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« A tous de DDO, attention pour le décompte
final... ». Cette phrase, couramment répétée par le Directeur Des Opérations
à la fin du compte à
rebours d’une fusée Ariane, est l'aboutissement de mois de travail d'une
équipe pour mener à bien la mission du lanceur.
Le DDO (Launch Range Manager en anglais) est, en quelque sorte, le commandant en
chef d'une campagne qui a commencé deux mois plus tôt avec l'arrivée des
satellites à lancer dans l'espace. Au jour J, l'ensemble
de l'autorité opérationnelle, technique et institutionnelle se rassemble dans
la salle Jupiter.
Face à un mur chargé d'écrans et de voyants, elle comporte quatre rangées de
pupitres qui accueillent, trois heures avant le tir, les personnages clés
concernés par le lancement avec devant le contrôle opérationnel dans
les deux premières rangés, l' autorité technique, la direction de base et la
zone charge utile sur la troisième et les moyens technique ainsi que la
direction de vol au fond. Il permet de répondre aux besoins opérationnels
du Centre avec le Centre de Contrôle, ainsi qu'aux besoins de communication
pour l'accueil des invités et journalistes lors des lancements.
Tous les opérateurs clés jouant un rôle
dans la chronologie de lancement et ayant des responsabilités quant aux moyens
mis en oeuvre sur la Base de Lancement, se retrouvent dans ce Centre de Contrôle.
Les rôles de chacun sont expliqués dans le schéma qui suit
Au milieu du second rang, un homme qui assume
la conduite des évènements le DDO, autrement dit, le directeur des opérations,
membre du CSG. L'assistent dans cette fonction un DDO adjoint et deux autres
personnes capitales qui font partie d'Arianespace dans la salle Jupiter, le CM,
chef de mission, a la responsabilité des satellites.
Dans la salle des opérations du centre de
lancement CDL, à 12 km de là, mais relié en permanence au DDO, le COEL, chef
des opérations de l'ensemble de lancement, est responsable du lanceur et de
toute la préparation du tir. Le DDO est également en contact continu avec les
9 spécialistes qui auront à donner leur feu vert avant HO et qui contrôlent
respectivement la télémesure, la transmission, la localisation, la
synchronisation, l'optique, la météo, le contact avec les stations aval, la
logis-tique et la sauvegarde. En cas de problème, le DDO peut se retourner vers
les personnes situées derrière lui et qui constituent l'autorité technique:
sont notamment présents le directeur général du CSG, le directeur des
lanceurs du CNES, le président ou le directeur général d'Arianespace, de
l'Agence spatiale européenne et les représentants des principaux industriels
qui travaillent sur le lanceur et les délégués des sociétés auxquelles
appartiennent les satellites.
Pendant le lancement, le Directeur Des
Opérations, ou DDO, contrôle à un coup d'oeil seul toutes les opérations en
route sur la base Kourou. Son écran affiche le statut du dispositif de
lancement, la charge utile, la base du lancement, le temps et les critères de
la sauvegarde. Il a le pouvoir pour décider en secondes pour arrêter la
séquence, d'après les renseignements qu'il reçoit sur son pupitre de
commande. L'équipe des Opérations travaille sur toutes les installations
techniques de la base. Elle comprend une équipe de cinq DDO et compte une
équipe opérationnelle de 34 personnes. Chaque DDO est un directeur qui
coordonne toutes les parties concernée et toutes les ressources
opérationnelles impliqué dans un lancement: de la charge utile aux
installations de poursuite et télémesure, tout comme les stations météo, la
sauvegarde, la logistique ecepté le système de lancement géré par
Arianespace.
Les DDO ont deux fonctions. Ils sont des
ingénieurs avant la campagne et DDO pendant la campagne. Chaque DDO suit neuf
à dix projets simultanément, les quel doivent conduire à la décision de
l'attribution du vol. Six mois avant un lancement, les charges utiles sont
groupées par vol. Deux ingénieurs sont nommés, un chef DDO et un adjoint DDO.
