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CHRONOLOGIE ARIANE

L' HISTOIRE DES LANCEURS DIAMANT

1968

L' ELDO abandonne les lancements VEMPA avec le Diamant B suite aux remaniements du programme Europa 2. Le CNES se retrouve en mauvaise posture car il a déjà engagé plus de la moitié des 55 millions de F prévus pour le programme avec la construction des étages L17.  

Le Centre Spatial Guyanais représente un investissement de 540 millions de F dont 420 pour le centre, le reste pour le pad de l' ELDO. 3000 personnes travaillent sur le site représentant 17 nationalités afin de rendre le site opérationnel pour 1969.

Septembre, 5eme et dernier essai sur le banc PF 4 de Vernon du moteur Vexin  renommé Valois destiné à Diamant B, en vue de la qualification. 

Novembre, les deux premiers tirs du Diamant B seront des tirs technologiques avant de lancer les satellites D2 en 1970. En effet suite à l' annonce d' annuler les VEMPA, le CNES se doit de qualifier l' étage L17 avant de procéder à une satellisation. Une capsule sera fabriquée par l' Allemagne (à la place des étages VEMPA) et satellisée lors des deux premiers vols. En fait l' Allemagne fabriquera deux capsules dite DIAL. En cas d' échecs de la première, le second Diamant B lancerait alors le satellite PEOLE en préparation au lancement de EOLE.

1969

Février, l'' étage L17 démarre une série de tests visant à la qualification de vol. Les premiers essais dits "A" comprennent  l' étage, le bâti moteur sans générateur de gaz. Les essais "Q" avec un étage complet en configuration "point fixe" débuteront en mars avril. Enfin les essais "E" réalisés avec des étages de vol suivront en fin d' année.

18 février, signature de l' accord sur le satellite technologique DIAL qui sera lancé par le premier Diamant B en 1970.

Juin, présentation de l' étage à poudre P0,6 qui équipera le Diamant B. Utilisant la technique de bobinage en fibre de verre, il mesure 1,6 m de hauteur et reçoit 600 kg de "poudre" du perchlorate d' ammonium et un liant) créateur de 4600 kg de poussée.  

Septembre, le lancement du premier Diamant B est repoussé de février à mars 1970 avec la capsule DIAL (Wika et Mika). Le prototype du Mika a été envoyé en Guyane pour des tests de compatibilité avec le lanceur. Il sera suivit  du Wika. Le vrai Wika est déjà au bâtiment 50 BIL de St Medard en Jailles où sont également assemblé les lanceurs. 

8 octobre, premier tir de qualification du L17 sur le banc PF 4 de Vernon. Après les 12 essais de l' ensemble réservoirs, générateur dit essais de "chasse" et les 4 tirs dits A  (moteurs et réservoirs), ce tir marque une étape importantes avant le premier vol. 5 essais dit Q sont programmé avant le 10 février 1970 (Q-NA1, Q-0 bis, Q-NA 2 et Q-NA 3). Quatre réservoirs sont assignés à ces tests (deux essais par couple), 5 moteurs et générateurs de gaz.
Parallèlement en Guyane, les équipes s' entraînent à des essais de remplissage en ergols avec de véritables réservoirs de vol sans moteur. 
La construction du premier L17 de vol a commencé, il sera envoyé en décembre dans le BIL que le CNES a construit  spécialement au CAEPA (regroupement du CAPE et du CEP crée le 1er janvier 1967) près de Bordeaux. Le lanceur y sera assemblé et contrôlé, puis démonté en envoyé en Guyane par avions en container pour être à nouveau assemblé sur le pad de tir.

26 novembre, tir d' essais Q-0 bis de l' étage L17 à Vernon, après une simulation d' attente sur le pad de 8 jours les réservoirs remplis d' ergols "stockable". A ce jour, ont été réalisé 154 essais du moteur Valois seul, dont 5 de qualification, 40 essais du générateur de gaz, dont 5 de qualification, 13 essais de chasse, 4 essais dit A et 3 tirs Q.  

1970

15 janvier, 4eme tir statique de l'étage L17 du Diamant B. Intervenu à 15 h 15 au banc PF4 de Vernon, il a été reporté plusieurs fois suite à une mauvaise météo. Ce délai de près d'un mois ayant permis de tester une attente sur le pad l' étage remplit de carburant (UDMH N2O4). Installé sur le banc le 20 décembre dernier, l'étage fut visé le 23 mais pas rincé subissant les vapeurs toxiques des ergols durant ce laps de temps. 

Février, le premier Diamant B arrive à Kourou en Guyane par avion. Un C130 transporte le premier étage depuis Bordeaux le 10, le second et troisième arrive le 13, le satellite DIAL étant arrivé en 707 le 9.

