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CHRONOLOGIE ARIANE

ELA 4, un site de lancement pour Ariane 6


Novembre 2012, la France réussit à imposer le programme Ariane 6 à la conférence de l'ESA contre l'avis des Allemands préférant maintenir le développement d'Ariane 5 ME.

En décembre, le CNES et l'ESA présente à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, une maquette d'Ariane 6 mais aussi le plan et une vue d'artiste des modifications qui seront faites sur le CSG, centre spatial guyanais pour l'accueillir. Réalisée en impression 3D, elle propose une configuration "PPH" pour le lanceur, c'est à dire avec trois boosters à poudre à l'étage inférieur, un booster à poudre identique au dessus et un étage cryogénique supérieur. Ariane 6, c'est Falcon à l'européenne. L'objectif : des lancements de 7 tonnes de charge utile, à 70 millions d'euros d'ici 7 ans. Le tout pour 4 milliards d'euros, pad de tir compris. Comme pour Vega, le petit lanceur européen, l'assemblage final d'Ariane 6 serait réalisé directement sur le pas de tir. Ariane 5 est, elle, assemblée dans un bâtiment puis reçoit les charges utiles et la coiffe dans un autre avant de rejoindre le pas de tir.
 

Le plan ci-dessus représente la zone du Centre spatial guyanais qui serait dédié à Ariane 6. 2 pads de tir envisagés sur l'emplacement de l'ancienne carrière remplie d'eau qui avait été créée lors de la construction de l'ELA 2.

Le BlCl (bâtiment d'intégration du composite inférieur) accueillerait tous les étages à poudre avant qu'ils soient stockés dans le BSE (bâtiment de stockage des composites inférieurs assemblés). Le dernier étage (cryogénique) ainsi que les charges utiles seraient assemblés sur le pas de tir. Deux zones de lancement (ZL4-l et ZL4-2) pourraient être envisagées au regard des fortes cadences attendues (plus de '12 par an) et des objectifs de disponibilité. Elles seraient situées au nord de la zone de lancement d'Ariane 5. L'Usine de propergol de Guyane pourrait être remaniée en profondeur, avec un nouveau procédé de chargement en continu, ainsi que les usines de production d'hydrogène et d'oxygène, renouvelées à terme en fonction des besoins de consommation à la baisse.

2013

L'ELA 4 sera conçu pour optimiser les coûts d'exploitation et la flexibilité de la mise en oeuvre opérationnelle. Au CSG, le choix définitif du concept devrait intervenir à fin de l'année. Les travaux commenceront en 2014 jusqu'en 2019. Selon le choix du concept PPH seront définis le nombre et la nature des bâtiments à construire. Le site de la Roche Nicole, au Nord de l'ELA 3, une ancienne carrière datant de l'ELA 2 est pressenti comme lieu d'installation du pad de tir Ariane 6. En effet, le carneau est réalisé à 70%. La DLA, direction des lanceurs, a dans ses cartons 10 concepts de pad de tir avec des études sur des bâtiments dédiés au pré-assemblage des lanceurs assurant la fluidité de l'organisation.
 


Mai, le CNES espère geler le design d'Ariane 6 avant l'été pour commencer les travaux sur l'ELA 4 dont le site vient d'être choisit à Kourou. Le secteur de l’ELA 4 sera sur la savane Karouabo conformément aux critères de sécurité des vols et de synergie avec les installations existantes. Le site présente le moins de risques vis à vis des populations et des installations existantes d’un point de vue Sauvegarde Vol.

En effet, le choix est fonction d’une optimisation de la sécurité par rapport au public pour le lanceur en vol. La zone est située à équidistance de Kourou et de Sinnamary et permet la sécurisation des lancements aussi bien vers le nord que vers l’est. Le site est au plus près des installations existantes pour bénéficier de certaines synergies notamment sur les servitudes.
Un site à l’Est des ensembles de Lancement actuels (ELA3) avait été envisagé car il présentait des intérêts économiques pour le projet mais il ne satisfaisait pas les exigences en matière de Sauvegarde Vol. Egalement, les anciens pas de tir d’Ariane 4 et de la fusée Diamant ne peuvent pas être réutilisés pour les mêmes raisons de Sauvegarde Vol. Enfin, le pas de tir actuel d’Ariane 5 doit être maintenu opérationnel durant le développement d’Ariane 6 pour des questions économiques et de continuité d’activités du CSG évidente.

