LE MOTEUR VULCAIN
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Mis en service avec Ariane 5, le moteur Vulcain a été développé par Snecma Moteurs. La maîtrise d'œuvre du programme Vulcain lui a été confiée par le CNES, qui assure pour le compte de l'Agence Spatiale Européenne la direction technique et financière du programme Ariane 5. Dans ce cadre, Snecma Moteurs pilote une vaste coopération européenne rassemblant une quarantaine d'entreprises, parmi lesquelles EADS Astrium (chambre de combustion), FiatAvio (turbopompe oxygène liquide) et Volvo Aero (divergent de tuyère), mais aussi Techspace Aero, en charge des vannes cryogéniques. Le moteur Vulcain délivre 1 145 kN (115 tonnes) de poussée à l'étage principal du lanceur pendant près de 10 minutes de vol. Après une phase d'études préliminaire à
partir de 1984, le développement a réellement débuté en 1988 suite à la
décision de lancement du programme Ariane 5 par les ministres européens lors
de la conférence de La Haye. Le moteur de l' EPC, est le Vulcain. Conçu par la Snecma, ce moteur a une poussée
moyenne de 1125 kN soit au niveau du sol (115 tonnes). Le Vulcain engloutit 1250 kg/s de gaz chaud à
3300°C et sous une pression de 110 bars. 516
injecteurs pulvérisent sous haute pression, l'hydrogène et l'oxygène. La
chambre de combustion est elle-même refroidie par de l'hydrogène liquide
prélevé dans le circuit. La tuyère du moteur permet
d'orienter les gaz qui sortent à quelques 4 km/s (14400 km/h). Il s'agit en
fait d'un enroulement en hélice de 456 tubes dans lequel circule de
l'hydrogène liquide afin de la refroidir et éviter qu'elle
fonde. Un autre système d'hélium permet de pressuriser des canalisations servant à l'alimentation des pistons pneumatiques pour contrôler l'inclinaison le moteur. Les deux réservoirs de 300 litres sont mis sous la pression de 390 bars. Ils sont construits en un composite carboné et en titane. La poussée fournit par le moteur est transmis à l'étage via le bâti-moteur, une structure triangulaire métallique portant le moteur. Ensuite, la force est transmise via la structure extérieure du réservoir. Au sommet en forme de dôme de l'EPC, on place la jupe avant qui transmet la force au reste du lanceur. Au moment du premier vol, le 4 juin 1996, le moteur Vulcain cumulait une expérience de 285 essais, totalisant 85000 secondes de fonctionnement. Les essais sont conçus pour démontrer que le moteur satisfait les spécifications, mais aussi pour rechercher les limites du matériel (endurance, tolérances aux pannes) afin d'asseoir la fiabilité sur des bases éprouvées. Le développement du moteur Vulcain a été assuré par une coopération européenne sur financement de l'ESA (Agence Spatiale Européenne). Le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) a assuré la direction technique et financière du programme et a confié la maîtrise d'oeuvre à Snecma Moteurs. Outre le développement complet du moteur et
les essais réalisés sur deux installations redondantes à Vernon (France) et
à Lampoldshausen (Allemagne), Snecma Moteurs a développé elle-même la
turbopompe hydrogène, le générateur de gaz et ses vannes d'alimentation.
Astrium (Allemagne) a développé la chambre de combustion avec sous-contrat à
Volvo Aero Corp. (Suède) pour le divergent et à MAN Technologie (Allemagne)
pour le cardan et la protection thermique. Fiat Avio (Italie) a développé la
turbopompe oxygène, Volvo Aero Corp. (Suède) les turbines hydrogène et
oxygène, Techspace Aero (Belgique) les vannes d'injection chambre, les vannes
de purge et la vanne gaz chauds, Microtechnica (Italie) les électrovannes et
clapets anti-retour, SPE (Pays-Bas) les équipements d'allumage et démarrage,
AVICA (Grande Bretagne) les lignes d'alimentation et DEVTEC (Irlande) les
supports. PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT La conception du moteur cryogénique Vulcain est basée sur le cycle à flux dérivé, où les turbopompes qui alimentent la chambre sont entraînées par la combustion, dans un générateur de gaz, des ergols prélevés (3%) sur le circuit principal. Ce cycle offre une performance raisonnable tout en permettant d'accroître la fiabilité et de diminuer le coût. Il est alimenté par deux réservoirs
superposés à fond commun contenant 132 tonnes d'hydrogène et 26 tonnes
d'oxygène à très basse température. Deux lignes de 185 mm de diamètre
alimentent le moteur. Elles possèdent une certaines souplesse afin de faciliter
les déplacements pendant la mise en froid et le pilotage en vol du moteur. L' étage EPC est posé sur la table de lancement et raccordé au sol par les Liaisons Bord-Sol qui permettent le remplissage sur le pad en ergols, la mise en froid des circuits d'alimentation, l'assainissement des tuyauterie et le balayage de la baie de propulsion avec de l'azote gazeux afin d'éviter l'accumulation d'hydrogène gazeux.
La poussée (1 140 kN) est obtenue par éjection à grande vitesse (4000 m-s) du débit de gaz (250 kg/s) produit par la combustion à haute pression (110 bar) et haute température (3 500 K) des ergols dans la chambre de combustion. L'oxygène liquide (comburant) et l'hydrogène liquide (carburant) sont introduits dans la chambre à raison de 200 et 600 litres par seconde à travers un injecteur frontal consistant en 516 éléments coaxiaux qui assurent la pulvérisation et le mélange. Du fait de la température élevée de combustion, la chambre est refroidie par circulation de l'hydrogène dans 360 canaux longitudinaux usinés dans la paroi. Le divergent assure l'accélération des gaz en régime supersonique jusqu'au maximum permis par la pression ambiante soit 4 000 m/s. Il est constitué de 456 tubes enroulés en hélice et refroidis par circulation d'hydrogène, selon le procédé de "dump cooling". Deux tuyères auxiliaires de chaque coté assurent l'échappement des gaz du générateur et participent également à un complément de poussée. L'alimentation du moteur en ergols à haute
pression se fait par deux turbopompes indépendantes : L'énergie nécessaire au fonctionnement des deux turbines est fournie par des gaz de combustion produits dans un générateur de gaz unique. Un fort excès d'hydrogène a pour effet de limiter la température des gaz, tout en les rendant réducteurs, de façon à protéger les aubes de turbine. Le démarrage du moteur se fait au sol afin que son fonctionnement puisse être contrôlé avant l'allumage des étages à poudre du lanceur et son décollage. Il est assuré par un démarreur à poudre qui met en vitesse les turbopompes et ce sont des allumeurs pyrotechniques qui initient la combustion dans la chambre et le générateur. Les vannes sont actionnées par des vérins pneumatiques alimentés en hélium gazeux au moyen d'électrovannes. Le moteur est orientable pour assurer le pilotage du lanceur. Le rapport de mélange peut être modifié en commutant la vanne d'alimentation de la turbine oxygène, ce qui réserve la possibilité d'aboutir à un épuisement quasi simultané des deux réservoirs. Enfin la partie haute du moteur est enfermée dans une protection thermique destinée à l'isoler du rayonnement des jets des Moteurs à Propergol Solide.
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
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