THE SOYUZ COMPANY

L’Ensemble de Lancement Soyouz (ELS) au CSG


Le site d'implantation du pas de tir se trouve au nord du centre spatial Guyanais, à mi-chemin entre le pas de tir d'Ariane 5 (à 10 kilomètres) et le village de Sinnamary (18 kilomètres). Son choix a été dicté par des contraintes géologiques afin de pouvoir creuser l'énorme carneau d'évacuation des gaz dans un sol de granit. Le pad en étant au Nord permettra de tirer vers le Nord sans menacer les habitants de Sinnamary.

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Le premier coup de pioche a eu lieu en avril 2004 devant quelques officiels comme le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA) Jean-Jacques Dordain, le directeur général d'Arianespace Jean-Yves Le Gafl et le directeur général du Cnes Yannick d'Escatha, Igor Barmine, directeur général de KBOM (responsable des installations au sol de la base spatiale russe) et Léonard Taput, directeur adjoint du département infrastructures sol de l'agence spatiale russe Rosaviakosmos. 

Nombre d'incertitudes restent encore à lever sur l'organisation de l'ensemble de lancement de Soyouz. L'ancien ensemble de préparation aux charges utiles (les satellites) d'Ariane 4, qui a fini sa carrière, doit être recyclé pour préparer l'étage Fregat du Soyouz. Comme à Baikonour, le lanceur sera assemblé à l'horizontale et amené sur le pad tiré par train sur son support. L'intégration de la charge utile à la verticale oblige à construire une tour de service annexe

 Le projet de construction débute au printemps 2005. La décision positive du Conseil de l'ESA de décembre 2004 permet de boucler 90 % du financement ESA (223 M€) grâce à une augmentation des participations de la France, de l'Allemagne, de la Belgique, de la Suisse et de l'Espagne. Par ailleurs, le financement apporté par Arianespace (121 M€) a également été débloqué grâce à la décision de la France de garantir le prêt de cette société auprès de la Banque Européenne d'Investissement. Il restait encore à concrétiser le financement de l'Union Européenne (10 % de 223 M€) pour boucler complètement le tour de table.
Les travaux de terrassement ont commencés en janvier et se sont déroulé sur une année avec la création de pistes, déboisement, drainage, préparation du terrain (1 million de m3 sur 120 hectares)… L'appel d'offre pour le premier lot de ces travaux concerne le génie civil, les VRD, les réseaux énergie et climatisation a été lancé au début du mois d'avril. 

L'ESA est le maitre d'œuvre du programme avec le CNES, Arianespace est l'exploitant du système Soyouz en Guyane. Elle est aussi responsable des prestations russes du programme Soyouz dans le cadre d'un contrat avec le CNES et de la qualification opérationnelle du SLS.

L'organisation industrielle est constitué d'un groupement conjoint , le groupement Soyouz Infrastructures, qui comprend le GIE INFRASOYOUZ (Vinci Construction Grands Projet et NOFRAYANE), mandataire de l'ensemble du groupement, MT Aerospace (ancien Man Technologie), ACIA regroupant AXIMA Belgique, CRYSTAL (France), AXIMA FRANCE et CLEMESSY.

Vinci Construction a déjà travaillé sur le CSG en réalisant les ELA, l'usine de propergols Ariane 5 et les bâtiments de charges utiles S5. 

Le choix industriel est réalisé dans l'été et les premiers travaux démarrent à la rentrée. La partie la plus difficile à faire sera le creusement du carneau d'évacuation des gaz taillé directement dans le granit, comme le fut le BEAP d'Ariane 5. Le massif avant et la tour seront aussi difficile à réaliser.

L’ENSEMBLE DE LANCEMENT SOYOUZ (ELS)


Le site de lancement choisi est situé au Nord-Ouest du CSG. La zone de 120 hectares est sur le territoire administratif de la ville de Sinnamary. Le site de lancement est localisé sur un socle granitique, à 27 km de la ville de Kourou, 12 km des Ensembles de lancement Ariane (à 4-5 km des sites d'observation Ariane) et à 18 km de la ville de Sinnamary. L’emplacement a été retenu notamment pour être suffisamment éloigné des autres ELA et permettre une extension future.
L'ELS est orienté au Nord en bordure de la RN1 et s'étend sur 1000 m environ. Comme les ELA Ariane, elle est composée de deux zones, celle de préparation et celle de lancement.

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La zone de préparation ZP, en bordure de route est le premier point d'accès du site. Un second poste de contrôle 200 m plus loin permet d'accéder à la zone de lancement directement. La zone comprend le poste de garde et des pompiers, le Centre de Lancement CDL, les servitudes (distribution et stockage électrique, climatisation, compresseurs) et une aire de stockage. Cette zone est à 1026 m du lanceur. 

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Le CDL est utilisé pour les opérations finales et le lancement. Son toit est recouvert d'une dalle en béton de 2 m d'épaisseur. Le système «contrôles commandes» comprend un contrôle commande opérationnel de fourniture russe et un contrôle commande servitude CCZ de fourniture européenne. Les moyens de communications comprennent un système de communication systèmes/mesures. et des moyens optiques, sonorisation et vidéo.

