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Pour
2004, Arianespace prévoit 6 lancements d'Ariane 5 depuis le CSG. Cinq Ariane 5
G et le second vol de la version ECS. Le
premier vol de 2004 pourrait être V158 avec Satmex (prévu initialement en
novembre 2003) mais il pourrait être repoussé à mars après le lancement de
la sonde Rosetta.
Pour 2005, il est programmé 6 autres lancements, 5 commerciaux et le premier
ATV. L'ATV qui souffre d'un léger retard sans gravité sera lancé en avril,
afin de ne créer un double emploi avec les autres vaisseaux ravitailleurs,
Shuttle, Soyouz et Progress.
La
carnet de commande s'élève à près de 3 milliards d'Euros avec 40 satellites
à lancer. Parmi ces charges les 9 remorqueurs ATV de l'ESA, un relancement pour
Intelsat et deux charges confidentielles. Arianespace doit encore signer des
commandes pour remplir le calendrier de 2005. Ce qui "pénalise" la
société, c'est le retour en vol d'Ariane 5ECA prévu pour 2005. De nombreux
clients qui ne pouvait pas attendre sont passé à la concurrence faute créneau.
Depuis
l'échec de V157 il y a un an, un plan de retour en vol a été mis en route en
Europe chez les agences et les industriels. D'un coût de 250 millions d'euros,
il comprend la reprise de production des l'Ariane 5 Générique, la modification
du moteur Vulcain 2 et un complément au programme Ariane 5 Plus. Afin de
maintenir la capacité de lancement, il a fallu relancer la production des
Ariane 5 G, dont certains outillages avaient déjà été modifié pour les
versions ECA, trois ayant été livré et lancé en 2003. EADS travaille
désormais sur trois versions d'Ariane 5, la G et GS pour les missions GTO et
SSO, la ES pour l'ATV et la ECA (5-10 tonnes).
Le lot P1 de 14 lanceurs a été soldé avec AR516. Pour 2004, il est prévu la
seconde Ariane 5 du lot P2 le L518, plus 2 autres G+ (519
et 520), trois GS du lot P2 et une Ariane 5 ECA. Sur les 10 lanceurs du lot P2,
il restera une GS et et ES (ancien ECA modifié pour l'ATV).
20
janvier, début de la campagne de lancement d'Ariane V158B pour
lancer la sonde Rosetta dans la nuit du 25 au 26 février prochain vers la
comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Cette mission prend le matricule du vol
Satmex en attente pour avril. Elle revient au
lanceur Ariane 5G+ 158 prévu initialement en janvier 2003, mais le vol avait
été annulé suite à l'accident de V157. Le lanceur 158 est
resté en arrêt campagne pendant presque une année durant laquelle les
évolutions de qualification ont été importantes suite à l'échec de V157.
Pour cette nouvelle campagne, les ingénieurs ont du repartir à zéro sur la
base d'une documentation opérationnelle qui a beaucoup évoluée. Le 21 janvier
est mis en place l'étage supérieur EPS sur le composite inférieur déjà
assemblé.
La campagne de
la sonde Rosetta a démarré le 24 octobre dernier dans le bâtiment Charges
utiles d'Arianespace à Kourou S3B après le désockage de la sonde avec la mise en
place et le test de l'antenne
grand gain HGA le 3 novembre par les équipes d'Alenia. Parallèlement, les
panneaux solaire ont été démonté et inspecté par les équipes
allemandes. Le 7 novembre, cs panneaux ont été remontés
et déployés plusieurs fois avec succès jusqu'au 21. Fin novembre, les
cassettes PROM sont mis en place et à la mi décembre, les techniciens
ont réussit à déployer l'antenne HGA. Le 27 janvier, les équipes
d'Astrium
ont commencé le remplissage
de la sonde en ergols.
10
février, Ariane 5 V158, transfert du lanceur du BIL au BAF. Le lancement reste
prévu pour le 26 février à 07h16 TU. Dans le bâtiment des charges utiles, la
sonde Rosetta est positionné sur l'ACU, adaptateur de Charges utiles avant son
transfert dans le BAF.

