|
Arianespace a signé 11 contrats en 2002, Satmex 6 pour début 2003
(Mexique) en février, DIRECTV-7S debut 2003 (USA), iPSTAR-1 début 2004
(Thaillande) et STAR ONE C1 fin 2004 (Brésil) en avril, AMC-13 fin 2003 et
AMC-15 fin 2004 (USA) en juin, Helios 2A fin 2004 (CNES) en juillet,
SPAINSAT en 2004 (Espagne) en septembre et TELKOM-2
fin 2004 (Inde) en novembre dernier ce qui portent à 42 le nombre de satellites
à lancer.
_ Agrani 2 (ancien Thaicom 4) de l' Inde;
_ AMC 13 de SES Americom qui sera
lancé en 2003;
_ AMC 15 de SES Americom qui sera lancé en 2004;
_ AmeriStar deWorldSpace Corporation;
_ Amos 2 de Israel;
_ Anik F2 du Canada qui sera lancé en 2003;
_ ATV (Automatic transfer Vehicle) de l' ESA 9 exemplaire à lancer dès 2004;
_ BSat 2c du japon (remplace celui perdu sur 511);
_ DirecTV 7S USA qui sera lancé en 2003;
_ eBird 1 d' Eutelsat;
_ Essaim, 4 satellites démonstrateur
du CNES qui seront lancé avec Helios 2A;
_ Galaxy 12 de PanAmSat ;
_ Galaxy 1RR de PanAmSat;
_ Galaxy 5R de PanAmSat;
_ Helios 2A France qui sera lancé en
2004;
_ Hersel Space Observatory (ancien FIRST – Far Infra Red and Submillimetre
Telescope) de l' ESA qui sera lancé en 2007;
_ Inmarsat-4 F1 de Imarsat qui sera
lancé en 2003;
_ Insat 3A;
_ Insat 3E;
_ iPStar 1 Thaillande qui sera lancé en 2004;
_ L-Star 1;
_ L-Star 2;
_ MSG 2 (Meteosat Second Generation) de l' ESA;
_ MSG 3 (Meteosat Second Generation) de l' ESA;
_ Optus C1 Australie;
_ Planck, (ancien COBRAS-SAMBA (Cosmic
Background Radiation Anisotropy Satellite / Satellite for Measurement of
Background Anisotropies) de l' ESA qui sera lancé avec Hersel en 2007;
_ Satmex 6 Mexique qui sera lancé en
2003;
_ SMART 1 (Small Missions for Advanced
Research in Technology) de l' ESA qui sera lancé en 2003;
_ SpainSat 1 Espagne qui sera lancé
en 2004;
_ Star One C1 Bresil qui sera lancé
en 2004;
_ Syrcause 3A France (DGA);
_ Telkom Inde qui sera lancé en 2004;
_ WildBlue 1 USA (construction
suspendu depuis mars 2002);
A cela s' ajoutent quelques autres clients
désirant garder l' anonymat. En 2002, la société a réalisé 12
lancements dont un échecs (Ariane 5 ECA le 11 décembre) 8 Ariane 4 et 4
Ariane 5.
Selon le calendrier de novembre 2002, 6 ou 7 tirs étaient programmés en 2003 avec
V158 (AR5 G+) en janvier pour la sonde Rosetta, V160 (AR5 ECA) en février, V159
en février (AR44L) ainsi que trois AR5 ECA et deux G. Pour 2004 et 2005, 7 vols
étaient prévus. Avec les commandes actuelles, le planning permet de lancer
jusqu'en mi 2005. Avec la nouvelle politique commerciale d'Arianespace de lanceur
unique et lancement double, il faut signer 10 contrats de satellites par an pour
maintenir l'activité. De leur
coté les "concurrents US" ont signé en 2002 trois contrats pour Boeing (hors
satellite gouvernementaux) et 6 pour ILS. L'échec du vol 157 en décembre
a remis ce calendrier en cause et à ce jour, seul le lancement de la dernière
AR4 est officiel et prévu pour février avec Intelsat 907 V159. Le
lancement des deux Ariane G en janvier et février pour respectivement Rosetta
et deux satcoms (Insat 3A et Galaxy 12) est assujetti aux conclusions de la
commission d'enquête de V157.