Premier projet d'implantation de l'ELA 4 entre l'ELA 3 et la zone Diamant

       

Le site de l'ELA 4 en juin 2013 en bordure de la crique Nicole. A gauche, la RN1 est à l'extrême gauche avec au fond la station Diane et le CSG. Sur la photo du centre, la RN1 est au fond avec la station Diane. A droite, la RN1 est à droite avec le CSG au fond (ELA 3 et ELV).
Les habitations les plus proche se trouvent à 14 km, au niveau de la route du Degrad Saramaka à Kourou et au niveau du carrefour changement à Sinnamary. Les bourg commerciaux sont à 20 km au N-O et à 17 km au S-E. Les ERP les plus proche sont à 1 km, le site d'observation Colibri pour les lancements Soyouz et à 7 km, site d'observation Agmai et Toucan pour les lancements AR5 et Vega.

Novembre, les études sur le nouveau site de lancement d'Ariane 6, ELA 4 sont en cours. La nouvelle base pour le lancement d’Ariane 6 se situera à 4 km au nord de celle d’Ariane 5. Un parc de 200 hectares a été désigné entre Kourou et Sinnamary au niveau de la savane Karouabo. Sa particularité de ce lieu est d’être constitué d’un socle granitaire indispensable pour de tels travaux. Des études écologiques et géologiques sont actuellement réalisées pour mesurer les impacts d’une telle activité sur l’écosystème. Elles permettront également d’éviter les erreurs du passé. L’exemple le plus récent est celui des travaux de terrassement du pas de tir de Soyouz. Des vestiges amérindiens et des plantes non répertoriées avaient été découverts. Les résultats de ces études vont être présentés aux autorités mais aussi au public. Le choix se porte sur la roche Nicole, une ancienne carrière devenue un lac artificiel. Le diagnostic environnemental y révèle une étonnante biodiversité. Plus à l'ouest, c'est la roche Christine qui est choisit. Son granit, de moins bonne qualité, ne peut être utilisé pour produire du béton. Il sert néanmoins à la dalle et aux remblais. Le béton sera puisé à la carrière Renner, une carrière du CSG, un peu plus loin vers Sinamary.

Premier projet ELA 4 avant son déplacement vers le N-O. Il était prévu un BAL 2.

Décembre, le CNES, l’ESA et ASL (co-entreprise industrielle Airbus Safran Launchers) signent un protocole d’accord (Memorandum of Understanding – MoU). Maître d’œuvre du segment sol Ariane 6, le CNES se voit ainsi confier par l’ESA, maître d’ouvrage du système de lancement Ariane 6, la responsabilité de la conception et de la réalisation du nouvel Ensemble de Lancement  dédié à Ariane 6 (ELA 4) au Centre Spatial Guyanais, le port spatial de l’Europe. ASL, de son côté, intervient en qualité de maître d’œuvre du lanceur Ariane 6.

La décision est prise de déplacer le site ELA 4 vers l'Ouest entre l'ELA 3 et le site Soyouz, prsè de la roche Nicole et du site d'observation Kikiwi.

2015

L'ELA 4 sera situé entre la carrière Christine et Nicole. En février, la décision a été prise de déplacer L'emplacement originel de 500 mètres vers le N-O afin de réduire les impacts sur 4 espèces protégées et remarquables de la flore, ainsi que sur une espèce d'Iris rarissime. De plus, la la zone ELA 4 se trouvait en partie dans des savanes humides qui auraient nécessité des terrassements considérables. Le déplacement de l'ELA 4 sur des terrains plus hauts topographiquement et moins impactant pour la flore est acté par le CNES. Le nouveau projet impactait encore une zone protégée au Nord Est du site, la station de traitement des eaux est alors déplacée plus au Sud entre la ZL et le BAL.