10 mars, premier lancement du Diamant B depuis le CSG à Kourou. Le lanceur a décollé de son nouveau pad de tir à 13 h 20 mn 37 et a réussit à placer en orbite les capsules Mika (Mini-Kapsel) et Wika (Wissenschaftlich-Kapsel) du programme Dial (Contraction du nom Diamant et du mot allemand) à 354-1786 km. Des vibrations au niveau du premier étage empêchent malheureusement le satellite Mika  de fonctionner, une enquête est en cours.

diamantB nov 1969.jpg (352552 octets) De gauche à droite, la première Diamant B vue ici dans le BIL de St Médard En Jalles (Gironde), le satellite Mika et le lancement.
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Mai, les premiers rapports du premier tir de Diamant B font état de vibration sur sur l' étage L17 qui ont causé de légères variations de pression dans le moteur Valois. Un phénomène acoustique serait à l' origine de ces vibrations, ayant notamment empêché le satellite Mika de fonctionner correctement (même fréquences de résonance que son système de suspension). Des remèdes vont être appliqués pour le prochain lancement.

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12 décembre, le Diamant-B n°2 décolle de Kourou à 13 h heure Française à Kourou avec à bord le satellite technologique expérimental Péole qui est placé sur une orbite 513-749 km. C' est la première fois que le CNES mène à bien un lancement dans l'ensemble de ses composantes soit le lanceur, le satellite, la base de lancement et les stations de poursuite.
Le satellite Péole a pour but de qualifier les équipements du futur satellite Eole, qui sera lancé le 17 août 1971.
Le satellite Péole est équipé de réflecteurs laser.

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1971

Mars, le programme d' un dérivée du Diamant B, le Diamant B/C (C pour coopération) prévoit le changement du second étage par Rita du missile MSSB contenant 4 tonnes de poudre et mono tuyère et de la case à équipement qui sera modernisée et agrandie (1,5 m de diamètre). Ce lanceur de 27 tonnes sera capable de placer 200 kg sur une orbite 200-1500 km. Le coût du programme est estimé à 75 millions de F. Le premier lanceur sera livré fin 1973 pour un lancement en 1974 pour lancer le satellite D2D en mars 1974. 

15 avril, troisième lancement du Diamant B de nuit à 10 h 09 mn 37 s heure Française porteur du satellite D-2A Tournesol qui est placer sur orbite à 456-708 km. Les satellites de la série D-2, beaucoup plus élaborés, sont dotés d'un système de contrôle d'attitude comportant des micropropulseurs à gaz froid qui assurent le pointage de l'axe du satellite vers le Soleil. Le satellite D-2A Tournesol étudie la distribution de l'hydrogène atomique autour de la Terre et le rayonnement solaire.

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2 décembre, le lancement du Diamant B n°4 est reporté de trois jours suite à un problème électronique.
Le 5 décembre, il est 13 h 30 heure locale quand le lanceur quitte son pad avec dans sa coiffe le satellite D-2A Polaire. Mais si l' allumage du P2,2 s' est déroulé sans problème, l' étage donne des signes de faiblesse et la trajectoire baisse progressivement vers le sol. Le non allumage du troisième étage ne laisse plus planer le doute, c' est l' échec. 
D' après les premiers éléments, l' étage P2,2 n' a fonctionné que 22 secondes et aurait explosé après la rupture de son fond arrière. Le P2,2 avait réalisé 14 tirs Topaze, 16 tirs Saphir, 4 tirs Diamant A et trois Diamant B. Il reste un P2,2 pour Diamant B n°5 en mars de l' année prochaine avec D5A et B. Les prochaines versions du Diamant comporteront un nouvel étage le P4. 

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Diamant B n°4 dans le BIL.

1972

6 janvier, Grande-Bretagne, le ministre du Développement industriel et scientifique, François-Xavier Ortoli, annonce la décision d' engager le programme de lanceur Diamant amélioré BP4 qui doit être opérationnel au début de l'année 1974. Il reprend le premier étage du diamant B le L17 équipé d' un moteur de 30-35 tonnes de poussée, avec un nouveau second étage de 1,5 m de diamètre à poudre P4 (l' ancien Rita) et un troisième à poudre identique au B logé dans la coiffe. Cette coiffe de 1,7 m de diamètre provient du lanceur britannique Black-Arrow, seul reste d'un avant-projet étudié par le CECLES/ELDO (Centre européen pour la construction de lanceurs d'engins spatiaux / European launcher development organization) et le Centre National d'Études Spatiales (CNES) : Le lanceur Black-Diamant.
Le projet d'un lanceur Diamant B/C en coopération avec l'Allemagne et l'Inde a été abandonné. Les lanceurs Diamant B n° 6, 7 et 9 seront modifié en version BP4.

23 janvier, arrêt du fonctionnement du satellite D1-A Diapason, ce satellite comportait une expérience scientifique de géodésie par mesure d'effet Doppler sur les émissions radioélectriques à fréquence très stables d'ou son nom de Diapason et une expérience technologique par mesure de l'effet des rayonnements sur les cellules photovoltaïques. Il avait été lancé le 17 février 1966 par une fusée Diamant A depuis Hammaguir en Algérie.

Novembre, le CNES passe un contrat avec British Hovercraft Corp pour la fabrication de trois coiffes destinées au lanceur BP4. Ces coiffes dérivées du Black Arrow seront modifiées pour s' adapter au second étage du lanceur Français.   

