RETOUR A LA PAGE D'ACUEIL

CHRONOLOGIE ARIANE

2004 partie 2

ARIANE 5 G+ V163

Le lancement prévu le 12 juillet est repoussé en raison d'une "anomalie" constatée sur le lanceur, a-t-on appris auprès d'Arianespace. Le lanceur qui avait été acheminé vers l'ELA 3 a du être ramené au bâtiment d'assemblage sans autre précision.
Le 14 juillet, Arianespace annonce qu'une nouvelle tentative de lancement d'Ariane 5 V163 est prévu dans la nuit du 15 au 16 entre 0h43 et 1h29 GMT. Le lancement avait été reporté de 48 heures suite à la défaillance d'un gyromètre dans l'un des deux boosters EAP, le lanceur ayant été ramené dans son bâtiment d'assemblage.
Le 15 juillet, le lancement est à nouveau reporté à cause de la météo (risque d'orage). Une autre tentative est prévu dans la nuit du 16.
La 4eme tentative est la bonne, Ariane 5 V163 s'élève du CSG le 17 juillet à 00 h 44 TU avec dans sa coiffe Anick F2 qu'elle largue au bout de 28 mn sur une orbite GTO à 6000 km d'altitude de périgée.
Construit par Boeing Satellite Systems (BSS) à El Segundo, en Californie, Anik-F2 est un satellite de 5.950 kg au lancement, qui atteindra 48 mètres d'envergure une fois les panneaux solaires déployés. Depuis son orbite géostationnaire définitive, par 111,1 degrés ouest (au-dessus du Pacifique), il doit assurer, pendant quinze ans, l'accès à Internet haut débit ainsi que des services de télécommunications et de liaisons numériques (télémédecine, téléapprentissage, commerce électronique...) et l'acheminement d'images sur toute l'Amérique du Nord.

2004 V163 launch.jpg (281774 octets)

Anik-F2 est le cinquième satellite confié par Télésat, filiale à part entière de Bell Canada Entreprise (BCE), basée à Ottawa, au lanceur européen, après Anik-E2, lancé en avril 1991, Anik-E1 (septembre 1991), MSAT (avril 1996) et Anik-F1 (novembre 2000). En tout, ce nouveau satellite est le treizième Anik ("Petit frère" dans la langue des Inuit) lancé pour le compte de Télésat.

A l'issu de ce nouveau succès, Jean Yves Legal, le PDG d'Arianespace annonce que les deux prochains lancements utiliseront la version "10 tonnes" d'Ariane 5. Après l'échec du vol de la première ECA en décembre 2002, Arianespace n'aura plus droit à l'erreur. La campagne V 164 qui doit démarrer d'ici quelques jours permettra de qualifier le lanceur en mettant sur orbite le satellite de télécommunications américano-espagnol XTAR et une maquette de charge utile, destinée à tester "in situ" ses performances, soit à peu près 9 tonnes au total. Le dernier vol de l'année, en décembre devra permettre de placer sur orbite le satellite militaire français Helios 2A (4200 kg) au cours de la mission V 165 et des petits passagers Essain, 6 satellites de 120 kg du ministère de la défense et PARASOL -Polarization and Anisotropy of Reflectances for Atmospheric Science coupled with Observations from a LIDAR- du CNES 120 kg.

Malgré les déboires dus à l'échec de décembre 2002 et la pénurie de satellites sur le marché international, Arianespace "résiste bien" à la situation. Le carnet de commande atteint 33 satellites à lancer pour un montant global de plus de 3 milliards d'euros.

22 juillet, début de la campagne de lancement du vol V164 avec l'arrivée du N% Toucan porteur de l'étage cryogénique EPS, de l'étage ECA, de l'adaptateur et de la coiffe. 

2004 v164 transport.jpg (134504 octets)    2004 V164 EPC BIL 01.jpg (93208 octets)

2004 V164 EPC BIL 02.jpg (118837 octets)    2004 V164 EPC BIL 05.jpg (111157 octets)

2004 V164 EPC BIL 03.jpg (126328 octets)    2004 V164 EPC BIL 04.jpg (135720 octets)

Mise en place de l'étage EPC et du premier EAP sur la table de lancement.

