L'ESPACE SOVIETIQUE
En lançant le premier satellite artificiel de
la terre en octobre 1957, l'Union Soviétique entre de plein pied dans la course
à l'espace. De première en première, Laika, le premier être vivant en
orbite, Lunik, la première sonde a voler vers la lune, Gagarine le premier
homme dans l'espace, Leonov, le premier piéton spatial, le triomphe des
Soviétiques est incontestable.
A la mort du constructeur principal Serguiev Korolev en 1966, le programme spatial
soviétiques va décliné: Partie dans la course à la lune avec les
Américains, ils se retrouveront prisonnier de l'orbite terrestre pendant des décennies. Dès 1971, ils occupent l'espace "circumterrestre" avec
les stations orbitales Saliout. Après un petit essai de navette spatiale, le
soulèvement politique d'un peuple oppressé aura raison du plus fort. En 1991,
l'URSS devient un ensemble d'états indépendants pour qui l'espace est devenu une
priorité secondaire.
Si l'espace soviétique pouvait
se résumer à un seul nom, ce serait Serguiev Pavlovitch Korolev. Né en 1906,
ce fils d'enseignant renfermé s'intéresse très tôt à l'aéronautique et
commence à construire des planeurs. Découvrant
l'astronautique à travers l'œuvre du
visionnaire Constantin Tsiolkovski et aidé par d'autres étudiants et
enseignants (dont Tupolev), il devient membre actif du Groupe d'Exploration à
Propulsion à Réaction GIRD dans lequel participe Friedrich Tsander, disciple
de Tsiolkovski et Valentin Gloutchko, constructeur de moteur-fusée.
Entre 1938 et 1944, il est emprisonné sous l'accusation de trahison par
Staline. Réhabilité, il est transféré à Moscou, où il travaille sur le
dessin des ailes du Tupolev-2, puis devint l'adjoint du motoriste Valentin
Glouchko. Il devient aussi membre de la Commission Technique où il étudie les
techniques des fusées allemandes capturées. A partir de 1950, soutenu par Khrouchtchev
il développe les missiles intercontinentaux de la série R dont le premier tir
intervient en août 1957.
Le 4 octobre 1957, c'est le tour
de Spoutnik, le premier satellite artificiel de la terre. D'autres grandes
premières suivront...
Mais très vite les tensions entre constructeurs émergent. Korolev s'oppose à Glouchko, le principal constructeur de moteurs-fusées, allié au constructeur d'engins spatiaux Chelomeï et ami du pouvoir en place. Le conflit porte sur la technologie des moteurs. Korolev prône la construction de moteurs à oxygène et hydrogène liquide — la voie suivie par les américains. L'avenir lui donnera raison mais il ne pourra imposer sa solution.
Après le limogeage de
Khrouchtchev en octobre 1964, Korolev reprend l'ascendant sur ses
concurrents et engage son projet N-1 de super-fusée lunaire, prévoyant
l'alunissage d'un cosmonaute soviétique
pour 1967 ou 1968.
Mais, le génial concepteur ne peut suivre jusqu'à son terme la réalisation de
son ambitieux projet: atteint de problèmes de santé, il meurt sur la table
d'opération le 14 janvier 1966, à l'âge de 60 ans. Korolev est honoré par
des obsèques nationales, à l'occasion desquelles son rôle de principal
artisan de l'astronautique soviétique est enfin révélé au monde entier.
Repris par l'ingénieur Vladimir P Michine, son projet N-1 ne sera jamais mené à bien. Après bien des difficulté, le programme spatial soviétique s'engagera vers la voix des stations orbitales que des cosmonautes occuperont sans interruption jusqu'en 2001.