 1 et le LC 39 A.
Pour Skylab, c' est le ML 1 qui lancera les Saturn 1B destiné aux équipage d' occupation. Ces bras de service seront modifiés afin de  desservir le nouveau lanceur. 
Dans la bâtiment d'assemblage VAB, les plateformes de travail seront adapté à la taille du Saturn 1B, seules les deux plateformes qui entouraient le premier étage S1C du Saturn 5 ne seront pas utilisées. 
Dans la baie 2 sera construit une "salle propre" pour le télescope ATM ainsi que dans le MSOB dans la zone industrielle du KSC. 
Le pad 39 B et la Firing room 3 du LCC seront utilisés pour le Saturn 1B ce qui impliquera quelques changements au niveau des canalisations carburant, commande et circuits de monitoring.
Pour le lanceur Saturn 5 qui lancera la station, pas de modification importante. Il sera assembler sur le LUT 2, dont le bras d' accès n°9 sera déplacé au niveau de l' étage S4B afin de pénétrer dans la station pour installer toute l'intendance de bord. Le pad 39 A et la Firing room 2 seront utilisé avec quelques modifications. 
En résumé:
_ Skylab 1 sera monté sur le LUT 2 dans la baie 2 du VAB. Lancement du LC 39 A avec le Firing room 2. 
_ Skylab 2 à 4 seront montés sur le LUT 1 dans la baie 1 du VAB. Lancement du LC 39 B avec le Firing room 3. Le 2 novembre le plan est approuvé.

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LC 39 A, salle PTCD et ECS 1er et 2nd étage.

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LC 39 B, salle PTCD et ECS 1er et 2nd étage.

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LCC étage 3 et 4

La décision d'utiliser un étage S4B "sec" pour l'atelier orbital worshop en juillet 1969 fait évoluer les plans du KSC sur les opérations de lancements. Alors que pour Apollo, le lanceur devait rester sur le pad 8 semaines, 24 jours seulement sont demandés pour Skylab par les responsables du programme. Toutes les opérations de montage seront faites dans le VAB y compris le déménagement des plateformes dans le workshop. L'accès au workshop sur la pad étant seulement limité pour tester le système de distribution d'eau, les vérifications de dernières minutes et l'installation des derniers échantillons. Parmi les anciens d'Apollo et les nouveaux techniciens responsables du Skylab, le débat est vif sur les opérations à réaliser sur le pad. Septembre 1970, le Dr Debus se range à l'avis des responsables Skylab, l'accès au workshop restera limité.

Pendant ce temps, autre sujet de débat, le temps de préparation sur le pad. En juin, il est rallongé à 6 semaines en cas d' imprévus, mais Huntsville s' y oppose. A la révision de décembre, ce temps passe à 44 jours dont 30 ouvrables. Les 9 jours supplémentaires étant nécessaire pour tester les réservoirs d'oxygène et d'azote chargés de fournir l'atmosphère respirable de l'atelier. A partir de 1971, ce temps restera à 30 jours minimum.

Les opérations Skylab définis en 1971 prévoit une approche en bloc pour l'assemblage du matériel. Les composants et systèmes de chaque module principal sont vérifiés au dehors individuellement. Puis les techniciens commence l'assemblage du véhicule huit mois avant le lancement. Avant le rollout vers le pad, l'équipe du lancement range la nourriture, les films et autres comestibles dans le Workshop. 
Parce que l'expérience a montré que le premier lancement dans un programme habité apporte beaucoup de problèmes inattendus, le programme Skylab s'étend sur plusieurs mois, plus longtemps qu'une opération de type Apollo. Les mois supplémentaires tiennent aussi compte d'une augmentation dans les activités de lancement: après août 1972, trois véhicules sont en chantier sur le LC 39. Le lancement d' Apollo 17 en décembre réduira la charge, mais quatre mois plus tard, le KSC devra faire face à son premier compte à rebours double, en menant deux lancements Skylab à 24 heures d'intervalle. 