2004 V164 EAP.jpg (112792 octets)

LES CHARGES UTILES DU VOL V164
2004 V164 sloshsat FLEVO 01.jpg (144131 octets) Le satellite SLOSHSAT Flevo (Facility for Liquid Experimentation and Verification in Orbit) en salle blanche à Kourou. C'est un petit satellite expérimental pour l'étude de la dynamique des liquides dans l'espace. De l'eau transporté dans le satellite sera filmé afin de comprendre ses effets sur le contrôle d'attitude des vaisseaux spatiaux. D'une masse de 128 kg, Sloshsat transporte 33,5 kg d'eau dans un réservoir de 87 litres. Flevo est un programme ESA, les PAys Bas et l'Allemagne. Originellement, Sloshsat devait voler sur le Shuttle, mais n'ayant pas trouvé de place, il a été transféré sur Ariane 5. 
2004 V164 maqsat B2 03.jpg (141767 octets)

MaqSat B2, Maquette Satellite - Bas 2, 3500 kg, simule un satellite passager et sert de support technologique pour Sloshsat, les expériences françaises Boucle-Fluide, DVCAM (caméra filmant les évènements du lancement) et TMA (Telemetry Assembly), un appareillage de 60 senseurs destinés à enregistrer des paramètres de vol de l'ECA.

3 septembre, V164, mise en place de l'étage ECA sur le composite inférieur.

2004 V164 hissage ECA.jpg (116042 octets)

9 septembre, Arianespace remporte 3 nouveaux contrats de lancement de satellites de télécommunications, avec l'opérateur américain DirecTV, et PanAmSat. Ces contrats concernent le lancement de deux satellites de télécommunication TV directe pour Direct TV dont SpaceWay 2 (6100 kg) en avril 2005 et d'un satellite Galaxy 17 (4100 kg) pour PanamSat en 2006. Arianespace a signé depuis le début de l'année 7 contrats de lancements et comptabilise sur son carnet de commande 36 satellites à lancer. Pour 2005, la société  a prévu 5 lancements avec 3 Ariane 5 GS et deux Ariane ECA (second vol de qualification et ATV 1). Il reste actuellement 11 lanceurs GS.

2004 V164 VEB.jpg (131374 octets)

15 septembre, mise en place de la VEB

2004 V164 BIL BAF.jpg (58102 octets)

21 septembre, transfert du BIL au BAF

24 septembre, Arianespace signe un contrat de lancement avec Air TV pour le lancement d'un satellite en 2007.

4 octobre, à l'occasion du 55eme congrès astronautique à Vancouver, Canada, Arianespace annonce le lancement en 2007 de 50 nano-satellites pour fêter les 50 ans du lancement de Spoutnik. D'une masse de un kilogrammes chacun, chaque satellite sera dédié à diverses expériences scientifiques et réalisés par des universitaires, centre de recherches et autres organisations. 

5 octobre, la satellite X Star arrive à Kourou à bord d'un avion russe An 124. transporté pâr route dans son container, il est enfermé dans le bâtiment S5 du CSG. Il sera monté sur sa virole d'adaptation et monté sur le lanceur V164.

6 octobre, le lanceur V164 est transféré en zone de lancement pour des tests. A l'issue d'une simulation de compte à rebours, l'étage cryogénique ECA sera rempli en propergols. Cette RSL (répétition système lanceur) permettra de valider la date de lancement maintenant prévue pour le 4 novembre prochain. Pour Ariane 5, il y a les RAL Revue d'Aptitude au Lancement, la grande réunion qui se tient à J-2, qui passe en revue tous les sous-systèmes du lanceur des charges utiles et de la base de lancement afin de donner le feu vert pour la chronologie finale. Les RSL (Répétition Système Lanceur), principalement pour les vols de qualification (il y a eu deux RSL pour V157-L517), permettent de remplir l'étage principal cryotechnique (EPC) et à le mettre en condition de vol, puis à dérouler une chronologie réelle, y compris la séquence synchronisée jusqu'à H0. Les RCL Répétition Chronologie Lanceur était un terme dédié à Ariane 4. 

2004 V164 test ZL.jpg (115329 octets)

14 octobre, le lanceur V164 est ramené en dans le BAF pour terminer sa préparation de vol. Le lancement est prévu pour le 8 novembre.

Après de long mois de travaux suite à l'échec du vol 157, les ingénieurs de la Snecma ont réussit à qualifier le moteur Vulcain 2 dont la défaillance avait été la cause de la perte du premier lanceur Ariane 5 10 tonnes. Ce moteur est en effet la cause principale de l'échec de décembre 2002, sa tuyère s'étant déformée à cause des très haute températures de fonctionnement.