Le chef DDO prépare la campagne avec les clients et l'autorité du lancement,
et décrit précisément le rôle de chacun. La campagne elle-même débute
deux à trois mois avant décollage, avec l'arrivée du premier satellite. Dès
lors jusqu'à trois jours avant lancement, le travail du DDO est voir que chaque
arrivée pour le lancement se conforme avec le programme. Il vérifie aussi que
les opérations exécutées sont inoffensives pour les satellites et
l'environnement, pendant le remplissage des étages par exemple, l'installation
des moteurs à propulseurs solides, la pressurisation des réservoirs et la
manutention des charges utiles. Son travail consiste à diriger une grande
quantité de renseignements en temps réel.
Avant de demander l'autorisation du lancement,
les DDO vérifient que toutes les parties sur la base sont prêtes. Pour ce
faire, il organise une revue préparatoire et alors une répétition des
opérations. Une fois l'autorisation accordée, les étages sont remplis. A la
veille du lancement, il vérifie le temps et la progression des opérations par
les réunions. Le jour J, tout le monde met sa montre à l'heure pour le
lancement du soir. Sur son pupitre de commande, le DDO peut vérifier en temps
réel la télémétrie, les radars les dispositifs de lancement et les
satellites. Il organise le compte à rebours, et en cas d'un problème, il peut
l'arrêter.
Après le lancement, le lanceur devient
autonome, le DDO ne fait que le suivre. S'il dévie de sa trajectoire, s'il devient
dangereux, il est détruit en vol. Pour répartir ce risque, il est
gardé en vue. Les postes de télémétrie reçoivent en permanence les données
de vol sur la position du lanceur. Le rôle du DDO est d'agir comme un relais
entre ces postes jusqu'à ce que la mission soit terminée. Chaque DDO donne la
position du satellite, après injection, à son client et établit le compte
financier du lancement.
| Le COEL, le Chef
Opérations Ensemble de Lancement gère tout ce qui touche au lanceur et à l’ensemble de
lancement. Il prend ses fonctions en tout début de campagne et supervise les
800 à 900 opérations nécessaires à la mise en œuvre du lanceur jusqu’à
la chronologie finale. Un esprit d’équipe très fort soude les 200 à 250
personnes, ingénieurs et techniciens d’Arianespace, et les industriels
européens, placés sous son autorité. Avant d’être COEL, il faut
commencer à la base, d’abord sur plusieurs lancements, chef de spécialité,
puis assistant COEL. C’est un métier qui requiert une grande expérience
: les six COEL titulaires sont des chefs de départements et de divisions
techniques et ils sont tous en fonction depuis plus de dix ans. Des synergies au service des clients d’Ariane En pratique,
le DDO et le COEL se voient peu pendant la campagne de lancement, principalement
pour régler des questions techniques entre les moyens du site et le lanceur. En
chronologie finale, le DDO siège dans la salle de contrôle du bâtiment
Jupiter alors que le COEL se trouve au Centre de Lancement, à quelques
kilomètres à peine du lanceur. DDO et COEL forment une équipe vis-à-vis
des clients, celle du service de lancement Ariane. |
QUELQUES DDO...
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Michel
Debraine
Cet ingénieur civil de l'UCL a travaillé
pendant deux années à la SONACA avant d'être engagé par l'ESA pour
travailler à Noordwijk (Pays-Bas), puis à Toulouse (France). Il est passé
sous contrat du CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) pour faire partie de
l'équipe DDO sur le port spatial de l'Europe à Kourou. Il réalise sa
première mission DDO sur V125 en décembre 1999. Suivront V130, V137, V141,
V148 et V153 (AR512).