Implantation de l'ELA en avril 2015

Emplacement initial (en gris) et implantation finale de l'ELA 4

 

   

Août, l'ESA signe avec le CNES le contrat de développement pour Ariane 6 et du nouvel ensemble de lancement d’Ariane 6, 150 hectares sur un socle granitique, le tout pour 2 milliard d'euros, dont 600 millions pour le pad de tir. Baptisé ELA 4, il est construit par le CNES en Guyane et permettra d’adapter les moyens du Centre Spatial Guyanais à Ariane 6. Les travaux ont débuté depuis le 29 juin et dureront un an pour le terrassement avec Eiffage et avec une soixantaine de personnes pour un montant de 14 millions d'euros. Eiffage propose un traitement des sols en place à base de ciment ou de liant hydraulique. Cette technique présente de nombreux avantages puisqu’elle utilise au maximum les sols déjà présents sur le site et donc, limite le besoin en sable de carrière. Elle réduit aussi les moyens de transport et elle améliore le bilan carbone du chantier tout en préservant les ressources naturelles et en limitant fortement l’impact sur l’environnement du CSG. Enfin, elle réduit les coûts globaux. Par ailleurs, les déchets issus du débroussaillage seront valorisés à travers l’usine de biomasse de Kourou.

Septembre, Ariane Group Safran confirme la possibilité d'intégrer le lanceur Ariane 6 à l'horizontale, comme le Soyouz, le Delta 4 et le Falcon 9. Le transfert du BAL vers la ZL se fera sur un chariot érecteur, comme le Soyouz. La table de lancement devient fixe sur le massif ce qui élimine la zone de croisement de table ZCT. Par contre, les officiels ne savent pas si les charges utiles seront ajoutés à l'horizontale ou lorsque le lanceur est vertical.

 

PRESENTATION DE L'ELA 4 EN NOVEMBRE 2015

Le site choisit en 2014 était à l'est de l'ELA 3 d'Ariane 5, à coté de la zone Diamant. En 2015, il est remonté vers le Nord entre l'ELA 3 et le site Soyouz. L'ELA 4 couvre 1,4 km2 contre 17 pour l'ELA 3 et 1,2 pour Soyouz. L'ELA 4 est en bordure de la RN1, menant vers le site Soyouz, juste avant le site d'observation Kikiwi. Les études se termineront fin décembre 2015 et mai 2016 pour un démarrage dans la foulée.

Ariane 6 sera intégrée à l'horizontale dans le BAL, bâtiment d'assemblage lanceur. Seul la partie haute, la charge utile et les boosters sont intégrés à la verticale sur le pad. Le BAL est long de 120 m pour 35 m de hauteur et 57 m de largeur, avec un hall de déstockage de 2310 m2 (58x57m) pour les containers premier et second étage et un hall d'assemblage de 5150 m2 (82x57m) avec 2 lignes de production et une ligne de préparation finale.

Table de lancement AR5 Vs AR6. Celle d'Ariane 6 comme le mat sera en fixe sur le massif. Le mat sera équipé de bras "cryo" pour l'étage supérieur et de 2 autres bras pour la coiffe.

Le transporteur érecteur du corps central et la table de lancement avec les palettes des boosters ESR (en bleu clair).

Les carneaux d'évacuation des flammes situés sous le massif de lancement permettront d'évacuer les gaz d'échappement des booster ESR et du moteur Vulcain. Symétrique de chaque coté, ils seront complètement couverts. La longueur totale des 2 carneaux avoisinera les 180 m pour une section en sortie de 20 m sur 20. Le volume des carneaux sera de 60 000 m3, l'équivalent de 24 piscines olympiques. Au fond, à 18 m du niveau zéro sera placé le déflecteur en acier.

