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CHRONOLOGIE ARIANE

LE DEVELOPPEMENT D' ARIANE 6


2014
 

Le Parisien: Fusée Ariane: les satellites électriques bousculent les projets de l'Europe

11 février 2014

L'arrivée des satellites à propulsion électrique bouscule les projets de l'Europe pour sa fusée Ariane, leader mondial, et pourrait repousser à 2025 l'avènement d'un nouveau lanceur Ariane 6, au vu des positions des principaux acteurs. Le succès de l'Américain Space X, qui pratique des prix nettement inférieurs à ceux d'Ariane, augmente déjà la pression concurrentielle sur l'opérateur européen Arianespace, numéro un mondial des lancements commerciaux. Mais l'attrait qu'exercent sur les clients les satellites à propulsion électrique pourrait aussi amener à modifier la configuration du lanceur européen. Boeing a été le premier à proposer, en 2012, des satellites à propulsion tout électrique. Basée sur l'éjection de gaz xénon avec l'énergie électrique fournie par des panneaux solaires, elle ne servait jusque là qu'à corriger l'orbite pendant les quinze ans de vie du satellite et venait en appoint du moteur chimique, qui nécessite beaucoup de carburant. Les satellites tout électriques sont donc moins lourds, la masse d'un satellite de communication de six tonnes peut ainsi être réduite de moitié. Pour répondre aux changements du marché, les 20 pays membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) étaient convenus fin 2012 de développer pour 2018 une nouvelle version de l'actuel lanceur Ariane 5, Ariane 5 ME (pour midlife evolution), en augmentant sa capacité d'emport à plus de 11 tonnes. Simultanément, à la demande de la France, ils prévoyaient à l'horizon 2020 une fusée Ariane 6 moins chère, d'une capacité d'emport de 6 tonnes et qui ne serait plus contrainte de faire des lancements doubles. La nécessité de trouver à chaque fois deux satellites à emporter peut en effet entraîner d'importants retards de lancement. Mais la position française a évolué et risque de se heurter à celle de ses partenaires lors de la prochaine réunion ministérielle de l'ESA en décembre. "Une offre ultra-compétitive" Comme l'expose mardi le rapport annuel de la Cour des comptes, Paris propose de renoncer à Ariane 5 ME pour limiter les coûts de développement. L'option alternative serait de "poursuivre les deux programmes, selon un calendrier à préciser, cette option (...) risquant de reporter Ariane 6 à un échéance plus lointaine - vers 2025".Ariane 5 ME a clairement la préférence de Berlin, principal partenaire de la France dans l'ESA. "La position allemande est que nous devrions continuer avec Ariane 5 ME pour arriver le plus vite possible sur le marché et réfléchir à ce que sera le futur lanceur", a déclaré à l'AFP le directeur général de l'Agence spatiale allemande (DLR), Johann-Dietrich Wörner. "Il ne sera pas possible de financer les deux programmes à 100% en même temps. Nous devons encore décider si nous nous lançons dans Ariane 6", a-t-il ajouté. Pour lui, la nécessité de lancer les satellites par deux est certes une contrainte, mais présente l'avantage évident de réduire les coûts fixes. Arianespace juge Ariane 5 ME particulièrement adaptée à l'arrivée des satellites électriques, dont Space X doit lancer les premiers exemplaires à la fin de cette année. Après avoir réalisé une étude de marché auprès de 18 opérateurs et de constructeurs de satellites, "nous avons la conviction qu'avec l'arrivée de la propulsion électrique, il va y avoir beaucoup de satellites petits et moyens, et non plus une domination de gros satellites, comme observé ces dernières années", a déclaré à l'AFP son PDG Stéphane Israël."Dans cette configuration, Ariane 5 ME, qui pourra emporter plus de 11 tonnes nettes, est vraiment intéressant pour Arianespace. Vous pouvez même mettre trois satellites dans ME, un gros et deux petits", souligne-t-il. Mais dans ce scénario, Ariane 6 aussi "aurait la puissance nécessaire pour en embarquer deux, proposant ainsi une offre ultra-compétitive", ajoute-t-il. Reste apparemment à décider du rôle d'Ariane 6. Elle aurait moins de gros satellites à lancer et devrait continuer à trouver des paires de petits. Et la Cour des comptes relève que dans sa définition actuelle, elle serait surdimensionnée pour des satellites institutionnels de taille intermédiaire, dont le lancement continuerait à être assuré par Soyouz.

Mars, le "design" d'Ariane 6 semble évoluer en fonction du poids respectif de chacun des acteurs. 50/25/15 % pour la France, l'Allemagne et l'Italie. La part modeste, d'une Italie désargentée s’avère un peu juste, pour soutenir la solution PPH. De l'autre, l'Allemagne propose une AR6 cryogénique reléguant le solide aux boosters d'appoint. Et affirme chercher un "accord franco-allemand ". La proposition semble intéresser le ministre de la recherche français G Fioraso, qui évoquait récemment le sort d'Air Liquide à Sassenage.

