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CHRONOLOGIE ARIANE

 

A tous de DDO !! 

Attention pour le décompte final...

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« A tous de DDO, attention pour le décompte final... ». Cette phrase, couramment répétée par le Directeur Des Opérations à la fin du compte à rebours d’une fusée Ariane, est l'aboutissement de mois de travail d'une équipe pour mener à bien la mission du lanceur.

Le DDO (Launch Range Manager en anglais) est, en quelque sorte, le commandant en chef d'une campagne qui a commencé deux mois plus tôt avec l'arrivée des satellites à lancer dans l'espace. Au jour J, l'ensemble de l'autorité opérationnelle, technique et institutionnelle se rassemble dans la salle Jupiter. 
Face à un mur chargé d'écrans et de voyants, elle comporte quatre rangées de pupitres qui accueillent, trois heures avant le tir, les personnages clés concernés par le lancement avec devant  le contrôle opérationnel dans les deux premières rangés, l' autorité technique, la direction de base et la zone charge utile sur la troisième et les moyens technique ainsi que la direction de vol au fond. Il permet de répondre aux besoins opérationnels du Centre avec le Centre de Contrôle, ainsi qu'aux besoins de communication pour l'accueil des invités et journalistes lors des lancements.

Tous les opérateurs clés jouant un rôle dans la chronologie de lancement et ayant des responsabilités quant aux moyens mis en oeuvre sur la Base de Lancement, se retrouvent dans ce Centre de Contrôle. Les rôles de chacun sont expliqués dans le schéma qui suit

Au milieu du second rang, un homme qui assume la conduite des évènements le DDO, autrement dit, le directeur des opérations, membre du CSG. L'assistent dans cette fonction un DDO adjoint et deux autres personnes capitales qui font partie d'Arianespace dans la salle Jupiter, le CM, chef de mission, a la responsabilité des satellites. 

Dans la salle des opérations du centre de lancement CDL, à 12 km de là, mais relié en permanence au DDO, le COEL, chef des opérations de l'ensemble de lancement, est responsable du lanceur et de toute la préparation du tir. Le DDO est également en contact continu avec les 9 spécialistes qui auront à donner leur feu vert avant HO et qui contrôlent respectivement la télémesure, la transmission, la localisation, la synchronisation, l'optique, la météo, le contact avec les stations aval, la logis-tique et la sauvegarde. En cas de problème, le DDO peut se retourner vers les personnes situées derrière lui et qui constituent l'autorité technique: sont notamment présents le directeur général du CSG, le directeur des lanceurs du CNES, le président ou le directeur général d'Arianespace, de l'Agence spatiale européenne et les représentants des principaux industriels qui travaillent sur le lanceur et les délégués des sociétés auxquelles appartiennent les satellites.

Pendant le lancement, le Directeur Des Opérations, ou DDO, contrôle à un coup d'oeil seul toutes les opérations en route sur la base Kourou. Son écran affiche le statut du dispositif de lancement, la charge utile, la base du lancement, le temps et les critères de la sauvegarde. Il a le pouvoir pour décider en secondes pour arrêter la séquence, d'après les renseignements qu'il reçoit sur son pupitre de commande. L'équipe des Opérations travaille sur toutes les installations techniques de la base. Elle comprend une équipe de cinq DDO et compte une équipe opérationnelle de 34 personnes. Chaque DDO est un directeur qui coordonne toutes les parties concernée et toutes les ressources opérationnelles impliqué dans un lancement: de la charge utile aux installations de poursuite et télémesure, tout comme les stations météo, la sauvegarde, la logistique ecepté le système de lancement géré par Arianespace.

Les DDO ont deux fonctions. Ils sont des ingénieurs avant la campagne et DDO pendant la campagne. Chaque DDO suit neuf à dix projets simultanément, les quel doivent conduire à la décision de l'attribution du vol. Six mois avant un lancement, les charges utiles sont groupées par vol. Deux ingénieurs sont nommés, un chef DDO et un adjoint DDO. Le chef DDO prépare la campagne avec les clients et l'autorité du lancement, et  décrit précisément le rôle de chacun. La campagne elle-même débute deux à trois mois avant décollage, avec l'arrivée du premier satellite. Dès lors jusqu'à trois jours avant lancement, le travail du DDO est voir que chaque arrivée pour le lancement se conforme avec le programme. Il vérifie aussi que les opérations exécutées sont inoffensives pour les satellites et l'environnement, pendant le remplissage des étages par exemple, l'installation des moteurs à propulseurs solides, la pressurisation des réservoirs et la manutention des charges utiles. Son travail consiste à diriger une grande quantité de renseignements en temps réel. 

