CHRONOLOGIE APOLLO

ANNEXE 23

LES VERITES D' APOLLO

Le nom Apollo a été proposé en 1960 par le directeur du développement des vols habités à la NASA Abe Silverstein pour un vaisseau spatial triplace devant orbiter autour de la lune. C 'était la logique des choses avec un premier programme nommé Mercury en référence à la mythologie grecque. En 1961, après le discour de Kennedy, Apollo devient le programme de débarquement lunaire.

Le CSM Block 1 n' a jamais été construit pour aller sur la lune. Il ne possédait pas de système d' amarrage pour le LM et de système de guidage-contrôle pour ce long voyage.

Il n' y a eu qu' une seule mission habités utilisant le CM Block 1, Apollo 1. Jusqu' à décembre 1966, deux vols étaient programmés, celui de Grisson et celui de Schirra (avec Stafford, Borman et Collins en réserve). En décembre, le vol de Schirra a été annulé et remplacé par un vol Block 2 commandé par Mc Divitt, Scott et Schweickart (avec en réserve Stafford, Young et Cernan). Le 27 janvier 1967, le Block 2 n' était toujours pas construit.

1966, le poids et la complexité du mélange azote oxygène: Charlie Feltz, chef ingénieur chez North American dans les premiers jours du programme Apollo a déclaré qu' initialement il avait poussé pour un système à deux gaz parce que l' oxygène pur était très dangereux, mais la NASA était passée outre. Et selon Chris Kraft, il n' y avait pas d' obstacles techniques pour utiliser un tel système utilisant l' azote et l' oxygène. L' instrumentation précise pour contrôler ce mélange n' était toujours pas développée.

Le Velcro explose dans une atmosphère d' oxygène. En 1966, il y avait 10 fois plus de Velcro dans la cabine que prévu à l' origine, parce que les astronautes avaient "personnalise" leur vaisseau et en voulaient toujours plus partout.

L' écoutille d' Apollo Block 1 était composée de plusieurs pièces et non d' une comme le seront les vaisseaux Block 2. A l' origine, les plans prévoyait une ouverture de l' extérieur mais la NASA décida d' une ouverture par dedans. L' ironie a voulut que cette décision fut prise suite aux problème rencontrés par Grisson sur Mercury. 

Le 4 juin 1966, les américains déposaient pour la première fois en douceur, la sonde Surveyor 1, première d’une longue série qui allait faire avancer la partie lunaire du programme Apollo.
Mais ce que peu de gens savent, c’est qu’à cette occasion, le premier drapeau américain fut également déposé sur la Lune, 3 ans avant le premier ‘’officiel’’ d’Apollo 11. Chez Hugues, chargé de construire les Surveyor, Sheldon Shallon était en charge du programme d’étude scientifique du terrain lunaire.
«Sous contrat de la NASA, les plaisanteries n’étaient pas de mise, mais Sheldon Shallon en avait plus qu’assez de voir les sondes soviétiques partir chargées d’emblèmes et de médailles aux couleurs de l’URSS. Il décida de passer à l’action… Il acheta pour 50 cents un petit drapeau américain au drugstore du coin et attendit l’instant où, seul avec la sonde, il put glisser secrètement le drapeau dans l’un des tubes de la structure…».
Quatre mois après Luna 9, Surveyor 1 se posa en douceur à 13 km du point prévu, près du cratère Flamsteed. Avec son drapeau !
L’histoire ne dit pas si ce geste resta unique ou si les Surveyor suivants arrivèrent avec d’autres drapeaux sur la Lune. On se prend à rêver si, lors d’Apollo 12, Conrad et Bean, découpant les tubes de Surveyor 3 pour en récupérer la caméra, avaient découvert l’un des drapeaux de Sheldon Shallon ! Serge Gracieux.

L’histoire du "Fisher Space Pen"
Lors des premières missions, les astronautes utilisaient des crayons à papier. Pour le projet Gemini la NASA a commandé en 1965 des crayons style « Criterium » qui n’existaient pas encore, à la Tycam Enginnering Manufacturing Inc. de Houston. Le contrat portait sur 34 pièces pour un coût total de 4 382,50 $ soit 128,89 $ l’unité. Une controverse naquit, car beaucoup pensaient qu’il s’agissait d’une dépense inutile. La NASA fit marche arrière.
Pendant ce temps, Paul C. Fisher de la Fisher Pen Co. créa un stylo bille qui pouvait fonctionner dans l’espace. Son nouveau stylo, avec une cartouche d’encre pressurisée permettait d’écrire en impesanteur, sous l’eau, et dans une fourchette de températures allant de -20° C à + 200° C. Fisher conçu son stylo sans aucune subvention de la NASA, sa société investit 1 million de dollars sur ses fonds propres afin de déposer le brevet et commercialiser le produit. Fisher offrit quelques stylos à la NASA en 1965, mais échaudée par sa précédente expérience, elle hésita. Finalement, en 1967, après de nombreux tests, la NASA acquis quelques 400 stylos pour équiper les astronautes d’Apollo, à 6$ l’unité !
L’Union Soviétique à également acheté une centaine de stylos et 1000 cartouches pressurisées en février 1969 pour les utiliser sur ses Soyouz. Les astronautes et cosmonautes utilisent ces stylos encore aujourd’hui !
Paul Fisher a créé une nouvelle société, la Fisher Space Pen Co., qui s’enorgueillit de vendre des stylos qui vont dans l’espace et qui ont été utilisés sur la lune !

Au temps du programme Mercury, les simulations étaient assez primitives comparées à ce qu’elles deviendront par la suite. Sur la console de Chris Kraft il y avait toujours un moniteur relié à une des caméras du pas de tir, il pouvait donc voir en direct une Redstone ou une Atlas … (A l’époque le "contrôle" des missions se faisait au cap). Avant une simulation, John Hatcher, un contrôleur de vol, a trouvé le moyen de relier le moniteur à un magnétoscope dans lequel il y avait le film d’un décollage et dont il avait "calé" la bande à T-0 , le magnéto devait se mettre en route au moment où Kraft démarre l’horloge du début de la mission.. Le jour venu, la simulation commence, Kraft enclenche donc le "chrono" lorsqu’à sa grande stupéfaction, il voit la fusée décoller, il se retourne vers Gene Kranz qui était dans la confidence et s’écria « Regarde ça ! » Kraft était livide et il s’écria à nouveau « Tu as vu ça ? » Tous ceux qui ont vu la tête de Kraft, pensant qu’il avait accidentellement provoqué le décollage de la fusée ne l’oublieront jamais !

On les appelle les films techniques. Les images de ces films sont destinés aux ingénieurs et techniciens pour des anlyses post vol. Des caméras sont ainsi placés autour du pad, sur le pad, sur les Mobil Launcher pour enregistrer tous les évènements du lancement, de l'allumage des moteurs au dépassement de la tour. Les caméras filment à grande vitesse afin de pouvoir visualiser ces évènements au ralenti en "slow motion" et détecté d'éventuelles anomalies. D'autres caméras sont aussi installés sur les lanceurs pour filmer la séparation des étages, le comportement de la charge utiles ou des carburants dans les réservoirs.

Lors du vol du Saturn 1 SA5, des caméras ont été installes dans le réservoir de kérosene du premier étage. Même chose lors du vol Saturn 1B AS 203 dans le réservoir d'hydrogène du S4B.

Des images de la séparation des étages du lanceur Saturn en vol ont été prises par des caméras automatiques embarqués qui ont ensuite été récupéré en mer. 2 films sur la séparation du premier étage du Saturn 5, le S1C ont été prises. Le premier film montre la séquence de spéciation lors du vol Apollo 4 en novembre 1967 et la seconde sur Apollo 6 en 1968. Un autre film montre la séparation du 3eme étage d'un Saturn 1B, le S4B lors du vol AS 203 en août 1965. Les images ont été enregistrés initialement à 4 fois la vitesse normale. Repassé à la vitesse normale, elles sont au ralenti. Ces images, les seules prises en vol lors du programme Apollo ont été vu et revu dans pratiquement tous les films spatiaux depuis les années 1960.
Lors du vol Apollo 8, AS 503, 4 caméras ont été installé sur l'étage S1C pour filmer la séparation du S2 et l'intérieur du réservoir de LOX. 2 autres caméras Tv étaient montés à la base du S1C pour filmer la propulsion des moteurs. Seule une des caméras filmant le réservoir a été récupéré en vol.

Séparation du S1C d'Apollo 6. 2 caméras étaient monté sur l'étage S2, de chauq coté. Elles étaient largué à 61 km d'altitude.

Image de la séparation du S4B du vol AS 203. Le moteur J2 n'est pas encore allumé et les 3 fusées solides de "ullage" tirent l'étage de son logement. On remarque aussi que le système APS (propulseur auxliaire) s'est aussi mis en marche, probablement pour contrer un mouvement anti horaire en rotation de l'étage (à 1 heures et 7 heures).

LE BUREAU DES ASTRONAUTES

Henri Landwirth avait 13 ans lorsqu’il fut déporté avec ses parents, ces derniers mourront dans un camp de concentration. Il émigra aux Etats-Unis en 1947, et devint le gérant du Starlight Hôtel qui était en 1957, le seul hôtel de Cocoa Beach. Très vite cet établissement, dans lequel il y avait également une boulangerie et un café devint le « centre social » de ce qui n’était qu’une toute petite ville à l’époque, environ 6000 âmes. Même en été, il portait des t-shirt à manches longues, intrigué John Glenn lui demande pourquoi, il remonte alors sa manche et découvre un numéro tatoué sur son avant-bras gauche: B4343. Il s’agit d’un numéro d’identification que les tortionnaires nazis tatouaient sur les déportés qui entraient dans les camps… Lui n’était qu’un enfant à l’époque ! Glenn lui dit alors « Tu devrais en être fier. Si j’avais ce tatouage, je le montrerai, un peu comme une Médaille d’Honneur du Congrès ! ». A compter de ce jour, il porta des t-shirts manches courtes, et considéra ce numéro non comme une infamie mais comme une sacrée revanche sur la vie !
Au début, lorsque les astronautes venaient au cap, ils logeaient dans le Hangar S, un bâtiment de trois étages, en béton, dans lequel on avait aménagé quelques chambres austères. Au rez-de-chaussée, il y avait les cages des « astrochimps » Ham, Enos etc… Dur pour un astronaute de regagner sa chambre en passant devant les singes qui iraient dans l’espace avant lui !
A force de mette la pression, les astronautes finirent par obtenir l’autorisation de la NASA de loger au Starlight.
Lorsque quelques années plus tard Landwirth prit la direction du Holiday Inn, tous les astronautes le suivirent. Peu après, le Starlight fut détruit par un incendie. Landwirth fut soupçonné un instant, mais très vite les experts conclurent qu’un câble électrique défectueux était à l’origine du sinistre…
Plusieurs chambres étaient réservées pour les astronautes, à l’année, au prix ridiculement bas de 8 dollars la nuit ! Mais quelle publicité pour l’établissement, le Holiday Inn devint très vite l’endroit à la mode, l’endroit où il fallait être. Landwirth eut toujours des relations très privilégiées avec les astronautes, car il protégeait leur vie privée et était aux petits soins… il était leur ami !
L’hôtel et sa piscine devinrent le théâtre de blagues mémorables…
Pour lui faire une petite farce, John Glenn avait fait un scandale à la réception, devant des clients ahuris, car il n’y avait soit disant aucune serviette de bain dans sa chambre… Landwirth lui rendit la monnaie de sa pièce, lors de son séjour suivant, il avait mis tellement de serviettes dans la chambre de Glenn, qu’il put à peine y entrer…
Un jour Gordon Cooper mis quelques poissons dans la piscine, s’est assis sur le plongeoir, une canne à pêche à la main, Landwirth était mort de rire jusqu'à ce que les poissons, tués par le chlore, sont remontés à la surface le ventre à l’air !
Une autre fois, Shepard, qui était allé à la chasse aux alligators, en jeta un vivant dans la piscine, en hurlant dans l’hôtel « Il y a un alligator dans la piscine ! »…
Un officiel de la NASA qui voulait « baptiser » son nouveau voilier, ne put le faire ce jour là, en raison des conditions météo, peu importe dit Shepard, on va le mettre dans la piscine et on le baptisera là-bas… ce qui fut fait !

En 1958, 11 sociétés américaines envoient leur dossier suite à l’appel d’offre de la NASA pour développer et construire la capsule Mercury. Il y a AVCO, Chance-Vought, Convair, Douglas, Grumman, Lockheed, Martin, McDonnell, North American, Northtrop et Republic. Il faut ajouter Winzen Research Laboratories qui a envoyé un dossier incomplet.
Cet appel d’offre fera dire à certains astronautes dont Shepard et Glenn, que lorsqu’ils attendaient le lancement une pensée furtive leur avait traversé l’esprit « Et dire que nous volons sur un engin, qui a été construit par la société qui a fait l’offre la moins chère ».

Afin de brouiller les pistes, pour que la presse ne puisse pas découvrir le nom des candidats astronautes pour Mercury, ces derniers, lorsqu’ils étaient convoqués à l’hôtel Rice de Houston pour avoir un entretien avec le comité de sélection, devaient se présenter à la réception, sous le pseudonyme de Max Peck… Tous les candidats utilisaient le même nom ! Max Peck était le directeur de l’hôtel.


Life et les astronautes: Un extra de 16000 $ par an en moyenne était consenti à chaque astronaute quand les 19 nouveaux astronautes arrivèrent en 1966. Le contrat avait été signé avant le premier vol Apollo et devait se poursuivre jusqu' en 1970 après Apollo 13. Le contrat Life a été sujet de beaucoup de controverse de la part d' autres organismes envers la NASA. L' administrateur James Webb était contre. Les astronautes pour leur part étaient ravi de ce deal pour leur famille qui permettait de mettre un bouclier entre eux et la presse les obligeant à refuser d' autres  interviews. Cunningham disait: " vous ne pouvez pas imaginez la pression des médias  pour avoir nos histoires". La question éthique d' être payer pour raconter son histoire a été mise de coté quand Glenn demanda à passer un WE avec JF Kennedy avec sa famille dans la retraite présidentielle de Hyannis Port Massachusetts. Glenn argumenta qu' ils devaient protéger leur vies personnelles malgré l' intérêt grandissant du public. Kennedy accepta et les décrira comme "des héros malgré eux".

Selon les autres astronautes, la nomination de Grisson comme copilote de Gemini 3 avait fait des vagues. Fin février- début mars 1963, Slayton convoqua tous les astronautes à Ellington pour annoncer la nomination de Shepard et Stafford aux commande de GT3. Trois semaines après, Shepard est mis à pied. On pense que Stafford sera nommé avec Grisson. Mais Borman raconta que c 'est lui et non Stafford qui devait voler avec Grisson. Mais Young est nommé à sa place. Grisson avait choisit son homme.

La nomination de Shepard comme chef du bureaux des astronautes ne facilitait pas les échanges entre les astronautes. Tel un commandant d' escadron, il rapportait les doléances à Slayton, qui lui en discutait avec les managers et les constructeurs. Shepard s' occupait des affaires internes du bureau comme la planification du travail, les relations publiques et les entraînements.
Se plaindre à Shepard, c' était d' abord accepter son humeur du jour. Selon les jours, il pouvait être adorable comme pitoyable et coléreux. Sa secrétaire avait eu la bonne idée de placer sur son bureaux une boite où le portrait de l' astronaute s' affichait avec l' humeur du jour au nouvel arrivant... qui selon la "tête du boss" pouvait éventuellement faire marche arrière.        

Jim Rathmann avait une concession Chevrolet et un garage à Cocoa Beach où les astronautes allaient faire réparer leurs voitures. (Rathmann était un pilote de course, il a fini deux fois deuxième à Indianapolis (épreuve des 500 miles) et a gagné l'épreuve en 1960. Shepard était le seul à avoir une Corvette (qu'il avait payée 3000 dollards, d'occasion) et il lui emmenait très souvent son bolide pour qu'il "bidouille" un peu le V8 afin de lui donner quelques chevaux supplémentaires !
Un jour Rathmann appelle son copain Ed Cole, l'ingénieur en chef de Chevrolet, sur le point d'être nommé président de General Motors, et lui propose de faire un deal avec les 7 astronautes afin qu'ils puissent acquérir une Corvette à des conditions extrêmement avantageuses ! Cela permettrait du même coup de faire un peu de pub et booster les ventes !
Seuls Shepard, Cooper (tu m'étonnes !), Grissom et Slayton acceptèrent l'offre ! Moyennnant 1$ par an ils avaient une Corvette en leasing et pouvaient la changer dès qu'un nouveau modèle sortait...
Rathmann n'a jamais eu aucun problème pour revendre les astro'vettes.

Grissom et Shepard avaient commandé le même modèle de voiture, une Corvette. A la fin des journées d'entrainement, il était de mise de faire une petite course le long de la route. Les autres astronautes ont un jour demandé au concessionnaire de modifier un peu le moteur de la voiture de Shepard pour qu'elle soit très lente au démarrage, mais une bombe de vitesse ensuite. Evidemment, comme les courses se jouaient sur le départ, Shepard rouspétait en ne comprenant pas ce qu'avait sa voiture. Pour pousser la blague un peu plus loin, une peinture avait même été faite sur sa voiture: des coccinelles et autres insectes lents avaient été peintes sur le côté, représentant les "victoires" de Shepard comme le faisaient les pilotes pendant la 2nde guerre mondiale où on paignait des croix pour les avions allemands ou des ronds pour les zéros en signe de victoire. Evidemment la coccinnelle n'était pas une grosse victoire ...
Les autres astronautes ont fini par lui expliquer les modifications sur la voiture, ce qui soulagea bien notre cher Alan.

Un peu avant le premier vol Mercury, alors qu’un test était en cours au pad 5, Walt Williams reçu un coup de fil, on avait besoin de lui à Cocoa Beach pour une conférence de presse. N’ayant pas sa voiture, il se demandait comment il allait faire lorsque Shepard lui tendit les clefs de sa Corvette grise « Pas de problème Walt, prend ma ‘vette , j’irai déjeuner avec Gus »
Williams le remercie et s’en va. Aussitôt, Shepard appelle le poste de sécurité : » Allo, c’est Shepard, un salopard vient de me piquer ma Corvette, et il se dirige vers le portail sud »
Quand Williams arrive au niveau du poste de contrôle, quatre gardes l’arrêtent, le sortent manu-militari de la voiture et le plaquent contre un mur, Williams finit par les convaincre d’appeler Shepard au pad 5…
« Ah, c’est lui qui a ma voiture ? Oui bien sûr. C’est bon, pas de problème ! »
Alan B. Shepard, un jour glacial... un jour farceur... 

Juin 1961, Jan Armstrong et ses deux enfants, Rick, 4 ans et Karen 2 ans se promènent à Seattle, au parc Lake Washington.
Neil Armstrong travaillait sur le projet Dyna-Soar, au Flight Research Center à Edwards en Californie et allait souvent chez Boeing, le contractant.
Armstrong avait surnommé sa fille « Muffie », (de Muffin), il adorait son fils, mais quand sa fille est née, il a tout simplement changé, dira sa femme… Armstrong a toujours eu une grande complicité avec sa mère et sa sœur, plus qu’avec son père et son frère, quand il écrivait à ses parents, ses lettres commençaient toujours par « Cher maman et la famille ».
Alors qu’elle s’amuse à sauter et à courir, Karen trébuche et tombe lourdement sur la tête… un petit saignement de nez… Le soir même, Jan Armstrong remarque que sa petite fille a un problème aux yeux, elle n’arrive plus à les garder parallèles.
Le lendemain elle consulte un pédiatre qui lui conseille de lui faire des examens approfondis.
De retour en Californie, son pédiatre l’envoie chez un ophtalmologue, ce dernier lui demande de surveiller sa fille et de revenir dans une semaine.
Maintenant les yeux de Karen se révulsent, et ce de plus en plus souvent, elle a par ailleurs beaucoup de mal a parler et perd souvent l’équilibre. Des tests approfondis révèlent une tumeur maligne au cerveau, une tumeur très rare, incurable, qui ne représente que 10% des 1500 cas de tumeur au cerveau touchant des enfants, répertoriés chaque année aux Etats-Unis.
Karen est condamnée, sa tumeur est traitée aux rayons X, pour ralentir sa progression, mais Neil et Jan Armstrong savent qu’ils vont perdre leur fille, et Rick sa petite sœur…
L’état de santé de Karen connut une brève rémission, courageuse elle ne s’est jamais plaint. Les jours étant désormais comptés, les médecins conseillent aux parents de garder leur fille à la maison. Elle passe son dernier Noel avec toute sa famille, elle ne peut plus marcher, elle se déplace à quatre pattes, mais est suffisamment consciente pour apprécier l’événement.
Karen est partie le 28 janvier 1962, le jour du sixième anniversaire de mariage de ses parents.
Sur sa tombe on pouvait lire « Karen Anne Armstrong, 1959- 1962 » Et entre ces deux lignes, le surnom que son père lui avait donné, Muffie. Le jour des funérailles de la petite Karen, tous les avions du Flight Research Center sont restés au sol !