16 février, dans le BAF a lieu le montage
de la sonde Rosetta sur le lanceur 518. Chargé de 1400 kg d'ergols, la sonde de
ROSETTA (3000 kg) est composée de 2 parties : un orbiteur et un atterrisseur
baptisé Philea.
La sonde voyagera pendant 10 ans avant de rencontrer la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko
qu'elle étudiera
ensuite pendant 18 mois. Après une période pendant laquelle sera réalisée
une cartographie de l'astre par l'orbiteur,
suivra une phase d'observation rapprochée avec notamment l'envoi d'un module atterrisseur
à la surface de la comète. Rosetta est une mission de l'ESA à laquelle la
France contribue doublement au travers de participations techniques à
l'orbiteur et à l'atterrisseur (par le biais d'un accord de coopération avec
l'Agence Spatiale Allemande DLR), de participations scientifiques aux
instruments embarqués sur l'orbiteur et l'atterrisseur.

18 février, V158, la silhouette du lanceur
518 est visible dans le BAF prête au lancement après le montage de la coiffe
courte. Le transfert du lanceur en zone de lancement est prévu le 24 février
(mardi gras) pour un lancement en fin de fenêtres afin d'optimiser au
mieux la trajectoire, le H0 est désormais fixé à 07h36' TU (08h36' Paris) et
non plus 07h16'. Arianespace dispose de 20 fenêtres de lancement pour Rosetta
jusqu'au 17 mars.

24 février, émergeant sous un
soleil radieux, Ariane 158 quitte le BAF à 15 h 30 pour rejoindre 2800 m plus
loin le pad de tir ELA 3 en 50 minutes.

| ARIANE
518 G+
|
Ariane 158 est le premier
exemplaire d'une série de trois appelé Ariane 5 G+.
Le lanceur se compose de l'étage principal cryotechnique (EPC) de 1ère génération
propulsé par un Vulcain 1 et des deux EAP (étage d'accélérateur à
poudre) également de la première génération, avec toutefois quelques
équipements nouveaux dans la tuyère dite P2001 plus
légère d’environ 340 kg (déjà utilisée sur L516). L'étage à Propergol Stockable
(EPS)
est quant à lui un peu particulier en raison du profil de la mission.
Il est intégré dans une nouvelle case a équipements en matériaux
composites, allégée de 100kg par rapport à la précédente version et
munie d'un nouveau système de séparation a chocs amortis. La structure
initialement en alliage d’aluminium est réalisée en sandwich nid d’abeille
/ peaux carbone et le système de séparation utilise une technologie
‘’bi-plaque’’ au lieu du dispositif monodécoupe initial. Par
ailleurs, de nouveaux équipements électriques équipent cette case :
<
- un SRI-ND (Système de Référence Inertiel Nouvelle Définition). Cet
équipement est utilisé en position secours comme sur le vol 513. Le
programme de vol utilise donc la mixité SRI
- un BEM (Boîtier d’Extension Mémoire). Cet équipement spécifique
des missions avec allumage retardé, enregistre le flux de la TM en dehors
des phases de visibilité radioélectrique d’une station de réception
sol.
- les BDP (Boîtiers de Distribution de Puissance), les EPE (Electroniques
de Pilotage Electrique) et les Emetteurs ont évolué suite à l’utilisation
de la technologie de montage en surface des composants et pour s’adapter
à des missions longues jusqu’à 6 heures aussi bien dans le domaine
thermique que pour la tolérance aux radiations.
L'étage EPS voit ses réservoirs de MMH
allongés permettant l’emport de 300 kg d’ergols supplémentaires
ainsi que son rapport de mélange moteur changé (1,9 au lieu de 2,05) Il
est constitué de quatre réservoirs contenant 10 t d’ergols classiques
(MMH et N2O4), un moteur Aestus réallumable qui délivre une poussée
dans le vide de 2,7 t, et qui brûle pendant un peu plus de 1000 s, sa
tuyère est articulée suivant deux axes pour le pilotage.est équipé
d'un système de réchauffage en vue de sa mission balistique d'1h45, et
ses boîtiers électroniques ont été renforcés pour améliorer leur
tenue aux radiations.
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SEQUENCE DE VOL
H0, allumage du moteur Vulcain de l'EPC,
suivit des EAP à H +7 s et du décollage. La manoeuvre de roulis permet
de mettre le lanceur vers l'azimut de lancement à H +13 s, les EAP
perpendiculaire à la trajectoire.
H+2 mn 20, largage des EAP.
H+3 mn 13, séparation de la coiffe.
H+9 mn 47, séparation EPC (169 km d'altitude).
H+1 h 07 mn, l'étage EPS et la sonde sont à une altitude maximale de
3828 km.
H+1 h 46 mn 53 s, l'EPS est allumé (altitude 652 km). A H+2 h 05 mn 06 s,
le composite est à son altitude minimale de 225 km.
H+ 2 h 13 mn 51 s, extinction de l'EPS (altitude 1067 km).
H + 2 h 15 mn 15 s, séparation de Rosetta.
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26 février, V158, à T- 16, un
"rouge" météo annule le lancement et le reporte de 24 heures à
cause de vents trop forts en altitude. Le décollage est prévu entre 7 h 16 mn
50 et 7 h 36 mn 50 TU.
27 février, nouveau report de
tir du au détachement d'un morceau de la taille d'une feuille A4 de la
protection thermique de l'étage EPC découverte lors de l'inspection finale à
4 h du matin. Le lanceur doit être ramené au BAF dans la journée. Après
recollage et séchage (36 heures), le lanceur sera ramené en ZL 3 dimanche 1er
mars pour un lancement le 2 à 7h 17mn TU.