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Le Liégeois Thierry Wilmart fait partie de
la petite équipe des cinq DDO du Centre Spatial Guyanais (CSG) de Kourou. Cet ingénieur industriel en électronique de 33
ans - il est né le 21 janvier 1969 à Liège - a été formé à l'ISIL
(Institut Supérieur Industriel de la Province de Liège). Thierry Wilmart reste le
seul DDO de nationalité belge. Jusqu’à mi 2002, deux autres Belges
se trouvaient à ses côtés: le Carolorégien Michel Debraine et le
Liégeois Philippe Gilson . Le premier était responsable du vol 153 le 6
juillet et le second a
réalisé, le 1er mars, le lancement du satellite européen Envisat avec
la 11e Ariane 5 du vol 145.
Thierry Wilmart a été DDO sur V146 en novembre 2001 et V150 en avril
2002. Pour le lancement d'Ariane 5 ECA le 11 décembre 2002, il était
encore au commande. Ce fut sa dernière mission. |
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Comment en êtes-vous arrivé à devenir
Directeur des Opérations Ariane ?
Je suis arrivé en Guyane comme responsable
d'Assurance Qualité des moyens de localisation et de télémesure du système
qui assure la poursuite des fusées Ariane durant leur vol vers l'espace. Moins
de 2 années plus tard, j'ai intégré la Division Opérations du Centre Spatial
Guyanais. Le CNES ou Centre National d'Etudes Spatiales, qui gère la base
spatiale européenne, m'a confié diverses responsabilités, puis m'a proposé
de devenir Directeur D'Opérations. Je pense que des personnes ont cru en moi :
ils m'ont donné une chance de prouver que je pouvais maîtriser ce poste de
haute responsabilité. Je crois ne pas les avoir déçus avec l'accomplissement
de la campagne du vol 146 qui a été couronné de succès.
Comment devient-on DDO ?
Une solide formation est indispensable pour
avoir une connaissance approfondie des moyens techniques et des processus qui
sont mis en œuvre. On est, tout compte fait, l'acteur principal d'un système
complexe multi-disciplinaire et il faut en maîtriser toutes les facettes.
Quel est le rôle du DDO avant, pendant et
après le lancement ?
Cette question demande une réponse assez
longue, car ce rôle est très complexe. En quelques mots, les satellites, une
fois qu'ils arrivent en Guyane en vue d'un lancement, doivent être préparés,
subir les derniers tests, remplis en ergols, … avant d'être hissés au
somment du lanceur plusieurs jours avant la date du vol. La base de lancements
Ariane doit également être prête à remplir toutes les missions qui lui sont
confiées. Elles concernent les moyens pour la localisation, la télémesure, l'opto-électronique, les télécommunications, la sécurité, la sauvegarde des
biens et des personnes...
Le DDO est en quelque sorte un chef d’orchestre
qui veille à ce que la partition du lancement soit bien jouée par tous ?
C’est un travail de toute une équipe. Avec
tous les acteurs opérationnels concernés, le DDO s'assure que les opérations
se déroulent de manière nominale, que tout soit prêt pour le jour du
lancement et, surtout, qu'on puisse faire face aux situations imprévues. Pour
assumer ces responsabilités, à la grande satisfaction du ou des clients, le
DDO doit définir et superviser les opérations de préparation du ou des
satellites concernés par le lancement. Comme directeur de toute la campagne, il
faut s'occuper du suivi, en temps réel, des opérations sur le terrain. Phase
spectaculaire, la plus stressante : le DDO conduit la chronologie finale
jusqu'à la phase du décollage du lanceur. Il surveille alors tous les
paramètres du vol qui se déroule de façon automatique. Après le lancement,
il dresse un bilan budgétaire de la campagne et analyse avec tous les adjoints
tous les faits marquants.
Considérez-vous le DDO comme la personne la
plus importante pour un vol d'Ariane ?
Une campagne de lancement est réalisée
grâce à la collaboration étroite de plusieurs équipes qui ont chacune leur
rôle et leurs responsabilités. Le rôle du DDO consiste à conduire les
opérations de préparation des satellites et de la base de lancement Ariane
pour que tout concourt à l'objectif fixé : un lancement réussi. Vous avez eu
raison de le comparer à un chef d'orchestre : si celui-ci est certes important,
il ne peut bien fonctionner que s'il est entouré de musiciens et de chanteurs
de qualité !