Avant Apollo 1, Grisson déclarait dans le livre "Starfall":"Si il y a un sérieux incident dans le programme, il viendra de moi probablement". Par contre c' est Armstrong qui a dit: "Si nous mourrons, nous voulons que les gens l' acceptent".

Pat White, l' épouse de Ed White s' est suicidé en 1983. Elle préparait une réunion amicale avec les épouses des astronautes. elle était partie de Houston après la mort de son mari.

Le septicisme de Guss Grisson et les écoutilles: Dans le livre de Walter Schirra, il raconte qu' il avait proposé que l' écoutille de sa cabine Mercury soit éjectée seulement après avoir été hissé sur le pont du navire récupérateur. Le recul du à l' ouverture de la poignée fut si violent que la main de l' astronaute fut coupé à travers ses gants.

Le nom de "Original 19" donné au groupe de 1966 était une idée de Young, alors membres du comité de sélection.

Marylin See après la mort de Clifton aurait entretenue une liaison avec l' astronaute Scmitt en 1972. Depuis elle s' est remariée au Texas et exerçait dans le métier de journaliste juridique. Elle n' a plus eu de contact avec les autres épouses.

Tous les astronautes avaient un surnom : Lovell: Captain Chaky, Sheppard : José, Grissom : Gus, Schirra : Skyray, Cooper : Hot Dog, Slayton : Deke, Aldrin : Dr Rendez-Vous, Haise : Freddo, Bean : Beano, Cernan : Geno, Young : Cool John ou José, Carpenter : Scotty, Van Often : Ox, Schmitt : Bull...

Alan Sheppard pour son premier vol. A la suite de divers problèmes qui ont grandement retardé son vol, l'astronaute a eu une envie pressente. Lorsque les médecins eurent débranchés ses capteurs pour éviter un court-circuit afin qu'il puisse se soulager, il a pris l'accent mexicain de l'astronaute José Jimenez et a dit " I am a wetback now !" (On appelait wetback les mexicains qui traversaient le Rio Grande pour entrer clandestinement aux Etats-Unis) A l'époque un humoriste, Bill Dana, avait créé le personnage de José Jimenez, un astronaute couard. 

C'est Donn Eisele qui est à l'origine du fameux jeu de mot concernant Guenter Wendt :"I wonder were Guenter went" qu'il faut bien évidemment prononcer avec l'accent allemand "I vonder vere Guenter vent" !

Le 20 juillet 1999, après 38 ans, presque jour pour jour, la cabine Mercury Liberty Bell 7 est récupérée du fond de l’océan où elle avait sombrée, le 21 juillet 1961 ! Un homme, présent sur le navire s’approche et murmure : « Laissez-moi la toucher après 38 ans ! » Les revoilà face à face, lui et la capsule numéro 11 des usines Mc Donnell Aircraft de St Louis, Missouri. C’était comme revoir une vieille ami, sauf qu’il aurait aimé entendre la voix de Gus par-dessus son épaule disant : « Elle est superbe, n’est ce pas ? » Cet homme, c’est Guenter Wendt, le dernier à avoir touché Liberty Bell 7 avant son départ dans l’espace !

Lorsque Guenter Wendt travaillait a Palmdale, pour Rockwell, il avait organisé des journées portes-ouvertes tous les derniers vendredi du mois, avec la présence d’un astronaute. Quelques temps avant l’une d’elles, une dame l’accoste et lui demande si la prochaine fois, elle pourrait lui emmener son fils car il rêve de voir un T-38 de près, l’avion d’entrainement des astronautes… Guenter Wendt donne tout de suite son accord ! Il y a juste un petit détail, l’enfant est aveugle. Afin de préparer au mieux cette rencontre, il appelle sa fille ainée qui avait un temps travaillé au contact d’enfants handicapés pour avoir quelques conseils… « Tu dois lui faire toucher les choses car c’est comme cela que les aveugles recréent des images tri dimensionnelles dans leur cerveau » et surtout lui conseille t’elle, « ne lui demande jamais si il sent, lorsqu’il touche quelque chose mais si il voit ! » Le jour venu, fort de ces précieux conseils Guenter Wendt et l’astronaute Joe Engle emmènent le petit garçon « voir » un T-38 ! Sur le chemin ils conversent avec lui et sont très étonnés par les connaissances largement au-dessus de la moyenne du garçon ! Guenter Wendt, le soulève pour qu’il touche le nez de l’avion, tu vois ce truc pointu, c’est pour « percer l’air » lorsque l’avion est supersonique… « Tu vois ?» « Oh oui », répond le gamin tout excité… Ils font le tour de l’avion, Guenter Wendt lui montre les arrivées d’air, les tuyères, les ailerons, les gouvernes etc… Chaque fois que Guenter Wendt lui demande s’il voit, l’enfant répond toujours « Oh oui, je peux le voir ! » Tout en lui faisant toucher le jet, il lui explique en détail le fonctionnement des divers composants... mais l’enfant en connaît déjà un sacré rayon !
Enfin, Joe Engle l’assoit dans le cockpit, l’enfant est émerveillé, il touche tous les boutons du tableau de bord un à un, les commandes, et chaque fois Joe Engle lui explique à quoi ils servent… Encore une fois les deux hommes sont stupéfaits par les connaissances du garçonnet. Après un sacré bout de temps, Joe Engle fait descendre le garçon et tous deux le ramènent à sa mère… Celle-ci prend son fils d’une main et de l’autre étouffe un sanglot… Joe Engle et Guenter Wendt ne sont pas loin des larmes non plus…. Le garçonnet est radieux… il vient de réaliser un rêve, voir un T-38 !

Au cours de sa carrière Guenter Wendt a fait de nombreuses visite guidées, pour la presse, les officiels… mais si vous lui demandez laquelle l’a le plus touché…

Un collaborateur de Guenter Wendt avait acheté une voiture, il avait choisi un modèle pour sa faible consommation...Afin qu'il ne soit pas déçu, ses collègues de travail lui rajoutaient de l'essence régulièrement...
Il était aux anges, il n'avait jamais vu une voiture consommer aussi peu, et s'en vantait partout !
Après une petite visite au garage, ses collègues firent exactement le contraire, en siphonnant quelques litres chaque fois...Quand il s'aperçoit que sa voiture consomme deux fois plus qu'avant, il va voir le garagiste pour lui demander ce qu'il a bien pu modifier sur sa voiture... Bien évidemment, ce dernier ne comprend pas !
Finalement, ses collègues lui avouèrent leur petite blague...

Guenter Wendt n'aimait pas trop les journalistes, qui prenaient les ingénieurs de la NASA pour des gens un peu farfelus...Un jour alors qu'il fait faire le tour du propriétaire à une vingtaine de journalistes, il leur confie que les éléments d'une fusée ou d'une capsule ont une "vie" et qu'il faut leur parler afin qu'ils fonctionnent parfaitement. Au moment où il sort de l'ascenseur,il s'adresse à la caméra de surveillance qui se trouve à l'entrée de la "White Room"...
"Tout va bien ?" La caméra fait un mouvement de haut en bas.
"Tu aimes bien les gens que j'emmène avec moi ?" La caméra fait un mouvement de droite à gauche, en guise de non...
Les techniciens de la salle de surveillance sont morts de rire en voyant la mine de leurs invités...

Quelques temps avant le tout premier vol Mercury, Jack King, (Public Affairs Officer) avait autorisé la presse à venir filmer une reconstitution des derniers instants avant le vol, c'est-à-dire le moment ou l’astronaute prend l’ascenseur pour accéder à la capsule. Le film devait passer à la télé le jour du premier vol. (Le jour J, les journalistes ne seraient pas autorisés à accéder au pas de tir). Etaient présents, Bill Douglas, médecin, Joe Schmitt, « Suit Technician », Gordon Cooper, en combinaison et Guenter Wendt ! Tous les quatre quittent le Hangar S et montent dans un van de la NASA direction le pad…
« Voilà ce que nous allons faire » dit Cooper. Douglas et Schmitt regardent Guenter Wendt éberlués lorsque Gordon Cooper leur annonce ce qu’il veut faire ! Guenter Wendt : « Tu vas tous nous faire virer ! » Cooper : « Qu’est ce qu’il y a Guenter ? Tu as les chocottes ? » Guenter Wendt : »Allons-y !»
Ils descendent du van, accueillis par de nombreux photographes et cameramen. Jack King, fièrement, ouvre la marche et Gordon Cooper dans sa combinaison immaculée, portant sa « valise d’oxygène », joue son rôle d'intrépide astronaute. Tous sont déjà entrés dans l’ascenseur lorsque Cooper s’arrête, regarde la fusée Redstone de haut en bas, comme s’il la voyait pour la première fois, s’accroche à la porte et hurle : « Non… Non, je ne veux pas y aller ! ». Guenter Wendt et les autres l’attrapent comme ils peuvent, le forcent à monter dans l’ascenseur et claquent le rideau métallique ! Alors qu’ils sont tous morts de rire, ils entendent la voix hystérique de Jack King : « Eteignez toutes les caméras, plus de photos ! »
Dans le numéro d’ « Aviation Week » paru quelques jours plus tard, les journalistes du magazine ont demandé le renvoi de Joe Schmitt et Guenter Wendt et ont proposé que Gordon Cooper et Bill Douglas soient dégradés, tous les deux étaient encore militaires. A compter de ce jour, chaque fois que Guenter Wendt et Gordon Cooper se sont vus, ils se sont appelés : « soldat de cinquième classe ». Pour son dernier vol dans l’espace (Gemini 5), lorsqu’il est entré dans la « White Room », Gordon Cooper s’est mis au garde à vous devant Guenter Wendt et en le saluant a dit « Soldat de cinquième classe au rapport ». Gordon Cooper est mort le 4 octobre 2004.

Un matin, Guenter Wendt arrive à l’usine McDonnell de St Louis où sont fabriquées les capsules Mercury, d’habitude le hangar est propre et bien rangé, mais ce matin là, il y a comme une odeur de purin. « C’est quoi cette odeur ? On se croirait dans une porcherie », un technicien l’emmène alors un peu plus loin et lui montre un enclos dans lequel se trouvent une douzaine de cochons… Bien que la capsule soit supposée amerrir, il fallait prévoir l’éventualité d’un atterrissage. Il était donc impératif de concevoir un siège, qui puisse absorber suffisamment d’énergie, pour ne pas blesser l’astronaute. Il se trouve que la structure des organes internes du cochon et son ratio poids, masse du squelette, sont pratiquement les mêmes que celui de l’Homme.
On fabriqua donc des sièges spécialement conçus pour ces braves animaux et on les soumit à toutes sortes de tests. L'un d'eux consistant à les "laisser choir" d’une hauteur de quelques mètres afin d’évaluer les qualités absorbantes des différentes configurations en nid d’abeille proposées par les ingénieurs….
Un centre de jeunes, des environs, apprécia les livraisons régulières de jambons et autres viandes de porc !

Mi-novembre 1972, la quarantaine de l’équipage d’Apollo 17 débute. C’est à ce moment que Guenter Wendt présente les premiers symptômes d’un rhume. Il va consulter un des médecins du KSC qui l’examine et lui permet de reprendre son travail à condition de rester à bonne distance des astronautes. Quelques jours plus tard, alors qu’un test important est en cours, Guenter Wendt reçoit un coup de fil d’un certain Sam Groom, médecin au Centre Spatial Johnson.
- « J’ai appris que vous aviez un rhume »
- Etonné Guenter Wendt lui répond « oui, en effet, j’ai un petit rhume »
D’une voix sèche le médecin lui dit « Je veux que vous quittiez le pad immédiatement. Sortez tout de suite de la « White Room ! »
- « Monsieur, sauf votre respect, je ne reçois mes ordres que du responsable des tests, c’est la voie hiérarchique »
- Très en colère, « Je suis le médecin responsable de la bonne santé des astronautes et je n’ai pas à suivre la voie hiérarchique ! »
- « Dr Groom, il faut que vous en avisiez le responsable du test qui me donnera l’ordre de quitter le pad »
- Furieux le médecin aboie « C’est invraisemblable, vous êtes un contractant, moi je suis de la NASA. Vous ferez ce que je vous dis ! »
Guenter Wendt perd alors son sang froid, lui dit d’aller se faire voir, et lui raccroche au nez !

C’est alors qu’il voit Gene Cernan dans la salle adjacente (Dressing Room) avec un téléphone à la main. Il lui fait un petit signe de la main et lui crie « Gotcha ». Une fois de plus Guenter Wendt s’est fait avoir !

L’heure de la revanche de Guenter Wendt a sonné. Ce jour là, l’équipage d’Apollo 17 donne la coutumière petite fête d’avant vol, (réservée uniquement au personnel habilité à entrer en contact avec les astronautes pendant leur période de quarantaine), dans une maison sur la plage qui avait une vue magnifique sur l’océan… Après avoir bien mangé, bien bu et bien rigolé, il est temps pour les astronautes de s’absenter pour assister à une conférence de presse au O&C building qui doit se tenir à 20 heures. Eugene Cernan prend sa Chevrolet décapotable et démarre… La voiture ne bouge pas, ensablée… Tout le monde sort pour se moquer de lui, et certains lui donnent des conseils, avance un peu, recule…
« Qu’est ce qui se passe, vous pouvez m’envoyer sur la lune, mais vous n’êtes pas capable de m’aider à sortir cette voiture de ce foutu sable ! »
Cernan voyant les minutes s’égrener devient de plus en plus irritable.
Finalement Guenter lui lance : « pourquoi tu n’enlèves pas le parpaing qu’il y a sous ta voiture ! »
Pendant la réception Guenter Wendt s’était subrepticement glissé au-dehors et avec l’aide d’un cric avait disposé des parpaings sous la voiture afin que les pneus effleurent tout juste le sol ! Gotcha !

Deux chimpanzés, Ham et Enos furent sélectionnés pour effectuer les premiers vols Mercury, au grand dam des astronautes…Si Ham avait en règle générale bon caractère, Enos était un peu plus imprévisible, aussi, lorsqu’il fallait présenter un « astrochimp » au public les responsables choisissaient Ham…
Alors que Guenter Wendt accompagne un membre du congrès lors d’une visite, le politicien un peu rondouillard lui demande : « Je veux voir les singes ».« Ce sont des chimpanzés » précise Guenter Wendt « Pour moi tous les singes se ressemblent, je veux les voir » (Il faut préciser qu’en anglais on fait la distinction entre monkey et ape, en français nous n’avons que le terme singe. Ape désigne les singes anthropoïde comme le gorille, le chimpanzé etc…) Guenter Wendt va voir les personnes de l’US Air Force qui entrainent les primates pour demander si Ham est disponible… "Ham est dans le simulateur, mais Enos vient de finir une session…" Sachant que Enos serait de toute évidence un piètre promoteur du programme spatial, il lui répond qu’aucun singe n’est disponible. Le politicien ne l’entend pas de cette oreille, il exige de voir un singe ! Bon puisqu’il insiste ! Guenter Wendt emmène donc cette personnalité du Congrès au Hangar S. Plusieurs techniciens de l’US Air Force sont présents, et Enos est debout dans sa cage. A la vue de cet inconnu, Enos s'agite et commence à gronder. « Alors voilà l’astronaute, hein ? » ironise le politicien en s’approchant de la cage. « Que fais-tu la dedans petit voyageur de l’espace ? » A ce moment là, Enos se recule, s’accroupit et met les mains sous son postérieur… Le gars continu « Tu vas aller faire un tour en fusée ? », c'est alors que Enos se redresse et en grognant envoie une bonne poignée de matière fécale sur le VIP… Guenter Wendt qui avait senti le coup venir s’était mis à bonne distance. « P….. de dieu » hurle le politicien en essuyant sa cravate et sa chemise…Ce dernier à rapidement quitté les lieux et Guenter Wendt ne se souvient pas l’avoir revu.

« Wally » Schirra avait été envoyé à la station de suivi de Muchea, en Australie, pour le vol orbital du chimpanzé Enos (Mission Mercury Atlas 5). Lorsque Schirra arrive dans la salle de contrôle, il découvre qu’un petit farceur a disposé une banane devant chaque console…

Bien avant le premier vol Mercury, on demanda à Gus Grissom de faire un discours dans une usine de la General Dynamics à San Diego en Californie. Shorty Powers, le NASA Public Officer, lui proposa de lui écrire un petit « speech », mais ce dernier déclina l’offre, ce qui rendit Powers quelque peu nerveux…
Ce jour là, devant les 18 000 personnes qui construisaient la fusée Atlas, Grissom s’approcha du micro, pris sa respiration et dit : « Faites du bon travail ! » Il se rassit… Pendant un moment la foule resta silencieuse… Puis tout le monde se mit à applaudir et à crier… Plus tard les techniciens accrocheront un écriteau dans l’usine qui disait « Faites du bon travail » Do good work !

MA 6. Glenn qui était le favori du public et des médias a très mal accepté que Shepard soit le premier... il prendra sa revanche en étant le premier américain en orbite autour de la Terre... Du coup Shepard, lui aussi, a tout essayé pour faire un vol orbital... Le monde des pilotes de chasse est ultra compétitif, chacun veut prouver qu'il est le meilleur, rien d'étonnant à ce qu'il y ait eu des heurts entre les astronautes, mais la NASA a toujours été très claire, aucune dissension doit transparaître devant le public, tout doit rester "en famille".

MA 7. Alors que Scott Carpenter attends depuis une quarantaine de minutes, (Il est à plus de 400 kilomètres du point prévu… il a allumé ses rétros-fusées 3 secondes trop tard…) dans une capsule surchauffée, il est enfin repéré par un avion de récupération et de secours SA-16 ! Le destroyer Faragut est le premier bâtiment à sécuriser la zone, puis arrive un hélicoptère HSS-2 du porte-avion Intrepid. L’hélicoptère lui envoie un harnais, pour des raisons de sécurité le pilote donne pas mal de « mou » au filin, au cas où l’hélico ne puisse pas garder une position stationnaire. Lorsqu’il est prêt, Carpenter doit lever le pouce et sauter de la capsule. Deux erreurs sont commises alors, la première par Carpenter qui aurait du attendre que le filin soit tendu pour sauter et la seconde par le gars qui manipule le treuil, au lieu d’appuyer sur up il appuie sur le bouton down. Le pauvre Carpenter tombe en plein dans le colorant vert très dense qui aide à localiser les capsules. De mémoire d’équipe de récupération, on n’avait jamais vu autant de colorant dans l’eau, du coup Carpenter est ressorti tout vert, crachant et toussotant, le colorant avait tout teint, il a fallu le laver dans l’hélico avant qu’il ne puisse se présenter sur le porte avion.

MA9. Gordon Cooper est bien évidemment présent à la cérémonie du « rollout » de « sa » fusée Atlas qui se tient à l’usine Convair de San Diego. Il la regarde longuement, puis prend un marqueur et trace une flèche dont la pointe indique le nez de la fusée, il inscrit ensuite l’instruction suivante : « A lancer dans cette direction » et signe G. Cooper, pilot.

MA 9. Il s'en est fallu de très peu pour que Gordon Cooper ne fasse pas son vol Mercury (le dernier de la série). Deux jours avant le lancement, alors que les préparatifs allaient bon train sur le pas de tir, il n'a rien trouvé de mieux que de faire un "passage bas" avec son F-102 au-dessus du site avec les moteurs à pleine puissance. On imagine le bruit assourdissant et les vibrations... Furax, Walt Williams appelle Deke Slayton, chef du bureau des astronautes pour lui ordonner de remplacer Cooper. Après moult tractations il finira par faire son vol...