Avant de demander l'autorisation du lancement, les DDO vérifient que toutes les parties sur la base sont prêtes. Pour ce faire, il organise une revue préparatoire et alors une répétition des opérations. Une fois l'autorisation accordée, les étages sont remplis. A la veille du lancement, il vérifie le temps et la progression des opérations par les réunions. Le jour J, tout le monde met sa montre à l'heure pour le lancement du soir. Sur son pupitre de commande, le DDO peut vérifier en temps réel la télémétrie, les radars les dispositifs de lancement et les satellites. Il organise le compte à rebours, et en cas d'un problème, il peut l'arrêter.

Après le lancement, le lanceur devient autonome, le DDO ne fait que le suivre. S'il dévie de sa trajectoire, s'il devient dangereux, il est détruit en vol. Pour répartir ce risque, il est gardé en vue. Les postes de télémétrie reçoivent en permanence les données de vol sur la position du lanceur. Le rôle du DDO est d'agir comme un relais entre ces postes jusqu'à ce que la mission soit terminée. Chaque DDO donne la position du satellite, après injection, à son client et établit le compte financier du lancement.

Le COEL, le Chef Opérations Ensemble de Lancement gère tout ce qui touche au lanceur et à l’ensemble de lancement. Il prend ses fonctions en tout début de campagne et supervise les 800 à 900 opérations nécessaires à la mise en œuvre du lanceur jusqu’à la chronologie finale. Un esprit d’équipe très fort soude les 200 à 250 personnes, ingénieurs et techniciens d’Arianespace, et les industriels européens, placés sous son autorité. Avant d’être COEL, il faut commencer à la base, d’abord sur plusieurs lancements, chef de spécialité, puis assistant COEL. C’est un métier qui requiert une grande expérience : les six COEL titulaires sont des chefs de départements et de divisions techniques et ils sont tous en fonction depuis plus de dix ans. Des synergies au service des clients d’Ariane En pratique, le DDO et le COEL se voient peu pendant la campagne de lancement, principalement pour régler des questions techniques entre les moyens du site et le lanceur. En chronologie finale, le DDO siège dans la salle de contrôle du bâtiment Jupiter alors que le COEL se trouve au Centre de Lancement, à quelques kilomètres à peine du lanceur. DDO et COEL forment une équipe vis-à-vis des clients, celle du service de lancement Ariane. 

QUELQUES DDO...

Michel Debraine

Cet ingénieur civil de l'UCL a travaillé pendant deux années à la SONACA avant d'être engagé par l'ESA pour travailler à Noordwijk (Pays-Bas), puis à Toulouse (France). Il est passé sous contrat du CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) pour faire partie de l'équipe DDO sur le port spatial de l'Europe à Kourou. Il réalise sa première mission DDO sur V125 en décembre 1999. Suivront V130, V137, V141, V148 et V153 (AR512).

 

 

Le Liégeois Thierry Wilmart fait partie de la petite équipe des cinq DDO du Centre Spatial Guyanais (CSG) de Kourou. Cet ingénieur industriel en électronique de 33 ans - il est né le 21 janvier 1969 à Liège - a été formé à l'ISIL (Institut Supérieur Industriel de la Province de Liège). Thierry Wilmart reste le seul DDO de nationalité belge. Jusqu’à mi 2002, deux autres Belges se trouvaient à ses côtés: le Carolorégien Michel Debraine et le Liégeois Philippe Gilson . Le premier était responsable du vol 153 le 6 juillet et le second a réalisé, le 1er mars, le lancement du satellite européen Envisat avec la 11e Ariane 5 du vol 145.
Thierry Wilmart a été DDO sur V146 en novembre 2001 et V150 en avril 2002. Pour le lancement d'Ariane 5 ECA le 11 décembre 2002, il était encore au commande. Ce fut sa dernière mission.

Comment en êtes-vous arrivé à devenir Directeur des Opérations Ariane ?