Le portique assurera la mise en place des boosters ESR sur la table en un jour, puis l'érection du lanceur à la verticale avec un chariot du type Soyouz. Le portique ne sera pas climatisé, la charge utile arrivant encapsulé sur le pad. Après 6 jours de processing, le lanceur pourra décoller, le portique étant reculer de 120 mètres.

 

29 juin, début des travaux de terrassement. C'est la société Eifage TP qui assure le chantier pour un montant de 14 millions d'euros. 60 personnes y participent pour déplacer 1 millions de m3 de terre sur 100 hectares. Il faut aller vite afin que cela soient terminés avant l'arrivée de la saison des pluies d'ici un an. Aussi, entre poussière et soleil ardent, le balai des camions des tracteurs est incessant sur le site de la savane Carouabo. D'ici 2020, échéance prévue pour le lancement de la première  fusée Ariane 6, les travaux de son pas de tir doivent aller bon train. L'ensemble de lancement s'érigera sur 145 hectares.
Ce chantier augure d'une certaine reprise économique pour le BTP et la possibilité pour des jeunes d'y être embauchés. C'est déjà le cas pour 13 d'entre eux qui ont démarré une période d'immersion. A terme, ils devraient être une centaine, formés aux métiers du BTP, à travailler sur ce site.

2016

Mars, la configuration à 3 lignes pour Ariane 6, 2 lignes d'intégration et une de stockage dans le bâtiment d'assemblage BAL ne résiste pas aux études faites pour le plan d’opération et l’optimisation des couts d’investissement. Le BAL se retrouve désormais à 2 lignes en référence.

   

Avril 2016, l'ensemble des travaux de terrassement se terminent. Les plateformes devant accueillir le pad de tir, les réservoirs de carburant (LH2 et LOX) et le bâtiment d'assemblage sont marquées. Un grand soin a été apporté dans l'écoulement des eaux qui doivent rejoindre la crique Karouabo. La présence d'espèces protégés a obligé les ingénieurs à modifier l'orientation de l'ELA de 90°. La suite prévoit l'aménagement du génie civil pour les bâtiments, le carneau et le massif, le château d'eau et le portique. Après la sélection des prestataires d'ici juin, les travaux d'excavation du carneau commenceront en juillet. Le carneau comprendra un grand tunnel linéaire de 200 mètres de long constitué de 2 conduits symétriques à 180° pour évacuer les gaz. Toutes les installations doivent être finis d'ici 27 mois.

   

Panoramique du site (PIF@Air&Cosmos)

Le portique sera là (Sylvie Rouat) et le bâtiment d'assemblage à 600 m.

Juin, le CNES décide de mettre en place les boosters d'Ariane 6, les ESR après le corps central, CC même si cet ordre d'assemblage pourra être changé avec le retour d'expérience des opérations des premiers vols.  La mise en place des ESR après le CC a la préférence de la sauvegarde car la verticalisation et la pose sur table du CC en présence de 2 ou 4 ESR est plus risquée en cas de choc du CC avec un des ESR. La mise en place des ESR avant le CC donne, selon Arianegroup, une souplesse pour le plan d’opération en ZL vis-à-vis de l’arrivée des ESR sur la table de lancement. (moins de contrainte pour la production des ESR).

       

8 juillet, après appel d'offres lancé en février, le CNES retient Eclair6, le groupement ECLAIR 6 emmené par Eiffage pour la réalisation de l'ELA 4. Le contrat, d'un montant total de 200 millions d'euros, prévoit la livraison de l'ouvrage en octobre 2018, le premier lancement d'Ariane 6 étant programmé fin 2020. Fin mai Eiffage a livré avec un mois d'avance les terrassements généraux du site. Le contrat comprend la réalisation de tous les ouvrages de l'ELA4, dont le massif de lancement avec ses deux carneaux, le portique mobile (6.000 tonnes pour 90 mètres de haut) et le bâtiment d'assemblage du lanceur (BAL). L'opération inclut un volet insertion significatif qui permettra l'intégration de jeunes Guyanais. En outre, plusieurs entreprises locales seront fortement impliquées, tant en termes de sous-traitance que de fourniture de matériaux et matériels. Les travaux comprennent la mise en œuvre de 50.000 m3 de béton, 7.000 tonnes d'armatures, 400.000 m3 de terrassements et 7.500 tonnes de charpente métallique.