Le chef du DLR (centre allemand de l'aéronautique et de l'espace) propose de repenser Ariane 6 comme remplacement de Soyouz et non plus de Ariane 5, avec une performance de 3,5 tonnes en GTO. Avec la crise en Crimée, la dépendance vis à vis de la Russie nous place en effet dans une position un peu inconfortable. D'ailleurs 3,5 tonnes en GTO semble être la performance de Falcon 9. L'Allemagne serait d'autant plus prête à augmenter sa participation à un tel projet.

Avril, centre d'essais des missiles de St Médard en Jalles en Aquitaine réalise la mise à feu du POD X, une réplique au 2/9 d'un des 2 boosters d'Ariane 6. Ce démonstrateur mesure 6 mètres de haut pour 75 centimètres de diamètre. Il est la reproduction exacte de l'un des deux boosters d'Ariane 6 telle qu'elle est envisagé. Sa masse est de 8 tonnes. Celle du propergol, le carburant solide fabriqué en Gironde nécessaire à l'envol, de 3 tonnes. C'est la société Herakles, dont le siège est en Gironde, et son partenaire italien Avio, qui sont les instigateurs dans ce projet financé par l'ESA et le CNES (10 millions d'euros). Le centre militaire de St Médrad en Jalles a "prêté" un de ses 5 bancs d'essais pour le tir qui n'a duré que 27 secondes. Le boosters était équipé pour l'occasion de capteurs, caméras, simulateurs numériques et autres appareils de calcul de très haute précision, y compris à l'intérieur de la partie du moteur où se trouve le carburant. Le site de la DGA réalise par an quelque 150 essais de propulsion. Elle emploie 250 personnes en Gironde. Herakles environ 2 200.

Le 16 juin Airbus et Safran remettent à l'Agence spatiale européenne une contre proposition d'architecture pour Ariane 6. Dans cette nouvelle configuration, dite PHH, l'architecture de l'Ariane 5 est reprise mais avec les deux premiers étages de taille réduite. Deux configurations sont proposées dont la plus puissante permet de placer 8,5 tonnes sur une orbite de transfert géostationnaire contre 6,5 tonnes pour l'architecture PPH. Cette dernière version permet des lancements doubles de satellites de télécommunications de taille intermédiaire. L'objectif officiel des industriels est de pouvoir continuer à répondre aux besoins des opérateurs commerciaux grâce à un lanceur évolutif et de conserver ainsi des parts de marché cruciales pour le coût de production du lanceur. Sur le plan industriel, cette nouvelle configuration permet de conserver les implantations industrielles et les compétences dans le domaine des moteurs cryotechniques de grande puissance, le moteur Vulcain. Elle est plus satisfaisante pour les partenaires industriels allemands peu impliqués dans la propulsion à propergol solide qui dominait dans la configuration PPH. Par contre les réductions sur le coût de fabrication attendues sont plus faibles dans la mesure ou l'étage cryotechnique Vulcain est conservé et deux configurations sont prévues pour l'étage supérieur. Le coût de la configuration lourde est évaluée par l'industriel à 100 millions € alors que l'objectif fixé pour la refonte Ariane 6 était d'abaisser le coût de lancement à 70 millions €.

Le premier client d'Ariane 6 est confirmé. C'est oneWeb, une entreprise qui permet l'accès à internet partout dans le monde. 3 tirs sur Ariane 6 sont prévus et 26 avec le Soyouz (647 satellites de 100 kg).

Juillet, dans la configuration PHH, proposée par les industriels Airbus et Safran, l'étage EPC H140 propulsé par un moteur Vulcain 2 voit son diamètre ramené à 4,5 m. Il est flanqué des deux propulseurs à propergol solide P145 prévus dans la version PPH. L'étage supérieur est comme dans le cas d'Ariane 5 soit un EPS (Ariane 6.2) soit l'étage Vinci en cours de développement (Ariane 6.1). Ariane 6 devrait à terme remplacer le lanceur Soyouz. Ariane 6 devrait utiliser les installations de l'ELA 3.

La Tribune, 7 juillet 2014

Privatisation d’Ariane 6 : comment Airbus et Safran négocient le "casse du siècle"

Les deux industriels demandent aux Etats de prendre à leur compte tous les risques majeurs liés à l’exploitation du futur lanceur, notamment ceux générés par un éventuel échec de lancement. Airbus et Safran prennent en outre un chèque de plus de 2 milliards d’euros des Etats pour développer les deux versions du lanceur Ariane 6.

Après le coup de force d'Airbus et de Safran du 17 juin pour privatiser Ariane 6 (création de la société commune rassemblant leurs activités lanceurs civils puis à terme Arianespace, voire l'activité lanceur du CNES) sans aucun débat national ni d'ailleurs européen, les deux industriels tentent maintenant le "casse du siècle". Ils ont effectivement monté tout un plan ambitieux pour exploiter les lanceurs Ariane 5 ME et/puis Ariane 6 en voulant tous les pouvoirs... sans en assumer les risques. Aux Etats donc, tous les risques majeurs liés à l'exploitation (échecs de lancement, changement des législations), aux industriels un chèque en blanc pour gérer la filière lanceur à leurs mains.