Quelles qualités voyez-vous chez un DDO ?
A mon sens, ses qualités essentielles sont
l'esprit d'analyse et de synthèse, la capacité d'encadrement, la prise
d'initiatives, l'adaptation aux situations nouvelles et le sens du contact
humain. Il faut savoir travailler avec plusieurs équipes techniques, celles qui
travaillent sur la fusée et celles qui sont responsables des satellites.
Comment se passe votre vie à Kourou ?
Bien merci… Travailler au CNES sur le Centre
Spatial Guyanais est passionnant, mais il exige beaucoup de disponibilité. Du
point de vue personnel, c'est tout aussi captivant. Je rencontre une multitude
de personnes de tous horizons et les échanges culturels sont très riches. Des
relations fortes se créent et nous permettent de vivre des moments uniques.
L'environnement de la forêt guyanaise vous donne un vrai contact avec la nature
terrestre. Je fais beaucoup de sports, comme les arts martiaux, la plongée, et
la ville de Kourou offre pas mal de possibilités en ce sens.
Que conseillez-vous à des jeunes qui seraient
intéressés à devenir le DDO d'un lancement Ariane ?
Je suis persuadé que ce désir des jeunes
doit être fort. Ils doivent y croire, s'accrocher et foncer dans cette voie en
se donnant tous les moyens nécessaires. Tout en sachant écouter l'avis des
autres, il leur faut persévérer dans la voie choisie, si c'est vraiment ce
qu'ils veulent faire. A ces jeunes, je souhaite bon travail et bonne chance.
ESA novembre 2002
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Les
DDO de haut en bas:
Bouffard, Debraine, Gilson, Mauebert, Moncuquet, Ribardière, Trebaol et
Wilmart. |
| MISSION
(2001) |
Directeur
Des Opérations DDO |
Chef
Opérations
Ensemble de Lancement COEL |
| V137 |
Michel DEBRAINE |
GROULT |
| V139 |
Pierre RIBARDIERE |
HERS |
| V140 |
Thierry BOUFFARD |
BENAITEAU |
| V141 |
Michel DEBRAINE |
PELLACOEUR |
| V142 |
Jean Yves TREBAOL |
SICARD |
| V143 |
Philippe MAUBERT |
STURBOIS |
| V144 |
Michel RIBARDIERE |
LEBLANC |
| V146 |
Thierry WILMART |
BENAITEAU |
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Les
COEL avec de haut en bas:
Benaiteau, Bondil, Groult, Hers, Leblanc, Pellacoeur, rebeu, Sicard et
la seule femme Chrystel Sturbois. |
| MISSION
(2002) |
Directeur
Des Opérations DDO |
Chef
Opérations
Ensemble de Lancement COEL |
| V147 |
Pierre
RIBARDIERE |
BONDIL |
| V148 |
Michel
DEBRAINE |
SICARD |
| V145 |
Phillipe
GILSON |
REBEU |
| V149 |
Jean Yves
TREBAOL |
SICARD |
| V150 |
Thierry
WILMART |
STURBOIS |
| V151 |
Philippe
MAUBERT |
GROULT |
| V152 |
Bruno
GILLES |
BONDIL |
| V153 |
Michel
DEBRAINE |
PELLACOEUR |
| V155 |
Jean-Yves
TREBAOL |
BENAITEAU |
| V154 |
Bruno
GILLES |
HERS |
| V157 |
Thierry
WILMART |
LEBLANC |
| V156 |
Philippe
MAUBERT |
STURBOIS |
| V159 |
Thierry
VALLEE |
HERS |
A partir de 2003, avec la fin D'Ariane 4 et l'échec d'Ariane 5 ECA,
l'équipe des DDO est réduite à 3 personnes, Pierre Ribardière,
l'ancien (DDO depuis 1983), Bruno Gilles (DDO depuis 2002) et Thierry Vallée (DDO
depuis 2003). S'y ajoutera Emmanuel Sanchez dès 2005.
