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Le moteur Viking, dans ses différentes
versions, assure la propulsion des étages inférieurs d'Ariane 4.
Particulièrement fiable et économique, il a été qualifié en 1979 pour les
versions AR1 à 3.
Le moteur Viking est produit par Snecma Moteurs,
maître d'œuvre du programme, avec le concours de partenaires européens dont
MAN Technologie, Volvo Aero et Techspace Aero.
Délivrant une poussée comprise entre 760 kN
et 808 kN (76 à 80 tonnes) selon les versions, le moteur Viking motorise le
premier et le deuxième étage de toutes les versions du lanceur Ariane 4 (avec
respectivement les Viking 5C et 4), ainsi que les PAL, Propulseurs d'Appoint à
Liquides (avec le Viking 6), sur les versions Ariane 42L, 44L et 44LP. La
fiabilité démontrée du moteur Viking, de 99,8 %, et son faible coût en font
une référence mondiale. Il a été fabriqué à plus de 1 100 exemplaires. Les
améliorations depuis les versions de base pour Ariane 1 permettent de mieux
contrôler les instabilités de combustion, d'augmenter la poussée, d'utiliser
de nouveaux ergols (UH25), d'allonger la durée de fonctionnement et enfin pour augmenter encore la fiabilité,
l'utilisation à partir du vol 86, d'un col de chambre à double
bobinage.
Chaque année, un moteur Viking prélevé dans
la production fait l'objet d'un essai au sol de longue durée (une fois et demi
la durée nominale du vol du premier étage d'Ariane 4), destiné à vérifier
le bon fonctionnement du moteur dans des conditions plus difficiles que le vol.
Le 1000ème moteur Viking a été livré par
Snecma Moteurs à son client Arianespace le 4 juin 1999. Fin 2000, 1083 moteurs
Viking avaient été produits. En plus de 1 800 tirs, ils totalisent plus de 180
000 secondes de fonctionnement cumulées dont environ 135 000 secondes en vol.
Sur le site de Vernon, la production du moteur Viking se poursuit à raison
d'environ 70 moteurs par an.
PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT
Les moteurs Viking du premier étage, du
deuxième étage et, le cas échéant, des Propulseurs d'Appoint à Liquides
(PAL) des lanceurs Ariane 4, se composent :
_ D'une chambre de combustion ou foyer, dans
laquelle les ergols - peroxyde d'azote (N2O4) et UH25 (mélange de 75% de
1-1-diméthylhydrazine [(CH3)2NNH2 ou UDMH], et de 25% d'hydrate d'hydrazine) -
sont injectés sous forte pression et finement pulvérisés pour réagir
spontanément et donner des gaz à une température élevée, voisine de
3000°C. L'injecteur, en alliage léger, est de type annulaire et comprend, pour
chacun des ergols, 216 doublets de pulvérisation répartis sur 6 rangées.
_ D'une tuyère de détente, dans laquelle les
gaz acquièrent la vitesse d'éjection nécessaire à l'obtention de l'effet
propulsif, plus de 2500 m/s. Cette tuyère réalisée en alliage de cobalt
comporte un col en SEPHEN, matériau composite (résine phénolique - fibre de
silice) réalisé par Snecma Moteurs. L'ensemble du foyer et de la tuyère
constitue l'éjecteur. Ses parois sont refroidies par un film d'UH25 alimenté
par des canaux complémentaires situés en partie basse de l'injecteur.
_ D'un système d'alimentation du foyer, dont la
partie essentielle est une turbopompe mono-arbre d'une puissance de 2500 kW
alimentée par un générateur de gaz chauds. Ces gaz sont le produit de la
réaction d'une faible fraction des ergols, prélevés sur le débit principal,
auxquels on ajoute de l'eau pour limiter la température à laquelle est soumise
la turbine. Pour cette raison, il y a trois pompes, dont une d'eau. Le système
d'alimentation est complété par les vannes principales qui contrôlent le
démarrage et l'arrêt du moteur.
_ D'un régulateur principal destiné à
asservir le niveau de poussée à une valeur de référence. Dans celui-ci, une
première boucle contrôle la température des gaz qui alimentent la turbine, en
réglant l'équilibre des débits des trois fluides introduits dans le
générateur. Une seconde boucle asservit la pression du foyer, donc la
poussée, à une pression pilote, via la production de gaz, qui détermine la
vitesse de la turbopompe et par suite le débit d'ergols entrant dans la chambre
de combustion.