Un chèque de 2,6 milliards pour Ariane 6

Au passage, ils veulent un chèque de l'Agence spatiale européenne (ESA) d'environ 2,3 milliards d'euros pour développer entre 2015-2025 les deux versions d'Ariane 6 en devenant l'autorité de design des futurs lanceurs européens. Exit donc le CNES et l'ESA dans le développement des lanceurs européens... Une somme à laquelle les industriels ont rajouté au moins 300 millions d'euros pour les infrastructures au sol, dont 150 millions pour le bâtiment lanceur d'assemblage final (BLAF). Bref une facture à 2,6 milliards d'euros pour l'ESA. Et pourquoi faire ? Pour développer deux mini-Ariane 5... Sans compter que le montant de 1 milliard d'euros environ pour terminer le développement d'Ariane 5 ME.

Nul doute que les ministres européens des pays membres de l'ESA en charge de l'Espace, qui se réunissent mardi 8 juillet à Genève pour préparer la prochaine ministérielle prévue en décembre à Luxembourg, vont poser un certain nombre de questions sur cette proposition des industriels très avantageuse pour leurs marges. D'autant que Airbus Group et Safran demandent un chèque de 2,6 milliards dès le démarrage du programme Ariane 6.

Un partenariat à risques public/privé

Ce n'est ni plus, ni moins, ce que Safran et Airbus ont proposé sans complexe le 18 juin dernier dans un document d'une cinquantaine de pages à l'ESA, selon nos informations. Une nouvelle organisation de la filière via un "partenariat à risques public/privé"... qui semble très déséquilibré aux dépens de la puissance publique. Car les revendications des deux industriels ne s'arrêtent pas à cette nouvelle organisation.

Ils souhaitent que les Etats remettent la main à la poche pour des développements complémentaires (moyens de production, exploitation et coûts de transition) au cas où l'évolution du marché l'exige. En outre, les Etats prendraient à leur charge le maintien en condition opérationnelle du Centre spatial guyanais (CSG).

Quatre lancements institutionnels par an

A partir de 2016, ils demandent également à l'ESA de garantir quatre lancements institutionnels par an pour tenir les prix de lancements avancés : 85 millions d'euros pour Ariane 6.1 (une demie-Ariane 5 ECA actuelle) et 69 millions pour Ariane 6.2 (une demi-Ariane 5ES actuelle). Loin des 60 millions de dollars que demande actuellement SpaceX pour un lancement Falcon 9. Pour tenir ces prix, qui s'éloignent aussi des 70 millions prévus initialement par l'ESA, les deux partenaires demandent à l'Agence européenne de lui garantir un tiers de ses lancements annuels. Du jamais vu. Car Arianespace n'a jamais bénéficié de ce traitement de faveur.

Les prix proposés par les deux industriels seraient garantis à partir d'une cadence de production de douze lanceurs par an (4 Ariane 6.2 et 8 Ariane 6.1) et de 28 moteurs à poudre (2x12 Ariane 6 ; 1x4 Vega) lorsque le nouveau lanceur sera en régime de croisière et par l'achat d'un lot de 30 lanceurs, après un lot initial de 15 lanceurs.

Faut-il donner toutes les clés d'Ariane 6 à Airbus et Safran ?

L'Agence spatiale européenne (ESA) a depuis le 18 juin une proposition d'un nouveau lanceur d'Airbus et de Safran. Une proposition qui mérite un débat.

L'Agence spatiale européenne (ESA) est dans une situation très, très inconfortable. Choisir quel sera le futur lanceur européen entre sa proposition qu'elle affine en coopération avec le CNES depuis 18 mois environ et celle qui a fait irruption le 18 juin dernier émanant des deux industriels majeurs de la filière lanceur, Airbus Space Systems et Safran.

Le comité d'évaluation des offres (TEB, Tender Evaluation Board) de l'ESA devait rendre son avis le 5 juillet et pourrait la présenter le 8 juillet à Genève lors de la réunion informelle des ministres des pays membres de l'ESA en charge de l'Espace en vue de préparer la prochaine ministérielle prévue en décembre à Luxembourg. La proposition d'Airbus Group et de Safran interpelle à plus d'un titre, même si les acteurs sont tous d'accord pour optimiser l'organisation. Ce travail est d'ailleurs actuellement en cours. "Mais ce ne doit pas être fait n'importe comment", estime-t-on dans le milieu spatial. 

1/ Doit-on faire confiance aux industriels ?

Depuis le triste jour de l'échec du vol 517, Arianespace a enfilé 60 lancements d'Ariane 5 réussis au plus grand bonheur des clients et de la filière industrielle européenne. Pourquoi aujourd'hui donner un chèque en blanc aux deux industriels, Airbus Group et Safran, désignés comme responsables de l'échec de 517. Car selon nos informations, la commission d'enquête a établi que cet échec était principalement imputable aux deux industriels Airbus et Safran qui ont sous-estimé l'impact d'anomalies constatées lors d'essais au sol. D'où ensuite la mise en place d'une organisation plus rigoureuse impliquant tous les acteurs. Cet échec a coûté des centaines de millions d'euros à l'Europe et la France et a même failli entraîner la disparition de toute la filière...