Je suis arrivé en Guyane comme responsable d'Assurance Qualité des moyens de localisation et de télémesure du système qui assure la poursuite des fusées Ariane durant leur vol vers l'espace. Moins de 2 années plus tard, j'ai intégré la Division Opérations du Centre Spatial Guyanais. Le CNES ou Centre National d'Etudes Spatiales, qui gère la base spatiale européenne, m'a confié diverses responsabilités, puis m'a proposé de devenir Directeur D'Opérations. Je pense que des personnes ont cru en moi : ils m'ont donné une chance de prouver que je pouvais maîtriser ce poste de haute responsabilité. Je crois ne pas les avoir déçus avec l'accomplissement de la campagne du vol 146 qui a été couronné de succès.

Comment devient-on DDO ?

Une solide formation est indispensable pour avoir une connaissance approfondie des moyens techniques et des processus qui sont mis en œuvre. On est, tout compte fait, l'acteur principal d'un système complexe multi-disciplinaire et il faut en maîtriser toutes les facettes.

Quel est le rôle du DDO avant, pendant et après le lancement ?

Cette question demande une réponse assez longue, car ce rôle est très complexe. En quelques mots, les satellites, une fois qu'ils arrivent en Guyane en vue d'un lancement, doivent être préparés, subir les derniers tests, remplis en ergols, … avant d'être hissés au somment du lanceur plusieurs jours avant la date du vol. La base de lancements Ariane doit également être prête à remplir toutes les missions qui lui sont confiées. Elles concernent les moyens pour la localisation, la télémesure, l'opto-électronique, les télécommunications, la sécurité, la sauvegarde des biens et des personnes...

Le DDO est en quelque sorte un chef d’orchestre qui veille à ce que la partition du lancement soit bien jouée par tous ?

C’est un travail de toute une équipe. Avec tous les acteurs opérationnels concernés, le DDO s'assure que les opérations se déroulent de manière nominale, que tout soit prêt pour le jour du lancement et, surtout, qu'on puisse faire face aux situations imprévues. Pour assumer ces responsabilités, à la grande satisfaction du ou des clients, le DDO doit définir et superviser les opérations de préparation du ou des satellites concernés par le lancement. Comme directeur de toute la campagne, il faut s'occuper du suivi, en temps réel, des opérations sur le terrain. Phase spectaculaire, la plus stressante : le DDO conduit la chronologie finale jusqu'à la phase du décollage du lanceur. Il surveille alors tous les paramètres du vol qui se déroule de façon automatique. Après le lancement, il dresse un bilan budgétaire de la campagne et analyse avec tous les adjoints tous les faits marquants.

Considérez-vous le DDO comme la personne la plus importante pour un vol d'Ariane ?

Une campagne de lancement est réalisée grâce à la collaboration étroite de plusieurs équipes qui ont chacune leur rôle et leurs responsabilités. Le rôle du DDO consiste à conduire les opérations de préparation des satellites et de la base de lancement Ariane pour que tout concourt à l'objectif fixé : un lancement réussi. Vous avez eu raison de le comparer à un chef d'orchestre : si celui-ci est certes important, il ne peut bien fonctionner que s'il est entouré de musiciens et de chanteurs de qualité !

Quelles qualités voyez-vous chez un DDO ?

A mon sens, ses qualités essentielles sont l'esprit d'analyse et de synthèse, la capacité d'encadrement, la prise d'initiatives, l'adaptation aux situations nouvelles et le sens du contact humain. Il faut savoir travailler avec plusieurs équipes techniques, celles qui travaillent sur la fusée et celles qui sont responsables des satellites.

Comment se passe votre vie à Kourou ?

Bien merci… Travailler au CNES sur le Centre Spatial Guyanais est passionnant, mais il exige beaucoup de disponibilité. Du point de vue personnel, c'est tout aussi captivant. Je rencontre une multitude de personnes de tous horizons et les échanges culturels sont très riches. Des relations fortes se créent et nous permettent de vivre des moments uniques. L'environnement de la forêt guyanaise vous donne un vrai contact avec la nature terrestre. Je fais beaucoup de sports, comme les arts martiaux, la plongée, et la ville de Kourou offre pas mal de possibilités en ce sens.

Que conseillez-vous à des jeunes qui seraient intéressés à devenir le DDO d'un lancement Ariane ?

Je suis persuadé que ce désir des jeunes doit être fort. Ils doivent y croire, s'accrocher et foncer dans cette voie en se donnant tous les moyens nécessaires. Tout en sachant écouter l'avis des autres, il leur faut persévérer dans la voie choisie, si c'est vraiment ce qu'ils veulent faire. A ces jeunes, je souhaite bon travail et bonne chance.