Plus que tout autre mission, les missions Skylab nécessitent d' énormes quantités de procédures et de plans de vol à tester avant le lancement. Le changement du site de lancement demande des essais des installations le plus tôt possible. Les deux seuls grands tests à réaliser seront  l'accouplement d'un CM Apollo avec l'adaptateur AM avant le lancement et un test du milkstool en janvier 1973.

LE MOBIL LAUNCHER MILKSTOOL

La modification principale du complexe de lancement 39 pour les missions Skylab est la construction d'un "tabouret de lancement" le Milkstool haut de 38,6 m sur le Mobil Launcher n°1, afin d'adapter les 68 m de hauteur du lanceur à la tour ombilicale dessinée aux 110 m du Saturn 5. 

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Quatre jambes de 50 cm de diamètre et montant sur 30 m supportent la table de lancement. Les structures support sont monté sur le pont supérieur de la plateforme au quatre coins de la fosse des gaz d'échappement des moteurs du premier étage du Saturn 5. La base mesure 14,6 m de coté et atteint 8,5 m au sommet. Des entretoises horizontales et en diagonales consolident la structure.

La table de lancement en forme de beignet est posée dessus. Elle mesure 13,3m de diamètre avec ses 8 crochets de maintien du lanceur et sa fosse d'échappement des gaz de 8,5 m de diamètre. Seul le LC37B était équipé de cette table qui fut alors transféré sur le milkstool. Les canalisations d'alimentation en carburant, gaz, fluides, liaisons électriques et pneumatiques passent par le pont d'accès qui relie le tabouret à la tour ombilicale. Les mats de service de l'étage S1B TSM reprennent les interfaces du bras de service n°1 et des TSM de la plateforme. 

Le tabouret est une tour autoportante qui ne nécessite pas de connections horizontales perpendiculaires entre le pont d'accès et la tour ombilicale, simplifiant la distribution des charges sur chaque jambage. Il pèse 200 tonnes plus les 20 tonnes des équipements associés. Le milkstool permet d'assurer un lancement avec un vent maximum de 60 km-h à 9 m de hauteur et supporte des rafales de 220 km h à vide.   

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Sur la tour ombilicale, le bras de service n°5 destiné à l'étage S2 du Saturn 5 est adapté au S1B du Saturn 1B. Les canalisations LH2 (pressurisation et ventilation) sont remplacées par des lignes à RP1 et 1,71 m rajouté en bout de structure (récupéré sur le LC34).  

Le Saturn 1B se retrouve à 39 m de hauteur, afin que les bras ombilicaux de la tour, le bras d’accès 9 (équipage), le 8 (SM), le 7 et le 6 (S4B)  soient au même niveau pour alimenter le lanceur. Le bras 5 est allongé de 3 m pour assurer le remplissage en kérosène du S1B, l’ alimentation en oxygène se faisant par l’ intermédiaire du Milkstool. Les bras 1 à 4 ont été démontés. 

 

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Trois dessins du "milkstool".

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Mensuration du "pedestral" et de l' anneau de la table de lancement. David Weeks.

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Le travail de dessin du milkstool commence en juillet 1970. La proposition de Chrysler pour réaliser la structure est refusée par la NASA, préférant prendre comme architecte la firme qui a réalisé les Mobil Launcher, Reynolds, Smith, et Hills et de construire la structure au KSC. Le plus gros problème dans la réalisation du pied est de minimiser les vibrations verticales et horizontales. Les exigences de Huntsville n'autorisent seulement qu'un léger affaissement sous des charges très lourdes. Cependant les dessinateurs ont été limités dans le poids qu'ils pourraient utiliser pour tenir compte de la raideur désirée. Puisque le Saturne 5 était presque dans les capacités maximales du Crawler Transporter, le pied pouvait peser un peu plus que l'étage qu'il remplaçait. Les ingénieurs du KSC ont misé sur une masse de 225 tonnes. 
Les effets des gaz d'échappement du lanceur ont dû être pris en compte. Bien que la température de la flamme approche 2700° K, il était certain que quelques unes viennent heurter le pied. 
Les charges du vent sont encore un autre facteur. Pendant les opérations sur le pad, la structure de service dévie beaucoup le vent et un bras connecté au sommet du lanceur amortit les vibrations. Cependant, aucune protection ne sera disponible dans les dernières heures du compte à rebours. Les tests en soufflerie ont permis de fixer une vitesse du vent admissible maximale de 32 noeuds pour un lancement. 