Plus récemment, la direction générale de l'armement (DGA) a pointé la responsabilité des industriels, notamment d'Airbus Space Systems dans l'échec de l'essai du missile balistique M51 en mai 2013. Une commission d'enquête de la DGA a "mis en évidence des lacunes dans les plans qualité des industriels", a expliqué début mai le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon. La DGA a donc demandé "aux services concernés d'Airbus Defence & Space des efforts accrus tant en matière d'ingénierie qu'en maîtrise de la qualité et de leurs sous-traitants. Ces faiblesses, que nos propres services « qualité » ont constatées, doivent impérativement être corrigées".

Peut-on donc faire vraiment confiance aux industriels et s'en remettre totalement à eux, qui veulent prendre seuls les commandes de la filière Ariane en éjectant l'Etat mais sans pour autant en assumer toutes les conséquences en cas d'échec d'un lancement ? Et à quel titre une entité responsable de la conception et de la production des lanceurs devrait-elle faire assumer au secteur public les conséquences d'un échec, et donc de ses propres défaillances ? Pourtant, les industriels avaient promis de "prendre plus de risques", comme l'avait déclaré le 18 juin dernier François Auque dans le magazine "l'Usine Nouvelle".

2/ Les industriels, qui veulent le pouvoir, sont-ils les plus vertueux ?

"Il faut savoir que les coûts d'Airbus Space Systems ont augmenté quand celui des sous-contractants et d'Arianespace ont diminué. C'est le moins bon élève qui mange les bons élèves", regrette un bon connaisseur des questions spatiales. Réalisé par deux cabinets indépendants, l'audit exigé en 2011 par les Etats membres de l'ESA sur la filière spatiale avait effectivement conclu à l'époque que les sous-contractants avaient réalisé des baisses significatives quand le maître d'oeuvre Airbus avait répercuté une hausse. Sa réduction de coûts est d'autant plus facile aujourd'hui...

Car Airbus a lancé fin 2013 une sévère restructuration de son activité spatiale, lanceur compris. Car au-delà de cette exigence de Tom Enders propre au groupe Airbus, il a été également demandé cette année à Arianespace de réduire ses coûts de 12,5 % et aux industriels spécialisés dans les infrastructures sol de 10 %. Airbus devra réduire ses coûts de... 4,7 % seulement en raison de la réduction de 10 % obtenue entre le lot de lanceurs Ariane dit PA et celui appelé PB+. La réduction des coûts est de toute façon un combat permanent depuis des années pour toute la filière. Pourquoi devrait-elle justifier aujourd'hui un changement profond d'organisation au profit des deux industriels, qui ne sont pas toujours les plus irréprochables ?

3/ Ariane 6, une facture trop salée ?

2,6 milliards d'euros pour développer les deux versions d'Ariane 6 et les infrastructures sol. C'est beaucoup, beaucoup trop, estiment certains observateurs. Surtout pour faire deux mini-Ariane 5. "Les configurations d'Ariane 6 proposées par Airbus et Safran ne constituent en aucun cas une rupture par rapport aux configurations actuelles d'Ariane 5 ECA et d'Ariane 5 ES, explique-t-on à La Tribune. Les améliorations proposées dans le cadre d'Ariane 6 pourraient tout à fait être implantées dans le cadre d'un plan d'amélioration d'Ariane 5 et donc un coût largement moins élevé".

Le patron du spatial chez Safran, Jean-Lin Fournereaux, explique aussi dans Air&Cosmos que leur proposition pourrait faire économiser 1 milliard d'euros à la filière. Mais il oublie de préciser que la version Ariane 6.1 n'existe que si Ariane 5 ME est confirmée et qu'il reste au moins 1 milliard d'euros de développement pour cette dernière. Sans compter les aléas de développement. Ce qui devrait vraisemblablement provoquer des retards dans le calendrier très, très ambitieux des deux industriels (1er vol d'Ariane 5 ME en 2017 ; 1er vol d'Ariane 6.1 fin 2019, puis Ariane 6.2 en 2020). Dans la proposition défendue jusqu'ici par l'ESA et le CNES, le projet Ariane 5 ME, qui n'était pas prioritaire par rapport à celui d'Ariane 6, devait être désorbité.

Enfin, l'ESA et les états membres ont spécifié une Ariane 6 pour 70 millions d'euros pour 6.5 tonnes de performance à une cadence de 9 lancements par an. Les deux industriels proposent deux versions : Ariane 6.1 à 85 millions d'euros pour 8 tonnes et Ariane 6.2 à 69 millions pour 4 tonnes. "Les objectifs ne sont pas atteints, assure-t-on à La Tribune. Il faut donc un plan de soutien à rajouter face au dumping de SpaceX".