ANECDOTE DES JUMEAUX

Gemini 3. Alors que Grissom et Young s'habillaient pour leur vol GT-3, Wally Shirra surgit dans sa combinaison argentée Mercury avec une écharpe sur laquelle était marqué Old NASA, en criant :"Eh, les gars, si vous avez la trouille, je suis prêt à partir".
Grissom était connu pour détester les nourritures en tube lyophilisées. En orbite, au moment du premier repas, Young sorti de sa poche un paquet qu'il offrit à Gus. C'était un sandwich. Guss aurait répondu "Tu vas avoir de gros problème John ... il n'y a pas de moutarde". Young avait pu introduire ce sandwich dans Gemini 3 avec la complicité de Wally Shirra. Young fur d'ailleurs le premier astronaute à être publiquement réprimandé pour cette "plaisanterie". Des miettes de pain auraient pu endommager le système de ventilation ! Heureusement cette "réprimande" n'a pas affecté sa carrière !

Les astronautes avaient pris l'habitude de donner un nom a leur "capsule" et pour cette mission, Grissom avait décidé d'appeler Gemini 3 "Molly Brown" en référence à une comédie musicale de Broadway intitulée " The Unsinkable Molly Brown" (l'insubmersible Molly Brown) et ceci, pour faire un pied de nez à la polémique qui a suivi la perte de sa capsule Mercury "Liberty Bell", tombée au fond de l'océan atlantique. Lorsque la NASA lui a demandé de changer de nom, il a proposé "Titanic"... C'est bon pour "Molly Brown" lui a t-on rétorqué ! Peu après, un mémo issu des hautes sphères de la NASA, interdira désormais de donner des noms aux capsules (vaisseau spatial) jusqu'à Apollo 9, où il fallait faire une distinction entre le CSM et le LM.

Gemini 4. Lors de la conférence de presse d’avant vol de la mission avec les équipages "prime" et "backup"(James McDivitt – Edward White et James Lovell – Franck Borman), un journaliste demande s’ils ont choisis un nom pour leur vaisseau spatial, James McDivitt répond: “Je ne sais pas, qu’est ce qu’on joue à Broadway en ce moment ?” (Un clin d’oeil à Gus Grissom et la manière dont il avait baptisé Gemini 3 “Molly Brown” d’après la comédie musicale “The Unsinkable Molly Brown”)
A la question de savoir si l’équipage s’entend bien il répond : « Je pense que j’ai passé plus de temps avec Ed depuis le 1er septembre qu’avec ma femme, on s’entend parfaitement, mais ces deux là (désignant Jim Lovell et Franck Borman), j’ai des doutes ».
Borman : »C’est un excellent groupe, d’ailleurs la nuit dernière Jim et moi avons eu un problème avec nos réservations, du coup nous avons passé la nuit ensemble dans la suite nuptiale du Georgetown Inn. »
Lovell : « On ne peut pas être plus proche »
Toute la conférence de presse s’est déroulée ainsi.

Gemini 7. En parlant de son vol, Jim Lovell dira plus tard, que c’était un peu comme avoir passé deux semaines dans des latrines. Pour deux raisons : la cabine était très exigüe... Et la rupture d’une poche d’urine.

Gemini 9. Le vol de Stafford et Cernan ayant été reporté deux fois, au moment de prendre l'ascenseur ils purent voir un écriteau qui disait : "Le bouton qui permet de redescendre a été désactivé" En sortant de l'ascenseur, Deke Slayton qui les accompagnait, leur tendit une grosse allumette d'environ 1 mètre en leur disant :" Au cas ou vous auriez du mal à allumer la bougie

Gemini 10. C'est la femme de John Young, Barbara, qui a dessiné le badge de la mission Gemini 10. Premier astronaute à divorcer, juste avant Apollo 16.

A maintes reprises, pendant l'entrainement de son vol Gemini 10, John Young s'est plaint d'avoir du mal à commuter les boutons de commande avec ses gants, pour éviter d'actionner un bouton par inadvertance, il a demandé s'il pouvait se servir d'une pince. Pas question lui a t-on répondu ! Le jour du vol, Guenter Wendt lui a présenté une pince géante, d'environ 1m50, fabriqué en Styrofoam et papier alu. Young ne s'est pas démonté :"Tu m'aides à la ranger " Quelques temps plus tard, John Young lui a confié qu'il avait planqué une pince dans sa combinaison. "John Young n'était pas du genre à se laisser "embarrasser" par les procédures quand il voulait que le travail soit bien fait" Guenter Wendt

John Young et Mike Collins s'apprêtaient à dormir, et pour se faire ils devaient mettre des caches en tissu sur les deux petits hublots de Gemini. C'est en les fixant qu'ils se sont rendu compte que des images étaient imprimées dessus: deux pin-ups d'un club-play boy près de St Louis ornaient chaque cache-fenêtre. Lorsque les 2 filles ont appris la nouvelle (elles étaient amie d'un ingénieur de chez MacDonnell), elles ont voulu aller à la conférence de presse d'après vol pour demander aux astronautes "s'ils avaient appréciés d'être en leur compagnie dans l'espace". Les 2 astronautes étaient un peu effrayés par la possible question de deux ravissantes filles au milieu d'une masse de journalistes, c'est Deke Slayton qui a reglé le problème par un coup de fil de dernière minute.

Gemini 12. Le 11 novembre 1966 Jim Lovell et Buzz Aldrin, clôturaient le fabuleux programme Gemini. Lorsqu’ils sont descendus du van pour prendre l’ascenseur, chacun avait un écriteau dans le dos, et les deux, côte à côte, formaient les mots THE END. Pour la plupart des employés de chez Mc Donnell, c’était la fin également… C’est North American Aviation qui avait remporté le contrat du CSM. Ce jour là, dans la white room, Jim Lovell remit à Guenter Wendt un chèque géant de 1 million de Deutsch Mark, en lui disant : « la persévérance paie ».

Au cours du repas organisé après le vol (post flight dinner party – il s’agit d’une coutume datant du premier vol de Sheppard, où seuls les astronautes, les employés, les familles, se réunissent autour d’une bonne table… 
Alors que Lovell et Aldrin sont debout, racontant leur vol, deux policiers font irruption dans la salle, s’avancent et demandent : « Messieurs, êtes vous James Lovell et Edwin Aldrin ? » Immédiatement le silence se fait dans la salle. Lovell et Aldrin se regardent, ne comprennent pas ce qui se passe « euh…oui monsieur…c’est nous » Les deux policiers sortent alors leurs menottes, et l’un d’eux annonce, d’une voix suffisamment forte pour que chacun entende bien : « Nous avons un mandat d’arrêt contre vous ! » Lovell et Aldrin sont abasourdis. « Qu’est ce qu’on nous reproche ? » Il y a un homme au fond de la salle qui a porté plainte, car vous lui avez remis un chèque sans provision ! Les deux astronautes scrutent les personnes au fond de la salle… lorsque Guenter Wendt se lève et leur crie : « Je vous ai eu ! (Gotcha !)
Guenter Wendt avait contacté deux amis à lui, de la police de Cocoa Beach pour faire une petite blague !

Nous sommes en avril 1964, Janet Armstrong est réveillée par une forte odeur de fumée, elle réveille violemment son mari qui va voir ce qui se passe. Quelques secondes plus tard Neil Armstrong lui crie que la maison est en flammes et qu’il faut appeler les pompiers… A l’époque il fallait passer par un opérateur qui a trois heures du matin avait du s’endormir… Désespérée elle va chercher de l’aide chez leurs voisins et amis, Ed et Pat White qui ont, eux aussi, deux enfants, Eddie et Bonnie… Ed et Pat dorment les fenêtres ouvertes, ils entendent les cris de Janet Armstrong et sortent immédiatement. Pendant ce temps Neil est allé chercher Mark, âgé de 10 mois, mais il ne peut pas le laisser seul près de la piscine et attend que l’on vienne l’aider… Rick, six ans est toujours dans la maison… Pat White a pu donner l’alarme, et Ed combat le feu armé d’un tuyau d’arrosage… Lorsqu’il entend Neil crier, Ed White passe le tuyau à Janet, prend Mark dans ses bras et le met en sécurité. Le brasier dégage tellement de chaleur que Janet doit arroser le ciment sur lequel elle se tient pieds nus. La coque en fibre de verre de la nouvelle Corvette de Neil, garée dans le garage commence à fondre. Neil entoure un linge mouillé autour de son visage et retourne dans les flammes. Il dira plus tard que les quelques mètres qu’il a parcouru ont été les plus longues de sa vie, car il redoutait ce qu’il allait trouver. Heureusement Rick va bien, Neil attrape son fils, lui met sa serviette mouillée sur la tête et se fraye un passage hors de cet enfer. Neil demande alors à Ed de l’aider à sortir les voitures du garage avant qu’elles n’explosent. Chacun prend ensuite un tuyau d’arrosage pour essayer de circonscrire le feu. Les pompiers arrivent 8 minutes après le coup de fil de Pat White, et mettent plusieurs heures avant d’éteindre l’incendie.
Les Armstrong sont hébergés par les White quelques jours... Heureusement ils n’avaient pas emménagés depuis longtemps et avaient encore peu de meubles… Ils ont eu beaucoup de chance, la plus grosse perte, les photos de famille, particulièrement celles de Karen…Heureusement quelques unes seront sauvées…
La vie est pleine d’ironie, la mort également, en moins de trois ans les meilleurs amis des Armstrong, leurs proches voisins, trouveront la mort, Theodore Freeman et Elliot See dans un accident d’avion et… Ed White dans l’incendie d’Apollo 1 
Theodore Freeman, dans le crash de son T-38 a percuté des oies en pleine migration, la verrière en plexiglas du cockpit a explosé, des morceaux de cette dernière sont entrés dans les moteurs causant leur extinction. Freeman s’est éjecté, mais il volait trop bas. C’est le premier astronaute à avoir perdu la vie. Le jour d’Halloween… 

Les astronautes Virgil « Gus » Grissom, Edward White et Roger Chaffee avaient fait faire par un joaillier de Houston un insigne d’astronaute (Astronaut pin) en or avec un diamant en guise d’étoile. Ils voulaient emmener le bijou avec eux lors de la première mission Apollo et en faire cadeau à Deke Slayton.(Ce dernier, interdit de vol spatial en août 1962 en raison d’un souffle au cœur avait été sélectionné en avril 1959 avec le premier groupe d’astronaute de l’histoire, ne volera qu’en juillet 1975 avec la mission Apollo – Soyouz.) Malheureusement le sort en décida autrement, Grissom, White et Chaffee périrent dans l’incendie de leur capsule en janvier 1967 au cours d’un test sur le pas de tir, ce furent les veuves des trois astronautes qui lui remirent ce témoignage d’amitié, de respect, de reconnaissance pour son travail à la tête du bureau des astronautes… Deke Slayton portera cet insigne jusqu’à sa mort excepté une petite semaine de juillet 1969, lorsque le bijou fera un petit voyage sur la Lune… Deke Slayton est mort d’une tumeur au cerveau le 13 juin 1993.

L’insigne d’astronaute (Astronaut Pin) a été imaginé par Wally Schirra et Gordon Cooper puis validé par les 5 autres astronautes. Il représente trois trajectoires qui se rejoignent dans l’espace infini, symbolisé par l’étoile, entourées par une ellipse qui figure le vol orbital.
Par la suite, l’US Air Force, L’US Navy, l’US Army incorporeront cet insigne sur les « ailes » afin de distinguer, parmi leurs pilotes, ceux qui sont allé dans l’espace. Les « ailes » sont portées sur l’uniforme, « l’astronaut pin » uniquement sur des vêtements civils !
Lorsqu’ un astronaute est sélectionné on lui donne un insigne en argent , après son premier vol dans l’espace on lui remet un insigne en or à l’occasion d’une petite cérémonie.
L’insigne des astronautes a été inclus sur un badge de mission pour la première fois avec Apollo 14, en 1970. Il faudra attendre 1984 et la mission 41-G pour qu’il réapparaisse, depuis il a été incorporé sur environ 17 badges ce qui en fait le symbole le plus utilisé…
Alan Bean, (Apollo 12) a jeté son pin en argent en direction de la sonde Surveyor… Pendant qu’il était en « l’air », il a pu le voir briller comme une étoile sur le fond noir du ciel… Cet insigne restera sur la lune des milliards d’années à moins qu’entre temps quelqu’un ne le trouve et le ramène sur Terre. (Alan Bean avait son insigne en or dans une de ses poches, mais ne sera autorisé à le porter qu’a son retour sur Terre.)
Alan Bean à laissé les "ailes d'or" (Navy) de C.C. Williams sur la Lune ! C'est Bean qui a remplacé C.C. Williams comme back-up sur Apollo 9 ce qui lui a permis de faire partie d'Apollo 12. Sur le badge d'Apollo 12 il y a quatre étoiles, trois pour les astronautes de la mission, la quatrième pour Clifton Williams tué dans le crash de son T-38.

Le 11 septembre 1962 le président Kennedy effectue sa première visite au Centre Spatial Marshall dont Wernher Von Braun est le directeur. A l’époque tous les postes clefs de ce centre sont occupés par des anciens de Peenemünde et il est le plus important en termes de budget et de personnel… Lorsque Von Braun lui montre une maquette de la Saturn V, il lui dit : « Voilà la fusée ! », il regarde alors le président dans les yeux et ajoute : « Nous y arriverons !». (sous entendu, envoyer un Homme sur la lune avant la fin de la décennie) Kennedy est tellement emballé par ce qu’il a vu et les paroles de Von Braun, qu’ il lui demande à brûle-pourpoint de l’accompagner jusqu’à sa prochaine destination Cap Canaveral. Dans l’avion, ils auront le temps de parler. (Les installations de la NASA du Cap Canaveral sont sous la direction de Kurt Debus qui était un proche collaborateur de Von Braun à Peenemünde).
Lors d’un discours, Kennedy ultra confiant, rassuré par Von Braun, dira qu’en dépit d’un départ tardif dans la course à l’espace les Etats-Unis seront très bientôt les premiers !
Huit mois plus tard, en mai 1963, Kennedy fera sa dernière visite au centre Marshall, au cours de laquelle il assistera à un test de moteur fusée… Extrêmement impressionné, il prendra le bras de Von Braun et devant les journalistes dira : « C’est tout simplement extraordinaire !... Si je pouvais montrer tout cela aux membres du Congrès ! »
Six mois plus tard, le 22 novembre, Wernher Von Braun est dans l’avion qui le ramène chez lui, il vient de faire un discours devant le Congrès, lorsqu'il apprend que le président Kennedy à été assassiné...C’est la seule fois où sa secrétaire l'a vu pleurer… Quelques temps auparavant, Wernher et Maria Von Braun avaient reçu une invitation à diner à la Maison Blanche, de John et Jacqueline Kennedy, pour le 25 novembre… Il se trouve que c’est le jour où John Fitzgerald Kennedy a été inhumé !
Le 29 novembre, le NASA Launch Operations Center du Cap Canaveral deviendra le John F. Kennedy Space Center

 

PREMIER TOUR AUTOUR DE LA LUNE APOLLO 8

La distance entre la terre et la lune varie de 356393,5 à 406594,3 km. Lors du survol d' Apollo 8, elle était de 376345,1 km.

En 1988, le cosmonaute soviétique Alexis Leonov déclarait qu' il était à l' entraînement en 1968 avec Oleg Makarov pour un vol circumlunaire dans un vaisseau Zond dérivé du Soyouz.

Anders donna des noms à une douzaine de cratères sur la face cachée de la lune en hommage à des leader nationaux, contrôleurs de vol, managers de la NASA. Il nomma aussi trois petits cratères Borman, Lowell et Anders entre la face visible et celle cachée. Paradoxalement, les noms d' Anders ne furent pas approuvés par l' union astronomique internationale IAN, l' autorité reconnu pour ce genre de chose. L' IAU baptisa trois cratères Borman, Lowell et Anders dans une région situé sur la face cachée que les astronautes n' avaient jamais vu: elle était dans l' ombre lors de leur vol.

Tout le monde connaît cette photo du "clair de terre", le "earthrise", prise le 20 décembre la lune s' élevant au dessus de l' horizon lunaire prise par Bill Anders, certainement une des photos lunaires la plus reproduite... mais dans le mauvais sens. En réalité, la terre se positionnait à gauche et non en haut lorsque l'astronaute prit le cliché. Le cliché a été élu une des plus grande images du 20e siècle par la revue "Time" et une des 100 qui ont révolutionné le monde par "Life". 5 mois après le vol, la poste US a émis un timbre à l'effigie du "earthrise".
Pour la petite histoire, on a longtemps attribué cette photo à Borman. Anders n' avait pas de film dans son appareil, les pellicules étaient réservées pour des prises de vues scientifiques. Borman insista "Prends cette photo, elle est plus importante que tes cratères et volcans !!". Borman a pris l' appareil et a photographié en noir et blanc la terre en orbite autour de la lune alors que celle ci vient juste de se lever. Anders mis un magasin de film couleur dans son appareil est pris cette autre photo mais en couleur.
La polémique dura très longtemps, d'autant que le troisième homme d'équipage (Lovell), qui n'était pas en reste de facéties, avait déclaré que c'était lui, en fait, qui avait pris la photo. Les trois hommes se retrouvèrent ensemble pour la première fois au vingtième anniversaire de la mission Apollo 8 en 1988, et c'est là que Borman devait reconnaître avec humour que c'était bien son camarade Anders qui avait pris cette photo (d'autant que l'écoute des enregistrements de vol et la position supposée des hommes à bord de la capsule avaient déjà confirmé ce point depuis longtemps). 
En 2013, pour fêter les 45 ans du vol, la NASA grâce aux images de la sonde LRO en orbite autour de la lune réalise une vidéo montrant très précisément la position du CSM, de la lune et de la terre au moment de la photo. La série d'image prise par Anders est d'abord en noir et blanc à l'instar de celle prises par Lunar Orbiter deux ans plus tôt. Puis, ayant mis une cartouche de film couleur, elle se poursuit en couleurs.
Grâce aux données du LRO, il a été possible de visualiser la position du CSM en orbite autour de la lune, de voir le moment où les photos ont été prises, mais aussi exactement de quelle manière le CSM était orienté et de quels hublots chaque photo a été prise. Afin, pour la première fois il a été possible de  synchroniser les photos prises avec la voix des astronautes.

Le 24 décembre 1968, le CSM émerge de derrière la lune pour la 4e fois à 110 km d'altitude. Il est orienté le "nez" vers le sol, prenant une série de photo du sol grâce à une caméra stéréo fixée sur la fenêtre de rendez vous. Une photo est prise toutes les 20 secondes, le module étant en mode rotation manuelle. Dans le CM, Borman est dans le siége gauche gérant la rotation du module pour les photos du sol, Lowell est dans le compartiment équipement faisant le point avec le sextant de bord et Anders est dans le siége de droite, observant la lune à travers le hublot latéral, prenant des photos avec son Hasselblad équipé d'un objectif de 250 mm. Un second Hasselblad est monté avec un 80 mm sur le hublot gauche de rendez vous en face Borman, prenant une photo du sol toutes les 20 secondes. Lorsque la terre apparaît, Borman est entrain de faire tourner le CSM. C'est simplement le temps de rotation qui a fait que le lever de terre n'a pu être vu par les astronautes lors des 3 orbites précédentes. Mais à ce moment, Anders l'aperçoit depuis son hublot, il est 16h38mn33s, MET 75h47mn33s: "Oh my god, look at that picture over there! s'exclame t'il. There is the earth commin'up. Wow, is that pretty!" Borman répond: "Hey, don't take that, It's not sheduled". Anders prend un cliché en noir et blanc, la terre vient juste de se lever (magazine E, AS08-13-2329). Il demande un film couleur à Lowell rapidement, le module lui continue de tourner. La terre réapparaît sur le hublot de rendez vous droit et celui de l'écoutille. Anders prend 2 clichés en couleur (magazine B, AS08-14-2383 et 2384. 11 autres clichés sont pris par Anders montrant la terre se lever ainsi qu'une partie du hublot.