Les pressions extérieures sur la tuyère au niveau du sol ne sont pas représentative de celle rencontrées dans le vide spatial. La partie haute de la tuyère à été soumise à des conditions extrêmes et s'est déformée. Ce changement a entraîné la circulation du flux thermique et la température extrême  ont fondu la tuyère. Le lanceur hors contrôle a du être détruit en vol.

Les causes connues, les ingénieurs de la Snecma et d'Arianespace sont alors mis au travail pour modifier la tuyère. Juillet 2003, après 7 mois d'effort, les solutions techniques sont validées. Des renforts ont été soudé sur la partie supérieure. Le système de refroidissement par circulation d'hydrogène liquide a été amélioré et un enduit spécial a été déposé à l'intérieur de la tuyère.

2003 vulcain 2.jpg (103604 octets)

Le divergent du Vulcain 2, dont la masse avoisine les 450 kg, est la partie la plus exposée aux facteurs de charge en vol. Ces forces ne pouvant pas, à l’époque, être simulées lors de tests au sol, les ingénieurs se sont appuyés sur des calculs qui justifiaient leurs choix. Cependant, malgré le nombre de calculs effectués sur le divergent, supérieur à ceux faits sur le moteur, «le mode de défaillance par flambage rencontré sur le vol 157 reste unique. Il n’avait été identifié ni par les industriels ni par l’autorité de conception et ne faisait pas partie de l’état de l’art de la conception des divergents. Et c’est un mode qui ne peut pas apparaître lors des essais au sol. Personne n’avait, à l’époque, pris la mesure de la différence entre les efforts subis par le divergent au sol et en vol.» Pour modéliser un possible flambage du divergent, il a donc été nécessaire de développer des nouvelles méthodes de calcul, principalement pour évaluer les contraintes thermiques et mécaniques. L’unité de conception des organes de combustion, qui avait, entre autres, conçu le générateur de gaz du Vulcain 2, s’est attelée à la tâche. Ses ingénieurs ont pu définir une méthode exhaustive de traitement des contraintes sur le divergent. Quelque 1300 cas de charge ont été identifiés en fonction de la poussée, de la température, des vibrations, de l’ovalisation du divergent – dont la jupe tend à «pulser» à basse fréquence –, du pilotage, etc. Il a fallu ensuite repérer quels étaient les cas de charge les plus sévères pour les divers modes de défaillance (flambage, fatigue…). Cette méthode a été appliquée parallèlement par Snecma Moteurs, EADS-ST et Volvo Aero, puis les résultats ont été confrontés afin de s’accorder sur tous les paramètres à prendre en compte. 

Grâce à la très forte coopération des équipes des différents centres de Snecma Moteurs, des solutions pour renforcer le divergent étaient proposées dès le 15 janvier 2003. Le 28 mars, c’est sur la base d’une proposition de Snecma Moteurs que l’équipe intégrée a finalement retenu une solution, pour laquelle Volvo Aero a mis au point les procédures de production. 

Pour la tenue mécanique, une jaquette en alliage base nickel (2,28 mm d’épaisseur et 40 cm de hauteur) est soudée à l’extérieur de la partie haute du divergent. Elle est dotée de raidisseurs axiaux pour reprendre les mouvements de fléchissement. De plus, la partie basse du divergent est renforcée par des raidisseurs annulaires. Le concept a pu être validé sur le divergent, NE2-102, essayé dès avril sur le banc PF50 de Vernon. Fin juillet, un essai de flambage à froid (buckling) avec efforts latéraux a été réalisé sous une presse. Les valeurs obtenues correspondent aux prévisions des nouveaux modèles. 

Dans le domaine thermique, deux modifications majeures ont été apportées. Il s’agit, d’une part, d’augmenter le débit d’hydrogène liquide dans les circuits de refroidissement, qui passe de 1,9 à 3 kg/s. A cela s’ajoute une nouvelle procédure de soudage, introduite par Volvo Aero, qui renforce les circuits et permet de gagner 200 à 300 K (0 K = -273 °C) supplémentaires en évitant les microdéformations. D’autre part, une barrière thermique de quelques dizaines de centimètres de hauteur en zircone (zirconate d’yttrium), déposée par plasma, a été rajoutée à l’intérieur du divergent. Elle permet de rester en dessous des seuils thermiques qui entraîneraient des modifications dans la structure interne de l’alliage. Cette technologie est directement dérivée de celle utilisée par Snecma Moteurs sur la chambre de combustion des moteurs M88-2 de l’avion de combat Rafale, mais elle est ici appliquée pour la première fois sur une structure tubulaire. Au total, ces modifications ajoutent une trentaine de kilos, ce qui reste limité par rapport à la masse totale de l’étage. Les tests effectués sur un ancien divergent modifié, en avril, et sur un divergent neuf, en juillet, ont confirmé la bonne tenue thermique et mécanique de la structure. En effet, la température mesurée sous la protection thermique s’est stabilisée à 1 000 K, ce qui donne une marge de 250 K par rapport à l’objectif visé de 1 250 K maximum. 