4/ Un postulat de départ discutable

La décision de réorganiser la filière spatiale repose sur un postulat de départ très discutable. Avec l'arrivée de SpaceX, tous les acteurs ont mélangé coût de production et dumping, selon leurs intérêts. Le rapport de la NASA est pourtant clair : le coût moyen de fabrication et de lancement d'un Falcon 9 est de l'ordre de  140 millions de dollars sur la période 2012-2020. Loin donc des prix pratiqués par SpaceX sur le marché commercial (60 millions de dollars).

La secrétaire d'Etat chargée de l'Espace, l'a d'ailleurs bien compris et l'a expliqué la semaine dernière dans une interview accordée au magazine "Objectif News" : "on a vu surgir SpaceX massivement soutenu par les fonds publics américains. Je peux même parler de dumping car la Nasa achète 130 millions de dollars en domestique, c'est-à-dire en interne, des lancements qu'elle vend 60 millions de dollars à l'export. Cela s'appelle du dumping, une politique de soutien très forte". Sauf qu'elle donne les clés de la filière lanceur aux industriels sans contreparties réelles, si ce n'est que... Airbus et Safran s'engagent à livrer des lanceurs qualifiés à l'heure, aux prix fixés.

Ce n'est donc pas réellement un problème de coûts de production de la filière européenne même si cela ne doit pas l'empêcher de poursuivre ses efforts d'optimisation. Justifier le coup de force, puis la tentative de "casse du siècle" des industriels pour des problèmes de compétitivité est quelque peu de très mauvaise foi, pour ne pas dire plus...

 

10 septembre, Eutelsat se porte candidat au premier vol d'Ariane 6. Selon un article de "l'usine nouvelle" Ariane 5Me serait abandonné au profit d'Ariane 6 exclusivement. Ariane 6 serait proposée en versions 2,3 ou 4 boosters P120 avec une capacité de 4500 à 11000 kg en GTO. La version dite 6-2 pourra placer sur l’orbite géostationnaire des satellites institutionnels de l’ordre de 4,5 tonnes. La version Ariane 6-4 sera taillée pour répondre aux besoins des opérateurs commerciaux (télévision, téléphonie par satellite...) et pourra envoyer des satellites de 7 à 8 tonnes (avec 3 boosters) et jusqu’à 11 tonnes (avec 4 boosters) grâce à la technique du lancement double.

 
La Tribune, 17 septembre 2014,

L'intention de l'Etat d'abandonner complètement une filière stratégique au secteur privé crée un très fort malaise dans l'ensemble de la filière lanceurs.

A la veille de décisions importantes, le coup de force de juin d'Airbus Group et de Safran, qui ont lancé une OPA sur toute la filière lanceurs (Arianespace et CNES), ne passe toujours pas. Y compris au sein même de leurs propres équipes, qui s'interrogent. L'été a d'ailleurs été propice à de nombreuses correspondances et de lettres ouvertes entre les salariés des sociétés concernées (Airbus, Safran, Arianespace, CNES...) et les responsables politiques. Des lettres qui montrent le malaise général d'une filière qui ne comprend pas pourquoi l'Etat, sans aucun débat national public, laisse "toutes les clés de cette filière à Airbus Space Systems et Safran... sans aucun contre-pouvoir", selon les salariés.

Lettres à François Hollande

Au cœur de l'été, les administrateurs représentant du personnel du conseil d'administration du CNES s'indignent "des menaces qui pèsent sur la capacité de la puissance publique à contrôler efficacement les programmes spatiaux". Dans une lettre datée du 19 août au président de la République, François Hollande, avec copie notamment au Premier ministre, Manuel Valls, les six administrateurs dénoncent "l'objectif de l'industrie est clairement d'affaiblir le CNES, qui défend les intérêts de la puissance publique, seul contrepoids à l'industrie en situation de monopole et dont le seul objectif est de remplir ses objectifs financiers de rentabilité maximale". Et de préciser que "le but de l'industrie est bel et bien de réduire le CNES à une simple agence de quelques centaines de personnes passant des contrats à l'industrie sans réelle capacité de maîtrise des risques et des coûts".

Dans une lettre ouverte datée du 1er septembre et destinée à François Hollande, la CGT Métallurgie, regroupant toutes les entités du spatial (CNES, Snecma, Airbus Defence & Space, Safran, Herakles et Thales) dénonce "un magnifique cadeau... au privé" après "un demi-siècle d'investissement public".  Et de rappeler que la filière spatiale repose sur le principe du retour géographique industriel en proportion du financement apporté par chaque pays membre. "Comment le nouveau consortium réussira-t-il à concilier ce qui est un des fondements de l'Europe spatiale et une organisation prétendument plus efficace dans laquelle ne subsistera qu'une poignée d'industriels ? Qu'en pensent d'ailleurs les autres grands pays contributeurs de l'ESA (l'Allemagne, l'Italie, le Royaume Uni) ?"