Coté production, il reste 3 lanceurs "G" du premier lot à lancer,
les L514, 515 et 516. Dans le lot P2 commandé en 2000, il y a 20 lanceurs dont
trois "G+" un lanceur de transition issue du programme "Perfo
2000" c'est à dire des versions G avec l'étage EPS remplit de 3000 kg de
carburant (+ 300 kg) permettant de satelliser 7000 kg (+200 kg) en GTO.
La campagne de lancement de
la dernière Ariane 4, V159 doit commencer d'ici quelques jours. Les containers des premiers et troisièmes étages
ainsi que la case à équipement et les inter-étages sont arrivés en novembre
dernier tandis que le container du second est arrivé le 23 décembre. Ce sera le
116 eme et dernier vol d'une Ariane 4, le 40 eme en version 44L.

7 janvier, la commission d'enquête sur
l'échec du vol 157 remet son rapport à Arianespace. Selon les conclusions de
la commission, l'échec du vol inaugural de la nouvelle version de la fusée
Ariane-5, qui a explosé en vol le 11 décembre 2002, est dû à une fuite dans
le système de refroidissement du moteur Vulcain II du premier étage.
Cette fuite a conduit à une forte dissymétrie de la poussée du moteur et à
une perte du contrôle de la trajectoire de la fusée, a indiqué devant la
presse le président de la commission d'enquête Wolfgang Koschel.
La commission d'enquête a passé au peigne fin toutes les mesures effectuées
pendant le vol, la documentation relative à la production, la qualité et
l'historique technique d'Ariane 5 "10 tonnes" ainsi que de tous les
vols d'Ariane 5 réalisés à ce jour. Elle a même enquêté directement
auprès des équipes de production et de développement du lanceur en Europe.
Toutes les analyses confirment que les opérations de préparation, de
chronologie et de conditions en vol jusqu'à la séparation des étapes
d'accélérations à poudre (EAP) se sont déroulées de manière nominale.
L'origine du dysfonctionnement se situe au niveau du système de refroidissement
du moteur Vulcain 2. En effet, les conditions thermiques du systèmes se sont
dégradées en raison de fissures dans les tubes de refroidissement, avec pour
conséquences un échauffement critique et de fortes perturbations sur le
fonctionnement du moteur. La suite est bien connue.
Phénomène aggravant, il est très difficile de simuler au sol toutes les
charges auxquelles est soumis le moteur pendant le vol.
En conclusion, la cause la plus probable de
l'échec Vol 157 est la coïncidence de deux facteurs aggravants :
une situation thermique dégradée du
divergent provoquée par des fissures dans les tubes de refroidissement ; une
définition non exhaustive des charges auxquelles est soumis le moteur Vulcain 2
pendant le vol. La Commission d'Enquête a noté par ailleurs que ces charges
supplémentaires pouvaient difficilement être simulées au cours des essais au
sol.
Conséquences sur Ariane 5 Générique
Les conceptions des divergents des moteurs Vulcain 1 d'Ariane 5 Générique et
Vulcain 2 d'Ariane 5 ECA diffèrent sur deux points essentiels : la forme des
tubes de refroidissement qui constituent la structure du divergent ; la
technologie des raidisseurs du divergent.
La Commission d'enquête, après exploitation des 12 vols réussis du moteur
Vulcain 1, n'a relevé aucune faiblesse en ce qui concerne le fonctionnement et
la tenue du divergent. Néanmoins, la Commission d'Enquête a demandé que soit
effectuée une vérification exhaustive du comportement du divergent du moteur
Vulcain 1, comprenant une modélisation affinée pour apporter la preuve de son
bon comportement pendant le vol. Cette vérification est actuellement en cours.
Conséquences sur Ariane 5 ECA
La Commission d'enquête a demandé : de modifier le divergent du moteur Vulcain
2 en prenant en compte l'expérience obtenue sur le divergent du moteur Vulcain
1 ; de rechercher les possibilités de simuler au cours d'essais au sol les
charges observées en vol sur le moteur Vulcain 2 ; de renforcer la qualité du
matériel de vol.