Les essais de validation du divergent modifié ont été effectués en parallèle sur les bancs du DLR (2) à Lampoldshausen (Bade-Wurtemberg) et de Snecma Moteurs à Vernon. Le premier divergent de qualification est arrivé début octobre sur le site du DLR, tandis que les deux suivants sont attendus en Normandie dès la mi-novembre. Des essais avec une cloche autour de la tuyère, permettant de créer des conditions approchant celles rencontrées dans le vide (voir Snecma Magazine n° 2), seront effectués à partir de novembre au DLR. Pour cette qualification, le divergent testé en Allemagne devra tenir l’équivalent de quatre fois sa vie nominale (3) et fonctionner aux rapport de mélange de son domaine de vol. Les deux autres divergents, testés à Vernon, devront démontrer chacun 1,6 fois la durée de vie nominale dans des conditions extrêmes de réglage, bien au-delà de celles qui peuvent être rencontrées en vol. 

   

Les essais au sol au banc ont confirmé ces modifications.

2004 vulcain firing 02.jpg (283369 octets)

Parallèlement aux modifications du moteur Vulcain 2, Arianespace a profiter de la "pause forcée" dans la production des lanceurs pour"passer au peigne fin" tous les points critiques qui pourraient influer sur le prochain lancement. L'ensemble des entrées de dimensionnement du système de lancement ont été revues. Elles couvrent les charges thermiques et mécaniques en vol. Des renforcements ont été inclus dans certaines zones structurales. La revue de qualification a permit de se focaliser sur certaines phases de vol, comme la séparation des étages EPC-ECA en vol avec notamment la phase de "mise à froid" du moteur HM7B avant son allumage (risque de givrage des injecteurs).

Dans le même temps, un processus de qualification a eu lieu sur les deux autres lanceurs de la famille Ariane 5. Ariane 5 G+ SSO qui mettra en orbite le satellite militaire français YSAT et Ariane 5 GS qui emportera en février 2005 le satellite français Syracuse. La qualification de ces deux versions permettra d'assurer la continuité de service en attendant le passage en phase opérationnelle de l'ECA. Ensuite, la configuration du système de lancement sera figée pour plusieurs années afin de bénéficier de l'effet d'expérience en production

15 octobre, début de la campagne de lancement V165 avec l'arrivée de la charge utile le satellite Helios en provenance de chez Astrium. Le container est arrivé sur l'aéroport de Cayenne à bord d'un Airbus Béluga. Ce satellite militaire français sera lancé en décembre par une Ariane G+, la dernière de la série.

20 octobre, V165, mise en place de l'étage EPC sur la table de lancement dans le BIL.

2004 V165 EPC 01.jpg (91197 octets)

2004 V165 EPC 02.jpg (100324 octets)

22 octobre, V165, mise en place des boosters EAP de chaque coté de l'étage EPC dans le BIL.

2004 V165 EAP.jpg (69703 octets)

22 octobre, V164, par la voix de J Y Legall, Arianespace annonce que le lancement d'Ariane 5 ECA V164 est repoussé à 2005 laissant la place à V165 avec le satellite militaire français Helios 2A. D'autant plus que la DGA, direction des armées annonce que Helios 1B a été retiré du service suite à un problème de batteries. Il avait été lancé en 1999 pour une mission de 5 ans. Son "petit frère" Helios 1A mis en orbite en 1995 est toujours en fonctionnement. Le lancement d'Helios 2A le 7 décembre prochain va permettre au ministère de la défense de récupérer sa capacité d'observation maintenant réduite de 50%. Helios 2 est plus puissant que la précédente série et "voit" la nuit en IR. Placé à 700 km d'altitude, les satellites Helios photographient la terre 50 fois par jour.  