La construction du milkstool est le contrat le plus important sur les installations de lancement pour le Skylab. A l' automne 1970, Small Business Administration demande que le contrat soit établi pour une de ses firmes. Le KSC refuse considérant ce travail trop difficile et complexe à réaliser par de petites firmes. La firme en question fait une nouvelle demande directement à Washington ce qui retarde le début de la construction d'un mois. Enfin en décembre, le QG de la NASA donne raison au KSC. 
En janvier 1971, pour les appels d' offre, une petite firme de Titusville, Holloway Corparation présente un projet pour un montant de 917 000 $. Une autre firme de Jacksonville se joint au projet et la construction peut démarrer et se terminer en temps voulu.

Les premières pièces du milkstool arrivent en avril 1971 sur le site de construction près du bassin de déchargement devant le VAB. Les tubes sont décapés, peints et soudés en sections de 6 m dans la baie 4 du VAB. Dans la baie 1 du VAB où est parqué le LUT 1 des plaques sont mis sur la fosse des gaz sur le sol du la plateforme. En mai commence le montage de la structure qui atteint 24 m de hauteur fin juin. 

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Le pied culmine à 24 mètres fin juin 1971. Photo KSC


Les 8 segments de la table prennent forme à la mi-juin dans l' allée de transfert du bâtiment. L' assemblage se fait en position inversé afin d' autoriser un montage plus précis sur les derniers 5 m du pied. Après retournement, l'anneau est positionnée sur le pied en juillet et le pont d'accès à la tour suit juste après. La mise en place des équipements supports sol sur le milkstool a lieu dans l'automne. Sur le LC37A, seule la structure de la table de lancement était en place. Les équipements sols sont récupérés du LC34 pour servir à la modification d'un second LUT.   

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Mi septembre 1971, l'anneau est positionné sur le pied. Photo KSC

LE MOBIL LAUNCHER 2

Le besoin d'accéder rapidement à l'intérieur du workshop oblige les ingénieurs à établir de nouveau plan en décembre 1969. Dans le VAB, l'accès au workshop se fait par les plateformes de travail et sur le pad par un nouveau bras d'accès de la tour ombilicale.
En 1970, ce bras devient le principal accès à l'intérieur du workshop. Le bras d'accès de l'équipage dans le module de commande (bras 9) est abaissé et installé au niveau de la porte d' accès de l'atelier. Un sas remplace la salle blanche des astronautes. Afin d' éviter la construction d'un second sas, il est décidé que le bras assurera aussi cette fonction dans le VAB. C' est le ML n° 2 qui est choisit pour cette opération. Il finit sa "carrière " Apollo avec le lancement d'Apollo 14 en janvier 1971 et termine ses modifications pour le Skylab en septembre 1971. 

A la fin de l'année, les plans pour accéder au reste du véhicule sont résolus. Les allers et retours vers le module sas et le module d'amarrage se font par le bras n°9. Une fois à l'intérieur, les techniciens sortent par l'écoutille du dôme avant. Tant que le lanceur reste dans le VAB, l'ATM peut être atteint grâce aux rampes d'accès sur les plateforme de travail accolées avec la salle blanche de la baie de montage. Sur le pad, il n'est pas prévu d' accès à l' ATM. Mais au milieu de l' année 1970, Huntsville demande que le bras n° 8 permette cet accès.