A la suite de cette enquête, des mesures vont
donc être prises afin de renforcer la qualité du matériel et de modifier le
système de refroidissement du Vulcain 2 sur le retour d'expérience du Vulcain
1. Des recherches sur la possibilité de simuler au sol les charges subies en
vol vont également être menées. Toutes les recommandations ont été
acceptées par Arianespace qui élaborera pour le lundi 20 janvier un plan
d'actions pour un retour en vol d'Ariane 5 ECA au second semestre 2003.
Le lanceur européen dans sa version de base
est en revanche hors de cause, selon la commission. "Je considère que la
version générique est dédouanée", a indiqué Jean-Yves Le Gall,
directeur général d'Arianespace. La date du lancement de Rosetta par le
lanceur Ariane 518 version "G" sera connu le 14 janvier prochain.
| Ce moteur est une version
améliorée de la version de base du moteur Vulcain d'Ariane 5. Il
permet d'accroître les capacités de 20% soit 1,3 tonnes de plus pour
la charge utile. Il brûle un mélange enrichi d'oxygène liquide. Cela
a nécessité que les italiens (Fiat Avio) développe une nouvelle
turbo-pompe tournant à 13 000 t/mn pour délivrer une pression de 161
bars.
|
 |
Les contraintes mécaniques y sont inimaginables et ont
nécessité de nombreuses heures de matière grise. Le nouveau divergent (tuyère),
développé par Volvo Aero, permet de réinjecter les gaz en provenance
de la turbine. Il est composé de 288 (456 pour Ariane 5 générique)
tubulures circulaires de 5 mm de diamètre et 5/10e de mm d'épaisseur.
Ils forment alors un film qui refroidit les parois internes. Quant à la
partie supérieure de la tuyère, elle est refroidit par la circulation
d'hydrogène liquide (-250°C) à l'intérieur de la paroi. Une fuite
provoqua une baisse de pression et un mauvais refroidissement qui a
provoqué la désintégration de la tuyère. Le nombre de tubulures
était-il insuffisant pour baisser la température qui est de 3000°C ?
C'est le résultat d'une politique de baisse des coûts qui conduit à
faire des choix à la limite des règles de l'art. Mais n'oublions pas
que seul l'essai réel permet de certifier les choix, le banc d'essai
n'existe pas pour ce genre de vérification. Le circuit régénératif
refroidit la chambre à combustion. Quant à la tuyère, elle fut
rallongée de 50 cm pour améliorer le taux de détente. |
| L' origine de
l'échec vient des tubes du circuit de refroidissement de la tuyère.
Sur Vulcain1, il comprend 456 tubes soudés de 4x4 mm (0,4 mm
d'épaisseur), alors que sur Vulcain2, il y a seulement 288 tubes
soudés 4x6 mm (0,6 mm d'épaisseur). La diminution du nombre de
soudures a permis de diminuer le temps de production de 13 à 5
semaines. L'apparition de fissures était arrivée lors des essais de
qualification, mais elles avaient été réparées selon les normes de
qualification requises. Lors du vol AR517, elles ont abouti à un
phénomène de flambage avec l'ouverture d'un trou dans la tuyère car
les charges thermiques et dynamiques en altitude étaient supérieures
à celles que le moteur pouvait supporter. Or le comportement du moteur
ne peut pas être testé dans le vide, le banc d'essai ne le permettant
pas.
Actuellement plusieurs solutions sont
envisagées, bien qu'une ait les faveurs de certains qui préconisent
des modifications sur le divergent de Vulcain2 en le dotant d'une
ceinture de renforcement des raidisseurs et en augmentant le débit
d'hydrogène dans le circuit de refroidissement. Cependant cela ne
pourra pas être essayé dans le vide, le problème du banc d'essai
n'étant pas résolu. Seules simulation et modélisation pourront être
effectuées. Mais d'autres mettent en cause l'organisation industrielle.
En effet, la tuyère est construite par Volvo Aero (Suède) sous
maîtrise d'Astrium qui est un sous-traitant de Snecma moteurs, lequel
travaille pour le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) délégué
par l'ESA. Ces couches hiérarchiques diluent hélas, les
responsabilités. D'après JC Boulay |
Prochains lancements Arianespace Deux
lancements Arianespace sont programmés le mois prochain au Centre Spatial
Guyanais :
_11 février : Ariane 4
_ 2ème quinzaine de février : Ariane 5 Générique
8 janvier, début de la campagne de lancement
de V159 qui verra le 12 février le lancement de la dernière Ariane 4, la 116
eme en version 44L avec à son bord Intelsat 906 qui arrivera à Kourou le 15
janvier.