"Please be informed there is a Santa Clauss".
Houston MET 89 h 29 mn 39 s, la tension est palpable dans le centre de contrôle. Si l' injection en orbite lunaire se déroule comme prévu, le vaisseau Apollo 8 réapparaîtra 19 mn après minuit le 25 décembre 1968. Si le moteur ne s' allume pas, le contact sera repris 8 mn plus tard. Les secondes passent interminables. La télémétrie enregistre quelques bonds, le temps pour l' antenne du module de service de se recaler avec la terre. La voix de Lowell brise le silence:
"Houston, Apollo 8, Over"
"Hello, Apollo 8", répond le capcom Mattingly "Loud and clear".
"Please be informed there is a Santa Clauss".
"That s affirmative" répond joyeusement Mattingly. "You are the best ones to know".   
cette phase dite par Lowell a été pensé d' après une nouvelle du début du 20 eme siécle qui devait rassurer une petite fille sur l' existence de Saint Nick.

Le commandant de vol Borman avait souffert de violentes nausées et de vomissements mais aussi de diarrhée qui avaient suscité la crainte du contrôle au sol, qui avait même songé à un retour prématuré de l'équipage sur terre tout de suite après la mise en orbite. Il n'envisageait aucunement de les faire séjourner sur dix orbites, ce qui était prévu pour Apollo 8 à la base, un astronaute malade qui risquait de contaminer les deux autres de surcroît. Mais Frank Borman se remit et la mission se poursuivit sans encombre.

Franck Borman, était un fervent défenseur de la cause astronautique et a fait de nombreux discours à ce sujet dans plusieurs pays, c'était en même temps le porte-paroles des astronautes. Buzz Aldrin, en dépit de ses quelques accrochages avec lui, reconnaissait pourtant qu'il aurait fait un excellent politicien. Le témoignage Borman devant la commission du sénat après le rapport d'enquête sur la mort de Grissom, White et Chaffee, a été déterminante !
Sa réponse à la question "Est ce que les astronautes font confiance à la NASA ?" est resté dans toutes les mémoires !
"The question isn't whether we trust our own agency; the question is whether you trust us."
Le sénateur Walter Mondale qui était un anti-Apollo, ne posa plus aucune question... et pourtant il avait entre les mains des rapports accablants pour la NASA.

Led Zeppelin II est le second albums du groupe de rock sorti le 22 octobre 1969. Le design de la pochette vient d'un poster de David Juniper, à qui le groupe avait simplement demandé de proposer une idée « intéressante ». Son concept est basé sur une vieille photographie de la Jasta 11, une escadrille de chasse allemande de la Première Guerre mondiale, baptisée "The flying circus", sur laquelle apparaît notamment le célèbre Manfred von Richthofen, le baron rouge.
Pour la pochette de l'album, la photo est d'abord mise en couleurs, puis les visages des quatre membres de Led Zeppelin y sont collés (Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et John Bonham) remplaçant les pilotes originels, ainsi que celui du manager du groupe Peter Grant et de celui des tournées Richard Cole. La femme présente sur la pochette est Glynis Johns, actrice jouant la mère dans le film Mary Poppins ; il s'agit d'un clin d'œil à l'ingénieur du son Glyn Johns. Le 8e visage ajouté est celui du bluesman Blind Willie Johnson ou Miles Davis. Le dernier visage ajouté est celui de Neil Armstrong, le premier homme sur la lune. A y regarder de près, c'est la visage de  Franck Borman qui est utiliser.
En 1975, pour leur 6e albums en 1975, Led Zeppelin utilisera une autre photo supposée être Armstrong sur la lune, mais c'est la photo de Buzz Aldrin. Enfin pour leur best of de 1999, le groupe a utilisé une photo basée sur le patch d'Apollo 14. Led Zeppelin aime bien la NASA.

L'équipage d'Apollo 8, Franck Borman, James Lowell et Bill Anders est le seul dont les 3 membres d'équipage sont toujours mariés à leur première épouse alors que bon nombres d'autres astronautes ont divorcé.

APOLLO 9

Durant Apollo 9 Schweickart tomba malade et vomit à plusieurs reprises. Si la première fois, le commandant de bord, Mc Divitt ne jugea pas utile d'informer Houston, quatre heures plus tard, lorsque Schweickart vomit à nouveau, il demanda à Houston une conversation privée avec les médecins. Les médias, informées de cette demande particulière, se plurent à imaginer un événement plus grave que l'on tentait de leur cacher et alimentèrent longtemps une controverse inutile. Ce mal de l' espace a failli annuler la sortie EVA de l' astronaute qui devait passer du LM au CM par l' espace. Se sentant mieux, Schweickart se contenta de prendre "simplement le frais" sur le porche du LM tandis que Scott ouvrait la porte du module de commande.

APOLLO 10

La veille de son départ pour la lune sur Apollo10, Gene Cernan roulait un peu trop vite en retournant au Cape, et se fait rattraper par une voiture de police. Là un policier lui demande ses papiers et demande de lui donner son identité. Gene, qui avait reçu de la part de Deke Slayton l'ordre de ne donner son identité à personne (surtout la presse) avant son départ ne se contentait de répondre que "peut-être, mais je ne peux pas confirmer" lorsque le policier (qui ne l'avait pas reconnu) lui demandait de confirmer les informations des papiers. Le policier décide alors de l'emmener au poste (imaginez un peu un astronaute au poste de police moins de 24h avant son départ pour la lune ...), quand, miracle, Guenter passait par là en voiture et s'est occupé de parler au policier en lui montrant la Saturn V illuminée quelques km plus loin. Ce dernier est revenu vers Cernan en disant "après ce qu'on vient de me dire, je pense que vous êtes cinglé pour raconter cela, mais comme l'excuse est bonne je vous laisse partir" (croyant toujours avoir à faire à un mythomane). Slayton ne voulait pas qu'il donne son identité car l'après-midi de la même journée, Gene avait pu (par miracle vu les emplois du temps) aller à la plage avec sa famille, et Deke ne voulait pas que des histoires fumeuses de la presse entachent le lancement. En fait Cernan était supposé être en "quarantaine", on était effectivement à 24 heures du vol et Cernan aurait du rester dans le O&C Building. Heureusement pour lui, Guenter Wendt passait par là et s'est arrêté. Cernan ne voulait pas que l'on sache qu'il avait fait le mur, il n'a pas dit qu'il était un astronaute. Guenter Wendt à sorti son badge de la NASA et a expliqué au policier que Cernan était l'un des astronautes qui devaient partir pour la lune le lendemain et que s'il fallait appeler ses supérieurs pour le récupérer au poste, Cernan aurait certainement de gros problèmes. Dubitatif, le flic l'a laisser partir en lui disant :"Dégagez d'ici et allez sur votre lune !" ("Get out of here, and go to your moon !")

La caméra TV couleur montée sur Apollo 10 était une idée de Stafford. Le public en avait marre des images NB des précédentes missions Apollo 7 et 8. Quand il entendit que Westinghouse travaillait sur une caméra couleur, il fit le forcing pour qu' elle soit prête pour son vol.

L' idée d' une ultime répétition avant le grand saut sur la lune a germé depuis juin 1967. Quand en janvier 1969, Sam Philips approuva la mission pour Apollo 10, le planning était déja prêt depuis longtemps. Personne n' a été surpris que Georges Mueller (Miller) fasse pareille suggestion, il avait toujours de nouvelles idées.  

Le LM était en fait le LEM Lunar Excursion Module. Le mot a été raccourci mais garda la même prononciation. Le CM et SM formaient le CSM, mais on l' apella communément le "Command Module".

Il n' y avait pas de femmes dans les équipes de contrôleur de vol parce que il y avait peu de femmes ingénieurs. Pour Apollo 11, un instructeur sur simulateur Ann Accola était la seule femme du groupe travaillant en salle arrière à la localisation du LM sur la lune grâce aux descriptions faites par les astronautes. Aujourd'hui, les femmes sont très présentes dans les équipes de contrôleurs.

Les écarts de langage des astronautes ont été le sujet de conversation tendues entre eux et la NASA. Au cours d' Apollo 10, Cernan lacha un "fils de p..." au micro lorsque le LM se mit à tourner sur lui même à quelques dizaine de mètres de la surface de la lune. Le module montait et descendait violemment en décrivant de larges embardées. La proximité de la Lune rendait ces mouvements incontrôlés extrêmement dangereux. Stafford coupa alors le système de guidage, ce qui eut pour effet de le stabiliser. Plus tard, les astronautes découvrirent qu'un interrupteur d'arrêt d'exécution avait été inexplicablement basculé sur la mauvaise position. Cela avait projeté le LM dans une quête radar folle à la poursuite du module de commande. Après le retour sur terre, Cernan eut droit à des remontrances pour le langage utilisé. La NASA fit même une note à l'attention des astronautes leur priant de modérer leurs exclamations pendant les missions, ces dernières pouvant être écoutées par toutes les médias. La conséquence première fut un "léger" retard de 5 secondes fait dans la retransmission des données audio, les voix vers le public le temps de pouvoir "mettre" des "bip" au cas où...Effectivement ce juron a pris des proportions incroyables… On en a parlé bien plus que du succès de la mission ! Ainsi le très vertueux Révérend Larry Poland, président de la Miami Bible College, atterré par les propos de Cernan et outré par le fait que des mots que l’on ne trouve habituellement que sur les murs des toilettes aient été proférés autour de la lune a écrit une lettre au Président Nixon pour demander que l’équipage d’Apollo fasse des excuses publiques et qu’ils se repentent de leur vulgarité blasphématoire !
La NASA a reçu 99% de lettres de soutien, la plupart arguant que confrontés à une situation similaire ils auraient certainement dit la même chose et peut-être bien pire.
Finalement la NASA, demanda à Cernan de faire des excuses publiques… Young n’était pas concerné, et les paroles de Stafford, qui était surnommé, Mumbles (celui qui marmonne) n’avaient pas été distinctement entendues !
Au cours de la conférence de presse Cernan dira : « Je demande à ceux que j’ai pu offenser de bien vouloir m’excuser. Pour ceux qui ont compris, merci ! » 
Le Révérend Poland accorda son pardon, mais Cernan se moquait éperdument de ce que pouvait bien penser ce bigot de la pire espèce !

APOLLO 11

Le 23 décembre 1968, Deke Slayton et Neil Armstrong se trouvent au Mission Control pour suivre une retransmission télé en direct de la mission Apollo 8 (Armstrong en est le back-up commander ), quand Slayton demande à Neil de le suivre dans une des salles adjacentes, pour avoir une petite conversation… 
Slayton lui demande alors ce qu’il pense de ces co-équipiers, Collins et Aldrin. Armstrong lui répond que tout va bien, il n’y a aucun souci. Slayton qui a une idée derrière la tête, lui dit alors qu’il n’est pas facile de travailler avec Buzz, ce à quoi Armstrong répond que pour l’instant il n’a jamais eu de problème avec lui. C’est alors que Slayton lui propose de remplacer Aldrin par James Lovell. S’il le souhaite, il est tout disposé à bouleverser les rotations…
Armstrong lui demande alors un délai de réflexion.
Le lendemain, ayant pris sa décision, il va voir Slayton. A ce moment très précis, Jim Lovell, pilote du CM, se trouve autour de la lune. Lovell n’a jamais eu vent de cette conversation… (Armstrong n’en a jamais parlé à personne) Il n’a jamais su (il le saura en lisant le bouquin « First Man ») que si la réponse de Armstrong avait été différente, il aurait fait partie d’Apollo 11 ! En décembre 1968, Armstrong ne pouvait pas deviner que Apollo 11 serait la première mission à se poser sur la lune…
Il souhaite garder Aldrin dans son équipe, ses motivations sont simples : 
- Lovell avait commandé la mission Gemini XII et il lui revenait de commander sa propre mission Apollo. 
- Collins est le meilleur spécialiste du CM, si Lovell intègre son équipe, ce ne peut être qu’en CMP… il est déjà CMP sur Apollo 8 ! Collins avait bossé dur sur Apollo 8 avant d’être écarté suite à une excroissance osseuse entre deux vertèbres cervicales ! Il était impensable pour Slayton et Armstrong de le rétrograder en LMP. (Suivant la hiérarchie des vols Apollo, le numéro 1 est le CDR, le numéro 2 c’est le CMP, le 3ème c’est le LMP, le LMP contrairement à son titre ne pilote rien du tout ! On peut très facilement le remplacer - Pour la petite histoire Aldrin ne s’est jamais entraîné ni sur le LLRV ni sur le LLTV – Le record appartient à Armstrong, le perfectionniste, 19 vols sur le LLRV et 8 sur le LLTV, il est vrai qu’il a participé à la conception de la première version, le LLRV)

Comme chacun sait, Lovell sera commandant d’Apollo 13… Quant à Fred Haise, qui faisait partie du Apollo 8 back-up crew avec Armstrong et Aldrin et qui aurait du voler sur Apollo 11, (Il sera remplacé par Collins car Slayton considérait qu’il n’était pas encore prêt pour faire partie d’un prime crew) il fera lui aussi partie de l’équipage d’Apollo 13 !
Encore une de ces ironies du sort !

Qui du pilote du LM ou du commandant réalisera le premier pas sur la lune ?
La première ébauche de la marche lunaire montra que le LMP devait sortir en premier. Cette checklist avait été écrite en 1964. En 1968, Anders et Bean sont assignés pour écrire une checklist préliminaire de la marche lunaire. On peut y lire le LMP sort avant le CDR. La raison est toute simple, le CDR avait un planning beaucoup plus chargé. Lorsque Aldrin, qui dès le début pensait qu’il serait le premier, comme toute la presse d’ailleurs, à appris que la NASA n’avait encore rien décidé, et qu’il se pourrait bien que ce soit Armstrong le premier, en raison de son ancienneté, (Armstrong est du groupe 2, Aldrin du groupe 3) il a commencé à poser beaucoup de questions, notamment à Slayton et Low, n’hésitant pas à prendre à partie certains de ces collègues astronautes, et à leur mettre diagrammes et graphiques sous le nez afin de faire valoir son point de vue… Même Eugene Aldrin, son père, ancien général, s’y est mis, il connaissait des gens influents en relation avec la NASA et le Pentagone… Ce faisant il s’est mis à dos une bonne partie des astronautes et des responsables de la NASA !
Neil Armstrong au contraire est toujours resté au-dessus de la polémique… 
Aldrin a eu beaucoup de chance car s’il était tombé sur un commandant avec le caractère d’un Borman par exemple, il y aurait certainement eu un clash ! Slayton n’attendait que ça pour le remplacer ! Neil Armstrong a toujours dit que cette histoire avait pris des proportions démesurées, ils ont atterri ensemble sur la lune et c’est tout ce qui compte… Afin que cesse la polémique, (un dessin humoristique sur un journal, montrait Armstrong et Aldrin sur le porche du LM se faisant des politesses « Après toi ! » non « Après toi : » mais chacun essayant de passer devant l’autre…) La NASA a demandé une « étude », et certains spécialistes ont préconisé que le commandant étant le plus près de la sortie, c’est lui qui devrait sortir le premier, d’autant qu’une fois habillés, ils risquaient de casser quelque chose s’il fallait que l’un laisse passer l’autre… (C’est d’ailleurs ce qui est arrivé quand même !) C’est cette recommandation que les responsables s’empresseront de retenir et qui sera transmise à la presse en guise d’argument pour justifier la sortie du commandant en premier… Une fois la décision officiellement arrêtée, il semble que Aldrin ait accusé le coup et n’en ait plus fait cas, du moins jusqu’à la fin de la mission… Par la suite et jusqu’en 1972, il a continué à « harceler» les responsables pour connaître la vrai raison… Car effectivement, après l’atterrissage les astronautes auraient pu permuter juste avant de s’équiper pour sortir, cela aurait pris un peu plus de temps, mais c’était envisageable… Le problème c’est qu’il fallait trouver une explication plausible pour la presse et surtout diplomatique pour ne pas trop heurter la sensibilité d’Aldrin. En réalité c’est une réunion qui s’est tenue en mars 1969, entre Deke Slayton, Bob Gilruth, George Low et Christopher Kraft qui scellera le sort d’Aldrin. (C’est dans le bouquin de Kraft que cette réunion est évoquée pour la première fois). La NASA voulait absolument que ce soit Armstrong en raison de sa personnalité… rien à voir avec le fait qu’il soit civil au moment de sa sélection, il a été formé par la Navy, c’était un pilote de l’aéronavale qui a participé à des missions de combat en Corée… Non, le fait est, qu'Armstrong a toujours eu une attitude exemplaire et professionnelle, jamais un mot plus haut que l’autre, il écoutait plus qu’il ne parlait, et personne ne l’a jamais entendu dire du mal de quelqu’un. Calme, pondéré, sans l’ego démesuré d’un Aldrin, « victime » de l’éducation de son père qui exigeait qu’il soit toujours premier, Armstrong n’a jamais recherché la gloire, les feux de la rampe… Ce qui lui importait c’est de faire son boulot, et bien le faire ! Armstrong était l’homme de la situation et il l’a été…
Dans son autobiographie, « DEKE », publiée après sa mort, Slayton avouera que si Grissom avait été vivant, c’est lui qui aurait été le premier sur la lune !

Pour de nombreuses personnes, il était évident que ce soit un des 7 astronautes Mercury qui marche sur la lune en premier. En 1965, quelques géologues qui entraînaient les astronautes avaient réalisé quatre prédictions pour savoir qui commanderait la première mission. Trois de leur choix étaient des membres de Mercury Schirra, Carpenter et Cooper. Le dernier était Conrad. 
Au cours d'une conversation , Slayton aurait laissé entendre à Grissom qu'il le verrait bien comme le premier (sous entendu sur la lune). Grissom se serait alors tacitement engagé à rester dans le programme jusque là.

L' emblème d' Apollo 11 a été dessiné par Collins d' après une idée de Lowell: un aigle survolant un cratère lunaire avec la terre en décor au loin. Pas de nom sur le patch, seulement Apollo 11. Le nom d' "aigle" est naturellement choisit pour le LM et "Columbia" pour le CM, pas seulement pour son identité nationale mais aussi en hommage à Jules Verne.   

Le lancement d'Apollo 11 a été vue par plusieurs millions de personnes à Cap Canaveral mais aussi à travers la retransmission télévisé en direct. Le journaliste du magazine "Life" Ralph Morse qui suivait la conquête de l'espace depuis des années a du négocier durant 2 ans avec la NASA pour pouvoir placer un appareil photo au sommet de la tour ombilicale, à coté des caméras de la NASA et prendre des clichés de l'ascension du Saturn 5. L'appareil utilisé était un Nikon avec 9 m de films dedans enfermé dans une boite regardant au travers d'une vitre. L'appareil a été branché sur le décompte de la salle de contrôle et à commencé à déclencher à T-4 secondes tirant 10 images par secondes. Environ une heure après le tir, le boitier a été récupéré.

5 des 8 photos montrant le décollage du Saturn 5 ont été édité dans le numéro spécial lune de 50 pages du magazine le 11 août 1969. Ralph Morse est décédé à l'age de 97 ans en 2014.