1er août, premier travaux de génie civil avec le début de creusement du carneau et la mise en place des bureaux de chantier.

  

Vue de la ZL de l'ELA 4 en novembre et décembre 2016.
 


PRESENTATION ELA 4 DECEMBRE 2016

   

Plan du BAL avec les 2 lignes de production, un lanceur assemblé est sur son chariot érecteur, les 2 autres en assemblage. Le CNES se dirige vers un BAL à seulement 2 lignes une d'assemblage et une de stockage.

       

Plan du portique, décembre 2016, la structure est haute de 89 m pour une surface au sol de 49 m sur 48. La partie supérieure est profilée (49 m X 32 m) de manière a réduire le volume intérieur. Sa masse globale (structure, plateformes, plancher, bogies) est environ de 5 000 t. Le portique est monté sur boggies motorisées pour effectuer la translation sur rails de sa position avant permettant d’abriter le lanceur sur sa table et le mat ombilical en campagne, vers sa position arrière en chronologie de lancement. Il comporte :

- 4 plateformes mobiles de travail autour du lanceur et 3 plateformes autour des ESR,
-
des locaux techniques dans lesquels sont disposes les différents systèmes : energie, courants faibles sécurité, telecommunication, fluides, climatisation, banc controle commande,
- en facade Sud : une porte haute a 2 vantaux s’ouvrant vers l’intérieur et une porte basse a 2 vantaux s’ouvrant vers l’extérieur pour le passage du lanceur (arrivée du composite cryotechnique provenant du BAL et recul du portique) et une porte de chaque cote de la table pour l’accès du fardier transportant un ESR,
- un pont roulant de charge utile maximale 40 t pour le hissage du composite supérieur,
- trois escaliers en cloisonnes débouchant vers l’extérieur et un ascenseur permettent d’acceder aux différents niveaux du bâtiment,
- au niveau 0 : 2 issues au niveau 0 en facade Sud et 2 issues en facade Nord.
En position avant, le portique coiffe le mat. La position reculée correspond a 130 m de la position avant. Le portique n’est pas climatisé. Les locaux techniques quant a eux sont constamment climatisés afin de contrôler l’hygrométrie et la temperature de l’atmosphère.

Le massif est un ouvrage enterré en béton a un seul niveau (niveau -6m) et contigue aux carneaux. Il supporte la base du mat ombilical, la liaison massif – mat est séparée par un joint de manière a limiter la transmission des vibrations lors du lancement. Au niveau 0, il supporte le portique mobile, la table de lancement ainsi que les interfaces mécaniques, électriques et fluides associés et les différents moyens de transfert (fardier, plateforme composite supérieur, tracteur de la table).

Le massif comporte principalement une zone process où sont regroupées les lignes et les différents organes du process LH2 et LOX et une zone servitude comportant des locaux techniques dans lesquels sont disposes les différents systèmes : énergie, courants faibles securite, telecommunication, fluides, climatisation, bancs contrôle commande relies au centre de lancement, baies clients charges utiles.

Le massif est équipé de quatre escaliers en cloisonnes et d’un monte-charge. Ces escaliers débouchent directement a l’extérieur au niveau 0 par un édicule. Les locaux hydrogène du massif sont étanches et inertables a l’azote avant la mise en oeuvre de l’hydrogène. Le massif est a atmosphere controlée.

Les carneaux en béton ont une longueur de 90 m et une section a leur extrémité de 18x16m. Les eaux polluées par les gaz de combustion du lanceur (eau du deluge et eau pluviale) sont collectées a l’aide d’un caniveau ceinturant une surface d’environ 50m x 100m et transferees par gravité dans une fosse de 1700 m3 située au fond du carneau.