11 janvier Ariane 44L V159, érection des
premiers et deuxièmes étages. L' objectif est un lancement dans la nuit du 11 au
12 février, à 4h 00min 00s heure de Kourou, le 12/02.
14 janvier, Arianespace et l'ESA
annonce qu'elles ne lanceront pas la sonde Rosetta au mois de janvier.
Cette mission Rosetta (survol d'astéroides) est très
"exotique" avec en particulier un allumage retardé de l'EPS, près de
deux heures après la séparation des étages EPC/EPS. Par ailleurs, la
trajectoire voulue pour libérer la sonde implique le passage du lanceur dans la
ceinture de Van Allen, avec ce que cela peut impliquer au niveau du bombardement
par des ions lourds. Des facteurs qui en font une mission très risquée. Même
si Arianespace a confiance en Ariane 5G, elle ne préfère pas prendre le
moindre risque "commercial" et "marketing" d'avoir un second
échec consécutif sur Ariane 5.
15 janvier, lors de la conférence de l'ESA sur l'abandon de la mission Rosetta,
le Pr David Southwood, directeur du programme scientifique de l'ESA
annonce que la mission devra trouver pour objectif une autre comète, cinq ou
six autres cibles potentielles vont être étudiées par l'ESA avant qu'un choix
définitif soit arrêté, probablement pas avant la fin de l'année.
C'est tout le processus de qualification du lanceur européen, dans sa nouvelle
version mais aussi dans sa version classique qui devait être utilisée pour
Rosetta, qui doit maintenant être revu. La mission Rosetta, porteuse d'une
ambition scientifique sans précédent, devait être lancée avant la fin
janvier pour ne pas manquer son rendez-vous avec Wirtanen puis son atterrissage
sur la comète, programmé en 2012. Pour l'instant, les missions Ariane 5 sont
stoppées pour les mois à venir.
Toutefois, Arianespace est confiante. Outre le vol de la dernière Ariane 4 prévu
en février, 6 à 7 Ariane 5 devraient s'élancer d'ici à la fin de l'année et
engendrer une activité soutenue au CSG.
Parallèlement
à ces mauvaises nouvelles, Arianespace confirme le lancement par une Ariane du
télescope US James Web (successeur de Huble) en 2010. Pour l'ESA, la
fourniture du lanceur et d'instruments scientifiques s'inscrivent dans
sa participation au programme du Télescope spatial de nouvelle génération.
Le lanceur 518 affecté à Rosetta sera reconfiguré pour un lancement en avril
V161. La sonde Rosetta va être vidangé à partir du 5 février et remis en sécurité
(ce qui devrait pendre trois à quatre mois !) pour être stocké à Kourou. Le
coût de ce report est estimé entre 50 et 100 millions d'euros.
16 janvier
Ariane 44L V159, arrivée à Kourou du satellite Intelsat 906. Enfermé dans le
bâtiment S1B, il sera préparé pour son lancement le 12 février.

20 janvier, début de la campagne
de lancement Ariane 5G 514 V160 dont le lancement devrait intervenir le 24 février
avec deux satellites Insat 3A et Galaxy 12.
21 janvier Ariane 44L V159, mise
en place des PAL et de la case à équipement sur le lanceur.
 |
 |
Mise en place des propulseur
liquide PAl autour du premier étage. Sue chacun de ces PAL on peut lire
"Good luck for the last flight". |
 |
24 janvier, Ariane 5 V160 mise en
place de l'étage EPC sur la table de lancement dans le BIL

30 janvier, V159, transfert du
lanceur en zone de lancement.