Manuel Valls interpelé

Dans un courrier daté du 21 juillet et adressé au Premier ministre, Manuel Valls, ancien maire d'Evry,  les administrateurs salariés d'Arianespace, basé à Evry-Courcouronnes, rappellent que ce qui a fait "la force de notre filière résulte justement dans l'équilibre entre les fonctions de l'Agence spatiale européenne (ESA), du Centre national d'études spatiales (CNES), de l'industrie européenne et d'Arianespace dans un sytème qui, quoiqu'on en dise, a fait ses preuves en s'adaptant aux marchés institutionnel et commercial depuis 40 ans". C'est ce modèle qui a permis au lanceur Ariane 5 d'atteindre "son niveau de fiabilité et de robustesse".

"Mettre fin à un modèle équilibré pour aller vers un modèle où une seule entité détient toute l'activité sans contre-pouvoir et sans assumer tous les risques financiers de ses choix et de ses décisions ne nous parait guère acceptable", regrettent les administrateurs salariés d'Arianespace. "Dans ce schéma, comment comprendre que l'Etat puisse envisager de vendre les parts qu'il détient dans Arianespace, perdant par là-même tout contrôle sur les décisions à venir?", s'interrogent-ils.

Des prix de lancement qui font débat

Dans une analyse titrée "Ariane 6, une convergence technico-économique difficile à construire", le syndicat CFE-CGC d'Herakles s'interroge sur la pertinence du nouveau schéma proposé par les industriels : "D'un point de vue technique, quel que soit le scénario, les deux configurations Ariane 62 et Ariane 64 présentent au moins deux difficultés importantes à surmonter : le nouveau mode d'accrochage des boosters sur le corps central pour assurer une poussée par le bas (sur A5 et A5ME la poussée est reprise par le haut du corps central) et le pas de tir A5 actuel est-il compatible avec les 4 boosters d'A64 ? (problèmes d'acoustique lié à l'allumage de 2 boosters dans le même carneau)".

Surtout, la CFE-CGC s'interroge sur la différence de prix proposés par les deux industriels. "D'un point de vue économique, les coûts de lancement cible annoncés dans la presse
sont-ils compatibles de ces configurations, surtout lorsqu'on les compare à A5ME ?
Comment peut-on passer de 200 millions d'euros (Ariane 5ME, ndlr) à 90 millions d'euros (Ariane 6.4 en doublant le nombre de moteurs à propergol solide et tout en conservant les mêmes moteurs centraux ?"

Un écart inexpliqué

La Tribune a interrogé un spécialiste sur un tel écart de prix entre les deux lanceurs. Voici sa réponse : "la différence de coût entre Ariane 5ME et Ariane 64 interpelle en effet. La valeur fournie pour Ariane 5ME est un peu exagérée par la CGC : on est plus proche de 160 millions d'euros soit un écart de 70 millions d'euros entre les deux versions. Le lanceur Ariane 64 reprend l'étage supérieur d'Ariane 5ME et les propulseurs à poudre de Vega, et son corps central est une version réduite du corps central actuel d'Ariane 5ME. La configuration ne peut donc à elle seule expliquer un tel écart".

Que faut-il en penser ? Soit jusqu'ici Airbus a eu une très belle rentabilité grâce aux investissements des Etats, soit le coût de lancement d'Ariane 64 n'est pas crédible et l'exploitation de ce lanceur nécessitera un soutien financier additionnel de la part des Etats. Dans les deux cas, il semble que Airbus et Safran jouent au poker menteur avec les Etats membres de l'ESA.

Un nouveau statut social à négocier

Enfin, Airbus et Safran invitent les salariés qui vont rejoindre la future entreprise commune à négocier un nouveau statut social. Entre-temps, un gel sera proposé afin que pendant une période de 24 mois, les accords d'entreprise ou de groupe restent applicables aux salariés transférés au sein de la nouvelle entreprise commune (joint-venture). Cette incertitude rajoute au malaise général. Car comme l'explique le syndicat CFTC Astrium, la création d'une joint-venture (JV) est "une méthode d'émiettement juridique en vue d'un rabotage social : les personnes en JV sortent du périmètre et du statut social du Groupe Airbus, statut protégé par la capacité de mobilisation des salariés d'Airbus Commercial Aircraft".

Une nouvelle réunion du comité central d'entreprise (CCE) doit se tenir ce mercredi après la première du 10 juillet. La dernière réunion du CCE est prévue en principe le 17 octobre au cours de laquelle un avis sera rendu sur la création de la JV.

"Nous construisons un Airbus commercial du lancement spatial"

Le directeur de la stratégie d'Airbus Group, Marwan Lahoud, a appelé les responsables institutionnels européens à "prendre les bonnes décisions" concernant l'avenir du lanceur Ariane, qui conditionneront les 40 prochaines années du lancement spatial. "J'espère que ça incitera les institutionnels européens à privilégier Ariane et à prendre les bonnes décisions s'agissant de l'avenir d'Ariane", a-t-il déclaré sur la radio BFM Business.