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Mobil Launcher 2, vue générale et niveau B de la plateforme.

 

LE VAB

Avec le programme Skylab pour éviter d'interférer avec les missions lunaires, l'assemblage du Saturn 513 destiné à lancer la station est réalisé dans la baie 2 du VAB, les plateformes de cette baie étant légèrement modifiées dans l'été 1971. Les plateformes A et B servant intégralement au vaisseau Skylab, la C partageant son niveau 2 avec le lanceur et la A étant rendu hermétique pour l'assemblage de l' ATM.

Les Saturn 1B destinés à assurer les rotations d'équipages sont assemblé dans la baie 1. Des plateformes sont rajoutées pour permettre l'accès à l'inter-étage S1B-S4B. Seules les deux plateformes qui entourent le premier étage S1C du Saturn 5 ne sont pas utilisées. 

Tous les étages du lanceurs et l'UI arrivent au VAB par transport spécial. L'étage S1B est mis en place sur les quatre Hold Down Post installés sur le bord de l'allée de transfert du bâtiment afin de fixer les huit stabilisateurs. L'étage est ensuite positionné sur le pedestral du ML 1 dans la baie 1. Le S4B et l'UI sont livrés et préparés dans leur cellules respectives dans les petites baies de montage. Comme le S1B, ils sont ensuite montés sur le ML 1. Le vaisseau Apollo arrivé dans le MSOB vient ensuite les rejoindre.

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LAUNCH CONTROL CENTER

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MOBIL STRUCTURE SERVICE

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La tour MSS est principalement destiné à la préparation des vols Saturn 1B sur le LC 39B. cependant, elle pourra séjourné brièvement sur le LC 39A pour inspecter le Saturn 5 et retourner sur le LC 39B.

 

LE MANNED SPACEFLIGHT CENTER DE HOUSTON

D' autres modifications sont prévus au MSC de Houston, les missions Skylab étant beaucoup plus longue que les 15 jours d' une mission lunaire. Sur 8 mois, les contrôleurs auront à gérer trois missions de 28, 56 et 56 jours et ce 24 heures sur 24. La disposition des contrôleurs dans le Mission Control Center change un petit peu avec dans la première rangé:
_  Guido (Guidance Officer), FIDO (Flight & Dynamic) et RETRO et LV-EVA-EREP en rotation. 
Dans la seconde rangé, on trouve:
_ EGIL-EECOM (système électrique et environnemental), GNS-GNC (guidage et navigation), EXP (expérience de bord) et MED OPS le médecin. 
Dans la rangé suivante, il y a:
_ NETWORK, le CAPCOM et FAO, le FD (directeur de vol), O&P et SKYCOM (communication). 
Enfin la dernière rangé accueille les responsable du DoD, les représentants du QG NASA, le directeur des opérations de vol FOD et le responsable relation publique PAO.

Le MCC est responsable de la mission après que le lanceur ait quitté la tour de lancement. Il assure les liaisons et contrôle le bon fonctionnement de la station tout au long du vol jusqu' à l' amerrissage. Le réseau de station de poursuite réparti tout autour du globe permet de suivre les vaisseaux au travers de 19 stations relais fixes et mobiles réparties entre les parallèles 50° N et 50° S. Pour Skylab, seules 12 stations de poursuite seront utilisées. 

La récupération des équipages et du module de commande est sous la responsabilité du DoD, département de la défense qui fournit pour l' occasion toute sa flotte de bateau et son expérience depuis les premiers vols Mercury en 1961. La zone de récupération primaire pour Skylab sera l' Océan Pacifique avec pour les missions SL 2 et 3 un pont de chute sur la cote de Californie, à l' Ouest de San Diego et pour SL 4 le milieu du Pacifique. Vue la durée des missions, une équipe de médecin serra présente à bord du bateau de récupération avec le Skylab Mobile Laboratory, un groupe de 6 médecins de l' armée spécialement affecté à cette tache.