ARIANE 5 V158B
Le lancement a lieu le 2 mars à
7 h 17 mn TU de l'ELA 3. Les boosters EAP sont largués au bout de 2 mn 20,
laissant seul l'étage cryogénique EPC propulsé l'ensemble. Ce dernier est
largué à 9 mn 47 à 196 km d'altitude, après avoir largué la coiffe à 3 mn
13. Pendant plus d'une heure, l'étage
supérieur EPS a suivit une trajectoire "balistique" sur une orbite
qui la mené à 3800 km d'altitude avant d'être rallumé à H + 1 h 46 pour
injecté la sonde sur orbite planétaire. Les 27 minutes de combustion
permettent de lancer Rosetta sur sa trajectoire à travers le système solaire.
La sonde se sépare de son étage à 9 h 31 après 2 h 14 de vol.

30 avril, malgré des résultats financiers positifs pour 2003,
avec 559 millions d'Euros de CA et un résultat net de 9 millions, la santé d'Arianespace
reste fragile. Si 2003 a vu 8 contrats de lancements signés sur les 17 du
marché, la société n'a à ce jour signé que deux contrats avec JCsat 9 et
10. De leur coté, les autres opérateurs ont chacun signé plusieurs contrats,
cinq pour ILS et un pour Sea Launch. De plus AMC 13 et Immarsat 4F-2 sont
passés sur des lanceurs Protons et Zenith. Le 19 avril dernier, SES GLOBAL
a annoncé
qu'elle lancera ses prochains satcom avec ILS, la société
jointe regroupant Lockheed et Khrunichev chargé de commercialiser les Atlas et
Proton au lieu d'Arianespace. ILS lancera AMC-14 début 2006 sur un Atlas 5 et
AMC 16 début 2005 sur Proton. SES ASTRA lancera aussi ASTRA 1L sur un Proton
fin 2006. Enfin, ILS lancera aussi le satellite canadien Anick F3 en 2006 sur un
Proton. Maigre contre partie, c'est EADS qui assurera sa fabrication.
Arianespace qui emploie
aujourd'hui 250 personnes devrait réaliser
un CA de 800 millions d'Euros cette année. Après trois années dans le rouge
(pertes de 105 M EUR
en 2002, 193 M EUR en 2001 et 242 M EUR en 2000), la société s'est redressée grâce notamment au soutien de l'agence
spatiale européenne (ESA) dans le cadre du programme EGAS (European Guaranteed
Access to Space) et à un effort de ses fournisseurs. Parmi les principaux
fournisseurs d'Arianespace, figurent ses actionnaires, notamment le groupe
européen d'aéronautique et de défense EADS avec environ 20%. Le capital d'Arianespace
est dispersé entre les acteurs publics et les sociétés de douze pays
européens, dont la France (57,70%) avec notamment le Centre national d'études
spatiales (CNES), l'Allemagne (18,43%), l'Italie (7,17%) et la Belgique (4,20%).
La récente alliance Launch Services Alliance associant Arianespace, Boeing et
Mitsubishi et la mise en service prochaine des lanceurs Soyouz, Vega devrait
offrir une grande flexibilité aux clients.
Le carnet de commande comprend 23
satellites, 17 commerciaux et 6 institutionnel et les 9 remorqueurs ATV, soit un
montant de 3 milliards d'Euros.
La prochaine campagne Ariane 5
V163 doit démarrer d'ici fin mai pour un lancement le 9 juillet avec le
satellite Canadien Anik F2. Suivra ensuite la campagne V164 avec la seconde
Ariane 5 ECA pour un lancement en septembre-octobre. Un dernier tir sera
réalisé avant le 15 décembre avec la première Ariane 5 GS (L523) pour la
mise en orbite polaire du satellite Français militaire Helios 2A. Ce sera le
premier lancement vers le Nord réalisé de jour. Le lancement du satellite
IPStar a été repoussé à 2005 suite à des problèmes techniques aux
USA. Arianespace ne réalisera donc
que quatre missions en 2004 au lieu des 5 programmés.
10 mai, lors du salon
aéronautique de Berlin (Allemagne), Arianespace et EADS signent le contrat de
production des 30 Ariane 5 du lot PA décidé en juin de l'année dernière. Il
reste deux Ariane G+ (L519 et 520) quatre GS,
une ECA une ES (ancien ECA modifié pour l'ATV) sur les 10 lanceurs du lot P2 à
lancer. Ce contrat va permettre à ARIANESPACE d'assurer la
continuité de son service de lancement et d'améliorer encore ses performances
et sa compétitivité sur le marché international. Le lancement de la première
Ariane 5 du lot PA interviendra courant 2005. Ce lot sera principalement
composé d'une configuration de lanceurs standardisés Ariane 5 ECA. En plus
cette version d'Ariane 5, le lot PA comportera également des Ariane 5 ES pour
le lancements des ATV (Véhicule de Transfert Automatique).
12 mai, Ariane 5 lancera un
satellite australien OPTUS D1 fin 2005 ou début 2006. D'autre part, un second
satellite OPTUS D2 sera lancé en 2007 par un Soyouz 2 depuis la Guyane. Ce sont
les 252eme et 253eme contrat de lancement signé par Arianespace depuis
1980.
| Le nouveau
divergent renforcé du moteur Vulcain 2 est actuellement en pleine
campagne d’essais de qualification pour le retour en vol d’Ariane 5
ECA. Huit tirs à feu sont prévus au banc PF50 de Snecma Moteurs, à
Vernon, entre avril et mai, pour valider des durées de fonctionnement et
l’endurance du nouveau divergent. Description du troisième de ces
essais, mené le 28 avril 2004.
10 minutes de tonnerre, un gros nuage de