ESA novembre 2002

 

 

  Les DDO de haut en bas:
Bouffard, Debraine, Gilson, Mauebert, Moncuquet, Ribardière, Trebaol et Wilmart. 
MISSION (2001) Directeur Des Opérations DDO Chef Opérations
Ensemble de Lancement COEL
V137 Michel DEBRAINE GROULT
V139 Pierre RIBARDIERE HERS
V140 Thierry BOUFFARD BENAITEAU
V141 Michel DEBRAINE PELLACOEUR
V142 Jean Yves TREBAOL SICARD
V143 Philippe MAUBERT STURBOIS
V144 Michel RIBARDIERE LEBLANC
V146 Thierry WILMART BENAITEAU
Les COEL avec de haut en bas:
Benaiteau, Bondil, Groult, Hers, Leblanc, Pellacoeur, rebeu, Sicard et la seule femme Chrystel Sturbois. 
MISSION (2002) Directeur Des Opérations DDO Chef Opérations
Ensemble de Lancement COEL
V147 Pierre RIBARDIERE BONDIL
V148 Michel DEBRAINE SICARD
V145 Phillipe GILSON REBEU
V149 Jean Yves TREBAOL SICARD
V150 Thierry WILMART STURBOIS
V151 Philippe MAUBERT GROULT
V152 Bruno GILLES BONDIL
V153 Michel DEBRAINE PELLACOEUR
V155 Jean-Yves TREBAOL BENAITEAU
V154 Bruno GILLES HERS
V157 Thierry WILMART LEBLANC
V156 Philippe MAUBERT STURBOIS
V159 Thierry VALLEE HERS

A partir de 2003, avec la fin D'Ariane 4 et l'échec d'Ariane 5 ECA, l'équipe des DDO est réduite à 3 personnes,  Pierre Ribardière, l'ancien (DDO depuis 1983), Bruno Gilles (DDO depuis 2002) et Thierry Vallée (DDO depuis 2003). S'y ajoutera Emmanuel Sanchez dès 2005. 

Pierre Ribardière

Il est en Guyane depuis 1977. Il est aujourd’hui chef de la division Opérations du Centre Spatial Guyanais. Depuis 1983 (L7), il a été plus de 30 fois DDO à mais aussi en poste à la Direction des Opérations d’Arianespace pendant trois ans. « C’est un travail astreignant mais passionnant qui demande une forte disponibilité, indique-t-il. Comme beaucoup d’opérationnels, je réside à trois ou quatre minutes de mon lieu de travail. » « Le DDO est un chef d’orchestre qui dirige les moyens de la base de lancement et il doit donc être capable de jouer de tous les instruments », explique Pierre Ribardière. Un “ DDO d’affaire ” est désigné dès la signature d’un contrat par Arianespace pour préparer le dossier du lancement du satellite. Environ six mois avant celui-ci, le DDO chargé de la campagne est désigné. A lui de s’assurer que tous les moyens du Port Spatial de l’Europe, de la sauvegarde et des stations avals aux moyens optiques voire à la climatisation, seront prêts en temps voulu. « Ce ne sont que les dernières minutes d’un travail de plusieurs mois », commente Pierre Ribardière avant de conclure : « Ce qui est primordial, c’est que nous formons une équipe vis-à-vis des clients, celle du service de lancement Ariane. »

E Space 164 Arianespace 

 

Les qualité pour être DDO ? 

Aimer conduire une équipe comme un orchestre, il doit savoir comment jouent tous les instruments et s'assurer que les musiciens jouent juste. Donc il est un ingénieur polyvalent, compétent pour une année sur le terrain, et un " assembleur " qui doit faire que tous les différents spécialistes travaillent ensemble et soit une équipe soudée ensemble. Il ne peut pas être autoritaire, mais son autorité doit être reconnue par tous. Il doit être extrêmement rigoureux, ouvert et tolérant, et  capable d'écouter des autres. Parce qu'il est en contact avec gens très différents, des clients Japonais, indiens. C'est une profession très spécifique et extrêmement fatigante qui est réalisée pour quatre à cinq années seulement!

Comment gère t'on l'échec (il était DDO pour le premier vol d'Ariane 5 en 1996) ?

Cela fait partie de notre habileté et est un meilleur professeur que le succès! Je suis entré ici en 1977. Donc j'ai connu tous les succès et tous les échecs d'Ariane. Naturellement, quand nous devons lui faire face, c'est toujours un coup très sérieux. Même si un DDO n'est pas responsable, il se sent compliqué. C'est comme si vous perdiez un enfant.