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Pierre Ribardière
Il est en Guyane depuis 1977. Il est aujourd’hui
chef de la division Opérations du Centre Spatial Guyanais. Depuis 1983 (L7), il
a été plus de 30 fois DDO à mais aussi en poste à la Direction des Opérations d’Arianespace
pendant trois ans. « C’est un travail astreignant mais passionnant qui
demande une forte disponibilité, indique-t-il. Comme beaucoup d’opérationnels,
je réside à trois ou quatre minutes de mon lieu de travail. » « Le DDO est un chef d’orchestre qui dirige les
moyens de la base de lancement et il doit donc être capable de jouer de tous
les instruments », explique Pierre Ribardière. Un “ DDO d’affaire ” est
désigné dès la signature d’un contrat par Arianespace pour préparer le
dossier du lancement du satellite. Environ six mois avant celui-ci, le DDO
chargé de la campagne est désigné. A lui de s’assurer que tous les moyens
du Port Spatial de l’Europe, de la sauvegarde et des stations avals aux moyens
optiques voire à la climatisation, seront prêts en temps voulu. « Ce ne sont que les dernières minutes d’un
travail de plusieurs mois », commente Pierre Ribardière avant de conclure : «
Ce qui est primordial, c’est que nous formons une équipe vis-à-vis des
clients, celle du service de lancement Ariane. »
E Space 164 Arianespace
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Les qualité pour être DDO ?
Aimer conduire une équipe comme un orchestre, il doit savoir comment
jouent tous les instruments et s'assurer que les musiciens jouent juste.
Donc il est un ingénieur polyvalent, compétent pour une année sur le
terrain, et un " assembleur " qui doit faire que tous les
différents spécialistes travaillent ensemble et soit une équipe soudée
ensemble. Il ne peut pas être autoritaire, mais son autorité doit
être reconnue par tous. Il doit être extrêmement rigoureux, ouvert et
tolérant, et capable d'écouter des autres. Parce qu'il est en
contact avec gens très différents, des clients Japonais, indiens.
C'est une profession très spécifique et extrêmement fatigante qui est
réalisée pour quatre à cinq années seulement!
Comment gère t'on l'échec (il était DDO pour le premier vol d'Ariane 5 en 1996) ?
Cela fait partie de notre habileté et est un meilleur professeur que le
succès! Je suis entré ici en 1977. Donc j'ai connu tous les succès et
tous les échecs d'Ariane. Naturellement, quand nous devons lui faire
face, c'est toujours un coup très sérieux. Même si un DDO n'est pas
responsable, il se sent compliqué. C'est comme si vous perdiez un
enfant.
Quelle est la chose la plus difficile, la
tension, le stress?
Nous exécutons des lancements toute l'année. Je n'irais pas à dire
que c'est habituel, mais vous ne pouvez pas parler de stress vraiment.
Ce qui est sur c'est que la profession de DDO n'est pas vraiment
compatible avec la vie de la famille! Dans cette mesure comme nous
sommes dans une campagne, nous ne pouvons pas faire de plans. Quand le
plus petit problème survient, jour ou nuit, nous devons agir. Chaque
campagne est différente. Et cela enrichit notre profession! |
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THIERRY VALLEE
"Mes premiers pas vers l'espace ? Disons que tout est parti des
ballons stratosphériques qui partaient régulièrement sous mes yeux lors
j'étais tout gamin. Avant de prendre mon envol, j'habitais en effet à
quelques pas du centre du CNES à Aire/l'Adour. J'ai très bien connu son
directeur qui revenait d'un séjour de plusieurs années au CSG, où dans
les années 70 on préparait Europa, puis l'arrivée d'Ariane 1. Ce gars
m'a refilé son virus pour l'astronautique, et le 24 décembre 1979, pour
L01, (j'avais 8 ans) ça a été encore plus le déclic. Je me suis dit :
"quand je serai grand, je lancerai des fusées". Les années ont
passé, et j'ai définitivement voué ma vie professionnelle à l'Espace,
en élargissant mon spectre à la conception de lanceurs et de satellites
pour le CNES Evry et Alcatel Space Cannes.