Quel heure est il sur la lune ?
Les astronautes avaient au poignet la montre Omega Speedmaster Professional lorsqu' ils partirent vers la lune comme leurs prédécesseurs. En 1962, la NASA cherche une montre capable d'affronter les terribles conditions de l'espace pour les astronautes des vols Gemini et Apollo. Les meilleurs chronographes sont testés. Seule l'OMEGA SPEEDMASTER passe les tests (cette montre chronographe avait été achetée incognito chez un horloger bijoutier de Houston au Texas). En 1965, lLa NASA désigne la SPEEDMASTER PROFESSIONNAL d'Omega comme son chronographe officiel (calibre 321 avec un boitier de 40 mm). En 1968 la speedmaster professional prend le calibre 861, elle résiste au températures situées entre -18°C et +93°C, ainsi qu'aux accélérations de 12g. Lorsque Armstrong marche sur la lune, il n' a pas de montre au poignet de son scaphandre, c' est la montre d' Aldrin qui rentrera dans l' histoire (c.321 Speedmasters, ST145.012- 's).  
On peut lire diverses choses sur cette importante question, d'aucuns allant jusqu'à supposer que le chrono d'Armstrong était en panne, ce qui frise le sacrilège ! La thèse la plus courante et qui semble la plus crédible car la plus officielle est la suivante: lors des préparatifs pour leur sortie lunaire, les astronautes constatent que le chrono de bord est en panne (je ne connais pas sa marque..). Ils décident alors de laisser un Speedmaster à bord, bien à l'abri, pour remplacer ledit chrono de bord s'ils n'arrivent pas à le remettre en marche. Il se trouve que c'est Armstrong qui laissera le sien, sans que la raison en soit bien claire dans leurs souvenirs, et c'est donc la montre attachée au bras d'Aldrin qui foulera le sol lunaire. La montre est gravée "first watch worn on the moon" sur le dos du boîtier après avoir été sur la lune. 
La montre d' Aldrin sera malheureusement perdu lors de son transfert au NASM de Washington. Cet instrument a rempli ses missions avec fidélité, bonne humeur et élégance: après avoir baguenaudé sur la lune il a contribué à la récupération de l'équipage d'Apollo XIII. En effet, alors que quasiment plus rien d'électrique ne fonctionnait à bord du module lunaire, le commandant James Lovell utilisa son Speedmaster pour chronométrer les manoeuvres de moteurs qui ont permis le retour sur Terre. En 1985-86, Omega sort une série limitée de 200 exemplaires de la "moon watch avec les phases de la lune (calibre 866). En 1988-89, une "speedmaster" de 39mm automatique sans date réplique de la moon watch en plus petit est sortie (calibre 1140).
Omega n' est pas la seule marque de montre à avoir voyager vers la lune. Ainsi Swigert sur Apollo 13 portait une Rolex GMT-Masterla et Scott Apollo 15 une Waltham

La protection des échantillons lunaires ramenés sur terre par les astronautes n' était  pas pour éviter une contamination de la terre par des "germes" lunaire mais pour protéger les échantillons d' une contamination terrestre (Elbert King géologiste NASA).

La mise en quarantaine des astronautes d' Apollo 11 au retour était plus politique que réaliste. Selon Collins, la probabilité d' une contamination de la terre par des "virus" lunaire était trop petite.

Au moment d' Apollo 11, la lune était vue de la terre un mince croissant, le reste étant à peine illuminé par la lumière terrestre. A bord d' Apollo, les astronautes voyaient la lune sous un angle différent. Pour eux, la partie éclairée par le soleil était hors de vue, ils pouvaient voir une partie de la face cachée, dans la pénombre complète.

La pratique des directeurs de vol consistant à adopter une couleur à son équipe remontait au dernier vol Mercury et a continué sur Apollo. Chaque nouveau directeur choisissait une couleur pour son équipe. Quand Kranz devient directeur de vol, il choisit le blanc. Les contrôleurs qui devenaient directeur d' équipe voulaient changer d' une mission à l' autre, mais pour les remercier de leur intensif entraînement avant chaque vol, ils devaient rester pour toujours ensemble.

La raison de la surcharge de l' ordinateur du LM à l' alunissage fut comprise plus tard. Le radar de RV avait été laissé en "automatique", en précaution d' un éventuel RV en urgence avec le CM. Mais la manoeuvre était maintenant la descente vers la lune, l' ordinateur ayant dépensé une partie de ses capacités à analyser les signaux venant du radar de RV. En plaçant le radar sur "manuel", les alarmes avait été oublié durant l' ascension et le RV, un moment où la santé de l' ordinateur est devenue plus critique que pendant la descente.

Tout de suite après l'alunissage, Aldrin a communié dans le LM. Pour ce faire, il avait même emporté un petit calice et un peu de vin, bien que la NASA ait toujours admis que c'était de l'eau.

La fameuse phrase prononcée par Armstrong "That's one small step for man...one giant leap for mankind" est bien de lui, mais il a été contacté plusieurs fois par Richard Nixon pour qu'ils en parlent. Le président était la seule personne à savoir à l'avance ce qu' il allait dire.

Avant l’atterrissage sur la lune de la mission Apollo 11, le président Richard Nixon cherchait ce qu’il allait dire lors de son coup de fil interplanétaire historique aux astronautes sur la Lune, un appel qui sera diffusé et entendu par des millions de personnes... Les suggestions de la NASA étaient un peu trop obséquieuses pour l’administration au pouvoir, Franck Borman qui servait de liaison entre la Maison Blanche et la NASA était contre, c’était bien trop orienté, trop politique, il ne manqua pas de le faire savoir au président : « Ecoutez, Monsieur le Président, vous n’avez rien à voir avec Apollo 11, vous en êtes juste le récipiendaire , heureux ou malheureux, cela dépendra du succès de la mission… Vous devriez dire quelque chose de simple, quelques mots de félicitation et c’est tout » Borman réussit également à le convaincre de ne pas faire jouer l’hymne national pendant que les astronautes seraient sur la lune, les obligeant à rester immobiles pendant deux minutes alors que leur séjour sera déjà très court. Le jour J, Richard Nixon suivra exactement les conseils de Borman... Il qualifiera le premier homme sur la lune comme le plus grand événement depuis la création.

Le journal "Daily Mail" avait demandé à ses lecteurs quel message ils auraient aimé voir gravé sur la plaque que les astronautes d'Apollo 11 allaient laisser sur la Lune. Voici quelques unes des réponses reçues, considérées à l'époque comme peu flatteuses : 
_1. Un portrait de Janus, le dieu à deux figures, de façon à ce que les futurs visiteurs de la Lune se rappellent quelle créature hypocrite est l'homme
_ 2. Une image de la Terre avec une vue de grande ville embouteillée par le trafic, pleine de vapeurs d'essence, traversée par une rivière polluée ; ainsi, un extra-terrestre de passage aurait compris pourquoi les hommes dépensaient tant d'efforts et d'argent pour aller ailleurs
_ 3. Un dépliant, avec d'un côté le montant des sommes gaspillées par les États-Unis pour envoyer un homme sur la Lune, et de l'autre, le chiffre des hommes dans le besoin et des miséreux sur Terre.

Aldrin s' était vanté d'être le premier homme à avoir uriné dans sa combinaison spatiale, sur la lune juste suite après avoir posé le pied sur la Lune ; anticipant leurs futures émotions, les ingénieurs de la NASA avaient d'ailleurs spécialement équipé les combinaisons d'Aldrin et d'Armstrong avec une poche à urine.

Il n' y a pas de bonnes photos d' Armstrong sur la lune, c' est Aldrin que l' on voit tout le temps. La seule clairement visible le montre de dos devant le MESA du LM. Il est aussi visible dans le film 16 mm pris par Aldrin à bord du LM ramassant quelques cailloux sur le sol au début de sa marche. Le film a même été tiré en photos pour les expositions.
"Armstrong avait l' appareil la plupart du temps" répondit Aldrin. "Pendant les brefs moment ou j' avais l' appareil photo, j' étais focalisé sur des photos du LM et du terrain environnant". 

La fameuse et célèbre photo de l' empreinte de botte lunaire est celle d' Aldrin. Il la réalisa non pas comme un mérite mais dans un but scientifique, l' étude des propriétés mécaniques de la poussière lunaire.

La durée du séjour sur la lune d' Armstrong et Aldrin était de 2h 31 mn qui se référait aux intervalles de temps entre l' ouverture et la fermeture de la porte du LM. Armstrong est resté 2 h 13 mn sur la lune et Aldrin 1 h 42. Les astronautes avaient dans leur paquetage dorsal plus d' oxygène que prévu pour leur marche lunaire, mais le conservatisme de cette première mission décida de ne pas l' utiliser. Sur la lune, Armstrong s' éloigna à un moment du champ de vision et certain s en étonnèrent à son retour sur terre, en violation du plan de vol initial. Armstrong n' avait pourtant pas violer les règles en revenant du cratère, la distance maximale d' éloignement était de 91 m, il était  resté cependant dans la limite des 30 m.

Les deux hommes d'Apollo 11 ont failli ne pas pouvoir quitter la Lune. En entrant dans le LM après leur sortie historique, l'un des deux a heurté avec son PLSS le bouton d'armement du moteur de l'étage de remontée et l'a cassée. Sur les conseil des contrôleurs de vol de Houston, ils ont utilisé une pointe de stylo pour accéder à un petit bout de métal dans le logement du bouton et ont pu activer la commande et décoller. (Today Spacefact du JSC).

Armstrong ne voulait pas de la présence des reporters et photographes au sortir de la période de quarantaine passée dans le LRL (Lunar Receiving Laboratory). La veille de cette sortie, au cours d'une discussion avec Chuck Berry le médecin-chef de la NASA, il avait prévenu qui si les caméras étaient présentes, lui et son équipage feraient semblant d'être malades, pariant même que tous les gens présents eux-aussi se sentiraient subitement mal. Il avait même regretté de ne pas disposer d'un produit type teinture d'iode, afin que les trois astronautes se peignent des petits points sur le visage.

En juillet 199, le Los Angeles Times révèle l'éloge funèbre qu'aurait eu à prononcer le Président des Etats-Unis Richard Nixon dans l'éventualité où le premier alunissage se serait soldé par un échec, avec impossibilité pour les astronautes Armstrong et Aldrin (Apollo 11) de rejoindre la Terre.
Voici l'intégralité de ce texte. 12 juillet "Le destin a voulu que les hommes qui sont allés explorer la Lune en paix y resteront pour reposer en paix.
"Ces hommes courageux, Neil Armstrong et Edwin Aldrin, savent qu'il n'y a pas d'espoir pour leur récupération. Mais ils savent aussi que leur sacrifice est porteur d'espoir pour l'humanité.
"Ces deux hommes sacrifient leur vie pour le dessein le plus noble de l'humanité: la recherche de la vérité et de la compréhension.
"Ils seront pleurés par leur famille et amis, par la nation, par le peuple du monde, et par la Terre qui a osé envoyé deux de ses fils dans l'inconnu.
"Par leur exploration, ils ont poussé les peuples de la Terre à se sentir un; par leur sacrifice, ils renforcent la fraternité entre les hommes.
"Jadis, les hommes regardaient les étoiles et voyaient leurs héros dans les constellations. Aujourd'hui, nous faisons la même chose, mais nos héros sont des hommes héroïques de chair et de sang.
"D'autres suivront et réussiront sûrement à rentrer. La quête de l'homme ne sera pas reniée. Mais ces hommes étaient les premiers et resteront les premiers dans nos coeurs.
"Parce que chaque être humain qui regardera la Lune dans les nuits à venir saura que des hommes sont pour toujours quelque part dans cet autre monde.''
Le discours avait été écrit par William Safire le 18 juillet 1969, soit deux jours avant l'alunissage. Ce collaborateur présidentiel, qui rédigeait à l'époque les allocutions de Nixon, est aujourd'hui chroniqueur au "New York Times''. En cas de tragédie, il recommandait au président Nixon d'appeler chacune des "futures veuves'' avant de s'adresser à la nation. La NASA aurait ensuite rompu définitivement la communication avec les astronautes bloqués sur la Lune et un prêtre aurait "adopté la même procédure que pour des funérailles en mer'', concluant avec un Notre-Père.

Juste après l'atterrissage d' Apollo 11 sur la lune, un inconnu a déposé une gerbe de fleur sur la tombe du président Kennedy avec une petite carte qui disait : "Mr President the Eagle has landed".

Edwin Eugene Aldrin est surtout connu par son surnom de "Buzz", diminutif de "buzzer" par lequel sa petite soeur l'appelait lorsqu'elle était bébé. Et "buzzer" est le déformation de "brother" qu'elle n'arrivait pas à prononcer convenablement. En 1970, il obtiendra de l'état-civil que Buzz devienne son véritable prénom à la place d'Edwin !

Le 17 septembre 1962, à 20 heures (EST) des millions d’américains sont devant leur poste de télé pour regarder l’émission extrêmement populaire « J’ai un secret » (I’ve got a secret) sur CBS, présentée par Garry Moore. Le but du jeu : une équipe composée de quatre célébrités doivent deviner le secret de l’invité, s’ils n’y parviennent pas ce dernier gagne 80 dollars ! Une émission qui débuta au tout début des années 50 et se terminera en 1976.
Ce soir là, les deux invités se prénomment, Viola et Stephen Armstrong ! Selon la formule, ils chuchotent leur secret à l’oreille de Moore et aussitôt sur l’écran apparaît la phrase : « Aujourd'hui notre fils est devenu astronaute »… Après un tonnerre d’applaudissements le jeu commence… le premier des quatre invités commence à poser des questions (Henry Morgan) : Le présentateur précise juste, que le secret concerne un membre de la famille de Mr et Mme Armstrong.
MORGAN : Est-ce que le nom de cette personne est Armstrong ? 
Mr ARMSTRONG : C’est exact. 
MORGAN : Est-il quelqu’un de public ? Mr Armstrong : Oui 
MORGAN : A-t-il inventé quelque chose ? Mr Armstrong : Non, pas que je sache ! MORGAN : Quoi qu’il ait fait, je suis sûr qu’il était dans les journaux etc… Ce qu’il a fait, l’a-t-il fait récemment ? Mr Armstrong : Oui.
Les questions se succèdent… L’actrice Betsy Palmer pose plusieurs questions lorsque…
PALMER : Cela a-t-il un rapport avec l’aéronautique ? 
Mr Armstrong : Oui. 
PALMER : L’espace ? Mr Armstrong : En effet ! 
PALMER : Votre fils va-t-il bientôt aller dans l’espace ? 
PALMER : Il fait partie des nouveaux astronautes ? 
MOORE : C’est ça !
Applaudissements, Moore précise, Mr et Mme Armstrong sont très contents et très fiers, ils sont encore sous le choc, car cette après midi, à 15 heures, leur fils Neil, est devenu un de nos nouveaux astronautes. Le show se poursuit, évoquant le passé de leur fils lorsque Moore pose une question à Viola Armstrong 
MOORE : Que ressentiriez-vous, Mme Armstrong, si par hasard, personne ne peut savoir, mais c’est une éventualité, votre fils était le premier homme à atterrir sur la lune ? 
Mme Armstrong :Eh bien, je pense que je dirai juste, que Dieu le bénisse et je lui souhaiterai la meilleure chance possible…

Le 13 septembre 1969, le président Nixon et le vice président Agnew, qui dirige le Conseil National de l’Aéronautique et de l’Espace remirent aux astronautes Armstrong, Collins et Aldrin, la médaille de la liberté (Medal of Freedom) qui est la plus haute distinction civile américaine… Neil Armstrong eût du mal à retenir ces larmes lorsqu’il s’adressa à l’assemblée…
Un certain Steve Bales, contrôleur de vol, GUIDO, spécialiste informatique du LM, eu droit également à cette médaille, pour avoir donné le « Go » pour l’atterrissage, en dépit des alarmes 1201 et 1202 qu’affichait l’ordinateur de guidage du LM… pourtant…
Revenons quelques jours en arrière, le 5 juillet 1969, ce jour là, Richard Koos, le superviseur des simulations (SimSup), du centre de contrôle, responsable de l'entraînement des contrôleurs et directeurs de vols, demande à ses techniciens de « charger » le scénario n° 26 dans les simulateurs. Il s’agissait de tester « l’équipe blanche », celle de Gene Kranz, celle là même qui sera à pied d’œuvre lors de l’atterrissage d’Apollo 11. Avec un petit sourire malicieux il dit à son équipe » Ok, que chacun se tienne prêt, nous n’avons jamais simulé cette éventualité, il faut que nous ayons un timing extrêmement rigoureux » La simulation commence pour l’équipe de Gene Kranz… à trois minutes du début de la séquence d’atterrissage du LM, le diabolique Richard Koos, abat son Joker… « Voyons voir ce qu’ils savent des alarmes générées par le programme informatique ! »
La première alarme à laquelle l’équipe de Kranz doit réagir a le code 1201… Steve Bales, l’expert informatique de LM, ne connait pas cette alarme, il n’en a jamais entendu parler, Bales consulte son manuel : « 1201 = Executive Overflow », l’ordinateur est saturé d’informations, mais les conséquences de cette surcharge de données que l’ordinateur n’est pas capable de traiter, lui sont inconnues… Steve Bales n’a aucune instruction quant à la conduite à tenir, il ne comprend pas car en dépit de cette alarme, tout se passe normalement, le LM continue à fonctionner normalement. Steve Bales appelle alors Jack Garman, un expert informatique spécialisé dans les programmes qui ne lui apprend rien de plus qu’il ne sait déjà. Après moult tergiversations, complètement désemparé il dit à Kranz : « Il faut arrêter la mission » (Abort). Kranz passe le message au CapCom, Charlie Duke, qui dit aux astronautes Scott et Irwin d’interrompre la mission.
Lors du débriefing, Richard Koos ne mâcha pas ces mots, « En aucun cas, il fallait interrompre la mission, vous auriez du continuer », s’adressant à Bales ; « Tu as pris la mauvaise décision, ça m’a désagréablement surpris ! » Il s’en prit ensuite à Kranz en lui disant qu’il avait outrepassé une règle fondamentale du contrôle de mission, il faut deux avis, avant d’interrompre une mission ! Les jours suivants, Richard Koos, les fit travailler exclusivement sur les alarmes informatiques… Le 11 juillet, Steve Bales, ajouta une nouvelle règle à son cahier de procédures, référencée 5-90, article 11 : « La descente propulsée (du LM) sera interrompue si l’ordinateur de guidage affiche les alarmes suivantes, 105, 214, 402, 430, 607, 1103, 1107, 1204, 1206, 1302, 1501 et 1502 » Les alarmes 1201 et 1202 ne font pas partie de cette liste… il ne manquera pas de s’en souvenir… merci monsieur Koos !

Si l'on en croit James Hansen et Neil Armstrong dans le livre "First man", personne ne savait à l'avance ce que dirait le premier homme à marcher sur la Lune...Ni George Low, Rocco Petrone, l'Administrateur de la NASA... Ni même le Président des Etats-Unis ! Il n'en avait pas parlé à sa femme non plus...Et personne ne lui a dicté ce qu'il devait dire !
La seule chose qu'il a confié à Charlie Duke, qui serait le CapCom au moment de la sortie historique, c'est qu'il emploierait le terme "Tranquility Base". Il ne voulait pas que Duke soit surpris !

APOLLO 12

L' équipage original d' Apollo 12 était Chrales Conrad, Clifton Williams et Richard Gordon. Amis en octobre 1967, Williams se tue dans un accident d' avion. Conrad et Gordon choisissent Alan Bean du groupe 3, mis en attente sur la station Skylab comme pilote du LM. Ce sont tous les trois des marins.  
Les trois astronautes sont les plus délurés de la NASA. Inséparable, ils ont acheté chacun une Corvette de couleur jaune or et se sont fait peindre sur les portières leur grade respectif dans la mission, Conrad CDR, Bean LMP et Gordon CMP. 

Le lancement d'Apollo 12 fut à deux doigts d'un drame. La fusée fut frappée par la foudre quelques secondes après son envol. Résultat coupure de courant dans le module et petite panique au centre de contrôle. L'EECOM John Aaron reçoit des données incompréhensibles sur ses écrans de télémétrie, qui s'apparentent plus à un dessin aléatoire. Le problème est inconnu de tous. Or l'EECOM de service affirme s'être brutalement souvenu de cette image un jour en simulation lors d'une mauvaise manip, et un interrupteur dans le CSM qui n'était pas prévu pour cela avait résolu le problème. Il lança aussitôt "Mettre inter SCE (Signal-Conditioning Equipment) sur AUX". Dans la salle tout le monde se demanda ce qu'était cet inter ? Le Capcom Jerry Carr's, interloqué, fit répéter cela à l'EECOM. L'info fut remonté aux astronautes qui eurent la même réaction "SCE sur AUX ? c'est quoi ce truc ?" Mais Bean se souvint l'avoir vu une fois, cet inter était situé presque derrière lui au niveau de son épaule. Et tout remarcha, le sol recevant au nouveau les données de vol. En fait cette fonction permettait au système de télémétrie de fonctionner même sous une tension basse. Conrad changea les batterie alimentées par le système de stabilisation et Bean remit à zéro les piles à combustible à 1 mn 40 du départ. Tout en continuant leur ascension, l'équipage avait remis tous les systèmes en route sauf le IMS Inertial Measurement System qui sera remis en route 322 minutes plus en survolant l'Afrique. Tout le monde n'en revenait pas et Aaron devint brutalement la star du jour. L'incident réglé, on pouvait apercevoir et entendre sur le grand écran du MCC les astronautes en train de rigoler. Bean fut pris d'un fou rire, plutôt nerveux, qui ne s'arrêta qu'à la mise en orbite.