1973

20 mai, lancement à du dernier Diamant B de Kourou (après un report de 48 heures) porteuse des satellites  D-5A Pollux 36 kg (Propulseur orbital léger) D-5B Castor 76 kg (Capteur Accélerométrique ultrasensible), soit près de 126 kg, la plus lourde lancée en France. Mais la défaillance du troisième étage ne permet pas de satelliser les charges. 
Après enquête, il s' avère que c' est la non éjection de la coiffe qui est responsable de l' échec. La coiffe en effet se désolidarise du lanceur avant de s' ouvrir en deux. A ce moment là, elle a touché la base du satellite arrachant les câbles commandant justement cette ouverture. Du plus, les vérins de séparation n' auraient pas fonctionné.

 .Vue du dernier Diamant B au BIL du CAEPE 

1974

Mai, le CNES prévoit 6 satellites à lancer dont quatre avec trois Diamant BP4 (Starlette en octobre, Castor et Polux en janvier 1975 et D2B, le plus complexe des satellites Français en avril 1975).

14 octobre, Europe, le conseil restreint sur l'espace décide l'abandon du programme Diamant, tout en conservant les vols déjà programmés. Ceci est une conséquence de l'échec du cinquième lancement de la fusée Diamant-B l' an passé et de l'engagement de la France dans le nouveau programme de lanceur européen Ariane. La poursuite simultanée d'un programme national et d'un programme européen s'avérant trop coûteuse. Il reste trois vols Diamant BP4 à réaliser, le CNES n' ayant toujours pas passer commande des autres exemplaires. Le premier BP4 doit être lancé le 28 novembre prochain, le lanceur quittera Bordeaux début novembre pour la Guyane où il sera assemblé sur le pad vers le 15.

Novembre, le lancement du premier BP 4 est repoussé au 11 décembre.

1975

Janvier, le CNES repousse le lancement du BP 4 du 31 janvier au 7 février suite au changement d' un gyroscope qui a obligé les techniciens à démonter le lanceur du pad.

6 février, avec un retard de près de 7 mois sur le programme initial et de quelques heures le jour J, le premier Diamant BP4 est lancé de Kourou à 17 h 35 heure Française. 10 mn 36 s plus tard, le satellite laser passif de géodésique Starlette (Satellite de Taille Adaptée avec Réflecteur Laser pour l'étude de la Terre) est sur orbite à 805- 1138 km. Depuis cette date, il est utilisé pour étudier le potentiel de gravitation terrestre, l'élasticité de la Terre, les mouvements du pôle et pour le repérage des stations d'observation.

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17 mai, lancement des satellites technologiques D-5B Castor et D-5A Pollux par le Diamant-BP4 n° 2 à Kourou. Le satellite Pollux a pour mission de tester un micropropulseur à hydrazine. Le satellite Castor emporte le microaccéléromètre CACTUS (capteur accélérométrique capacitif triaxial ultrasensible) développé par l'Office nationale d'études et de recherches aéronautiques (ONERA). Après qualification, le satellite sert à déterminer les forces non gravitationnelles s'exerçant sur lui (aérodynamique, pression de radiation). Ce satellite a permis de déterminer les densités de l'atmosphère terrestre et a contribué au modèle de densité globale (DTM) toujours utilisé dans le monde entier.

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    diamantBP4 n2 CASTOR.jpg (225574 octets)    diamantBP4 n2 POLLUX.jpg (224493 octets)

Juin, l' étage L17 du dernier BP4 quitte les Mureaux pour Bordeaux pour les derniers tests au BIL.

Le 25 août, c 'est la fusée complète qui quitte l' aéroport d' Orly à bord d' un 747 cargo (l' étage L17 à l' avant et le reste en container sur l' arrière), c' est la deuxième fois qu' est réalisé un tel transport de fusée en entier en France.

11 septembre Diamant BP4 n°3 est installé sur son pad,  
27 septembre, lancement du satellite D-2B Aura (Analyse Ultraviollette du rayonnement Astral) par le Diamant-BP4 n°3 depuis Kourou.
D-2B Aura, premier satellite entièrement réalisé sous maîtrise d'oeuvre industrielle, est un satellite astronomique qui doit permettre d'observer le rayonnement solaire et les objets célestes comme, les étoiles, les galaxies ou le milieu interstellaire, dans l'ultraviolet lointain. Il contient quatre expériences pour l'étude du soleil.
C' est le d
ernier tir de la famille des fusées Diamant. Le bilant du programme Diamant ce solde par 12 tirs dont 10 réussites. Le  Centre spatial Guyanais (CSG) est mis en sommeil jusqu'en 1978.

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Le directeur général
Michel Bignier annonce après le premier lancement de Diamant BP4-1 (le 6
février 1975) 
le passage du CSG à la configuration B (réduction des effectif 
du CSG). 
Une voiture 4L avait été hissée sur la tour d'assemblage du site
Diamant.