Quelle est la chose la plus difficile, la tension, le stress?

Nous exécutons des lancements toute l'année. Je n'irais pas à dire que c'est habituel, mais vous ne pouvez pas parler de stress vraiment. Ce qui est sur c'est que la profession de DDO n'est pas vraiment compatible avec la vie de la famille! Dans cette mesure comme nous sommes dans une campagne, nous ne pouvons pas faire de plans. Quand le plus petit problème survient, jour ou nuit, nous devons agir. Chaque campagne est différente. Et cela enrichit notre profession!

 

 

 

THIERRY VALLEE

"Mes premiers pas vers l'espace ? Disons que tout est parti des ballons stratosphériques qui partaient régulièrement sous mes yeux lors j'étais tout gamin. Avant de prendre mon envol, j'habitais en effet à quelques pas du centre du CNES à Aire/l'Adour. J'ai très bien connu son directeur qui revenait d'un séjour de plusieurs années au CSG, où dans les années 70 on préparait Europa, puis l'arrivée d'Ariane 1. Ce gars m'a refilé son virus pour l'astronautique, et le 24 décembre 1979, pour L01, (j'avais 8 ans) ça a été encore plus le déclic. Je me suis dit : "quand je serai grand, je lancerai des fusées". Les années ont passé, et j'ai définitivement voué ma vie professionnelle à l'Espace, en élargissant mon spectre à la conception de lanceurs et de satellites pour le CNES Evry et Alcatel Space Cannes. 

J'ai bossé quatre ans sur la Côte d'Azur avant de revenir au CSG en 1997, pour le compte du CNES/DLA Evry sur le logiciel de vol défectueux d'Ariane 501 et ensuite, trois ans chez Alcatel Space à Cannes, sur le satellite Jason 1 et de nombreux satellites de télécoms en tant que responsable produit orbitographie et calculs de manoeuvres. Un boulot hyper passionnant, mais que j'ai délaissé pour venir faire DDO ici (je n'ai hélas pas le don d'ubiquité !). Aujourd'hui, j'ai la chance de bosser à Kourou ! 
La dernière Ariane 4 est sa première mission en tant que DDO. Suivra V158, V165, V168 et V172. Sur V168, il s'emmêle un peu les "pinceaux" dans le décompte final, lançant un "merde" avant de reprendre son décompte à 8. 
La phrase qui tue..."Le jour où la Communication sera effective dans les industries européennes ( et françaises !), il neigera à Kourou !!"

fr.sci.astronautique Août 2002

 

 

Emmanuel Sanchez a commencé sa carrière dans l'aéronautique, chez Airbus, en tant que concepteur de systèmes avion, puis chef de projet de moyens d'essais pour les systèmes avion. Entre 1995 et 2001, il intègre les effectifs du CNES/CSG. Tout d'abord en tant que chef de département adjoint du service optique-vidéo, Emmanuel assure la qualification technique et opérationnelle de Jupiter 2. Pendant ces 3 premières années il occupe la fonction de Responsable Optroniques et Moyens Spécialisés (ROMS) en chronologie de lancement.
Par la suite, il prend la responsabilité du département Localisation (Radars, télécommande, trajectographie, CDC, synchronisation temps et Météo) et occupe, à ce titre, la fonction de Responsable Localisation (RLOC) en chronologie, ce qui lui permet d'avoir une vision sur l'ensemble des moyens mesures, sauvegarde et météo. Tout ceci l'amène à acquérir une forte expérience de la chronologie de lancements au Centre de contrôle (70 lancements au total). Il retourne ensuite chez Airbus en tant que responsable de projet de moyens d'essais sol et vol des systèmes de l'Airbus A 380.