A sa descente du LM, Conrad déclara: "Youpie. C' est peut être un petit pas pour Neil, mais un grand pour moi". C'est à la suite d'un pari avec la journaliste Italienne Oriana Fallaci que Pete a prononcé cette phrase. Elle ne voulait pas croire que Neil ait pu choisir lui-même sa phrase historique et Pete lui a dit au moment de la conversation ce qu'il allait dire en premier lieu sur la Lune. Ce pari a fait l'objet d'une certaine somme de $ que Pete n'a jamais reçu (500 $).

Pour la première fois, le LM a été équipé de hamac afin que les deux hommes puissent se reposer confortablement. Le hamac du haut couchait Conrad et celui du bas Bean. Armstrong et Aldrin n' avaient pas cette chance eux. 

Pete Conrad en est à la moitié de la "EVA check-list" qui est attachée par des Velcros au poignet de sa combinaison lorsqu'il passe innocemment à la page 7… Il voit alors la sublime et pulpeuse Miss December 1968 Cynthia Myers qui lui sourit avec la légende: « Tu as vu des collines et des vallées ? »
« P….. de Dieu! » s’exclame Pete Conrad en rigolant. S’adressant à Alan Bean : « Hey, Al, tu peux aller à la page 7 de la procédure ? Il se pourrait que j’ai besoin d’un coup de main ! » Quelques pages plus loin, Miss octobre 1967, Reagan Wilson assise sur des bottes de paille,  
Les deux astronautes ont perdu 5 minutes à rigoler et à compulser leur check-list à la recherche d’autres photos ! Sur la chexk list de Bean, Miss Décembre 1969 (Gloria Root) et Miss janvier 1969 (Leslie Bianchi).
Depuis la nuit des temps les loups et les hommes « hurlent » à la Lune, ce jour là, pour la toute première fois, des Hommes ont « hurlé » sur la Lune…

Les astronautes d’Apollo 12 n’ont pris aucune photo couleur de la sonde Surveyor III qui avait atterrit sur la lune en avril 1967, car les scientifiques pensaient qu’ils pourraient tirer plus d’informations à partir de clichés noir et blanc… Les protestations de Richard Underwood, responsable du bureau photographie de la NASA, n’y firent rien… Un des astronautes aurait pu prendre des photos couleur et l’autre des photos noir et blanc… Non, non, non, nous ne voulons que des photos en noir et blanc… Des scientifiques, cumulant plusieurs doctorats chacun, ont pris une décision complètement stupide… Dixit Richard Underwood !

Ces photos noir et blanc du Surveyor n’ont pas plu à la personne chargée de mettre en page la mission Apollo 12 dans le Paris Match de l’époque. Pour la double page sur Surveyor, il a du trouver que les images de la sonde n’étaient pas en phase avec les commentaires des astronautes qui déclaraient devant la sonde qu’elle leur apparaissait comme « cuite » au Soleil. Cette personne pris donc l’initiative de faire coloriser la sonde, qui suivant les diverses éditions apparaissait entre un jaune pétard et un orange martien.

Conrad, Bean et Gordon ont été les témoins privilégiés d' une éclipse de soleil par la terre le dernier jour de leur mission lunaire. Pendant près d' une heure, le CM vola dans l' ombre de la terre.

Après l'amerrissage, Alan Bean reçoit la porte de l'écoutille en pleine figure juste après être sorti ! D'où ce pansement en travers du front qu'on lui voit lors de la quarantaine. L'amerrissage a été rude, apparemment Yankee Clipper a été percuté par une vague montante au moment du largage des parachutes, l’impact a été suffisamment violent pour qu’une caméra 16mm se détache de son point d’ancrage et soit projetée sur le front de Alan Bean, ce qui l’a momentanément étourdi et lui a occasionné une profonde coupure de 2,5 cm sur laquelle Conrad à mis une compresse.

Avant Apollo 12, Conrad reçoit la journaliste italienne Oriana Fallaci. Pour commencer, celle-ci lui dit que si il doit lui faire le coup du pilote devenu astronaute car voler est une passion et que l'espace est la nouvelle frontière, alors elle sautera par la fenêtre... Pete Conrad se lève, ouvre la fenêtre de la pièce et lui dit "sautez !"...Puis l'interview a continué, sur ce ton humoristique.

Alors que Apollo 12 est en route vers la Lune, Mission Control annonce aux astronautes qu'un bébé né au Maryland a été prénommé, Charles Richard Alan, en leur honneur.
Houston ajoute: "Son nom de famille, est Wilson"
Réponse de Apollo 12: "Personne n'est parfait !"

Personne ne saura jamais ce qui s’est passé au dernier virage de l’autoroute 150, juste après la ville d’Ojai dans la magnifique vallée qui porte le même nom, Charles Conrad a perdu le contrôle de sa Harley et est retombé lourdement sur le thorax…
Lorsque l’ambulance l’a emmené à l’hôpital il était conscient, aux urgences les médecins ont diagnostiqué une blessure mineure et l’ont laissé attendre… Lorsqu’ils se sont rendu compte de leur erreur, il était trop tard. Quand sa femme Nancy est arrivée vers 15 heures, il était dans un état désespéré. Il est mort deux heures plus tard en salle d’opération, il avait 69 ans. Charles « Pete » Conrad Jr a été enterré avec tous les honneurs militaires à Arlington.
Son épitaphe : « An Original » J’oubliais, en langue indienne, Ojai signifie Lune !

APOLLO13

La mission Apollo 13 était la dernière chance pour la NASA de voir des hommes débarquer sur la lune si Apollo 11 et 12 échouaient (Slayton à Shepard).

Pour le lancement, WestingHouse avait eu l'idée d'installer une caméra de télévision couleur sur la tour ombilicale du Saturn 5 afin de filmer le décollage du lanceur en direct. A cette époque, ces caméra sont très lourde, encombrante et fragile. En installer une au sommet de la tour relevait de la folie. Stan Lebar a alors demandé si la caméra de TV couleur lunaire pouvait être utilisée. Après tout, elle avait été étudié pour être très compacte et utilisable en milieu hostile. Apollo 13 fut ainsi l'unique mission lunaire dont le lancement a été couverte en couleur et en direct depuis la tour. D'autres lancement ont été filmé mais pas en direct. Chaque lancement était filmé sous tous les angles de près comme de loin par des dizaines de caméras avec des films normaux et se déroulant à grande vitesse pour avoir des ralentis extrême sur la séquence de démarrage des moteurs du premier étage, le largage des ombilicaux de la tour. Ces films dits technique sous connus sous le nom de "Engineering motion pictures footage". Une photo célèbre a été prise du même point de vue le 16 juillet 1969, quelques mois avant Apollo 13 par le photographe de Life Ralph Morse, le lancement d'Apollo 11.

L' idée d' utiliser le LM comme "chaloupe de sauvetage" datait en fait de 1961 avant les dessins préliminaires du module. Les ingénieurs de Grumman pensaient utiliser le moteur de l' étage de descente pour arracher de la lune le train spatial. Huit temps plus tard, lors d' une simulation avec l' équipage d' Apollo 9, Kranz, le directeur de vol simula une manoeuvre de secours avec le LM pour récupérer le CM.

Swigert avait oublié de faire sa déclaration d' impôts avant de partir et il demanda au centre de contrôle MCC de négocier avec les impôts un délai supplémentaire. il fut accordé parce qu' il était considéré comme un citoyen américain en voyage dans un autre pays.

Pendant leur périlleux retour sur terre, peu avant leur rentrée dans l'atmosphère, Swigert a été obsédé par un véritable scénario de cauchemar. Il se voyait dans le module de commande, actionnant par erreur le bouton nommé "LARG LEM" (largage du module lunaire) alors que ses compatriotes s'y trouvaient toujours (en lieu et place du largage du module de service -bouton nommé "LARG SM"- devenu inutile). Dans son cauchemar, Swigert entendait le déclic sourd des douze courroies arrimant le LM Aquarius qui se détachaient. En bas, par la nouvelle issue béante, il voyait Lovell et Haise flotter dans le LM qui le regardaient avec horreur et incompréhension. La dernière image qui parvenait à l'astronaute à l'agonie, avant que le reste de l'oxygène respirable ne se fut déversé dans l'espace était la danse du module lunaire qui s'éloignait rapidement. Pour être sur de ne pas se tromper le moment venu, il scotcha un bout de papier avec le mot "NO" (NON) sur le bouton "LARG LEM". Enfin, pour être vraiment sûr de ne pas avoir commis d'erreur, il appela même Haise et lui demanda de regarder le bout de papier. Un peu étonné, Haise confirma que oui, il était placé au bon endroit.

Au moment de la rentrée dans l'atmosphère et avant de se séparer définitivement du LM qui leur avait permis de survivre pendant presque quatre jours, chaque astronaute avait pris quelques objets à titre de souvenirs. Pour sa part, Lovell a notamment ramené la plaque qu' Haise et lui auraient dû fixer sur le pied du LM avant d'entamer leur exploration lunaire (il s'est encore pris à penser que les ouvriers de l'atelier d'usinage de la NASA n'espéraient sans doute plus la revoir et qu'ils pourraient venir la regarder dans son bureau quand ils le voudraient). Cette plaque figure maintenant en bonne place au domicile personnel de Lovell.

C'est Poppy, alias Frances Northcutt, qui a ramené l'équipage en détresse vers la Terre. Elle travailla dans la salle de contrôle à Houston pour la TRW Systems, responsable des trajectoires de retour des Apollo. 

Sachant les astronautes d'Apollo 13 sains et saufs à bord du porte-hélicoptères "Iwo-Jima", la société Grumann de Bethpage (fabricant du LM) adressa à la société North American Rockwell de Downey (fabricant des modules de commande et de service) une facture (n° 70-417) d'un montant de 417.421,74 $ pour frais de remorquage dans l'espace, fournitures diverses (oxygène, électricité) et hébergement de trois personnes. La farce n'a, semble-t-il, pas été du goût des dirigeants de North American Rockwell.
Selon d'autres sources, la facture A 441066 est d'un montant de 312 421,24 $ répartit comme suit
1-
Remorquage sur 400 000 miles (640 000 km – 1 mile = 1,6 km) – 4 dollars le premier mile, 1 dollar par mile supplémentaire : 400 004 dollars.
2- Recharge de la Batterie + appel d'urgence : 4,05 dollars
3- 50 lbs d’oxygène à 10 dollars le lb : 500 dollars.
4 – Logement pour deux personnes (sans TV, avec électricité, radio, cartes touristiques modifiées, vue imprenable).Contrat NAS-9-1100 Prépayé
5- Personne supplémentaire 8,00 dollars la nuit (Les lieux devront être libérés au plus tard le 17 avril car au-delà le séjour n’est plus assuré): 32 dollars.
6- Eau : gratuite
7- Service personnalisé + transfert des personnes + prise en charge des bagages : gratuit
Une légende veut que au moment de signer, Lew Evans ait ajouté un numéro 8 : retour sain et sauf : inestimable ! (Getting home alive : priceless)
Sous total : 400 540, 05 $
Remise de 20% (remise commerciale) + 2% (cash discount) : – 88 118, 81 $
Total à payer : 312 421,24 $
(Aucune facilité de paiement – Contrat gouvernemental)
Payable à 30 jours.
La facture est signée par Lew Evans président de Grumman sur une idée de Sam Greenberg. Ce dernier était ingénieur au FCI Lab (Flight Control Integration Laboratory) de l’usine n° 5 de Grumman à Bethpage, New York, qui faisait partie du Full Mission Engineering Simulator. Dans ce « labo » il y avait une réplique exacte du LM qui connecté aux simulateurs a permis de tester les procédures qui ont sauvé Apollo 13.
La facture concerne également les sociétés Pratt et Whitney et Beech Aircraft, contractants secondaires.
La réponse malicieuse de North American Rockwell se fera par son directeur des relations publiques de la Division Espace, Earl Blount, qui rappellera à Grumman que North American ne leur a jamais facturé les frais de remorquage du LM lors des missions précédentes !
Selon d'autres dires l'humour de Grumman ne passa pas auprès de NAA. 

APOLLO 14

Shepard était à 47 ans et deux mois l' astronaute le plus âgé lancé depuis 1961. Seul le soviétique Georgi Beregovoy le dépassait de 4 mois (Soyouz 9 en 1968).

C' est Conrad qui surnomma l' équipage d' Apollo 14 les "rookie" novices ou bleu après son retour sur terre (Apollo 12) dans la caravane de quarantaine.

Dans le même ordre d' idée, il circula un patch "non officiel" de la mission Apollo 14. Il représente le coyote du dessin animé comme satirique de l' équipage de Shepard. Pour le rouquin Roosa, le coyote avait le poil roux. Pour Mitchell, il était bedonnant et pour Shepard le Old Man, il avait une barbe grise.

Commençant à 2 jours 6 heures et 57 minutes de vol, l' horloge de vol MET (Mission Elapsed Time) a été avancé de 40 minutes pour compenser le retard de 40 minutes au lancement.

Les premiers mots de Sheaprd sur la lune furent : "La route a été longue, mais nous y sommes".

Afin de reconnaître chacun des deux astronautes marchant sur la lune, le scaphandre du commandant était rayé de bande rouge au niveau des jambes, bras et le haut du casque. 

Après la séparation du LM Antarès, Schepard et Mitchell procédèrent à la descente vers Fra Mauro lorsque... le voyant jaune ''ABORT'' s'alluma sans l'intervention de quiconque. Ce fut la stupeur et l'incompréhension la plus totale. Houston prenant soin de confirmer que ce ne soit pas un membre d'équipage qui l'ait actionner par erreur bien-sûr et ce n'était pas le cas. Le centre de contrôle demanda aux deux astronautes de tapoter sur leur console et le voyant s'etteignit. Mais le problème ne s'en trouvant pas moins réglé pour autant! Le centre de contrôle s'empressa de réveiller un de ses spécialistes en problèmes informatique! Ils disposaient de 47 minutes pour empêcher une éventuelle interruption de descente. Ce dernier retransmit une série de données à l'équipage qui s'exécuta à reprogrammer l'ordinateur du LM qui devait être suivi d'une procédure pour l'initialisation de la descente en vue de l'alunissage qui eu lieu sans encombre.

Mitchell, pilote du LM était passionné par les recherches sur la perception extrasensorielle. Pendant son séjour sur la Lune, il a mené une expérience secrète et donc non autorisée avec un de ses amis qui se trouvait à Chicago. L'histoire ne dit pas quels en ont été les résultats. Il semble en fait qu'il ait tenté cette expérience (se concentrer sur les symboles généralement utilisés dans les expériences de perception extrasensorielle : le cercle, le carré, les lignes ondulées, la croix, l'étoile, pendant que quatre personnes sur la Terre tentaient de percevoir les fruits de ses concentrations toutes les nuits) tout au long des voyages aller et retour vers la Lune, et ce à l'insu de ses deux compagnons de route

A la fin de la mission lunaire, Alan Shepard, commandant de bord, se prit à jouer au golf sur la Lune, au plus grand étonnement des contrôleurs de Houston. Pour ce faire, il avait emporté un véritable fer de golf qu'il fixa à l'extrémité du manche de son collecteur destiné à ramasser des échantillons. Il joua avec deux véritables balles de golf. Si le premier coup envoya une balle à seulement trente mètres, sa deuxième tentative fut plus chanceuse, mais on ne sut jamais à quelle distance fut envoyée la balle : deux cent mètres, quatre cent mètres, ou davantage. La controverse dura plusieurs années.

Après son départ de la NASA, Shepard devient un homme d'affaire très riche. Il consacre désormais sa vie à des œuvres caritatives. Henri Landwirth, le directeur de l’Holiday Inn a gravit les échelons de cette chaine d’hôtels, a fait quelques affaires notamment avec John Glenn… Et est devenu riche, très riche lui aussi… Quelle revanche pour ce survivant de l’Holocauste ! Il se consacre lui aussi à des œuvres caritatives…
Un jour il propose aux six survivants des Mercury Seven ainsi qu’à Betty Grissom de créer une fondation qui allouerait une bourse à des étudiants défavorisés, dans les disciplines scientifiques. Shepard et les autres se montrent enthousiastes et ce dernier se propose même d’en devenir le président. Shepard et Landwirth mettent le projet sur pied… En 1984, c’est chose faite, la Mercury Seven Foundation voit le jour. Les deux premières années sont très difficiles, Shepard est encore très pris par ses affaires et la fondation ne récolte que 100 000 dollars. En 1986, avec la tragédie de Challenger, accident qui le marque profondément, il décide de laisser ses affaires de côté et de « sauver » la fondation, il fait lui-même plusieurs dons et organise toutes sortes de manifestations pour récolter de l’argent… Des millions de dollars seront récoltés. En 1990 la fondation change de nom pour devenir l’Astronaut Scholarship Foundation, elle devient si prospère qu’elle construit l’Astronaut Hall of Fame avec sa boutique de souvenirs, adjacent au Centre Spatial Kennedy, dont tous les bénéfices sont reversés à la fondation. Des milliers d’étudiants, issus de milieux sociaux défavorisés pourront faire des études dans les meilleures universités américaines. En 1996 Shepard apprend qu’il a une leucémie…
En 1997, il fait coïncider la réunion annuelle de la fondation avec la fin de sa présidence, trop affaibli pour continuer, il a demandé à Jim Lovell de prendre sa succession. A la fin de la soirée, Don Engen, directeur du National Air And Space Museum de Washington D.C. monte sur le podium et s’adresse à Alan Shepard : « Tu me supplies depuis des années… J’abandonne… Apollo 14 est à toi ! ». La capsule qui en 1971 l’avait emmené vers la Lune, l’avait protégé pendant ce voyage de 9 jours où il avait parcouru 800 000 kilomètres, atteignant la vitesse de 38 000 km/h allait être à lui. Le Smithsonian fait don du CM d’Apollo 14 au musée de l’Astronaut Hall of Fame. Shepard submergé par l’émotion n’a pu prononcer la moindre parole, ses yeux se sont remplis de larmes… sa femme Louise lui prit la main et la serra très fort… Le lendemain, une cérémonie eut lieu au musée où la capsule avait déjà été transférée… Shepard se tenait debout, à côté de « Kitty Hawk », amaigri par la maladie, ses cheveux clairsemés à cause de la chimiothérapie…il tendit le bras et toucha sa capsule… entouré par ses meilleurs amis, Icy Commander défaillit, son corps se mit à trembler et il cacha son visage dans ses mains pour pleurer… c’est la dernière image que la plupart de ses amis auront de lui…Alan B Shepard est mort le 20 juillet suivant, à l’âge de 74 ans.

Le 1er aout 1998 Louise Shepard assiste au Centre Spatial Johnson à une cérémonie en mémoire de son mari. Glenn fit un émouvant discours en finissant par le poème « High Flight », Wally Shirra, ne put finir son discours, beaucoup trop ému. Gordon Cooper, leva les yeux au ciel et dit : « Nous serons avec toi dans pas longtemps». En sortant, pour aller planter l’arbre de Alan B. Shepard (il s’agit d’une coutume voulant que pour chaque astronaute disparu, un arbre soit planté…) toutes les têtes se sont levées lorsque 4 jets de la Navy sont passés au-dessus du JSC et que l’un d’eux a quitté la formation pour symboliser le pilote manquant… Après la cérémonie, Louise effondrée s’envola vers le Colorado chez sa fille Laura. Elle y restera jusqu’au 25 août. Lorsqu’elle se sentit assez forte pour retourner chez « eux » à Pebble Beach, elle prit l’avion pour San Francisco. Elle attendit plus de trois heures sa correspondance pour Monterey. Quand le petit avion à hélices décolla, Louise Shepard assise près du hublot regardait le Pacifique… Lorsque son cœur s’arrêta, les hôtesses ne purent rien faire, il n’y avait pas de défibrillateur à bord de l’avion. Mme Shepard est morte au-dessus du Pacifique, 5 semaines après son mari... à 17 heures… C’est exactement à cette heure précise que son mari avait coutume de l’appeler chaque fois qu’il n’était pas en ville ! (Hormis pendant sa mission Apollo 14 !) Laura dira à une de ces amies « Papa a appelé Maman, vers 17 heures, juste une dernière fois »

Lorsque Alan Shepard est mort, sa femme n’a pas voulu l’enterrer, elle préférait que ses cendres soient dispersées sur la jetée rocailleuse juste derrière leur maison. Quand Louise est décédée, cinq semaines après son mari, leurs enfants ont décidés que leurs cendres seraient dispersées ensemble…
L’après-midi du 18 novembre 1998, quelques intimes, parmi les amis les plus proches du couple étaient rassemblés sur le Green n°17 du parcours de Golf Cypress Point à Pebble Beach, lorsque deux hélicoptères passèrent au dessus d’eux pour s’immobiliser brusquement au-dessus de la crique de Stillwater Cove que Alan et Louise Shepard aimaient tant.
Les deux hélicoptères se firent face et laissèrent descendre les deux urnes avec un bouquet de fleurs séchées… Les cendres furent libérées simultanément et se dispersèrent en se mélangeant, virevoltant au gré de la brise, pour finalement retomber sur la terre et l’océan… Au même moment deux phoques, venant de directions opposées sont montés sur un rocher et se sont touché le museau !