Deux pompes de relevage de capacité unitaire 500 m3/h permettent de transférer rapidement ce volume d’eau vers le bassin de decantation de la station de traitement. Il est a noter que les pompes sont situées dans la fosse.

 

La table de lancement est un ouvrage fixe métallique mécanosoudé d’une masse de 640 t et de dimensions L 20m, l 18m, H 4m, pose et bride sur le massif. Elle est destinée a recevoir les deux versions du lanceur Ariane 6 pose sur 2 ESR (A62) ou 4 ESR (A64). Ses principales fonctions sont les suivantes :

- soutenir le lanceur,
- permettre les connexions électriques et fluides entre le lanceur et le sol
- abriter les process fluides nécessaires au remplissage du lanceur en ergols,
- resister aux ambiances du décollage du lanceur ARIANE 6,
-
permettre la mise a poste des ESR.

La table comporte des galeries, des locaux et des caissons abritant les liaisons bord –sol permettant de connecter et remplir le lanceur. Les locaux hydrogène de la table sont étanches et inertables a l’azote avant la mise en oeuvre de l’hydrogène.

Chaque ESR est acheminé par fardier sur sa palette et est transféré sur la table par translation de la palette. Chaque palette est constituée d’une palette dite "martyre" (masse 36 t) qui voit l’ambiance du decollage et d’une palette de transfert (25 t) retiree pour le lancement.

Les palettes de transport sont équipées :
- de galets a motorisation électrique assurant la fonction roulage,
- de vérins électromécaniques assurant une fonction monte/baisse
- d’une couronne d’orientation a denture intérieure assurant la fonction de rotation.

Les caissons MANG LLPM sont des ensembles mecano-soudes montes de part et d’autre de la table dans l’axe du mat. Ils ont pour fonction :
- d’assurer les liaisons cryotechniques entre le sol et le LLPM. Les lignes sont isolées et située dans une enveloppe tirée au vide. Le vide est surveillé. Ces lignes font l’objet d’un suivi de maintenance.
- d’assurer la déconnexion en temps positif,
- de protéger les équipements sol de l’ambiance du décollage.

Ils sont constitués :
- d’une enveloppe métallique extérieure assurant la protection au feu,
- d’un guide pivotant supportant les flexibles cryotechniques et assurant la fermeture du caisson au décollage (partie orange),
- d’un bati MANG supportant l’ensemble des connecteurs,
- d’un ensemble d’actionneurs assurant la déconnexion des connecteurs MANG, le repli du bati MANG et la fermeture du caisson.

Le mat ombilical est un ouvrage métallique fixe ancré dans le massif de dimension H 66m – L 7.5m – l 7.5m. Il abrite les systèmes électriques et fluides en interface avec les parties hautes du lanceur :
- Conditionnement et ventilation de l’étage ULPM,
- Remplissages cryotechniques de l’étage ULPM,
- Ventilation du composite supérieur,
- Liaisons électriques avec les charges utiles.

Le mat ombilical est a 16 m (face avant) de l’axe lanceur. Il est accessible depuis les plateformes du portique. Ses propres plateformes sont desservies par une échelle a crinoline interne. Au niveau de l’etage ULPM, le mat reprend les bras MANG acheminant les lignes cryotechniques et les lignes fluides conventionnelles au lanceur.

Les principaux réseaux circulant dans le mat sont les suivants :
- Fluides cryogeniques
- Fluides conventionnels (Eau, Air, Azote, Helium)
- Eau chaude, Eau glacée pour la climatisation
- Eau industrielle,
- Eau potable,
- Air de ventilation coiffe
- Energie
- Courants faibles.