"Arrivé au terme d'une expérience enrichissante au sein de l'Equipe projet A380, l'opportunité s'est présentée de rejoindre le Spatial et le CSG au poste de DDO" explique Emmanuel. "Mes précédents parcours au CSG et à Airbus m'ont permis d'accéder à cette fonction qui réclame une bonne connaissance de la base spatiale, un goût marqué pour les opérations, les relations clients et la conduite de projet". Il ajoute : "Passer de l'Aéronautique au Spatial et inversement c'est l'opportunité de confronter des cultures riches d'enseignements. C'est aussi participer à la construction d'une Aéronautique et d'un Spatial Européen forts, c'est enfin la chance d'intégrer et de piloter des équipes très motivées par leur mission. La fonction de DDO c'est l'exercice d'un métier. Un métier de coordination et de management des équipes opérationnelles, par délégation du Directeur du CNES/CSG, tout au long des différentes phases d'une campagne. C'est la préparation satellites et le quotidien avec les clients, la préparation de la base spatiale et les rendez-vous lanceurs pour finir par le pilotage de la chronologie au J0. Le DDO se doit enfin de rendre compte de l'avancement de la campagne en temps réel à la Direction du CSG et en réunion hebdomadaire à la communauté du spatial en Guyane (la fameuse "Messe" du lundi matin)." Pour occuper cette fonction, on recherche en priorité une personne ayant une expérience du management de projet couplée, si possible, à une expérience antérieure dans le spatial (activités satellites, systèmes mesure, sauvegarde…). "Etre Directeur des Opérations, c'est assurer la préparation, la planification et la coordination des opérations de campagne sur la Base de Lancement Ariane par le pilotage d'une équipe opérationnelle issue de tous les services du CSG" précise Emmanuel Sanchez. Une fois l'oiseau rare déniché, le parcours formation qui s'ensuit dure environ six mois "selon un mode de compagnonnage" souligne Emmanuel. Pendant cette période, le futur DDO devra effectuer des passages dans différents services opérationnels et assurer au moins deux vols en tant que DDO adjoint. Pour valider la formation, le Service Opérations a mis en place un système de "passeport" qui prévoit un rapport de parcours faisant la synthèse de l'ensemble des éléments de la formation, (lectures de documentation, visites des services, participation à des opérations…). Synthèse qui sera présentée devant le Sous-Directeur des Opérations et moyens techniques (SDO), ses Chefs de Services et le Chef de Service Qualité. La qualification du DDO est accordée en fonction de ce parcours et de la synthèse qui en a été faite. "En chronologie, la fonction de DDO nous place souvent au premier plan médiatique, mais il ne faut pas pour autant oublier les acteurs opérationnels, qui ne sont pas aux pupitres en salle Jupiter et sont pourtant des rouages essentiels de la machine opérationnelle" ajoute, pour conclure Emmanuel Sanchez. "C'est notamment le cas du Responsable Moyens Charges Utiles (RMCU) dont le rôle s'arrête lorsque le satellite est hissé sur le lanceur, du Responsable Transport, du responsable sécurité, de l'ingénieur sauvegarde sol, mais aussi des personnes en charge de la coordination des relations publiques et de la presse, et l'ensemble des équipes de la base spatiale qui opèrent sur les installations, en Guyane ou dans les stations aval."

Lattitude 5 69, juillet 2005

 

MISSION (2003) Directeur Des Opérations DDO Chef Opérations
Ensemble de Lancement COEL
V160 Pierre RIBARDIERE SICARD
V161 Bruno GILLES BENAITEAU
V162 Pierre RIBARDIERE GROULT
MISSION (2004) Directeur Des Opérations DDO Chef Opérations
Ensemble de Lancement COEL
V158 Thierry VALLEE SICARD
V163 Bruno GILLES STURBOIS
V165 Thierry VALLEE SICARD
MISSION (2005) Directeur Des Opérations DDO Chef Opérations
Ensemble de Lancement COEL
V164 Pierre RIBARDIERE BENAITEAU
V166 Bruno GILLES BARLET
V168 Thierry VALLEE BENAITEAU
V167 Sanchez SICARD
V169 Pierre RIBARDIERE LARDOT
MISSION (2006) Directeur Des Opérations DDO Chef Opérations
Ensemble de Lancement COEL
V170 Bruno GILLES BARLET
V171 Emmanuel Sanchez BENAITEAU
V172 Thierry VALLEE SICARD
V173 RIBARDIERE GROULT
V174 GILLES LARDOT
MISSION (2007) Directeur Des Opérations DDO Chef Opérations
Ensemble de Lancement COEL
V175 RIBARDIERE LUCET
V176 VALLEE BARLET
V177 GILLES-SANCHEZ GROULT
V178 RIBARDIERE BENAITEAU
V179 SANCHEZ LARDOT
V180 GILLES LUCET
MISSION (2008) Directeur Des Opérations DDO Chef Opérations
Ensemble de Lancement COEL
V181 VALLEE SICART