A u centre de la zone de préparation à 625 m du lanceur, le bâtiment d'intégration MIK (Montazhno-Ispitatielniï Korpoussagrandi) (92 m de long, 41 m de large et 22 m de hauteur) qui permet l'assemblage du lanceur à l'horizontale et de l'étage FREGAT. Sur l'accès parallèle, les zones de stockage kérosène, pyrotechnie, hydrogène et la zone de dépotage de peroxyde d'hydrogène.

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La Zone de Lancement (ZL) est à 1000 m de l'entrée principale. Elle est relié au MIK par une voie ferrée sur laquelle sera déplacé le lanceur Soyouz sur sa remorque. Elle comprend un massif enterré sur plusieurs étages équipés de tous les systèmes nécessaires à la mise en œuvre du lanceur et abritant les locaux techniques associés, la table de lancement et ses équipements associés tel que les mâts ombilicaux, les 4 mâts de protection contre la foudre, le carneau type Baïkonour (123 m de long sur 143 m de large) pour l'évacuation des gaz moteurs et un portique mobile permettant l'accès au véhicule une fois érigé, l'intégration du composite supérieur sur le lanceur et son retrait pour le lancement.

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Juste à coté, dans un rayon de 200 mètres, les zones de stockage LOX, air, azote , hélium et eau et la zone de dépotage et de refroidissement du kérosène.  

CSG ELS integration.jpg (95105 octets) La campagne de tir du Soyouz dure un à deux mois. Le lanceur arrivé par bateau de St Petersburg est amené sur le site par remorque spéciale dans le MIK. Les 3 étages de base du lanceur sont préparés et assemblés à l'horizontale comme à Baikonour.  La préparation de l'étage supérieur Fregat se fait en parallèle dans le même bâtiment MIK. Un banc d'essai  pour le Fregat a été installé. L'étage arrivé par bateau à Kourou est placé au sommet du Soyouz et attend son composite charge utile, préparé dans les bâtiments EPCU du CSG. 
CSG ELS campagne.jpg (77865 octets) Le Soyouz est amené sur le pad allongé sur son transporteur tiré par une locomotive et érigé à la verticale 4 jours avant le jour J. L'étage Frégat suit le lendemain. La RAL, revue d'aptitude au lancement est réalisé la veille du tir et le remplissage en ergols du lanceur commence à H- 4 heures.
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Le pad est semblable à ceux qui sont installés à Baïkonour et à Plesetsk avec le système de pétales qui retient le lanceur au niveau du corps central. Le lanceur ne repose plus sur un anneau de guidage rotatif. A Baikonour et Plesetsk, les pad Soyouz ont cet anneau qui permet de caler l'azimut du lanceur. La version Soyouz 2 utilisée en Guyane est équipée d'un calculateur numérique qui réalise ce calage sur le lanceur lui-même. Au dessous du lanceur, le carneau d'évacuation des gaz. Long de 130 m, il est profond de 25 m. Une paroi étanche le recouvrira pour éviter l'infiltration d'eau.
La tour de service MBO (Mobilnaïa Bachnia Obslouzhivania) réalisé par Contraves et KBOM protége le lanceur sur son pad et permet l'intégration du composite supérieur avec les satellites. Les charges utiles Soyouz comme les CU Ariane sont intégrés dans les bâtiment de préparation de charges utiles S5 d'Arianespace. La tour mesure 53 m de haut pour 1200 tonnes.

La charge utile du Soyouz est intégrée à l'EPCU S1 (centre technique) ou S5 et remplie à l'EPCU S5.
En parallèle, l'étage FREGAT après intégration au MIK est rempli à l'EPCU S3B HR (Hall de Remplissage) sur la zone de l'ELA 1. L'assemblage du FREGAT et de sa charge utile, puis le coiffage du composite supérieur, ont lieu dans le même EPCU S3B, mais dans le HN (Hall d'eNcapsulation). Le composite FREGAT et satellite, sous coiffe, sont transféré par voie routière de l'EPCU S3B à la zone de lancement pour être hissé au sommet du lanceur (dans la tour de servitude).

La séquence de vol du Soyouz prévoit le survol de l'Atlantique que ce soit pour des lancements vers l'Est ou vers le Nord. Deux couloirs de vol sont ainsi délimités. Le CSG délimite aussi une zone de 30 km de long sur 10 de large bordant l'Océan entre Kourou et Sinnamary. En cas de déviation de trajectoire, le lanceur ne sera pas détruit en vol mais ses moteurs seront arrêtés, le laissant retombé dans l'océan suivant une trajectoire balistique. Les 288 tonnes d'ergols (79 tonnes de kérosène, 193 tonnes de LOX, 7,4 tonnes de péroxyde d'hydrogène) ne seront pas dispersés dans l'atmosphère, de même que ceux de l'étage Fregat (3,7 de N2O4, 2,3 d'UDMH et 70 kg d'hydrazine) et des satellites (ergols toxiques).  

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