L'aire de stockage LH2 a une capacité de 5 RSM LH2 bass epression de 322 m3, un RSM moyenne pression de 100 m3 et 2 citernes fixes de propane de 4000 litres (pour l'allumage du Vulcain). Les ergols cryogéniques sont produits sur les usines d'ALSG au CSG. Ils sont transférés dans des réservoirs semi mobiles RSM sur les sites de production des usines ALSG sur le CSG. Ils sont amenés sur l'ELA 4 quelques jours avant le lancement et posés sur des plots en béton. Ils sont reliés à la ZL par une canalisation logée dans une galerie. La protection incendie est assuré par un système de déluge par eau.

Le brulage des résidus gazeux d'hydrogène est assuré par 5 piscines (10x7x7m).

L'aire de stockage LOX a une capacité de 5 RSM LOX basse pression de 140 m3, un RSM moyenne pression de 20m3 et un réservoir azote liquide de 75 m.

Le chateau d'eau assurant l'alimentation en eau du système de déluge sur le pad mesure 100 m de hauteur et contoent 1200 m3 d'eau alimenté par pompage dans la crique Nicole. Il alimente lle carneau par une canalisation de 2,5 m de diamètre. Le chateau assure aussi une redondance contre les incendies.

Le chariot érecteur est un ensemble métallique destine a :
- Transferer a l’horizontale le CC du BAL vers la ZL4,
- Verticaliser le CC et le poser sur les ESR sur la table de lancement.

Le chariot est constitué des principaux elements suivants :
- 1. Un chassis
- 2. Une poutre de verticalisation
- 3. Un ensemble de levage initial
- 4. Un prehenseur DAAR : bielles fixees sur les attaches DAAR
- 5. Un prehenseur DAAV : berceau fixe aux 4 interfaces DAAV permettant d’ajuster la position finale du CC par rapport aux ESR
- 6. Un préhenseur ULPM : pince
- 7. Un vérin de levage avec bloqueur de tige normalement fermé
-
8. Des moyens d’ancrage
- 9. Un système controle/commande et groupe hydraulique
- 10. Deux groupes routiers. La fonction roulage est assurée par des modules routiers indépendants du chariot.

Le chariot n’est pas autonome, il est alimenté par raccordement au réseau électrique des zones d’utilisation. Pour le roulage, les fardiers sont autonomes, et le fonctionnement du chariot est neutralisé

Arrivée en ZL, le chariot est broché à la table et posé sur des chandelles à l'arrière avant la levée à la verticale. Une fois reléve, le corps central est tenu par le berceau DAAV. Les bielles DAAR sont déposées et les guides DAAR sont fixés de part et d'aurtre de la table pour sécuriser la mise en place du corps central sur les boosters ESR.

 

14 décembre, le CNES retiens le groupement constitué de Cegelec Projets Espace (mandataire), Telematic Solutions (Italie) du groupe VINCI Energies et GTD (Espagne) pour la réalisation, les essais et la maintenance des installations Courants Faibles et Sécurité de l’ELA4 destiné à Ariane 6. Ce contrat concerne la réalisation de 14 systèmes Courants Faibles ou Sécurité. Outre le management global du projet, Cegelec Projets Espace se concentrera sur les systèmes de détection et d’extinction incendie ainsi que sur le système d’allumage des piscines hydrogène.

21 décembre, le CNES confie au groupement constitué par Cegelec Projets Espace (mandataire) et Air Liquide Advanced Technologies la réalisation des procédés fluides conventionnels et cryogéniques de l’Ensemble de Lancement Ariane (ELA 4). Ce contrat est le deuxième en volume, après le contrat Infrastructure, des contrats relatifs à la construction de l’ELA4 de décembre 2016. Le lot Fluides conventionnels, dont Cegelec Projets Espace est responsable, concerne les réseaux gazeux Hélium, Azote, Oxygène, Hydrogène et Air, les réseaux d’eau et déluge ainsi que les systèmes d’analyse et d’interface procédé avec le banc de contrôle.

Jean-Yves Le Gall (Président du CNES), Corinne Lanièce (DG de Pôle VINCI Energies France) et François Darchis (Membre du Comité Exécutif d’Air Liquide)

 

ELA 4, 2017

Remerciement ESA, CNES,