"Nous sommes à un tournant institutionnel, nous sommes à un tournant industriel", a-t-il poursuivi. "Est-ce que l'Europe maintient une capacité autonome d'accès à l'espace ou non ? C'est tout le débat Ariane 5-Ariane 6". Selon lui, "nous sommes (également) a un tournant industriel. Nous sommes en train de construire l'Airbus, au sens Airbus commercial, l'équivalent de l'Airbus commercial, du lancement spatial". "C'est un changement de business model qu'on est en train de pousser. Ce que SpaceX a démontré, c'est que il y avait un business case du lancement spatial, (que) ce n'était pas seulement une activité subventionnée qui ne pouvait vivre que de l'argent étatique", a poursuivi Marwan Lahoud.

 

23 septembre, les ministres de l'espace réunis en Suisse pour un point d'étape sur Ariane 6 se sont retrouvés sur un point: l'ESA, les principales agences nationales - Cnes et DLR notamment pour la France et l’Allemagne - et le tandem Airbus/Safran pour la partie industrielle, ont réalisé un travail exceptionnel en deux mois et demi. Les budgets ne permettent pas de faire Ariane 5ME et Ariane 6 dans le même laps de temps. L’Allemagne hésite entre une solution stable et à peu près maîtrisée (Ariane 5 ME) et le saut dans l’inconnu (Ariane 6) avec des plannings à défier toute concurrence.

13 novembre, rencontre informelle des ministres à Cologne en vue de la préparation de la réunion ESA du 2 décembre. La France et l'Allemagne ont rapproché leur point de vue sur Ariane 6.

27 novembre, l'Allemagne affiche enfin son soutien a Ariane 6 (60 Millions d'euros par ans), soit 22% du projet.

2 décembre, les ministres se sont mis d'accord pour le développement/financement de la nouvelle fusée européenne Ariane 6, en fait une Ariane 5 Evolution capable de placer 10,5 tonnes en GTO en 2 versions 62 et 64. le coût du programme est estimé à 3,8 milliards d'euros, incluant l'évolution du lanceur Vega en parallèle. La France et l'Allemagne assurent à elles deux la moitié du financement du programme lanceurs européen, la France ayant la part la plus importante.
Le "corridor financier" pour le programme lanceurs est estimé globalement à 800 millions d'euros par an pendant 10 ans. Cela inclut notamment la création d'un nouveau pas de tir au Centre spatial guyanais de Kourou. Le PDG d'Arianespace Stéphane Israël a évoqué un prix "autour de 120 millions de dollars" (environ 90 millions d'euros) pour un lancement double (deux satellites à la fois), aux conditions actuelles du marché.
Les ministres se retrouvent en 2016, pour faire le point et se prononcer sur les engagements relatifs à la phase d'exploitation. Le premier tir est espéré en 2020. Ariane 6 sera aussi le temps du sang et des larmes pour la filière lanceur, qui va être très durement restructurée par les industriels, qui ont pris le pouvoir. Pour les syndicats du secteur spatial,"Dans l'exposé du projet, il est clairement affiché l'ambition de réduire de 40 % les coûts",  Le CNES l'avait lui annoncé très tôt, en janvier 2013 : faire reculer les coûts opérationnels de 40 % par rapport à Ariane 5. Pour Airbus Group (Airbus et Safran), il faut aller encore plus loin, "se détacher des méthodes actuelles de travail car c'est une condition préalable pour la future compétitivité de l'activité spatiale européenne". Et de préciser que "nous devons également transformer la manière d'opérer des agences spatiales et leur façon d'interagir avec l'industrie". Cette restructuration a notamment pour but de  contrer Falcon 9 de SpaceX, soulignent tous les responsables politiques, étatiques et industriels de la filière. La décision de réorganiser la filière spatiale repose pourtant sur ce postulat de départ très discutable. Avec l'arrivée de SpaceX, tous les acteurs ont sciemment mélangé coût de production et dumping, selon leurs intérêts. Le rapport de la NASA est pourtant clair : le coût moyen de fabrication et de lancement d'un Falcon 9 est de l'ordre de  140 millions de dollars sur la période 2012-2020. Loin donc des prix pratiqués par SpaceX sur le marché commercial (60 millions de dollars). Ce n'est donc pas réellement un problème de coûts de production de la filière européenne même si cela ne doit pas l'empêcher de poursuivre ses efforts d'optimisation. Déjà au CSG, le tension monte: "Les salariés n'acceptent plus la manière dont la direction traite les problèmes réels auxquels les salariés sont confrontés", notamment une "adéquation charge de travail/effectif dans un contexte de cadence en augmentation constante", a expliqué la CGC Arianespace. Pour la ministre de la recherche "l'enjeu c'est la sauvegarde de la filière lanceur et des compétences associées, dans l'industrie et la recherche. Mais le marché nous oblige à évoluer. Comme dans tout changement, des craintes peuvent s'exprimer. Les salariés ont besoin d'être rassurés".