vapeur d’eau, puis une fine pluie sur la forêt qui entoure les
installations du site. Ce mercredi 28 avril, Snecma Moteurs a une nouvelle
fois testé un moteur cryotechnique dans son usine de Vernon, en
Normandie. Fixé à une vingtaine de mètres de hauteur, enchâssé dans
le banc d’essai PF50, le moteur Vulcain 2 vient de brûler 130 000
litres d’oxygène et 400 000 litres d’hydrogène. L’essai qui s’achève
est le troisième d’une campagne de huit essais d’endurance, menée
entre avril et mai 2004 à Vernon et destinée à qualifier le nouveau
divergent renforcé du moteur. Partie aval de la tuyère qui accélère
les gaz produits par le moteur, le divergent de Vulcain 2 avait en effet
causé la défaillance de la première Ariane 5 ECA. Sa qualification lors
d’essais menés en parallèle à Vernon et au DLR (Deutsches Zentrum für
Luft-und Raumfahrt est l’agence nationale allemande de recherches aéronautiques
et spatiales. Ses installations d’essais, à Lampoldshausen, comprennent
le banc P5, identique au PF50 de Vernon) est attendue pour autoriser le
retour en vol de cette version du lanceur.
Les premiers préparatifs - vérification
des installations et assainissements des lignes d’alimentation - ont eu
lieu dès 6 heures du matin, mais c’est dans l’après-midi que les
choses s’accélèrent. A 14h45, la première phase est lancée, avec la
mise en froid du banc. L’opération dure environ 45 minutes et
nécessite l’instauration d’un rayon d’évacuation de 100 mètres.
Les lignes d’alimentation, conditionnées en hélium gazeux à
température ambiante, sont remplies progressivement avec les ergols
hydrogène et oxygène liquides (LH2 à une température de -253°C et LOX
à -183 °C).
Mise en froid du moteur
Vers 15h30, commence la deuxième phase, la
mise en froid du moteur. Dès qu’elle est lancée, le rayon d’évacuation
est porté à 350 mètres et les portes blindées du poste de contrôle -
un bunker sous-terrain situé face au banc PF50 - sont refermées.
Impossible d’accéder ou de sortir du PC. Cette phase dure près de 100
minutes, mais environ à la moitié, commence la " préparation au Ho
(H " zéro ") ", accompagnée d’un nouveau rayon d’évacuation
de 500 mètres.
A 17h14, le moteur a atteint ses critères
de température et Serge Saubadine, le directeur de tir, enfermé dans la
salle de contrôle avec 9 autres ingénieurs, lance la séquence
synchronisée automatique, d’une durée de 3 minutes. " Toutes les
opérations précédentes étaient pilotées en manuel, mais à partir de
la séquence synchronisée - qu’on peut interrompre à tout moment
-, le rôle des hommes devient moins actif ", commente Serge
Saubadine. " Tout est prédéfini. La chronologie d’essai est
préparée à l’avance dans l’ordinateur de conduite de tir, selon le
plan d’essai défini par les équipes techniques de développement de
Snecma Moteurs. Toute la phase de mise à feu est entièrement
automatisée car les commandes à envoyer sont trop rapides et trop
précises pour un humain : l’ordinateur envoie un ordre toutes les 5 à
10 millisecondes, les vannes se ferment en 100 millisecondes et il faut
surveiller en permanence une soixantaine de paramètres moteur
(températures, pressions, vibrations...) et plusieurs dizaines au niveau
du banc. Il faut aussi respecter un enchaînement très complexe. "
17h17 : Ho, mise à feu
La chambre de combustion du moteur Vulcain
2 n’est pas encore mise en froid. A 17h17, c’est Ho : l’ordinateur
commande l’ouverture de la vanne chambre hydrogène (VCH). L’ergol s’écoule
dans la paroi de la chambre en la refroidissant. Il se vaporise, atteint l’injecteur
et la chambre, puis se répand dans le divergent qu’il remplit. Pour l’empêcher
de remonter autour du moteur, un brûleur placé à l’extérieur du
Vulcain 2 enflamme instantanément cette poche de gaz. Dans les quelque
dixièmes de secondes qui suivent l’ouverture de VCH, la VCO (vanne
chambre oxygène) s’ouvre à son tour et l’allumeur de la chambre, une
charge pyrotechnique, est enclenché. Il y a donc deux bouffées : une
grosse flamme remplit le divergent débordant légèrement sur les côtés
du moteur et quasiment en même temps une autre sort du divergent. Mais la
combustion est alors irrégulière, les pressions ne sont pas encore au
bon niveau.
L’ordre est lancé sur le démarreur : un
initiateur pyrotechnique allume un pain de poudre. Pendant quelques
secondes, sa combustion produit des gaz qui lancent les deux turbopompes
LH2 et LOX. Celles-ci pompent les ergols dans les réservoirs et
alimentent la chambre de combustion. Le moteur monte en régime. Un ordre
est également lancé pour ouvrir les vannes du générateur de gaz (VGO
et VGH). Ce dernier est une petite chambre de combustion secondaire
allumée pour prendre le relais du démarreur et entraîner les turbines
des deux turbopompes pendant le reste de l’essai. La montée en régime
du Vulcain 2 a duré 6,8 secondes, jusqu’au moment où il atteint son
point de fonctionnement stabilisé au démarrage.