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J'ai bossé quatre ans sur la Côte
d'Azur avant de revenir au CSG en 1997, pour le compte du CNES/DLA Evry
sur le logiciel de vol défectueux d'Ariane 501 et ensuite, trois ans chez
Alcatel Space à Cannes, sur le satellite Jason 1 et de nombreux
satellites de télécoms en tant que responsable produit orbitographie et
calculs de manoeuvres. Un boulot hyper passionnant, mais que j'ai délaissé
pour venir faire DDO ici (je n'ai hélas
pas le don d'ubiquité !). Aujourd'hui, j'ai la chance de
bosser à Kourou !
La dernière Ariane 4 est sa première mission en tant que DDO. Suivra
V158, V165, V168 et V172. Sur V168, il s'emmêle un peu les
"pinceaux" dans le décompte final, lançant un "merde"
avant de reprendre son décompte à 8.
La phrase qui tue..."Le jour où la Communication sera
effective dans les industries européennes ( et françaises !), il neigera
à Kourou !!"
fr.sci.astronautique Août 2002
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Emmanuel
Sanchez a commencé sa carrière dans l'aéronautique, chez Airbus, en
tant que concepteur de systèmes avion, puis chef de projet de moyens
d'essais pour les systèmes avion. Entre 1995 et 2001, il intègre les
effectifs du CNES/CSG. Tout d'abord en tant que chef de département
adjoint du service optique-vidéo, Emmanuel assure la qualification
technique et opérationnelle de Jupiter 2. Pendant ces 3 premières
années il occupe la fonction de Responsable Optroniques et Moyens
Spécialisés (ROMS) en chronologie de lancement. |
| Par
la suite, il prend la responsabilité du département Localisation
(Radars, télécommande, trajectographie, CDC, synchronisation temps et
Météo) et occupe, à ce titre, la fonction de Responsable Localisation
(RLOC) en chronologie, ce qui lui permet d'avoir une vision sur
l'ensemble des moyens mesures, sauvegarde et météo. Tout ceci l'amène
à acquérir une forte expérience de la chronologie de lancements au
Centre de contrôle (70 lancements au total). Il retourne ensuite chez
Airbus en tant que responsable de projet de moyens d'essais sol et vol
des systèmes de l'Airbus A 380.
"Arrivé au terme d'une expérience
enrichissante au sein de l'Equipe projet A380, l'opportunité s'est
présentée de rejoindre le Spatial et le CSG au poste de DDO"
explique Emmanuel. "Mes précédents parcours au CSG et à Airbus
m'ont permis d'accéder à cette fonction qui réclame une bonne
connaissance de la base spatiale, un goût marqué pour les opérations,
les relations clients et la conduite de projet". Il ajoute :
"Passer de l'Aéronautique au Spatial et inversement c'est
l'opportunité de confronter des cultures riches d'enseignements. C'est
aussi participer à la construction d'une Aéronautique et d'un Spatial
Européen forts, c'est enfin la chance d'intégrer et de piloter des
équipes très motivées par leur mission. La fonction de DDO c'est
l'exercice d'un métier. Un métier de coordination et de management des
équipes opérationnelles, par délégation du Directeur du CNES/CSG,
tout au long des différentes phases d'une campagne. C'est la
préparation satellites et le quotidien avec les clients, la
préparation de la base spatiale et les rendez-vous lanceurs pour finir
par le pilotage de la chronologie au J0. Le DDO se doit enfin de rendre
compte de l'avancement de la campagne en temps réel à la Direction du
CSG et en réunion hebdomadaire à la communauté du spatial en Guyane
(la fameuse "Messe" du lundi matin)." Pour occuper cette
fonction, on recherche en priorité une personne ayant une expérience
du management de projet couplée, si possible, à une expérience
antérieure dans le spatial (activités satellites, systèmes mesure,
sauvegarde…). "Etre Directeur des Opérations, c'est assurer la
préparation, la planification et la coordination des opérations de
campagne sur la Base de Lancement Ariane par le pilotage d'une équipe
opérationnelle issue de tous les services du CSG" précise
Emmanuel Sanchez. Une fois l'oiseau rare déniché, le parcours
formation qui s'ensuit dure environ six mois "selon un mode de
compagnonnage" souligne Emmanuel. Pendant cette période, le futur
DDO devra effectuer des passages dans différents services
opérationnels et assurer au moins deux vols en tant que DDO adjoint.