Si V165 a lieu le 7 décembre, il est techniquement possible de lancer Ariane 5 ECA avant la fin de l'année. A Kourou, la campagne V164 est très "tendue". Outre un calendrier incertain, les tests de validation réalisés en début de mois n'ont pas donné entière satisfaction et devront être répétés. Un ajournement de ce vol à février  2005 est plus que probable. En effet, une autre mission pourrait venir se greffer courant janvier V166 avec le satellite militaire français Sycacuse 3A et le satellite indou Telkom 2.

25 octobre, V165, arrivée des satellites Parasol et Essain par B 747 à l'aéroport de Cayenne-Rochambeau. 

LES CHARGES UTILES DU VOL V165

2004 V165 helios.jpg (564228 octets)

HELIOS II est un système militaire d’observation de seconde génération développé par la France en coopération avec l’Espagne et la Belgique. Il se compose de deux satellites en orbite comme ses prédécesseurs Helios I A et B.

Fonctionnant dans les domaines visible et infrarouge, il fournira à la Défense française des images de jour comme de nuit. La France pourra échanger une partie de cette capacité d’observation, dite optique, avec les capacités d’observation radar en cours de développement chez ses partenaires allemands et italiens. Elle pourra ainsi observer par tous les temps.. Parmi les améliorations du système HELIOS II : un gain significatif en résolution et de meilleures capacités de prises de vue, mais également un accès plus rapide aux images

Le nouveau système permettra également le ciblage, le guidage, la préparation de missions et la vérification des dommages de combat. Il a par ailleurs été conçu en tenant compte des perspectives d’évolutions telles que la prise en compte de nouveaux utilisateurs ou de nouveaux capteurs.

2004 V165 essaim.jpg (6936 octets)

2004 V165 parasol.gif (31680 octets)

5 passagers accompagnent Helios II, le démonstrateur Essaim (120 kg), constitué de 4 microsatellites développés par la DGA, construit par Astrium avec pour objectif préparer un futur programme de renseignement d’origine électromagnétique spatial et Parasol, un micro-satellite du CNES dédié à l’observation des nuages et des aérosols. 

Parasol est une plateforme (0,6 x 0,6 x 0,8 m) constituée d'équipements génériques conçue pour des satellites de masse environ 100 kg au lancement. Son contrôle d'attitude utilise un senseur stellaire, des gyros et des roues à réaction. S'il y a maintien à poste celui-ci est assuré par un système basé sur l'hydrazine.
La gestion bord est centralisée, construite autour d'un micro processeur. Une mémoire de masse est disponible pour le stockage des données. Les télémesures et les télécommandes utilisent le standard CCSDS.
La charge utile est constituée d'un ensemble d'éléments et de sous-systèmes basés sur l'instrument POLDER (30 kg) développé pour un lancement en passager sur les plate-formes japonaises ADEOS et ADEOS-2. Elle consiste schématiquement en une caméra numérique composée d'une matrice de détection CCD de 284x364 pixels, d'une optique télécentrique à grand champ de vue (± 51° dans la grande direction), et d'une roue porte-filtres (15 couvrant tout le spectre) actionnée par un moteur.

2 novembre, V165, mise en place de la case à équipement VEB et de l'étage EPS sur le lanceur 520.

2004 V165 VEB.jpg (126924 octets)    2004 V165 EPS.jpg (121356 octets)

9 novembre, CSG, Arianespace procède à l'essai ARTA 3 sur le banc d'essai EAP. Le programme ARTA Ariane 5 Research and Technology Accompaniment est un programme de l'Agence Spatiale Européenne dont la gestion globale est placée sous l'égide de la Direction des Lanceurs du CNES (DLA) et confiée à la Direction des Développements ARIANE (DDA).

2004 ARTA 3.jpg (76206 octets)

Ce programme est destiné à assurer le maintien à hauteur de la qualification du lanceur ARIANE 5, de sa fiabilité et de ses performances. Il repose pour une large part sur des matériels prélevés dans la production, auxquels on fait subir les essais ayant permis de prononcer la qualification. A cette occasion, des modifications peuvent être validées. En effet certains incidents ou événements extérieurs peuvent contraindre les industriels du programme à changer ou modifier des matériaux, des composants ou des procédés. Ces événements peuvent être, par exemple, des ruptures d'approvisionnements (arrêts de production ou défaillances de certains fournisseurs), des évolutions de la législation, ou tout autre impondérable ayant un impact sur la définition ou la réalisation de tout élément du lanceur.