Exploration des points de fonctionnement
L’essai va maintenant durer un peu plus
de 10 minutes (630 secondes au total). Dans la salle de contrôle l’équipe
d’ingénieurs est concentrée. Devant le pupitre de sécurité manuelle
et leurs écrans d’ordinateur, les hommes surveillent les images
retransmises par les caméras braquées sur le moteur. Comme lors des deux
précédents essais, celui du 28 avril consiste à tester le
fonctionnement du Vulcain 2 dans son domaine de vol normal, mais, surtout,
à valider des durées de fonctionnement dans le domaine limite et, pour
la partie basse du divergent, dans le domaine extrême. Dans le domaine de
vol prévu, il y a deux points de fonctionnement du moteur : un lors du
démarrage et la première partie du vol et un autre pendant le reste du
vol. Chacun de ces points de fonctionnement est le résultat d’un
réglage préétabli entre pression chambre, vitesses de rotation des
turbopompes et pression du générateur de gaz. Le passage d’un point de
fonctionnement à l’autre se fait en variant la position de la vanne gaz
chauds (VGC) située après le générateur de gaz et en amont de la
turbopompe LOX (la VGC modifie la distribution de puissance entre les deux
turbopompes : la turbopompe oxygène fournit plus ou moins d’oxygène à
la chambre). Pendant l’essai, l’ordinateur de conduite de tir va faire
varier de façon continue les réglages du moteur pour tester un grand
nombre d’autres points de fonctionnement, en jouant cette fois sur la
position des vannes VGH, VGO et VGC. " Sur les points extrêmes de
fonctionnement du moteur, il peut se produire des déviations mineures par
rapport au comportement attendu du moteur, pour lesquelles nous avons des
points de repli. Si la déviation est trop importante, on peut être
amené à arrêter l’essai ", explique Serge Saubadine. L’équipe
du directeur de tir surveille donc le moindre écart ou d’éventuels
incidents.
Pluie artificielle
Pendant ce temps, dehors, le spectacle est
au rendez-vous. Le site de Vernon, vallonné et entouré par la forêt
normande, est assez unique. Perché sur le toit du PC d’un ancien banc
situé au-delà des 500 mètres du rayon d’évacuation, on a du mal à
distinguer le Vulcain 2. Mais le banc PF50, du haut de ses 70 mètres de
béton, s’impose. Il toise tous les autres bâtiments alentour. Son
armature lui permet de supporter bien plus que les 135 tonnes de poussée
du moteur (au moins le double). Un mur de béton de deux mètres d’épaisseur
ceinture la structure en acier (équivalent au bâti moteur d’Ariane 5)
sur laquelle est arrimé le Vulcain 2. Lorsqu’à Ho, le moteur se met à
rugir, la température des gaz de combustion atteint plus de 3500 °C dans
la chambre de combustion. Un grondement sourd accompagne la formation du
nuage de vapeur d’eau pure qui sort du déflecteur de jet. Ce dernier
est protégé du choc thermique par l’injection d’azote gazeux dans
les parois du guide-jet et par le versement d’un torrent de 1500 m3 d’eau
froide au cours des 10 minutes. Quand les conditions météo s’y
prêtent, il se met à pleuvoir, sur la forêt ou sur les spectateurs,
selon le bon vouloir du vent.