 
  • Coiffe : protège le ou les satellites à bord
  • 3e étage : étage supérieur à propulsion cryotechnique (30t d'hydrogène et d'oxygène liquide)
    Moteur Vinci : 180 kN de poussée
  • 2e étage : étage principal à propulsion cryotechnique (140t d'hydrogène et d'oxygène liquide)
    Moteur Vulcain 2+ : 1 350 kN de poussée
  • 1er étage : étage P120 à propulsion solide (120t de propergol par booster)
    Version A62 : 2 boosters
    Version A64 : 4 boosters
    Jusqu'à 3 500 kN de poussée
  • Masse au décollage
    Version A62 : 500t
    Version A64 : 800t
  • Performances en orbite de transfert géostationnaire (GTO)
    Version A62 : satellites jusqu'à 5t
    Version A64 : satellites jusqu'à 10,5t
  • Orbites visées
    Jusqu'à 36 000 km d'altitude grâce à l'orbite de transfert géostationnaire (GTO)

 

Le P120 pourrait voler dès 2018 sur VEGA C (Evolution du lanceur VEGA). Coté zone de lancement, une nouvelle ELA 4 semblable à celle du Vega avec avec un portique mobile pour l'assemblage final, mat ombilical fixe et 2 carneau pour l'évacuation des gaz. Un ensemble de lancement 3 fois moins étendu que l'ELA 3.

18 décembre, le CNES, l'Agence spatiale européenne et Airbus Safran Launchers ont trouvé un accord pour la conception et la réalisation du futur pas de tir d'Ariane 6, l'ELA 4. L'ESA a confié cette opération au CNES, maître d'oeuvre du segment sol Ariane 6. ASL, de son côté, intervient en qualité de maître d'oeuvre du lanceur Ariane 6. Ce projet sera piloté au CNES par la sous-direction développement sol (SDS) de la direction des lanceurs (DLA). Une revue de conception se tiendra dans le courant du premier trimestre 2015 pour préciser la localisation du nouvel Ensemble de Lancement et définir les infrastructures qui lui seront nécessaires. Le pad serait comparable au pad ELA 2 d'Ariane 4. Le budget global de ce projet s'élève à 600 millions d'euros.

2015

Mars, selon le PDG d'ASL, il manquerait 800 millions d'euros pour boucler le développement d'Ariane 6. L'ESA a donné 2,54 milliards aux industriels alors que 3,41 étaient envisagés. Ce cout a été communiqua par à l'ESA par ASL en octobre dernier afin de préparer la conférence du luxembourg

Août, l'ESA signe avec le CNES le contrat de développement pour Ariane 6 et du nouvel ensemble de lancement d’Ariane 6, 150 hectares sur un socle granitique, le tout pour 2 milliard d'euros, dont 600 millions pour le pad de tir. Baptisé ELA 4, il est construit par le CNES en Guyane et permettra d’adapter les moyens du Centre Spatial Guyanais à Ariane 6. Les travaux ont débuté depuis le mois de juin et dureront un an pour le terrassement avec Eiffage et avec une soixantaine de personnes pour un montant de 14 millions d'euros. Eiffage propose un traitement des sols en place à base de ciment ou de liant hydraulique. Cette technique présente de nombreux avantages puisqu’elle utilise au maximum les sols déjà présents sur le site et donc, limite le besoin en sable de carrière. Elle réduit aussi les moyens de transport et elle améliore le bilan carbone du chantier tout en préservant les ressources naturelles et en limitant fortement l’impact sur l’environnement du CSG. Enfin, elle réduit les coûts globaux. Par ailleurs, les déchets issus du débroussaillage seront valorisés à travers l’usine de biomasse de Kourou. Le CNES, l’ESA et Airbus Safran Launchers (ASL) ont également signé le contrat de développement du lanceur Ariane 6 pour un montant de près de 2,4 milliards d’euros.

Le site ELA 4 sur la savane Carouabo à 3,5 km de l'ELA 3, le long de la route de l'espace.

Ariane 6, c'est pour le moment un premier étage H140, un second H30 et 2 ou 4 boosters P120 pour une capacité de 10,5 tonnes en GTO (version 64). Les boosters seront attachés sur la jupe inter-réservoir LOX/LH2 puisqu'il n'y aura pas de fond commun contrairement à Ariane 5. Cela permet de gagner en termes de masse structurelle sur toute la hauteur du réservoir  LH2 qu'il fallait renforcer en cas de poussée "par l'arrière". Et à l'arrière, il y aura un jeu de 3 bielles comme sur A5 entre le bati moteur du corps central et la jupe arrière de chaque booster. Le réservoir LOX est placé en haut des lanceurs cryo pour rehausser le centre de gravité de l'engin (au dessus du centre de poussé) et faciliter le guidage. Baisser le réservoir LOX c'est rendre le lanceur instable

La version 64 a ses boosters en "X wing" et non plus en "croix". L'étage H140 a 5,4 m de diamètre

   

       

Ariane 6 de l'ESA

Ariane 6 du CNES

 

DEVELOPPEMENT ARIANE 6, 2016