_ D'un régulateur d'équilibre qui contrôle la
richesse, ou rapport de mélange, dans le moteur de façon à obtenir
l'épuisement quasi simultané des deux ergols dans les réservoirs.

Le moteur Viking est actuellement produit en
trois versions pour Ariane 4 :
_ les Viking 5C, sur le premier
étage, sont utilisés par groupement de quatre moteurs,
_ le Viking 4, sur le deuxième
étage, fonctionne dans le vide et a, par conséquent, un divergent très
allongé qui autorise une augmentation d'impulsion spécifique d'environ 11 s,
_ le Viking 6, qui équipe les
Propulseurs d'Appoint à Liquides (PAL) d'Ariane 4, est proche du Viking 5 dont
il a les performances, mais en diffère par l'aménagement.
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
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Etages Ariane 4
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L220
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PAL
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L33
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Version du moteur
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Viking 5C
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Viking 6
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Viking 4
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Poussée dans le vide
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760 kN
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760 kN
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808 kN
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Poussée au sol
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680 kN
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680 kN
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Impulsion spécifique
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278,5 s
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278,3 s
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292,7 s
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Pression de combustion
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58,5 bar
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58,5 bar
|
58,5 bar
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Temps de fonctionnement
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207 s
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142 s
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126 s
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Rapport de section
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10,5
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10,5
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30,8
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Débit total d'ergols
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279 kg/s
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278,7 kg/s
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281,4 kg/s
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Vitesse de rotation TP
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10 000 tr/mn
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10 000 tr/mn
|
10 000 tr/mn
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Puissance turbine
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2,5 MW
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2,5 MW
|
2,5 MW
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Hauteur
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2,87 m
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2,87 m
|
3,51 m
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Diamètre de sortie tuyère
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0,99 m
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0,99 m
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1,70 m
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Masse du moteur
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826 kg |
826 kg |
886 kg |
| MOTEUR
VIKING 5C L220 NOMENCLATURE |
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Quatre moteurs Viking 5C
assurent la propulsion du L220 d'Ariane 4 alimentés par deux
réservoirs d'ergols superposés et un réservoir d'eau situé au sommet
du réservoir UD25.Le GOC "groupe organe de
commande" fournit sur ordre électrique la pression pilote qui
déclenche l'ouverture des vannes d'alimentation en ergols et en eau, et
provoque ainsi l'allumage des moteurs. La pression sert aussi de
référence pour réguler celle de combustion des quatre moteurs et
celle des réservoirs. |
Un GOC secondaire assure la même fonction pour
les moteurs des PAL.
Le système correcteur pogo SCP
implanté sur chaque ligne d'alimentation du moteur est en fait un
volume cylindrique remplit d'azote gazeux disposé autour de la
canalisation faisant office de filtre amortisseur qui réduit le
couplage entre les vibrations de structures et de lignes, les
fluctuations de débits correspondantes et les modulations de poussée
induites. L'effet pogo peut endommager les satellites et détruire le
lanceur. Le système est alimenté en azote grâce à une chaîne de
pressurisation comportant une réserve de 30 litres d'azote à 200 bar,
une vanne HP, un détendeur (20 bar) et des systèmes de commutation.
Le système de pressurisation à gaz
chauds PGC maintient la bonne pression dans les réservoirs pendant la
durée du vol. Il assure la bonne alimentation en ergols des moteurs
pendant le vol en maintenant une pression de 5,5 bar dans les
réservoirs et évite l'effondrement des réservoirs sur eux
même.
Les PIFE prises d'interfaces fluides
et électriques assurent la liaison de l'étage avec les PAL pour les
alimentations du GOC et SCP, alimentation en eau des PAL et mesures.
Le pilotage selon trois axes est
assuré par trois sermoteurs alimentés en gaz chaud du moteur.
Les prises culots pneumatiques PCP
situées sur la table de lancement et déconnectées au décollage
permettent d'activer tous les systèmes de la baie de propulsion,
gonflage des capacités (réservoirs) du GOC et SCP, ventilation de la
baie, assainissement par balayage à l'azote des moteurs Viking,
maintien en pression des réservoirs d'ergols et d'eau pendant les tests
d'étanchéité et pendant le transfert en ZL 2 et vérification du
fonctionnement des servomoteurs.