APOLLO 15

C' est Shoemaker qui a réalisé la première carte géologique détaillée de la lune. Avant les géologue utilisaient une carte moins précise réalisée par Robert Hackman et Arnold Mason du UGS de Washington. Il n' est pas évident de savoir si ils ont influencé les travaux de Shoemaker, ou vice versa.

Apollo 15 était la première mission du type "J". La NASA avait pensé à des missions "I" pour succéder aux mission "H" (Apollo 12, 13 et 14) avec pour objectif des observations scientifiques depuis l' orbite lunaire sans alunissage. Mais ses missions n' ont jamais été développées.

Hadley était le nom commun du site d' alunissage d' Apollo 15. Mais pour les géologues le site était connu sous le nom de "Hadley Apenine".

David Scott a cassé sa montre Oméga SpeedMaster juste avant de sortir du LM pour la 3eme EVA sur la lune, le verre de protection a sauté de la montre. Heureusement, il avait sur lui une autre montre, personnelle, une Bulova, non validée par la NASA. Avec une bande de Velcro, il l'accroche à son poignet. Cette montre accompagne Scott jusqu'à l'amerrissage.

Scott a sa descente du LM murmura : "L'homme ne fait qu'explorer. Et c'est l'exploration en ce qu'elle a de plus grand"

A la fin de leur séjour lunaire et devant la caméra du Rover, Scott vérifia la théorie de Galilée sur la chute des corps dans le vide. A cette fin, il avait emporté une plume de faucon (en hommage au nom donné à leur LM : "Falcon") qu'il prit dans sa main gauche. Dans la droite, il tenait son marteau. Il lâcha les deux objets en même temps, qui tombèrent tous deux simultanément sur le sol lunaire.

4 heures avant leur départ de la Lune, Scott éloigna la jeep lunaire de quelques centaines de mètres puis posa sur son tableau de bord une petite Bible. Puis, en revenant vers le LM, il déposa encore sur le sol lunaire une petite plaque portant le nom des quatorze hommes (astronautes américains et cosmonautes russes) morts pour la cause spatiale. A côté de cette plaque, il plaça encore une petite figurine en aluminium réalisée par Paul van Hoeydonck, un artiste allemand de New York, représentant de façon stylisée un astronaute tombé à terre. Ce mémorial laissé sur la lune par les hommes d’Apollo 15 rend hommage aux 14 astronautes et cosmonautes qui sont morts dans le cadre de leurs programmes spatiaux respectifs, à savoir dans l’ordre chronologique :
_ Valentin Bondarenko, mort en 1961 pendant un entraînement,
_ Théodore Freeman, mort en 1964 dans le crash de son avion après qu’une oie ait heurté le cockpit alors qu’il volait à basse altitude,
_ Elliot See et Charles Bassett, morts en 1966 dans le crash de leur avion après avoir heurté le toit de l’un des bâtiments de l’usine McDonell,
_ Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee, morts en 1967 dans l’incendie d’Apollo 1,
_ Vladimir Komarov, mort en 1967 dans le crash de Soyouz 1,
_ Edward Givens, mort en 1967 dans un accident de voiture alors qu’il revenait d’une soirée au club des pilotes de l’Air Force,
_ Clifton Williams, mort en 1967 dans le crash de son avion qui s’est mis en vrille, il n’a pas pu s’éjecter à temps,
_ Youri Gagarine, mort en 1968 dans le crash de son avion pendant un vol d’entraînement.
_ Victor Patsayev, Georgi Dobrovolsky et Vladislav Volkov, morts en 1971 par asphyxie lors de la dépressurisation accidentelle de leur vaisseau Soyouz 11.

L' affaire des enveloppes.
L' année 1972 fut une mauvaise année en matière de relation publique pour la NASA. On apprit que Scott et son équipage avaient transporté 400 enveloppes "premiers jours" non autorisées pendant leur voyage terre-lune en plus des 200 "officielle" embarquée par la NASA. Les astronautes gardèrent 300 enveloppes et donnèrent le reste à un philatéliste Allemand nommé Horst Eiermann avec la promesse de ne les vendre qu' à des collectionneurs privées sans publicité après le fin du programme Apollo. Les trois hommes espéraient gagner 7 à 8000 $ chacun dans cette affaire pour leurs enfants. Mais Eiermann commença sa vente quelques semaines après le retour d' Apollo 15. Scott appela le philatéliste et le somma de casser le contrat les liant avec eux. Les trois hommes refusèrent de prendre l' argent. Mais des articles parurent dans la presse européenne avant que la NASA le sache.
Chaque enveloppe était vendue 1500 $ pièce. Lorsque Slayton eut vent de l' affaire, il minimisa l' impact avant de demander à Irwin quel était la vérité. Le congrès demanda une enquête sur la conduite des astronautes. La NASA du réprimander les trois hommes. En juin, Irwin quitta la NASA et l' USAF pour fonder High Spirit, une fondation religieuse. Worden fut transféré au centre Ames près de San Fransisco et Scott muté à un poste de management au centre Johnson.
La réaction des autres astronautes fut mitigée. Certains ne croyant pas cette affaire sérieuse, d' autres demandant qu' ils passent en cours martiale. Le mal était fait et maintenant le monde savait que la signature des astronautes valait de l' or. Le corps des astronautes en fut terni pour quelques années. Le mythe de l' astronaute s' effondrait.
L' équipage d' Apollo 15 pressenti comme réserve pour Apollo 17 a été de ce fait remplacé par Roosa, Young et Duke.
Il apparu aussi que ce revendeur allemand avait, en outre, proposé une forte somme d'argent (on cite 2500 $ de l'époque) à chaque astronaute du programme Apollo pour qu'il signe un bloc d'enveloppes. Certains acceptèrent, dont Jack Swigert. L'erreur qu'il commit fut d'abord de nier son implication, avant de l'admettre. Avec tout le tapage autour de cette affaire, Georges Low (responsable du programme Apollo au Johnson Space Center à Houston) lui-même ne laissa pas passer cette erreur et le vira de la préparation du vol ASTP.
A ceci s'ajouta l'affaire des deux montres que Scott avait emporté avec lui, à la demande d'un ami pour le compte d'un fabriquant sans en avertir la NASA. 
Une controverse finale s'ajouta après le vol après que l'équipage ait été contacté par le sculpteur belge aul Van Hoeydonck pour créer des statuettes commémorant les astronautes disparus en mission. Cette statuette en aluminium devait être laissé sur la lune. Aucune réplique ne devait être réalisée. Après leur mission, le musée de Washington NASM contacta les astronautes pour avoir une réplique à exposer. L'équipage accepta et demanda au sculpteur belge de la réaliser. En mai 1972, Scott appris que le sculpteur avait mis en vente 950 répliques de la statuette au prix unitaire de 750 $ dans une galerie de New York. 
Les trois astronautes d' Apollo 15 furent démissionnés, ils avaient utilisé le programme spatial à des fins personnelles. La NASA a un règlement concernant les activités de ses astronautes. La célébrité se marchande, cela n' est un secret pour personne, et l' agence spatiale a su dés le début du programme protéger ses petits anges des interventions extérieures. Cela n' empêcha pas de conclure de petits contrats particuliers, comme des remises intéressantes sur deux marques de voitures, l' exclusivité des reportages et interviews pour le groupe Times Life & Field Ent, en échange de 500000 $ par an à partager entre eux. Tant qu' un astronaute était sous contrat de la NASA, les contrats avec le monde des affaires étaient limités. Ils devaient passer par le bureau des astronautes et se limitaient à trois par personne. De plus, toute exploitation à des fins privées et commerciales était interdite.

APOLLO 16

Young sur la lune: "Ainsi vous voilà, mystérieuses et inconnues plaines des monts Descartes. Apollo 16 va changer votre image".

La famille Duke est sur la lune !!. En effet Charles avait eu l' idée d' amener une photo de sa famille (Charlie, Dotty et ses fils Charles et Tom) qu' il avait mis sous plastique. Il l' a dépose sur le sol lunaire près du Rover avant la fin de la troisième EVA. 

Pendant le voyage aller, Mattingly avait perdu son alliance. Il renonça à la retrouver après avoir cherché en vain pendant plus d'une semaine dans le module de commande. Pendant le voyage de retour, il fit une sortie dans l'espace (de 1h24mn en tout) pour notamment récupérer des boîtiers photos ; pendant ce temps Duke se tenait juste à l'entrée de l'écoutille. Quelle ne fut pas la surprise de ce dernier de voir soudain l'alliance de son compatriote sortir par la trappe et s'envoler dans l'espace. Par chance, au dernier moment, la bague rebondit sur Mattingly (qui n'avait rien remarqué) et revint vers l'écoutille où Duke n'eut plus qu'à la saisir au vol.

Le pilote du LM Charlie Duke raconte que pendant qu'il batifolait sur la lune avec son commandant, son frère jumeau s'est pointé dans la salle de contrôle, provoquant la stupeur de certains contrôleurs qui regardaient le nouvel arrivant puis l'écran de télé puis de nouveau l'arrivant avant de comprendre.

Une autre anecdote concernant Bill Duke, le frère jumeau de Charlie…
Des dirigeants de la NASA, dont Rocco Petrone, directeur du programme Apollo, prenaient le soleil au bord de la piscine de l’hôtel Holiday Inn, de Cocoa Beach, la veille du lancement. Bill qui ne connaissait pas Rocco Petrone était descendu dans le même hôtel, (rien d'étonnant, tous les astronautes et personnels de la NASA y descendaient, depuis Mercury), le frère jumeau de Charles Duke passe devant lui, puis rebrousse chemin et retourne vers sa chambre car il avait oublié son porte-feuille… Petrone n’en croit pas ses yeux, il appelle immédiatement le quartier des astronautes (crew quarters) et demande pourquoi diable Duke n’est pas en quarantaine ! La secrétaire lui répond qu’elle ne comprend pas, elle vient de le voir, il s’entraîne… Rocco n’en croit pas un mot... La secrétaire va voir Charlie Duke qui lui explique que c’est sûrement son frère qu’il a vu… Elle raconte ça à Rocco Petrone qui finit par comprendre sa méprise. Un peu plus tard Petrone rencontrera Bill et cette histoire les fera bien rire !

Young a appris que le budget de la navette avait été voté alors qu'il était sur la Lune, juste avant son célèbre "leaping salute". 
CapCom Tony England :"This looks like a good time for some good news here... the House passed the space budget yesterday. 277 to 60, which includes the vote for the shuttle. 
Young et Duke :"Beautiful. Wonderful. Beautiful" 
Duke :"Tony,again I'll say it, with a salute, I'm proud to be an American. I'll tell you... Young :"The country needs that shuttle mighty bad. You'll see.
Neuf ans plus tard...Il en sera le pilote.

Pendant la mission Apollo 16, Harrison Schmitt discutait avec Sy Libergot (EECOM) dans le SPAN (Spacecraft Planning and Analysis Room). Schmitt se tenait debout dans une allée étroite entre deux rangées de consoles, accoudé au-dessus de Libergot, une tasse de café à la main. Lorsqu’une personne passe derrière lui et le bouscule un peu… Déséquilibré, il renverse sa tasse de café, dont une partie s’écoule par les aérations, dans le moniteur du contrôleur. Après quelques étincelles et un peu de fumée, l’écran s’éteint à tout jamais ! Sy Libergot est obligé d’éteindre sa console. Schmitt voulant bien faire essaie alors de soulever le rack qui se trouve au-dessus des écrans pour voir l’étendu des dégâts, ce faisant, ignorant que ce dernier est solidaire de toute la rangée, il fait tomber tous les manuels posés dessus qui renversent les tasses de café posées à coté des contrôleurs, 3 ou 4 tasses, dont le contenu se répand sur les claviers et les documents. Instinctivement les personnes assises se reculent pour éviter de se prendre du café chaud, et bousculent les personnes derrières elles, celles qui ont des cafés à la main le renversent sur la deuxième rangée de consoles… En moins de 30 secondes, Schmitt a provoqué une réaction en chaîne qui a paralysé le SPAN. Les contrôleurs ont mis plus de 4 heures pour tout remettre en état…
Au cours d’Apollo 17 , les témoins de cette « catastrophe », ont demandé au CapCom de dire à Harrison Schmitt que tout allait très bien dans le SPAN, qu’aucune tasse de café n’avait été renversée, et qu’ils étaient bien content qu’il soit sur la lune !

Lorsqu'un géologue de Mission Control suggère à John Young d'écrire quelques mots sur le sol lunaire, ce dernier répond : "Je veux bien écrire tout ce que vous voulez excepté, au secours"

APOLLO 17

Cernan fut victime d' un accident d' hélicoptère une semaine avant le lancement d' Apollo 14 dans la rivière Banana au Cap Kennedy. L' astronaute tomba dans l' eau après l' explosion de son engin et s' en sortit sans blessure.
Nous sommes le samedi 23 juin 1971 au John F. Kennedy Space Center, une semaine avant le lancement d’Apollo 14. Gene Cernan qui est la doublure d’Alan Shepard, (back-up commander) pour cette mission, prend les commandes du petit hélicoptère H-13 de chez Bell Aircraft, pour s’entraîner un peu.
Les astronautes se servaient de cet engin pour simuler les atterrissages lunaires en complément du LLTV, (Lunar Landing Training Vehicle) qui lui se trouve à la base aérienne d’Ellington au Texas.
En ce matin radieux, Gene Cernan remonte l’Indian River pour rejoindre le site où les astronautes ont l’habitude de s’entraîner. Les réservoirs sont pleins, il décide donc de voler un peu pour alléger l’hélico…
Comme tout pilote de chasse qui se respecte, il décide de faire du « rase-flotte », pour épater un peu les pêcheurs et autres touristes dans leurs bateaux qui lui font des signes de la main.
Il descend de plus en plus bas et finit par commettre l’erreur classique qui consiste à confondre le fond de la rivière avec la surface de l’eau… L’eau étant transparente et parfaitement calme il n’a plus aucune perception de la profondeur…
Soudain un des patins heurte l’eau et c’est le crash… Le H-13 explose littéralement… Cernan toujours sanglé s’enfonce avec l’appareil. A cet endroit la profondeur est d’environ 2m50.
Miraculeusement il n’a rien de cassé, aucune blessure grave, il ne panique pas car il sait exactement ce qu’il faut faire (Merci aux entraînements de survie en immersion de Dilbert Dunker à l’académie navale et à ceux de la NASA).
Lorsqu’il atteint la surface au bord de l’asphyxie, il n’y a que des flammes… Autour de lui le kérosène s’est embrasé et un des deux réservoirs encore intact, flotte pas très loin, susceptible d’exploser à tout moment.
Il progresse sous l’eau et est finalement secouru par une femme qui a assisté à toute la scène, elle l’aide à se hisser à bord de sa petite barque de pêche. Un peu plus tard un Sheriff l’emmène à la base aérienne de Patrick pour être soigné…
Dans la voiture qui le ramène au cap, Gene Cernan se demande ce qu’il va bien pouvoir dire à Deke, il imagine déjà la une des journaux « Un astronaute commet une erreur de pilotage et s’écrase ».
Quelle excuse va-t-il pouvoir trouver ? Quelles en seront les conséquences pour sa future affectation ?
Lorsqu’il arrive au quartier des astronautes, il va directement au mess pour s'expliquer avec Slayton, mais la première personne qu’il voit, c’est Shepard, qui prend son petit déjeuner, ce dernier le regarde, avec ses cheveux brulés et ses bandages et lui demande ce qui s’est passé...
Cernan lui répond « On s’ennuie tellement ici qu’il fallait bien que quelqu’un fasse quelque chose pour que l’on parle un peu d’Apollo 14 »
« Tu as raison » répond t-il et continue de manger.
D’autres astronautes viennent aux nouvelles, finalement Deke Slayton arrive et l’emmène dans une salle de "briefing" pour lui parler seul à seul. Alors qu'il s’assure que Cernan va bien, la tête de Shepard apparaît dans l’embrasure de la porte et dit « Un appel téléphonique pour Geno »
Agacé Slayton aboie « Non, pas maintenant, qui que ce soit, qu’il rappelle plus tard ! »
« Deke, c’est le vice président des Etats-Unis »
Gene Cernan raconte ce qui s’est passé, remercie le vice président Agnew pour son appel et raccroche.
Les nouvelles vont vite !
« Bon alors, à quel moment le moteur est-il tombé en panne ? » demande Slayton d’une voix ferme en fixant Cernan dans les yeux. Slayton lui propose une échappatoire sur un plateau d’argent. Tout ce qu’il lui reste à faire c’est de saisir cette opportunité…
« Deke, Le moteur n’est pas tombé en panne. J’ai mis ce salopard d’hélico dans l’eau ».
« Tu ne m’as pas bien compris Geno... Quand ce p..... de moteur a t-il commencé à avoir des ratés ? »
Slayton sait très bien que Cernan a fait une erreur de pilotage mais insiste pour qu’il saisisse la perche qu’il lui tend…
« Je viens de te le dire, le moteur fonctionnait très bien, j’ai déconné »
Slayton haussa les épaules : « Bon, si c’est ce que tu veux ! »
« C’est ce qui s’est passé, je n’y peut rien »
A ce moment Cernan pense qu’il a eu beaucoup de chance d’avoir survécu au crash mais qu’il ne marchera certainement pas sur la Lune.
Tom Stafford, chef du bureau des astronautes, son pote, avec qui il avait volé sur Gemini 9 et Apollo 10 l’appelle de Houston pour lui dire : « Espèce de gros nul, qu’est ce qui t'a pris ? J’essaie de faire mon possible pour que tu commandes 17 et toi... Tu as surement tout fait foirer !»
Cernan était en compétition avec l’équipage de Dick Gordon, qui lui avouera plus tard qu’après son crash, il avait bien cru qu’Apollo 17 serait à lui. Finalement l’accident de Cernan ne fit pas grand bruit, quelques lignes anodines dans les journaux et quelques mots à la télé…
Quelques jours plus tard, Cernan récupèrera le casque qu'il portait, dont une partie avait fondu... Casque qui se trouve dans son bureau encore aujourd'hui.

Un soir, quelques temps après la disparition des astronautes, Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee, quatre astronautes discutent dans un restaurant de Houston avec Wernher Von Braun, parmi les astronautes, dont aucun n’est encore allé dans l’espace, il y a Eugene Cernan. Au cours de la conversation, Cernan lui fait part de ses inquiétudes pour l’avenir, que va t-il advenir du programme Apollo. D’un grand geste de la main qui semblait balayer tous les problèmes Von Braun lui répond : « Ne t’inquiète pas, on ira sur la lune ». Il fixe alors Cernan de ses yeux bleus et lui dit : « C’est à ton tour maintenant Gene, tu dois croire en ce rêve qui deviendra réalité ». Cernan est surpris par ces paroles, Von Braun se met à rire : « Tu seras parmi les explorateurs et je t’envie ». Il ajoute : « L’important c’est ce que tu feras sur la lune, tu ne vas pas juste y aller, atterrir et rentrer à la maison… Lindbergh n’a pas traversé l’atlantique juste pour aller à Paris… Un voyage d’exploration doit étendre l’univers de nos connaissances… « Gene, tu auras besoin de mobilité, nous y pourvoirons… tu auras une « voiture » ! » Apollo n’est même pas encore aller dans l’espace, il faut tout modifier et toi tu me parles de conduire un buggy à travers les cratères de la Lune ! Ce soir là, Cernan se garda bien de lui révéler le fond de sa pensée et bien lui en a pris car 5 ans plus tard, les prédictions de Von Braun se révèleront parfaitement exactes…Au volant de sa jeep lunaire il s’éloignera de plusieurs kilomètres du LM pour explorer des lieux où aucun Homme n’était jamais venu !