Aussi, afin de vérifier le maintien à niveau des caractéristiques des propulseurs à propergol solide, le programme ARTA a prévu des essais au sol, au BEAP, de certains exemplaires prélevés dans la production. Par ailleurs, profitant de ces essais il est intéressant d'introduire des objectifs techniques spécifiques permettant de tester en vraie grandeur des évolutions de définition dérivant de travaux conduits dans le cadre d'ARTA ou d'autres programmes d'améliorations d'ARIANE 5. Ces améliorations se placent dans une optique globale d'augmentation des performances et de réduction des coûts.

Le premier tir ARTA a eu lieu le 16 mai 2000, le second le 21 novembre 2001. Lors de ce tir, le MPS était équipé d'une nouvelle isolation thermique et d'une enveloppe extérieure plus lisse avec des joints soudés (moins de boulons et écrous) et d'une nouvelle peinture de couleur. Si les données de cet test sont bonnes, ce moteur amélioré sera mis en production en 2006.

17 novembre, Arianespace par la voix de Jean Yves Legall confirme officiellement le report du vol V 164 au début de 2005. Pour la fin de l'année, Arianespace lancera V165 avec le satellite militaire français Hélios le 10 décembre. Le lanceur AR521 sera placé sur la ZL 3 le temps de terminer le lanceur AR520 dans le BAF. Pour 2005, le calendrier fair état de 5 à 6 vols dont la moitié avec des AR 5 ECA. Les dernières répétitions générales RSL des 26 octobre et 9 novembre n'ont pas été probantes. La prochaine est prévue les 12 et 13 janvier 2005 pour un lancement le 11 février. 

2004 V165 parasol.jpg (89726 octets)    2004 V165 integration essaim.jpg (79416 octets)

Mise en place des satellites Nanosat, Parasol et ESSAIM sur l'adaptateur ASAP 5

2004 V165 BIL BAF.jpg (80853 octets)

Transfert d'Ariane 5 V165 du BIL au BAF.

2004 V165 ASAP.jpg (204495 octets)    2004 V165 ASAP dessus.jpg (40111 octets)

Mise en place de la structure en anneau porteuse des micro-satellites ASAP 5 (ESSAIN, Parasol et Nanosat) sur le lanceur 520 

2 décembre, V165, suite à des essais au sol, les techniciens ont découvert une électrovanne, fournie par Moog (constructeur US) polluée. La vanne du lanceur 520 sera donc remplacée ce qui retardera le lancement du V165 de quelques jours. 

17 décembre, V165, Ariane 520 est transféré en zone de lancement pour un lancement prévu le 18 à 16 h 26 TU. 

2004 V165 BAF.jpg (158760 octets)    2004 V165 transfert.jpg (45659 octets)    2004 V165 pad.jpg (43261 octets)

ARIANE 5 V165

Le lancement a lieu comme prévu le 18 décembre à 16 h 26 TU après un compte à rebours sans histoire. Ariane 520 quitte majestueusement l'ELA 3 de jour et s'incline rapidement  vers le Nord au bout de 17 secondes. A T+2 mn 21 s, les boosters sont largués suivit de la coiffe. L'étage cryogénique EPC s'éteins à T+ 9 mn 54 s tandis que l'EPS s'allume pour 17 minutes. Le lanceur est suivit au sol par les stations de St Hubert au Canada,  Svalbard (Cercle polaire), Dongara (Australie) avant la séparation d'Hélios 2A à T+ 1 h , Nanosat, Essain et Parasol à T + 1 h 8 mn.
Ce troisième lancement de l'année est aussi le 20eme d'Ariane 5 depuis 1996.
Afin de protéger le lanceur et sa charge et pour faire face au risque d'attaque terroriste aérienne de type 11 septembre, ce lancement avait induit la mise en place d'un dispositif de sécurité particulier en Guyane, impliquant un avion radar AWACS, trois Mirage 2000-C et un ravitailleur C135F.

2004 V165 lancement.jpg (1250091 octets)    2004 V165 lancement EM.jpg (851843 octets)

Lancement de V165 vue depuis le site d'observation "Toucan" à 5 km de l'ELA 3 (Photo Arianespace et O. Sanguy / ESPACE Magazine)

2004 V165 lancement 02.jpg (88499 octets)

Date

Vol

Lanceur

Satellites

Commentaires
 
02/03/2004 V158B AR5G+518 Rosetta (ESA) Utilise le lanceur précédemment assigné à Rosetta
17/07/2004 V163 AR5G+ 519 Anik F2 (Canada)  
17/12/2004 V165 AR5G+ 520 Hélios 2A + microsat (Essain, Nanosat et Parasol)  Dernier lanceur G+