Pour valider la formation, le Service Opérations a mis en place un
système de "passeport" qui prévoit un rapport de parcours
faisant la synthèse de l'ensemble des éléments de la formation,
(lectures de documentation, visites des services, participation à des
opérations…). Synthèse qui sera présentée devant le Sous-Directeur
des Opérations et moyens techniques (SDO), ses Chefs de Services et le
Chef de Service Qualité. La qualification du DDO est accordée en
fonction de ce parcours et de la synthèse qui en a été faite.
"En chronologie, la fonction de DDO nous place souvent au premier
plan médiatique, mais il ne faut pas pour autant oublier les acteurs
opérationnels, qui ne sont pas aux pupitres en salle Jupiter et sont
pourtant des rouages essentiels de la machine opérationnelle"
ajoute, pour conclure Emmanuel Sanchez. "C'est notamment le cas du
Responsable Moyens Charges Utiles (RMCU) dont le rôle s'arrête lorsque
le satellite est hissé sur le lanceur, du Responsable Transport, du
responsable sécurité, de l'ingénieur sauvegarde sol, mais aussi des
personnes en charge de la coordination des relations publiques et de la
presse, et l'ensemble des équipes de la base spatiale qui opèrent sur
les installations, en Guyane ou dans les stations aval."
Lattitude 5 69, juillet 2005 |
| MISSION
(2003) |
Directeur
Des Opérations DDO |
Chef
Opérations
Ensemble de Lancement COEL |
| V160 |
Pierre
RIBARDIERE |
SICARD |
| V161 |
Bruno
GILLES |
BENAITEAU |
| V162 |
Pierre
RIBARDIERE |
GROULT |
| MISSION
(2004) |
Directeur
Des Opérations DDO |
Chef
Opérations
Ensemble de Lancement COEL |
| V158 |
Thierry
VALLEE |
SICARD |
| V163 |
Bruno
GILLES |
STURBOIS |
| V165 |
Thierry
VALLEE |
SICARD |
| MISSION
(2005) |
Directeur
Des Opérations DDO |
Chef
Opérations
Ensemble de Lancement COEL |
| V164 |
Pierre
RIBARDIERE |
BENAITEAU |
| V166 |
Bruno
GILLES |
BARLET |
| V168 |
Thierry
VALLEE |
BENAITEAU |
| V167 |
Sanchez |
SICARD |
| V169 |
Pierre
RIBARDIERE |
LARDOT |
| MISSION
(2006) |
Directeur
Des Opérations DDO |
Chef
Opérations
Ensemble de Lancement COEL |
| V170 |
Bruno
GILLES |
BARLET |
| V171 |
Emmanuel
Sanchez |
BENAITEAU |
| V172 |
Thierry
VALLEE |
SICARD |
| V173 |
RIBARDIERE |
GROULT |
| V174 |
GILLES |
LARDOT |
| MISSION
(2007) |
Directeur
Des Opérations DDO |
Chef
Opérations
Ensemble de Lancement COEL |
| V175 |
RIBARDIERE |
LUCET |
| V176 |
VALLEE |
BARLET |
| V177 |
GILLES-SANCHEZ |
GROULT |
| V178 |
RIBARDIERE |
BENAITEAU |
| V179 |
SANCHEZ |
LARDOT |
| V180 |
GILLES |
LUCET |
| MISSION
(2008) |
Directeur
Des Opérations DDO |
Chef
Opérations
Ensemble de Lancement COEL |
| V181 |
VALLEE |
SICART |
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