Lorsque Ronald Evans a appris qu’il ferait partie des astronautes du groupe 5 (avril 1966) il était pilote de chasse, affecté sur le porte-avion USS Ticonderoga… Devinez quel porte-avion a récupéré les astronautes d’Apollo 17 ?

Schmitt remplaça Engle dans l' équipage d' Apollo 17, sous la pression de la communauté scientifique. Géologue de formation Schmitt se focalisa sur les 4 dernières missions Apollo en 1970, Apollo 16 à 19. Il proposa un alunissage dans le cratère Tycho pour Apollo 16 et la mer Oriental pour 17. Pour Apollo 18, il proposa d' alunir au pôle Nord où les scientifiques espéraient découvrir des calottes de glaces vestiges de temps anciens. Apollo 19 enfin visait le cratère Tsiolkowsky sur la face cachée avec quelques satellites Tiros (achetés par TRW à la NASA pour 80 millions $) pour assurer les liaison avec la terre. Mais les impératifs techniques d' une telle mission ne pourront être surmontés à temps.

Au second jour, à 17 heures du vol, l' horloge MET est avancée de 2 h 40 mn afin de compenser le retard du lancement. 

Cernan déclara: "En foulant la surface de Taurus-Littrow, j'aimerai dédier les premiers pas d'Apollo 17 à tous ceux qui l'ont rendu possible". Schmitt lui a faillit tomber lors de ses premiers pas sur la lune. Lorsqu' il descendit de l' échelle et quitta le pied du LM, sa botte tomba dans un petit trou recouvert de poussière. Déséquilibré, il se raccrocha in extrémis à l' échelle.

La photo représentant Schmitt devant un énorme rocher a fait le tour du monde. Ce rocher est baptisé Shorty en hommage au personnage d' un auteur de San Fransisco Richard Brautigan's dans sa nouvelle "Trout Fishing in America".

"Put Your Visor Down".
De nombreux pilotes de LM dont Aldrin Mitchell et Irwin entre autre ont été photographié et filmé sur la lune sans leur viseur doré sensé les protéger du rayonnement solaire notamment dans la première partie des activités lunaire où il était nécessaire de "voir" clairement se qu' ils faisaient. Schmitt a le record officieux de la visière la plus longtemps relevée. Bien qu' aucune caméra ne l' ait montré descendre de l' échelle sans sa visière rabattue, on pouvait l' apercevoir à de nombreux moment sans sa visière. Sa barbe de 4 jours était clairement visible notamment dans certaines images où il s' approche de la caméra TV du Rover avec un grand sourire.

Avant de rentrer dans le LM à l' issue de la dernière sortie, Schmitt lança son marteau dans le ciel. Ce marteau embarqué depuis Apollo 11 avait suscité beaucoup de discutions entre les ingénieurs et les géologues. Pourquoi embarquer un marteau sur la lune demandèrent les ingénieurs ?. Pour pouvoir casser les gros rocher répondirent les géologues. Après divers essais réaliser pour savoir si la combinaison ne risquait pas d' être trouée par les éclats arraché d' un rocher, la décision est prise. Les géologues auront le même problème avec l' appareil photo équipé d' un objectif de 500 mm pour Apollo 15, 16 et 17. Le marteau retomba à environ 44 m du LM.

Un rocher trouvé à MET 169 h 46 mn 26 s avant le retour dans le LM à l' issue de l' EVA 3 sera la seule et unique pièce ramenée de la lune exposée que le public pourra toucher.

Cernan aurait voulu graver sur la lune pour l' éternité les initiales de sa fille Tracy alors agée de 9 ans sur le rocher Shorty, mais il n' en a pas eu le temps. A son retour sur terre, la photo de Schmitt devant ce rocher était devenu très populaire. Quelques années plus tard,  l' astronaute Al Bean, reconvertit dans la peinture d' art contacta Cernan pour immortaliser cette scène en peinture dans un tableau de 2 m par un. Confiant son regret de ne pas avoir écrit les initiales de sa fille, Bean demanda à Cernan d' écrire le nom de Tracy sur un papier blanc comme il l' aurait fait sur la lune. Bean revint quelques temps plus tard (1984) avec le tableau fini dans lequel la poussière du rocher enlevée par Cernan avaient été remplacé par "Tracy". Pour la petite histoire, Bean avait réaliser ce tableau afin d' éviter des dépenses aux contribuables en renvoyant l' astronaute sur la lune réaliser son rêve. Ce tableau a été baptisé "Tracy Boulder", le rocher de Tracy.  
Une autre histoire raconte que Cernan en allant garer le Rover sur sa place de parking pour assister au décollage du LM écrivit avec son doigt TDC pour Tracy Dawn Cernan, les initiales de sa fille âgée de 9 ans. 

Dernière phrase officielle (à l'intention des médias) du dernier astronaute sur la Lune (Cernan) : "Le défi américain d'aujourd'hui a forgé la destination de l'Homme de demain. Nous quittons la Lune et Taurus-Littrow comme nous sommes venus et, si Dieu le veut, nous y reviendrons avec la paix et l'espoir pour l'Humanité toute entière". 
Dernière phrase non officielle du même astronaute en s'adressant à son camarade Schmitt : "Allez Jack, tirons-nous d'ici".

Lorsque Gene Cernan a fait tomber son marteau sur le "garde-boue" arrière droit du Rover, il est fragilisé et lors de la sortie 1 il est perdu en cours de route. La poussière est telle qu'elle recouvre les 2 astronautes assis dans le Rover. C'est John Young (back-up Commander) qui a eu l'idée de plier des cartes géologiques pour le réparer. En effet le volume de poussière soulevé par les roues était si importante qu'il était impossible de se servir du Rover sans gardes poussière. Une photo du garde boue ainsi réparé est prise par Cernan à MET 143h 46mn 34s juste avant de partir de la station 2, Jack Smith est déjà assis. La photo servira pour la documentation de vol et pour Gene immortaliser sa réparation. A la fin de la sortie 3, Cernan décide de ramener le garde boue sur la terre. A la fin des années 1990, il était en exposition au NASM de Washington.

Alors que Eugene Cernan est sur la lune, sa fille Tracy, 9 ans, participe à l’émission télé, Today Show, présentée par Jim Hartz. Elle porte une robe avec l’emblème géant d'Apollo 17. Tracy regarde en direct son père sur la Lune, alors que des millions d’américains la regardent, elle. Elle répond aux questions de son hôte avec malice et intelligence. « Quel souvenir ton père va-t-il te ramener de la Lune ? » « Je ne peux pas vous le dire ! » A force d’insister, elle finit par avouer : « Il va me ramener un rayon de Lune »…
Alors que Harisson Schmitt est dèjà à l’intérieur du LM, Engene Cernan conduit le rover à quelques centaines de mètres et le positionne afin que la caméra puisse retransmettre le décollage du lendemain… Lorsque c’est fait, Cernan s’agenouille, et avec un doigt inscrit les initiales de Tracy, T D C, (Teresa Dawn Cernan) dans la poussière lunaire, sachant que ces trois lettres resteront là, bien plus longtemps que personne ne peut l’imaginer…Lorsque Jim Hartz ramène Tracy chez elle, elle a soif et sur le pas de la porte, elle prend une pose de mannequin et déclame :"La Star à besoin d'un Sprite !" ("The star needs a Sprite").
Quelques années plus tard, alors que la nuit tombe, la Lune se lève lentement au dessus des collines, Eugene Cernan prend sa petite fille âgée de 5 ans, Ashley, dans ses bras, comme il l’avait fait avec sa mère, Tracy, il y a bien longtemps maintenant, avant de partir sur la Lune… Elle est assez grande pour comprendre, il veut lui raconter son histoire, mais avant même qu’il commence à parler, Ashley montre la Lune du doigt et s’écrie : « Papi, regarde ta Lune ! » Sans que personne ne sache pourquoi, la petite fille de Eugene Cernan a toujours appelé la Lune, la Lune de papi… Il lui demande alors : « Sais-tu que la lune est très loin ? » A cinq ans les enfants ne peuvent pas se représenter de telles distances. Il continue : « C’est très loin dans le ciel, là où vit le Bon Dieu… Papi à pris sa fusée et il est resté sur la Lune pendant trois jours. J’ai même écris les initiales de ta maman dans le sable. » Après un long moment de silence, elle le regarde et lui dit : « Papi, je ne savais pas que tu étais allé au Paradis. »
« Oui ma chérie, ton grand-père est allé au Paradis. Il y est vraiment allé. »

Jack Schmitt est un (très) bon chanteur ! C'est lui qui commence à chanter la  "I was strolling on the Moon one day". Gene le suit sous l'oeil des caméras du Rover. "In the merry merry month of ..may....no december....(grosse confusion et embarras:-). Contrairement à John et Charlie dont les voix étaient facilement distinguables, Jack et Gene avaient quasiment la même voix!

POST APOLLO

Leurs premiers mots lorsqu’ils ont posé le pied sur la lune :

Neil Armstrong: "That's one small step for a man - one giant leap for mankind."
Pete Conrad: "Whoopee ! Man, that may have been a small one for Neil, but it's a long one for me."
Alan Shepard: "It's been a long way, but we're here."
Dave Scott : As I stand out here in the wonders of the unknown at Hadley, I sort of realize there's a fundamental truth to our nature, Man must explore . . . and this is exploration at its greatest.”
John Young: "There you are, mysterious and unknown Descartes highland plains. Apollo 16 is gonna change your image. I'm sure glad they got ol' Brer Rabbit here, back in the briar patch where he belongs. "
Gene Cernan: "As I step off at the surface at Taurus-Littrow, I'd like to dedicate the first step of Apollo 17 to all those who made it possible."

 

Sur les 21 astronautes mariés quand ils sont partis pour la lune, 11 ont divorcé plus tard ou se sont séparés de leur femme.
_ Pat White s' est suicidé en 1983. Elle préparait une réunion amicale des épouses d' astronautes. 
_ Pat Mc Divitt a divorcé en 1989. Infirmière depuis 1984, elle travaille dans un hôpital de l' Ohio et vit toujours seule.
_ Barbara Young a divorcé en 1972. Elle est retraitée d' une société de courtage. 
_ Faye Stafford à divorcé en 1986 et est retournée dans son Oklaoma natal où elle s' occupe d' activités sociales et civiques.
_ Jan Armstrong a divorcé en 1994 et partage la vie active d' une communauté montagnarde.
_ Joan Aldrin a divorcé en 1975.
_ Jane Conrad a divorcé en 1989. remariée, elle vit dans l Ouest du Texas où elle peint et travaille dans un musée.
_ Sue Bean a divorcé en 1982.
_ Barbara Gordon a divorcé en 1980.
_ Mary Haise  a divorcé en 1978.
_ Pamela Worden a divorcé en 1973
_ Elizabeth Mattingly s' est séparé de Thomas.  
_ Louise Mitchell a divorcé en 1972.
_ Barbara Cernan a divorcé en 1987

Les autres sont toujours mariés:
_ Valerie Anders.
_ Susan Borman est toujours mariée. Avec Frank, elle s' occupe de restaurer des avions de collection au Nouveau mexique. Susan s' occupe aussi d' une association luttant contre la drogue et l' alcoolisme. 
_ Patricia Collins.
_ Dorothy Duke.
_ Janet Evans.
_ Mary Irwins.
_ Marilyn Lowell est toujours mariée à son amour de jeunesse.
_ Louise Shepard.
_ Joan Roosa.
_ Lurton Scott.
_ Thereza Schmitt (depuis 1985).

Seul Jack Swigert se s' est jamais marié.

L’US NAVY a donné les meilleurs astronautes :
- Shepard - Premier américain dans l’espace 
- Schirra - CDR d’Apollo 7 
- Stafford - CDR d’Apollo 10 
- Armstrong - Premier homme sur la lune 
- Conrad, Bean, Gordon - Apollo 12 
- Le seul équipage Apollo 100% Navy - Lovell 
- CDR d’Apollo 13 
- Shepard - CDR d’Apollo 14 
- Young - CDR d’Apollo 16 
- Cernan - CDR d’Apollo 17 
- Stafford - CDR d’Apollo Soyuz 
- Conrad, Weitz, Kerwin - Premier équipage de Skylab, 100% Navy 
- Young, Crippen - 1er vol de la navette, 100% Navy

Dave Scott (Apollo15) est le seul issu de l’US Air Force à avoir commandé une mission lunaire. Le premier et le dernier homme sur la lune viennent de la Navy. Rien de bien étonnant lorsque l’on sait ce que représente un appontage de nuit... tous avaient les « Ailes d’Or » de la Navy ! Suprême ironie, Deke Slayton, le « sélectionneur » venait de l’US Air Force !

La NASA a décidé de réserver un emplacement au Centre Spatial Johnson à la mémoire de tous les astronautes décédés, que ce soit de vieillesse, à la suite d’un accident, maladie, ou dans l’accomplissement de leur devoir… Pour chaque astronaute un arbre est planté au cours d’une cérémonie solennelle. Lorsque par exemple l’arbre de Pete Conrad a été planté, son ami Al Bean, qui voulait que cette cérémonie soit joyeuse, comme Pete aurait aimé qu’elle soit, à donné le ton en demandant à Georges Abbey, l’administrateur de la NASA, d’écouter ce que Pete avait à lui dire à travers lui: « Il pense qu’il faudrait que ces arbres soient tous illuminés pour Noel, et comme sa devise a toujours été, « If you can’t be good, be colorful », il suggère… non il insiste… pour que ces lumières soient blanches, excepté pour lui !" Ce fut la seule cérémonie où l'on put entendre des éclats de rire !
Si vous visitez le Centre Spatial Johnson pendant la période de Noel, vous verrez que la NASA a tenu sa promesse… Parmi tous les arbres qui brillent d’une couleur blanche éclatante, qui nous rappellent ces hommes et ces femmes qui sont allés dans l’espace et nous ont quittés, un seul arbre est recouvert de guirlandes lumineuses vertes et rouges !
Le Memorial Tree Grove compte environ une cinquantaine d'arbres, des chênes... Pour Stuart Roosa, on avait planté un Magnolia, en hommage à son Etat préféré, le Mississippi, mais l'arbre n'a pas bien pris et il a été remplacé par un chêne.
Le site n'est pas ouvert au public, mais on le voit de la route NASA 1 qui passe juste devant le JSC.
Il y a également un arbre pour Robert Gilruth et Max Faget ! Les exceptions qui confirment la règle !
Le Memorial Tree Grove du Lyndon B. Johnson Space Center a été créé le 30 mai 1996.

Près leurs missions, de nombreux astronautes ont quitté la NASA et vaqué à d'autres occupations. Certains ont même faits de la publicité...

 

Entre Apollo 4 et Apollo 17, les appareils photo Hasselblad 70 mm de la NASA utilisés en automatiques ou par les astronautes ont pris. 163 magasins ont été emporté dans les vaisseaux pour la lune. La nomenclature des magasins Hasselblad est quelque peu confuse. Au numéros sont ajoutés des lettres, simple lorsque les magasins sont stockés dans le CM et double lorsqu'ils sont stockés dans le LM, à partir d'Apollo 9. Au total, plus de 20 00 images ont été prises. A cela s'ajoutent les images du module de service autour de la lune, les panoramiques, les images ALSCC et celle des Nikon 35 mm: Lunar & Planetary Institute

Les premiers vols Apollo, Apollo 4 et 6 emportaient chacun un magasins couleur dans un Hasselblad, en automatique.

Apollo 7, premier vol habité emportait 9 magasins et un appareil photo. 533 images sont prises par les astronautes, dont 35 en NB.

Apollo 8 emportait 2 hasselblad et 7 magasins. 865 images sont prises , dont 589 en NB.

Apollo 9 emportait 6 Hasselblad, dont 2 individuelles et 11 magasins (19 à 26D). 1373 images sont prises, dont 318 en NB, 787 en couleur et 264 en IR.

Apollo 10 emportait autour de la lune 2 Hasselblad et 9 magasins (27 à 35). 1436 photos sont prises, dont 1021 en NB.

Apollo 11 emportait 4 Hasselblad 70 mm. 1407 images sont prises par les astronautes avec 9 magasins (36 à 45), 857 images en NB et 550 en couleurs. La sortie d'Armstrong et Aldrin permet de prendre 124 images couleurs (magasin 40 S). La plupart des images sont prises par Armstrong montrant Aldrin sur la lune. Il n'y a qu'une seule image prise par Aldrin montrant Armstrong de dos dans l'ombre du LM, la AS11 40 5886. Les images de l'astronaute descendant du LM, déployant la voile solaire, devant le drapeau, l'empreinte de la botte, la pose devant le pied du LM, le déchargement du LM, la mise en place du seismomètre, c'est Aldrin. La plupart des images au sol ont été prises avec un objectif de 60 mm, celle avant la sortie en couleur et en NB au 80 mm depuis la fenêtre du LM.

Lors du vol Apollo 12, l'équipages embarquait 7 Hasselblad, dont 4 pour des vues multispectrales et 14 magasins (46 à 56). Les images de la premier EVA sont en couleurs (magasins 46-47, soit 280 photos) et en NB pour la seconde EVA (magasin 48-49, soit 303 photos), Les astronautes prennent en tout 583 photos sur la lune. Au total, 1438 images ont été faites en NB, 571 en couleurs et 104 en IR.

Apollo 13 emportait 4 Hasselblad, mais seulement 2 ont été utilisés. L'équipage a pris 584 images, 94 en NB et 489 en couleurs avec 5 magasins (58 à 63). Les images du magasins 63 sur Apollo 13 sont au nombre de 6. Elles montrent la terre en NB, le Pacifique, sous différentes expositions, le 17 avril 1970. Les images des magasins 100, 101 et 102 sont des images 35 mm de calibration et astronomiques, lumière zodiacale, voie lactée, éclipse lunaire et la lune.

Lors du vol Apollo 14, 4 Hasselblad faisaient le voyage. 1342 images sont prises (15 magasins, 64 à 78) ), 823 en Nb et 519 en couleurs. 417 images sont prises sur la lune. Le magasin HH d'une caméra 16 mm DAC est laissé sur la lune par les astronautes.

Apollo 15 emporte 5 Hasselblad et 19 magasins (81 à 99). 1518 images sont prises en NB, 1018 en couleur et 105 en UV. Les magasins 100 à 103  sont des images 35 mm de calibration, de la voie lactée, une éclipse lunaire.

Apollo 16 emportait 4 Hasselblad et 22 magasins (104 à 131). 28008 images sont prises, dont 1124 en NB, 1501 en couleur et 83 en UV. Les images des magasins 123, 126, 127, 128, 129, 130 sont des images 35 mm prises pour des essais de calibration, pour des étalonnages pour les filtres utilisés dans les expériences de faible niveau de lumières, photgraphies UV et des vues de la terre. Le magasin 126 a été utilisé pour la photographie de Gegenschein et pour l’image de la nébuleuse de la gomme.

Apollo 17, la dernière emportait 4 Hasselblad et 23 magasins (133 à 155). 3584 images sont prises, dont 1645 en NB et 1939 en couleur.

La mission ASTP emportait 32 magasins, la plupart étant des vues de la terre. 2618 images ont été prises, dont quelques unes montrant l'étage S-4B et l'amarrage du Docking Module, la rentrée, les parachutes, Tom Stafford, l'amarrage et le Soyouz 19. Les photos de bord ont été prises avec un Nikon 35 mm.

 

 

D' après Andrew Chaikin et son livre "A man on the Moon". 
Merci à Olivier "Spacenut", Raoul Lannoy, Caroline Cassegrain et  Alexandre Schwenck