31 janvier, la
commission d'enquête interne d'Arianespace a remis son rapport sur l'avenir du
lanceur AR5. La société commandera de nouvelles AR5 G en plus de celle déjà
commandé. Il reste 3 AR5 G du premier lot (514, 515 et 516) et dans le lot P2
commandé en 2000, il y a trois "G+" (518,519 et 520 formant le lot
P1+) un lanceur de transition issue du
programme "Perfo 2000" c'est à dire des versions G avec l'étage EPS
remplit de 3000 kg de carburant (+ 300 kg) permettant de satelliser 7000 kg
(+200 kg) en GTO. En fait ce sont 6 AR5 G qui seront commandées. A Kourou, outre
la campagne V159 de la dernière AR4 se préparent les campagne V160 avec une
AR5 G (514) pour fin février et V161 avec le lanceur 518 assigné à Rosetta pour
avril. Parmi les charges utiles du manifeste 2003, il y a 5 gros satellites à
savoir Satmex 6 (5700 kg, Anick F2 (5900 kg), Optus C1 (5000 kg), Syracuse 3
(3700 kg) et Agrani 2 (2600 kg) et 5 petits (E Bird,
Bsat2C, Amos 2, Insat 3E et Smart 1).
Quatre lanceurs sont en cours de construction en Europe, sous la responsabilité
d'EADS Lanceurs. Arianespace, de même que le constructeur des lanceurs a refusé
de préciser si les fusées en cours d'assemblage ou celles à commander feront
l'objet de modifications techniques. La première fusée de la deuxième série
doit être livrée au cours du deuxième semestre 2004, selon Arianespace après
livraison des 4 AR5 restantes des lots P1 et 2. Ces 6 lanceurs sont en fait des
Ariane 5 ECA qui seront transformé en Générique. Deux ECA sont en phase de
production avancé et 4 n'étaient pas encore commandé. La première des deux
ECA en production avancée sera lancé en fin d'année avec une charge à
définir (commercial ou vol de qualification) et l'autre en 2004.
La société
Arianespace a annoncé un CA de 1,3 milliard d'euros pour 2002 et un résultat
net négatif. Son carnet de commande s'élève à 3 milliards d'euros avec 41
satellites dont 9 ATV.
31 janvier,
ESA, le satellite expérimental européen de télécommunications ARTEMIS, placé
il y a dix-huit mois sur une mauvaise orbite par Ariane-510 (V142 en juillet
2001), a atteint son "orbite de travail" à 36.000 km d'altitude.
Propulsé par ses moteurs ioniques qui n'avaient pourtant pas été conçus à
cette fin - ils étaient normalement destinés à de simples corrections
d'orbite une fois à l'altitude et à la position voulues - ARTEMIS (Advanced
Relay and Technology Mission Satellite) "a pu être sauvé avec
l'utilisation, justement, de technologies expérimentales embarquées",
souligne-t-on à l'ESA. ARTEMIS se trouve désormais, comme prévu, sur
une orbite géostationnaire (36.000 km d'altitude au-dessus de l'Equateur) par
21,5 degrés est (au-dessus de la République démocratique du Congo) va désormais
pouvoir commencer à jouer son rôle dans le développement de nouveaux systèmes
de télécommunications. Sa carrière opérationnelle pourrait durer dix ans,
c'est-à-dire quasiment la durée calculée avant ces péripéties, estiment les
experts de l'ESA.

Photo de famille avec l'équipa
d'intégration du satellite Intelsat 907 (4,680 kg).
Ce satellite, le23eme lancé par Ariane fonctionnera pendant 13 ans
5 février,
AR44L V159, mise en place de la coiffe avec le satellite Intelsat au sommet du
lanceur.

ARIANE 44L V159

Après 2 reports dus aux vents
trop élevés en haute altitude, le lancement d'Ariane a lieu le 15 février à 4 h
du matin locale en début de fenêtre de lancement. Après
une montée verticale d'une durée de 16 s, nécessaire pour se dégager de
l'ELA2, le lanceur effectuera un basculement dans le plan de sa trajectoire,
puis à partir de H0 + 21 s une manoeuvre en roulis. Le but de ces manoeuvres
étant de maximiser la performance et d'assurer un bilan de liaisons
radioélectriques satisfaisant avec les stations sol, tout en respectant les
contraintes liées aux charges admissibles en vol par les structures et le
pilotage.
