1983
|
De février à juin 1983, cinq campagnes d'essais sur moteur HM7 complet ou turbopompes seules donnent le feu vert pour le lancement de L6. Les nouveaux pignons et le nouveau système de lubrification sont qualifiés. L'échec de L5 et le programme d'études et d'essais complémentaires qui a suivi portent à 5 180 millions de francs aux conditions économiques de juillet 1982 le coût du développement du lanceur. Cette somme s élève à 119,5 % du budget initialement prévu, budget qui comportait une marge pour aléas, apparemment judicieusement dimensionnée, de 20 %. L6 Les premiers et seconds étages du lanceur L6 arrivent à Kourou les 21 et 25 avril, le H8 arrive lui début mai. Le lancement est prévu pour le 3 juin à l' occasion du 35 eme salon du Bourget. Le retard de 9 mois fait chamboulé le calendrier de lancement, trois vols seront fait cette année, L6, L7 le 26 août et L 8 le 4 novembre. Six vols en 1984, L9 à L 14, dont le premier vol de la version Ariane 3 L10. Neuf tirs en 1985 L15 à 23 et 14 satellites seront à lancer pour 1986 par Arianespace. Suite au retard, le satellite Exosat a été lancé le 26 mai 1982 par un lanceur US Delta. Kourou, la revue d' aptitude au vol a lieu le 31 mai donnant le feu vert pour un lancement le 16 juin. Le ciel est uniformément bleu au-dessus de Kourou, le 16 juin. L6 est mis à feu sans une seconde de retard sur la chronologie à 8 h 59 mn 03 s, heure de Kourou. Sous la coiffe ECS 1, 1043 kilos, un satellite de télécommunications européen successeur des OTS, et Amsat, un satellite radio amateur désigné également Oscar 10. 130 kilos, un satellite destiné aux radio amateurs, construit par une organisation allemande. Ariane L6 trace un panache blanc au-dessus de
Kourou jusqu'à ce que trop haute, elle ne soit plus qu'un point blanc. Le vol
propulsé est nominal malgré quelques signaux d' erreur qui donnent des sueurs
froides aux contrôleurs. Une minute vingt-sept secondes après l'arrêt du troisième étage, ECS est séparé, en rotation à 10 tours/minutes. Après deux secondes, la partie haute du SYLDA s'écarte à son tour. Une minute cinquante-huit secondes plus tard, Amsat est éjecté et le H8 ralentit sa vitesse de rotation, bascule de 90 degrés et se remet en rotation à 18 degrés par seconde. La mission est réussie et le SYLDA a fonctionné. Ariane a retrouvé la voie du succès. Au quatrième apogée d'ECS, le moteur à poudre MAGE 2 de la SEP est mis à feu et en quarante-neuf secondes de fonctionnement circularise l'orbite. C'est la première utilisation de cette seconde version du Mage en orbite. Six heures trente minutes plus tard les panneaux solaires sont déployés. Amsat a eu un ennui l'exploitation des mesures montre que le H8 est venu pousser le satellite par deux fois, cinquante-cinq et cinquante-sept secondes après le largage, endommageant une antenne omnidirectionnelle. Le basculement de 90 degrés de l'étage avait été commandé trop lentement compte tenu de la poussée des tuyères de dégazage du réservoir oxygène. Ainsi le H8 avait pu rattraper le satellite qu'il venait de larguer. Fort heureusement l'allumage du moteur d'apogée se déroule correctement en juillet. Curiosité de trajectoire ce moteur n'a pas pour but de circulariser l'orbite mais de changer de 8.6 à 55 degrés son inclinaison sur l'équateur en effet la plupart des radio amateurs habitent entre 30 et 65 degrés de latitude Nord et pour eux une orbite inclinée est préférable à une orbite équatoriale pour la visibilité.
L7 Initialement prévu en août, le tir L7 est reporté à septembre puis octobre suite au retard du satellite Intelsat, son constructeur devant remplacer certains équipements. Le 19 octobre 1983 Ariane L7 s' élance de Kourou à 0 h 45 mn 36s après un arrêt à HO -2 mn 38 s (problème de calculateur) et met en orbite Intelsat 5 F7 de l'organisation internationale lntelsat. Situation savoureuse pour un lanceur qui doit une grosse part de son existence au souhait des Etats-Unis de ne pas vendre de fusées pour des lancements de satellites susceptibles de concurrencer le réseau lntelsat et qui pour cette raison, avaient limité le satellite européen Symphonie à des télécommunications expérimentales. 1870 kilos au lancement, 1012 après fonctionnement du moteur d'apogée, lntelsat V est le plus gros des satellites commerciaux de télécommunications. Sa masse est à la limite des possibilités de la fusée, l'altitude de l'injection en orbite a été abaissée à185 kilomètres pour faciliter la tâche du lanceur. L'lntelsat V lancé par Ariane le 19 octobre est le septième satellite d'une série numérotée F1 à F7. Comme ses deux prédécesseurs il comporte en plus de son équipement de télécommunications standard destiné aux stations terrestres, un équipement utilisé pour les télécommunications avec les navires. Des difficultés de fonctionnement de cet équipement sur les satellites déjà en orbite ont d'ailleurs entraîné des travaux de modification sur le septième exemplaire et Intelsat V F7 a fait attendre Ariane L7 trois semaines sur son pas de tir avant d'être déclaré prêt. Les six précédents lntelsat V ont été lancés par des fusées Atlas Centaur américaines à 46 millions de dollars du lancement. Intelsat 5 F7 sera positionné par 60° E pour remplacer le F1 lancé le 6 décembre 1980. En 1983, les lancements Ariane entre le cinquième et le neuvième vol, série dite de promotion, sont facturés 27 millions de dollars. Décembre, le lancement prévu en janvier prochain est repoussé à février suite à l' indisponibilité du satellite Intelsat 5 F8. En effet des problèmes sont apparues sur le F7 lancé par L7 sur le système de télécommunications maritimes en bande L comme sur les exemplaires F5 et 6 déjà modifiés. Intelsat va devoir à nouveau modifier les deux autres satellites F8 et 9 avant de les lancer. De plus le F9 pourrait ne pas être lancé suite à une baisse notable du trafic des communications transatlantique par satellites constaté par Intelsat. Spacenet GTE pourrait prendre sa place sur L9.
|