Ces prise s assurent aussi le jour J le remplissage en ergols des
réservoirs N2O4 et UD25. |
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| MOTEUR
VIKING 6 PAL NOMENCLATURE |
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Le propulseur PAL assurent
un complément de poussée au lanceur pendant les 143 premières
secondes du vol. Leur conception générales reprend celle des étages
d'AR4. Son fonctionnement n'est pas autonome, il nécessite
l'utilisation des systèmes centralisés dans le L220 auquel il est
relié par une prise d'interface.
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Le PAL est équipé d'un moteur Viking
6 alimenté en ergols par deux réservoirs en acier inox. Comme ce sont
les moteurs de l'étage L220 qui assurent le pilotage du lanceur , les
moteurs du PAL sont fixes mais calés à 10° d'inclinaison afin de
laisser la place au système d'accroche du lanceur et à minimiser les
perturbations appliquées au lanceur en fin de propulsion à leur
extinction.
Le Viking 6 est dérivé du Viking 5C
du L220 et fonctionne avec les mêmes ergols (N2O4 et UD25).
Le GOC "groupe organe de
commande" secondaire fournit sur ordre électrique la pression
pilote qui déclenche l'ouverture des vannes d'alimentation en ergols et
en eau, et provoque ainsi l'allumage du moteur PAL. Il est commun à
tous les PAL et est directement alimenté en pression de 58 bar par le
GOC principal de l'étage L220.
Le système correcteur pogo SCP
implanté sur chaque ligne d'alimentation du moteur est en fait un
volume cylindrique remplit d'azote gazeux disposé autour de la
canalisation faisant office de filtre amortisseur qui réduit le
couplage entre les vibrations de structures et de lignes, les
fluctuations de débits correspondantes et les modulations de poussée
induites. LeSCP est mis en pression par l'intermédiaire de l'étage
L220.
Le système de pressurisation à gaz
chauds PGC qui équipe chaque PAL assure la bonne alimentation en ergols
des moteurs pendant le vol en maintenant une pression de 5,5 bar dans
les réservoirs.
La prise d'interface et électrique
PIFE assure les liaisons fluides et électriques entre l'étage et le
propulseur (eau à partir du réservoir du L220, alimentation du GOC,
alimentation du SCP, transmission des mesures de données et alimentation des
système pyro de séparation). Les PIFE sont découpés
par cordon pyro après extinction des PAL.
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| MOTEUR
VIKING 4 L33 NOMENCLATURE |
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| Le moteur Viking 4 assure
la propulsion du second étage Ariane 4 le L33 pendant 2 mn. Il est
alimenté par des ergols dans deux réservoirs à fond commun,
l'alimentation en eau du générateur étant faite par un réservoir
torique à la base de l'étage.
Le Viking 4 diffère du Viking 5C par
quelques aménagements comme l'augmentation de la longueur de la
tuyère vue que l'étage fonctionne dans le vide ce qui rajoute un
supplément de poussée (50 kN). |
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Le GOC "groupe organe de
commande" fournit sur ordre électrique la pression pilote qui
déclenche l'ouverture des vannes d'alimentation en ergols et en eau, et
provoque ainsi l'allumage du moteur. La pression sert aussi de
référence pour réguler celle de combustion et celle des réservoirs.
Le système correcteur pogo SCP
implanté sur chaque ligne d'alimentation du moteur est en fait un
volume cylindrique remplit d'azote gazeux disposé autour de la
canalisation faisant office de filtre amortisseur qui réduit le
couplage entre les vibrations de structures et de lignes, les
fluctuations de débits correspondantes et les modulations de poussée
induites. L'effet pogo peut endommager les satellites et détruire le
lanceur. Le système est alimenté en azote grâce à une chaîne de
pressurisation comportant une réserve de 2 litres d'azote à 210 bar,
une vanne HP, un détendeur (20 bar) et des systèmes de commutation.
Le système de pressurisation à gaz
froid PGF permet de maintenir la pression dans chaque réservoirs
pendant la durée de vol afin d'alimenter correctement les pompes
éviter l'effondrement du réservoir sur lui même et éviter que le
fond commun se retourne. La pressurisation est obtenue par de
l'hélium stocké sous 315 bar dans trois sphères.
Le pilotage du moteur est assuré par
deux servomoteurs placés à 90° pour les tangages et lacets
alimentés en gaz chauds du moteur. Le pilotage en roulis est assuré
par le SCR situé sous la jupe arrière à l'extérieur de l'étage. Des
gaz chauds prélevés des turbines sont éjectés par deux tuyères
tangentes commandés par la case à équipements.
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