Le vol se poursuit à incidence nulle, suivant une loi
préprogrammée, jusqu'à l'enclenchement du guidage, soit 10 s après la
séparation 1/2. Pendant cette phase de vol, le lanceur se débarrasse, suivant
un séquentiel préétabli, des PAL (propulseurs d'appoint à liquide) environ 5
secondes après leur extinction (t+ 2 mn 35 s). La séparation d'avec le 1er étage se fait
après détection d'épuisement des ergols par l'ordinateur de bord sur chute
d'accélération (T+3 mn 40 s).
Pendant le vol guidé, le lanceur suit une loi d'attitude
recalculée en temps réel par l'ordinateur de bord, afin de minimiser le temps
de propulsion (donc la consommation d'ergols du 3ème étage). La coiffe est
larguée pendant le vol deuxième étage dès que les flux aérothermiques sont
suffisamment faibles pour être supportés par le satellite soit à une altitude
d'environ 115 km à T+ 4 mn 30 s. L'arrêt du 2ème étage se fait sur obtention de
l'incrément de vitesse prédéfini ( ici 2643 m/s ) de manière à garantir une
probabilité d'épuisement N2O4 inférieure à 0,4 % soit H+ 5 mn 51 s.
L'arrêt du moteur du
3ème étage est commandé par le calculateur de bord quand il estime à partir
de sa propre navigation (élaborée sur la base des informations données par la
centrale de guidage), que l'orbite visée est obtenue, ou, en cas d'épuisement
de l'oxygène liquide, sur détection de la chute d'accélération. (T+ 19 mn)
La phase balistique qui suit
l'injection sur l'orbite de transfert, a pour objectifs d'assurer : le pointage
du satellite, sa séparation, la manoeuvre d'évitement du 3ème étage et sa
passivation, tout en gérant les éloignements à court et moyen termes des
différents corps en orbite (satellite et H10). Pendant cette phase (environ
220s), le pilotage du lanceur est réalisé à l'aide du SCAR (Système de
Contrôle d'Attitude et de Roulis) dont les mini-tuyères sont alimentées par
l'hydrogène de pressurisation du réservoir d'hydrogène liquide. Le gaz de
pressurisation du réservoir d'oxygène liquide est lui utilisé pour donner les
incréments de vitesse longitudinale nécessaires au bon espacement des corps en
orbite.
T + 21 mn 15s , Intelsat 907 est mis en orbite GTO, Ariane 4 termine en beauté sa carrière.
Quelques minutes plus tard, jean Yves LeGall prend la parole pour remercier le
client Intelsat de sa confiance et faire le bilan d'Ariane 4 qui tire sa révèrence. Avec 74 lancements consécutifs sur 116 tirs, Ariane est la lanceur
le plus fiable du monde avec 97,4 % de succès. 182 charges utiles ont été
placées en orbite depuis 1988.
Intelsat 907 sera calé par 27,5
O au dessus de l'Afrique en remplacement du Intelsat 605.
Parallèlement, Arianespace
annonce son premier contrat de l'année. Un satellite Wilblue sera mis en orbite
par une Ariane 5 en 2005. Ce satellite de la compagnie Wilblue Communications
permettra un accès à internet. WildBlue-1 est un des premiers satellites à réserver
la totalité de sa mission à des services Internet à haut débit. Avec lui,
son opérateur - dans lequel INTELSAT (Organisation Internationale de Télécommunications
par Satellite), Liberty Media et NRTC (National Rural Telecommunications
Satellite) sont entrés en décembre à hauteur de 156 millions de dollars -
pourra fournir ce genre de services en particulier aux régions isolées des
Etats-Unis.
Ariane 4 termine sa carrière en
beauté avec 113 tirs réussit sur 116 soit 97, 4% de succés ce qui la classe
comme le lanceur le plus fiable du monde. depuis 1979, cette première
génération de lanceur a été lancé 144 fois en utilisant 958 moteurs Viking
de la Snecma. Ce 116 eme vol marque aussi la fin d'utilisation de l'ELA 2 qui a
lancé depuis 1986, 119 Ariane 2, 3 et 4. Le pad sera démantelé dans les
prochains mois et certains équipements seront utilisés pour la construction du
pad de tir du lanceur Véga sur l'ancien site ELA 1.