Essai nominal
Retour à la salle de contrôle. A Ho + 630
secondes, un ordre est envoyé pour fermer la VGO et arrêter le
générateur de gaz. Le régime moteur ralentit. Les vannes chambre (VCH
et VCO) sont à leur tour fermées. 3 à 4 secondes ont suffi pour
arrêter Vulcain 2. Aussitôt, on chasse les ergols liquides restant dans
les conduites en utilisant des gaz sous pression : l’azote pour chasser
le LOX et l’hélium pour chasser le LH2. L’ensemble est évacué par
les cheminées du banc, puis un assainissement plus complet des lignes est
engagé pour éliminer toute trace d’humidité (lors d’un tir suivant,
des blocs de glace pourraient se former et endommager des parties du
moteur). Au bout de deux heures, l’assainissement est réalisé. Vers
19h30, le directeur de tir et son responsable sécurité se rendent sur le
banc pour l’inspection standard après essai et la recherche d’éventuelles
dégradations. " Je recherche toute possibilité de fuites ou d’éventuelles
traces de brûlure près des allumeurs ou du démarreur. On vérifie aussi
que le calorifuge n’a pas bougé autour de certaines lignes ",
précise Serge Saubadine. Une demi-heure plus tard, le directeur repart,
rassuré. Cet essai s’est déroulé conformément aux attentes. La
campagne va pouvoir continuer.
webmag.safran-group.com mai 2005 |
27 mai, début de la campagne de
lancement Ariane 5GS V163. La date de lancement visé pour le satellite canadien
Anik est le 9 juillet.


Transport d'un EAP vers le BIL
pour intégration. Hissage de la VEB (case à équipement) et mise en place sur
l'étage EPC le 3 juin.


Mis en place de l'étage EPS le 8
juin.

22 juin, transfert de V163 dans le
BAF.
22 juin, Brême, Allemagne,
l'étage ECA destinée à Ariane 5 ECA prend le bateau MN Toucan pour rejoindre
Kourou d'ici deux semaines.

5 juin, V163 AR5 G+, Arianespace
confirme le lancement d'Anik F2 pour le 13 juillet à 0 h 43 TU.


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