15 février, après avoir
dressé le bilan d'Ariane 4 Jean Yves LeGall, le PDG d'Arianespace confirme que
la relève sera faite par Ariane 5 dont pas moins de 4 à 5 lancements sont
programmés en 2003 avec pour mission le placement de 8 satellites en orbite.
Pour 2004, Arianespace prévoit 5
ou 6 lancements. Jean Yves LeGall n'exclut pas la possibilité de mettre
l'étage ECA sur des lanceurs Générique pour améliorer la flexibilité et
augmenter la charge utile

La charge utile de V160 Galaxy 12
et Insat 3A en salle blanche.
26 février, Jean Yves LeGall annonce le
prochain lancement d'une Ariane 5 G pour le début du mois d'avril, vers le 8.
Un accord de reprise des vols a été reçu sous réserve qu'Arianespace mette
en oeuvre les dix recommandations de l'ESA portant essentiellement sur le
renforcement du contrôle de qualité. Il
est prévu pour 2003 cinq lancements
Ariane-5.
De plus, les clients de la version ECA ont demandé à Arianespace de réaliser
deux vols de qualification avant d'embarquer des satellite à bord. Le retour en
vol d'Ariane 5ECA n'aura pas lieu avant le début de 2004. Jean Yves LeGall n' a
pas exclut une reprise des vols de la version ECA avec comme étage inférieur
une "générique" équipé d'un moteur Vulcain 1, en réduisant la
charge utile de 800 kg. La société espère réaliser pour cette année un CA
de 1 milliard d'Euros contre 1,4 en 2002.
E Bird,
Bsat2C, Amos 2, Insat 3E et Smart 1.
28 février, Arianespace annonce la signature d'un contrat de
lancement avec la société américaine Orbital Recovery Corporation pour
mettre en orbite géostationnaire ses premiers remorqueurs SLES à partir de
2005. Le SLES (Spacecraft Life Extension System) sera lancé comme passager
auxiliaire et aura une masse au décollage de 500 à 800 kg, en fonction de la
spécificité des missions de remorquage. Ce système est conçu pour augmenter
de 10 ans ou plus la durée de vie des satellites de télécommunications, et il
pourra également repositionner des satellites placés sur des orbites
dégradées. Orbital Reovery Corp. a identifié une quarantaine de satellites
qui pourraient faire l'objet d'une prolongation de leurs missions grâce au
SLES, un engin innovant dont le premier vol est prévu en 2004. L'accord
prévoit le premier lancement d'un SLES au premier trimestre 2005 suivi par deux
autres vols en 2005. Il prévoit également d'autres lancements en 2005 et au
au-delà.
10 mars, le Président Directeur-général
d'Astrium, M. Antoine Bouvier, explique les restructurations annoncées par la
Division Espace d'EADS. Celles-ci frappent le site d'Astrium Toulouse de plein
fouet avec le redéploiement de quelque 160 personnes. L'unité abandonne la
fabrication des cases à équipement Ariane et l'avionique de l'ATV, deux
activités qui seront transférées à Brême en Allemagne. Par contre le site
toulousain va développer son activité satellites optiques et télécoms, et le
siège de la société Astrium aujourd'hui à Vélizy, devrait être transféré
dans la ville rose cette année. L'impact en terme d'emplois sur Toulouse sera
à la fin 2004 d'environ 160 personnes. Certains départs seront volontaires sur
Brême, et d'autres personnes seront reclassées, soit en priorité au sein
d'Astrium, soit dans d'autres établissements d'EADS à Toulouse en particulier
à Airbus.
24 mars, le lanceur Ariane 518 initialement
préparé pour lancer Rosetta en janvier dernier est amené en zone de lancement
afin de libérer le bâtiment d'assemblage final pour Ariane 5 V160.

25 mars, V160, transfert dans le BAF libéré la veille par le lanceur 158.

29 mars, V160, Arianespace
confirme le lancement pour le 8 avril entre 19 h 49 et 20 h 30 locale.
30 mars, V160, mise en place du satellite Galaxy sur le lanceur Ariane. Après
la pose du SYLDA 5, le satellite Insat sera placé au dessus. C'est ce dernier
qui sera largué en premier à l'injection en orbite.
|